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Music Pop

LUNA14 s’affranchit des règles avec « Zero Gravity »

LUNA14 s’affranchit des règles avec « Zero Gravity »
  • Publishedoctobre 8, 2026

« Polyamour, violons, guitares empilées, vieux 24-pistes, voix surtraitées et changement de tempo en plein vol : “Zero Gravity” transforme un petit salon berlinois en laboratoire maximaliste où LUNA14 préfère l’imperfection humaine à la finition standardisée. »

LUNA14 naît à Berlin en juillet 2026, mais « Zero Gravity » existait déjà sous une autre forme dans la tête de Lunafacious depuis plusieurs années. L’idée de départ est intime : écrire sur le polyamour et sur des relations non hiérarchiques, sans centre imposé, sans place supérieure attribuée à l’un ou l’autre. D’où cette image d’apesanteur, de corps qui flottent sans être rappelés au sol par une structure prédéfinie.

Ce thème aurait pu donner naissance à une ballade éthérée assez sage. LUNA14 choisit exactement l’inverse.

Lunafacious compose la mélodie. Gasher ajoute quelques accords de guitare, puis transforme rapidement ce point de départ en véritable accumulation instrumentale : plusieurs pistes de guitare, des violons, des synthétiseurs, une batterie, le tout enregistré sur un ancien magnétophone 24 pistes. Le morceau se construit ainsi moins comme une composition figée que comme une réserve de matière sonore.

Ensuite vient le tri.

Lunafacious récupère cet empilement, coupe, retire, réorganise, ajoute ses reverbs favorites et cherche une trajectoire dans cette abondance. C’est probablement là que « Zero Gravity » prend réellement sa forme : non pas dans la simple multiplication des couches, mais dans la manière dont elles sont ensuite contrôlées, effacées ou réintroduites.

Le duo revendique l’influence d’un maximalisme à la William Orbit, et l’on comprend surtout ce que cette référence signifie dans leur méthode : ne pas avoir peur de faire beaucoup, tout en construisant suffisamment de contraste pour que l’ensemble ne devienne pas une masse uniforme.

Les voix suivent exactement cette logique.

Lunafacious ne se présente pas comme une chanteuse techniquement formée, et LUNA14 ne cherche pas à dissimuler cette donnée. Au contraire, plusieurs prises vocales sont superposées, transformées et traitées avec enthousiasme. L’imperfection n’est pas corrigée pour devenir invisible ; elle sert de matériau de production.

Ce parti pris évite à « Zero Gravity » de devenir un exercice de sophistication trop propre.

Le duo assume l’artifice.

Les effets sont visibles, presque revendiqués.

Le traitement vocal n’essaie pas de simuler une interprétation supposément naturelle. Il devient une autre couche de composition, au même titre que les guitares ou les violons.

Et puis le morceau change de vitesse.

Sa seconde partie introduit une modification de tempo suffisamment importante pour donner presque l’impression qu’une autre chanson s’est glissée à l’intérieur de la première. Ce choix est révélateur de l’approche de LUNA14 : là où beaucoup de productions cherchent la continuité la plus fluide possible, le duo accepte la cassure, le changement de perspective, l’idée qu’un morceau puisse se déplacer brutalement sans demander la permission.

Cette dynamique correspond finalement assez bien à son sujet.

« Zero Gravity » parle de relations qui refusent une organisation verticale, et sa production suit elle aussi une logique moins hiérarchique. Aucun instrument n’est présenté comme centre absolu. Les couches apparaissent, disparaissent, se répondent. La chanson peut devenir dense puis soudain plus aérée. Elle peut partir d’un geste pop avant de se comporter presque comme un montage.

L’histoire de LUNA14 explique également cette hybridation.

Lunafacious travaillait auparavant en solo sur des morceaux davantage ambient. Gasher, lui, jouait de la guitare et du violon au sein de Clash Clash Bang Bang. Leur premier single rassemble donc déjà deux manières différentes d’aborder la musique : d’un côté, le goût des textures et de l’espace ; de l’autre, celui de l’instrumentation et de l’empilement physique des prises.

Le fait que tout ait été réalisé dans un petit salon berlinois ajoute presque un paradoxe supplémentaire.

« Zero Gravity » sonne comme une volonté d’expansion permanente, mais son terrain de fabrication reste minuscule. Même la pochette suit cette logique artisanale : esquissée et pensée par Lunafacious, photographiée par Gasher, puis complétée par un satellite construit numériquement avant que l’ensemble ne soit assemblé à nouveau.

Musique et visuel obéissent ainsi au même principe : faire beaucoup avec peu, accepter les traces du processus, préférer la singularité d’un assemblage imparfait à une surface parfaitement normalisée.

Pour un premier morceau, « Zero Gravity » dit déjà beaucoup de LUNA14.

Le duo ne semble pas particulièrement intéressé par la retenue.

Ce qui l’intéresse, c’est ce qui arrive lorsqu’on pousse chaque idée un peu plus loin que prévu.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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