« Une basse qui roule, des cuivres qui claquent et un refrain pensé comme une déclaration de retour à soi : avec “Mojo”, The Next Movement fait de la confiance retrouvée une affaire de rythme, de souffle et de collectif. »
Il y a des morceaux qui parlent de renaissance avec gravité.
The Next Movement préfère visiblement la célébrer debout.
« Mojo » part d’une idée très simple — retrouver quelque chose qu’on pensait avoir perdu — et la fait passer par le funk, l’Afrobeat et le jazz-fusion. Le trio suisse ne dramatise pas la reconquête de soi : il la met en mouvement, en choisissant une production suffisamment nerveuse pour que le message passe d’abord par le corps.
Le morceau tient beaucoup à son architecture rythmique.
La section basse-batterie garde une précision redoutable, mais sans rigidité. Chez The Next Movement, la virtuosité n’a jamais vraiment vocation à devenir démonstrative ; elle sert le pocket, cette sensation de placement presque millimétré qui donne au groove son élasticité.
Puis les cuivres entrent dans l’équation.
Les SoulVision Allstars Horns apportent une ampleur supplémentaire, mais surtout une vraie dynamique de réponse. Les lignes de cuivre interviennent comme des accents, des appels, parfois presque comme une deuxième voix. Cela donne à « Mojo » cette impression de morceau plus grand que ses seules fondations funk.
Le refrain repose sur une affirmation limpide : le mojo est revenu.
Cette simplicité fonctionne précisément parce que le reste de l’arrangement reste très vivant. Les guitares, la basse, les éléments de synthé et les cuivres se déplacent en permanence autour de cette phrase centrale, sans la saturer.
J.J. Flueck, à la batterie et au chant, garde une présence très physique.
Sa voix n’est pas posée au-dessus du groove ; elle semble sortir directement de lui. Pascal Kaeser à la basse et aux synthés, Sam Siegenthaler à la guitare : à trois, The Next Movement possède depuis longtemps cette particularité de produire un son beaucoup plus large que son effectif ne le laisserait imaginer.
« Mojo » pousse encore cette illusion.
Le morceau a quelque chose de massif sans perdre sa souplesse. L’Afrobeat apporte la circulation, le funk l’assise, la soul la chaleur et le jazz cette liberté dans les détails qui empêche l’ensemble de devenir trop prévisible.
C’est aussi un titre de reprise de contrôle.
La joie affichée n’est pas gratuite : elle vient après une période de doute, d’incertitude, peut-être même de perte de confiance. La musique traduit ce retour de manière très concrète. On ne l’explique pas longuement ; on l’entend dans la manière dont la section rythmique avance, dans la netteté des attaques, dans les cuivres qui apparaissent comme une confirmation.
Après plusieurs années à défendre un funk particulièrement musclé sur scène, The Next Movement semble ici vouloir élargir encore son terrain.
« Mojo » reste profondément ancré dans le groove, mais son mélange d’Afrobeat, de jazz-funk et de soul donne au trio une autre profondeur, moins frontale, plus ample dans les textures.
La confiance retrouvée ne prend pas la forme d’un discours.
Elle tient dans un refrain, quelques coups de cuivres, et cette manière très précise de faire tomber chaque note là où elle doit être.
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