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SALOMEA refuse la haine sur « i will not allow it »

SALOMEA refuse la haine sur « i will not allow it »
  • Publishedoctobre 4, 2026

« Une phrase répétée sans hausser le ton, presque froide dans sa détermination : “i will not allow it” montre que SALOMEA n’a pas besoin de crier pour transformer un refus intime en geste politique. »

La voix avance nue, calme, presque inquiétante par sa maîtrise.

« no, i will not. i will not let them make me hate you. »

Tout le morceau tient dans cette résistance-là. Refuser qu’on fabrique sa colère à sa place. Refuser les ennemis prémâchés. Refuser que la peur, la frustration ou le ressentiment soient réorientés vers quelqu’un d’autre simplement parce qu’un récit collectif l’exige.

SALOMEA construit pourtant « i will not allow it » avec une remarquable économie de moyens. Pas de grand crescendo militant, pas d’emphase dramatique. Le groupe préfère la répétition, la précision et une production dont chaque élément semble occuper une position très calculée.

Les instruments ont d’abord été joués par le groupe, puis retravaillés en production. Cela donne au morceau cette sensation étrange d’être à la fois organique et presque géométrique. Synthétiseurs, percussions et rythme forment une structure très lisible, tandis que de petites anomalies viennent régulièrement attirer l’oreille : un détail de synthé, une percussion qui dépasse légèrement du cadre, un déplacement discret dans l’arrangement.

Rien n’est vraiment figé, même lorsque la chanson semble avancer en ligne droite.

Cette architecture sert parfaitement Rebekka Salomea. Sa voix reste extrêmement exposée, sans chercher à remplir tout l’espace disponible. Plus elle demeure calme, plus la phrase centrale prend du poids. Là où un autre morceau aurait cherché l’indignation, SALOMEA travaille presque l’inverse : la lucidité.

Le résultat est beaucoup plus troublant.

Parce que « i will not allow it » ne parle finalement pas seulement de ce que les autres font. La chanson demande aussi ce que chacun accepte de laisser entrer en lui. Jusqu’où une opinion a réellement été choisie. À quel moment une peur personnelle devient un préjugé. Et surtout : qui profite de cette transformation ?

Le morceau fait ainsi de l’introspection une forme de résistance.

Cette idée traverse plus largement axxxis, le quatrième album à venir du groupe. Le disque a été écrit collectivement et autoproduit autour d’une relation devenue presque familiale entre Rebekka Salomea, Yannis Anft, Oli Lutz et Leif Berger. Des années de tournées, de ruptures, de deuils, de thérapie, de reconstruction et de silence partagé ont nourri un album qui préfère les zones intermédiaires aux certitudes.

Cela correspond bien à l’histoire de SALOMEA.

Le projet allemand mené par la chanteuse, compositrice et productrice germano-américaine a toujours refusé de choisir une seule case : alternative R&B, neo-soul, nu-jazz, jazz électronique, pop expérimentale. Après avoir été récemment distingué Artist of the Year aux German Jazz Awards, le groupe aurait pu capitaliser sur une formule identifiable. Il semble au contraire continuer à compliquer son langage.

« i will not allow it » en est une preuve particulièrement nette.

La sophistication ne vient pas ici d’une accumulation. Elle vient de la façon dont les silences, la répétition et les micro-variations obligent à écouter davantage. Même la pulsation, pourtant très présente, paraît conçue pour avancer sans écraser le propos.

Et au milieu de cette mécanique précise, il reste cette phrase.

Pas un slogan hurlé à la foule.

Une décision prise à voix basse : personne ne choisira à ma place qui je dois haïr.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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