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Lyons Lane serre les dents sur « Bitten »

Lyons Lane serre les dents sur « Bitten »
  • Publishedoctobre 4, 2026

« “Bitten” démarre avec les crocs dehors, puis quelque chose se fissure en seconde partie : Lyons Lane laisse alors tomber une partie de son assurance rock pour montrer ce qu’il y avait derrière. »

Au début, tout tient sur l’allure.

Un rock nerveux, un peu sale sur les bords, suffisamment garage pour éviter le vernis et assez accrocheur pour garder le morceau en mouvement. Lyons Lane ne cherche pas ici la jolie ligne droite. « Bitten » avance avec une forme d’impatience, comme si le groupe préférait mordre dans la chanson avant qu’elle ait eu le temps de se poser.

Le choix du surf rock dans les influences est intéressant, surtout parce qu’il ne transforme pas le morceau en carte postale rétro. Il apporte plutôt une sensation de vitesse et de glisse, quelque chose de tendu dans les guitares, tandis que le garage rock conserve cette sécheresse qui empêche l’ensemble de devenir trop propre.

Mais « Bitten » vaut surtout pour ce qui arrive ensuite.

La seconde moitié laisse davantage passer l’émotion, et ce déplacement change la lecture de ce qui précédait. L’agressivité n’était peut-être pas seulement de l’énergie. Elle ressemblait déjà à une manière de tenir quelque chose à distance.

C’est une mécanique que Lyons Lane maîtrise bien : faire croire qu’on est dans le plaisir immédiat du rock, puis laisser apparaître une humeur beaucoup plus trouble. Les indications autour du morceau parlent d’ailleurs autant d’agressivité que de tristesse et de noirceur. Sur le papier, ces trois couleurs pourraient se battre entre elles. Ici, elles semblent plutôt se relayer.

Mark Leo, au chant, est au centre de ce basculement.

Le groupe de Detroit s’est construit autour d’une vraie culture de la scène, avec Tomcat Thompson, Matthew Stevens, Shane Wheeler et Darrian Loehne à ses côtés. Leur identité repose sur des riffs francs, des harmonies serrées et une énergie très physique, mais « Bitten » montre que cette puissance devient plus intéressante lorsqu’elle accepte de se dérégler.

On pense forcément à ce pan du rock alternatif qui aime faire danser sur quelque chose de légèrement mauvais pour le moral.

Pas besoin de surdramatiser. Le morceau reste mobile, accrocheur, presque bravache par endroits. Mais l’émotion qui apparaît ensuite lui donne un arrière-goût différent, comme si l’on avait soudain compris pourquoi le sourire du début paraissait un peu trop appuyé.

« Bitten » figure sur You’ll Talk About It!, premier EP de Lyons Lane, et le titre du projet colle assez bien à leur manière de faire : des chansons qui veulent provoquer une réaction immédiate, puis laisser assez de matière pour qu’on y revienne.

Le groupe aurait pu se contenter d’un morceau garage efficace.

Il préfère laisser une morsure.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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