« Chez Long Live The Lights, l’évasion n’a rien de calme : “Runaway (Cinematic Life)” pousse l’alternative rock vers le pop-punk et l’emo avec cette énergie très américaine où les refrains doivent autant cogner que donner envie de les hurler. »
Houston, guitares hautes, batterie tendue, mélodies faites pour survivre au bruit : Long Live The Lights appartient clairement à cette école de groupes qui pensent déjà leurs chansons en trois dimensions, pour le disque mais surtout pour la scène.
« Runaway (Cinematic Life) » s’inscrit dans cette logique.
Le groupe s’est formé en 2017 autour d’Andre Decuba et Brendan McDowell, avant de se structurer avec Matt Fogarty puis Adrian Gonzalez. Leur ADN repose depuis sur une idée assez lisible : énergie franche, refrains mélodiques, architecture pensée pour le live. Ce nouveau morceau ne donne pas beaucoup d’indices narratifs explicites, mais son intitulé suffit à ouvrir un champ intéressant, entre fuite réelle et fantasme de vie plus grande que nature.
Le mot « cinematic » compte ici.
Il évoque cette façon très pop-punk de regarder sa propre existence comme si chaque crise méritait un plan large, chaque départ une bande-son, chaque montée d’adrénaline un générique de fin. Long Live The Lights semble parfaitement à l’aise dans cette exagération émotionnelle, à condition qu’elle reste portée par des guitares et une rythmique suffisamment solides pour ne pas tomber dans le simple effet de manche.
Le morceau se situe justement à la croisée de plusieurs sensibilités.
L’alternative rock fournit la charpente, le pop-punk apporte la vitesse et l’immédiateté, l’emo donne au tout cette intensité affective où la fragilité peut cohabiter avec une vraie poussée agressive. Ce mélange n’a rien de neuf en soi, mais il reste redoutablement efficace lorsqu’un groupe sait équilibrer attaque et mélodie.
Long Live The Lights semble viser cet équilibre.
La voix d’Andre Decuba porte naturellement la partie la plus expansive du morceau, tandis que la guitare de Brendan McDowell, la basse de Matt Fogarty et la batterie d’Adrian Gonzalez donnent à l’ensemble ce caractère plus physique qui empêche le titre de se dissoudre dans le pur sentiment.
L’intérêt de « Runaway (Cinematic Life) » tient donc moins à l’idée de fuite qu’à la façon de la mettre en scène.
On imagine facilement ce type de morceau prendre une autre dimension en concert : refrain repris en chœur, tension relâchée au bon moment, batterie qui pousse encore un peu plus fort que sur disque. C’est cohérent avec un groupe qui a toujours accordé beaucoup d’importance à la construction de ses shows et à l’impact collectif de ses morceaux.
« Runaway (Cinematic Life) » ressemble ainsi à un titre pensé pour le moment précis où l’on cesse d’analyser et où l’on choisit de courir quand même. Pas forcément vers quelque chose de clair, mais avec suffisamment de volume pour croire que la suite sera meilleure.
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