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Anteeter fait sonner « Big Bucks » comme un mauvais rêve sous néons

Anteeter fait sonner « Big Bucks » comme un mauvais rêve sous néons
  • Publishedoctobre 3, 2026

« Synthés abrasifs, voix rugueuse et humeur franchement grise : “Big Bucks” poursuit la trajectoire d’Anteeter avec une indietronica qui préfère les aspérités aux surfaces propres. »

Anteeter n’a jamais vraiment donné l’impression de vouloir rendre les choses confortables.

Né à Memphis et installé à Chicago, Mike Kelley construit sous ce nom une musique qui aime les contrastes : synthés massifs, voix volontairement râpeuse, écriture chargée d’ironie et atmosphères qui oscillent entre rock alternatif et électronique. « Big Bucks » s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Le morceau est le troisième extrait de son prochain EP, « Bullets ».

Le titre avance sur une matière synthétique dense, avec cette façon très particulière qu’a Anteeter de rendre l’électronique presque physique. Les textures ne cherchent pas seulement à remplir l’espace : elles frottent, saturent légèrement, donnent parfois l’impression que le morceau pourrait dérailler sans jamais complètement perdre son équilibre.

C’est ce qui lui donne ce côté instable.

« Big Bucks » reste suffisamment mélodique pour conserver une vraie lisibilité, mais l’ensemble garde une humeur sombre, un peu flottante, qui l’éloigne de l’indie pop plus classique. L’indietronica et l’alternative rock se croisent ici sans hiérarchie claire, et cette absence de frontière nette sert bien son univers.

La voix joue évidemment un rôle central.

Anteeter ne la polit pas inutilement. Il préfère garder une rugosité, presque une fatigue dans le timbre, qui contraste avec les nappes synthétiques et donne au morceau une présence beaucoup plus humaine. Ce décalage entre électronique froide et voix imparfaite crée une tension intéressante.

On retrouve aussi cette manière de laisser l’ironie contaminer la chanson sans la transformer en gimmick.

Le titre « Big Bucks » pourrait évoquer l’argent, la réussite ou une forme de cynisme, mais le morceau ne livre pas assez d’éléments explicites pour qu’on puisse enfermer son sens dans une seule lecture. Cette ambiguïté lui va bien. Anteeter est plus convaincant lorsqu’il laisse ses morceaux conserver une part de malaise.

Son parcours aide à comprendre cette approche.

Auteur, compositeur, producteur et musicien, il travaille autant la chanson que l’habillage sonore. Cette double casquette donne à ses titres une construction très intégrée, où la production ne sert jamais simplement d’arrière-plan au texte.

« Big Bucks » prolonge donc un langage déjà bien installé : électronique chargée, rock alternatif, voix cassée et mélancolie sale.

Le morceau garde surtout une qualité précieuse : il ne cherche jamais à embellir ce qui fonctionne justement parce que c’est un peu bancal.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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