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Mona et Toi électrisent « I Want You Gone »

Mona et Toi électrisent « I Want You Gone »
  • Publishedoctobre 4, 2026

« Sur “I Want You Gone”, Mona et Toi ne règle pas ses comptes : le duo arrache plutôt le pansement d’un geste net, guitare en avant, voix râpeuse au bord de la rupture et toute l’élégance noire qui traverse son premier album, Radical Romance of Mind. »

On pourrait presque sentir le grain de la pellicule.

Chez Mona et Toi, le rock a quelque chose de cinématographique sans jamais devenir décoratif. Alison Manicourt et Shervin Hejazi viennent d’un univers où musique, mode et image ont longtemps circulé ensemble — ils ont composé pour le cinéma, la fashion sphere ou encore des marques comme Vogue, Lanvin et Adidas — et cela laisse forcément des traces. Les morceaux semblent cadrés. Les silences ont une fonction. Une guitare peut entrer comme un changement de lumière.

« I Want You Gone » possède exactement cette précision-là, mais sans perdre la sauvagerie nécessaire.

Le titre accompagne la sortie de Radical Romance of Mind, premier album du duo, enregistré et produit entre Londres et Barcelone. Ce disque raconte moins une guérison linéaire qu’un dialogue souvent bordélique avec soi-même : vieux réflexes, blessures que l’on pensait classées, personnes qu’il faut enfin sortir de sa vie, peur de choisir, puis cette drôle de découverte que l’acceptation de soi n’a rien d’un grand final hollywoodien.

Il faut parfois recommencer le travail le lendemain.

Dans cet ensemble, « I Want You Gone » ressemble à l’un des moments où la réflexion cesse enfin de tourner en rond.

Le titre est brutalement explicite. Je te veux dehors. Plus de négociation sémantique, plus de demi-mesure. Et le rock de Mona et Toi est particulièrement à l’aise lorsqu’il doit donner un corps à ce type de décision. Les guitares de Hejazi savent passer de la tension contenue à quelque chose de plus féroce sans perdre leur netteté ; la voix d’Alison Manicourt, elle, possède cette texture paradoxale qui fait beaucoup pour l’identité du duo : velours et abrasion dans la même phrase.

Leur rock noir ne fonctionne d’ailleurs jamais par simple accumulation de distorsion.

Il y a derrière une vraie culture de l’arrangement, un goût du contraste entre proximité et débordement. L’intimité peut rester presque collée à l’oreille pendant quelques secondes, puis la chanson prendre soudain davantage de largeur. Ce jeu entre retenue et décharge donne aux morceaux une dimension physique, bien plus intéressante qu’un simple revival grunge.

Car les années 2000 rôdent ici, évidemment.

Mona et Toi les assume dans son rapport au grunge, au punk et à une certaine brutalité mélodique. Mais le duo ne collectionne pas les reliques d’époque. Il reprend cette nervosité et la polit avec une production contemporaine, un sens de l’espace hérité de ses expériences audiovisuelles et une mélancolie beaucoup plus sophistiquée qu’un simple mur de guitares.

C’est déjà ce que laissait entendre « Nothing Rhymes With Myself », consacré au sentiment d’insuffisance, à la peur de l’échec et aux violences particulières d’une adolescence passée dans les années 2000. « Jail Cell » et « Sweet + Sour » avaient continué à agrandir ce monde. « I Want You Gone » lui apporte maintenant une forme de décision.

Radical Romance of Mind tient justement grâce à cette succession d’états imparfaits.

Le disque parle de soi comme on parlerait d’une relation amoureuse compliquée : il y a des rechutes, des emballements, des périodes où tout semble enfin clair avant que les vieux mécanismes ne reviennent taper à la porte. Le titre de l’album est presque magnifique pour cela. Tomber radicalement amoureux de son propre esprit, y compris de ses zones les moins présentables.

Alison Manicourt et Shervin Hejazi ont trouvé pour raconter tout cela une langue commune qui ne cherche jamais à lisser leurs différences. Française pour l’une, britannique-iranienne pour l’autre ; songwriter et chanteuse face à un guitariste-producteur ; Londres quelque part derrière eux, Barcelone désormais dans le paysage. Leur musique garde cette impression de collision fertile.

« I Want You Gone » en est peut-être l’expression la plus immédiate.

Pas parce que le morceau résumerait tout l’album — heureusement, un premier disque aussi chargé en émotions mérite mieux qu’un résumé — mais parce qu’il capture ce moment très particulier où comprendre ne suffit plus.

Il faut ouvrir la porte.

Et la refermer derrière quelqu’un.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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