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ITW Première fois Audae

ITW Première fois Audae
  • Publishedoctobre 13, 2026

Chez Audae, rien ne semble vouloir rester immobile. Ni les émotions, ni les sons, ni les idées. Avec « OPEN SOURCE », premier EP en sept titres, la productrice, chanteuse et DJ basée entre Paris et Berlin imagine la musique comme une matière en circulation : quelque chose qui traverse, se transforme, s’ouvre, se partage, comme l’eau ou comme un système vivant.

Entre textures aériennes, rythmiques hypnotiques et énergie club, son univers “ethereal dance” cherche moins à choisir entre introspection et dancefloor qu’à faire exister les deux au même endroit. Dans cette interview « Première fois », Audae revient sur David Guetta, Gwen Stefani, les L5, ses débuts à Berlin, les festivals alternatifs, GarageBand, et cette sensation rare : entendre enfin sa propre voix sur une musique qu’on a construite soi-même.

Première chanson qui t’a touchée ?

La première chanson qui m’a vraiment touchée, c’était « Love Don’t Let Me Go » de David Guetta. Je devais avoir une dizaine d’années. Je me souviens encore l’avoir achetée avec mon argent de poche au supermarché du coin avec ma mère. Je la passais en boucle dans ma chambre.

Une autre chanson qui m’a beaucoup marquée à cette époque, c’est « What You Waiting For? » de Gwen Stefani. C’était même le premier album que j’ai acheté de toute ma vie. J’étais fascinée par son univers, son énergie et sa créativité.

Avec le recul, je trouve assez amusant de voir que mes premiers coups de cœur musicaux étaient déjà liés à des artistes qui mélangent musique électronique, pop et identité artistique forte.

Premier concert auquel tu as assisté ?

Le tout premier concert auquel j’ai assisté, c’était les L5. J’avais sept ans et, pour moi, c’était l’événement de l’année. Je me souviens encore avoir acheté le t-shirt asymétrique violet du groupe et être arrivée au concert complètement surexcitée.

J’ai dansé du début à la fin avec l’impression d’assister à quelque chose de magique. C’était la première fois que je voyais des artistes sur scène, avec des lumières, une foule qui chantait et cette énergie collective incroyable.

Première chanson que tu as écrite ?

La première chanson que j’ai écrite remonte à 2018, alors que je terminais mes études de marketing à Paris. Contrairement à beaucoup d’artistes, je n’écrivais pas de chansons depuis l’enfance. J’ai toujours beaucoup chanté, mais l’écriture est arrivée bien plus tard.

À cette période, je venais de rentrer de mon premier festival alternatif, une expérience qui a profondément changé ma façon de voir les choses. J’étais de retour dans mon quotidien parisien, entre métro, boulot et journées passées à regarder le ciel et les arbres à travers les vitres de ma tour de bureau, avec le sentiment que quelque chose n’était pas à sa place.

J’ai alors écrit une chanson à la guitare intitulée « What’s Gonna Stay ». Je me souviens encore d’une phrase : “What’s gonna stay, what are you gonna take at the end of the day?”

Cette chanson parlait déjà de la question qui allait traverser toute ma musique par la suite : comment construire une vie qui nous ressemble vraiment.

Première scène live que tu as faite ?

La première scène live que j’ai faite remonte à 2023. C’était aussi la première fois que je chantais mes propres chansons devant un public.

Et ce n’était pas n’importe où : c’était dans un festival alternatif près de Berlin, devant environ 3 000 personnes. J’avais la chance de jouer juste avant Dengue Dengue Dengue, donc l’ambiance était déjà incroyable. Le public était très réceptif, l’énergie circulait partout et cela a rendu cette première expérience encore plus magique.

Je me souviens surtout du sentiment juste avant de monter sur scène. J’ai rêvé ce moment pendant des années. Pendant longtemps, faire de la musique avait été un rêve lointain, quelque chose que j’imaginais sans vraiment savoir si cela arriverait un jour.

Quand je suis montée sur scène, j’ai eu l’impression qu’une vision que je portais depuis longtemps devenait enfin réelle. Au-delà du trac, il y avait surtout beaucoup de joie. Pouvoir partager mes chansons avec autant de personnes, dans un lieu aussi inspirant, reste l’un de mes plus beaux souvenirs de musicienne.

Première fois que tu t’es dit : “OK, je suis artiste” ?

Je crois que la première fois que je me suis vraiment dit « OK, je suis artiste », c’était pendant mon service civique en Allemagne, entre 2019 et 2020.

J’étais assistante de français dans un collège-lycée à Dresde et, pour la première fois depuis longtemps, j’avais du temps. Du temps pour chanter, jouer de la guitare, écrire mes premières chansons et commencer à expérimenter avec la production musicale sur GarageBand.

J’avais déjà rêvé de faire de la musique auparavant, mais c’est là que ce rêve a commencé à prendre une place concrète dans ma vie. Je chantais aussi dans une chorale de chants traditionnels et polyphoniques, une expérience qui m’a beaucoup marquée.

Puis le Covid est arrivé.

Paradoxalement, c’est à ce moment-là que quelque chose s’est clarifié pour moi. Le monde semblait s’arrêter, tous les repères habituels disparaissaient, et cela a créé un espace immense pour se poser les vraies questions.

Je me suis alors dit : si tout peut s’arrêter du jour au lendemain, autant essayer de construire une vie qui me ressemble vraiment.

C’est à ce moment-là que j’ai décidé de poursuivre cette voie et de partir m’installer à Berlin pour développer mon projet musical.

Première opportunité musicale qui a changé ton parcours ?

La première opportunité musicale qui a vraiment changé mon parcours est arrivée lorsque je me suis installée à Berlin.

À l’époque, je débutais et je faisais principalement du DJing. J’ai rejoint un petit collectif local qui m’a rapidement donné l’occasion de jouer dans des clubs et des festivals. C’était la première fois que je me retrouvais intégrée dans une scène artistique aussi vivante et bienveillante.

Au-delà des dates elles-mêmes, ce qui a tout changé, c’est la confiance que certaines personnes m’ont accordée. Elles m’ont donné ma chance alors que j’étais encore en train de construire mon identité artistique.

Cette expérience m’a permis de gagner en confiance, de rencontrer d’autres artistes et de comprendre que je pouvais réellement prendre ma place dans cet univers. Avec le recul, c’est probablement ce qui a lancé toute la suite de l’aventure Audae.

Premier moment en studio qui t’a retournée ?

Je pense que le premier moment qui m’a vraiment retournée en studio, c’est lorsque j’ai commencé à poser ma voix sur mes propres productions.

Jusqu’alors, le chant et la production étaient deux mondes assez séparés dans ma tête. Puis un jour, j’ai entendu ma voix sur une musique que j’avais entièrement composée et produite moi-même. C’était la première fois que je me sentais vraiment alignée artistiquement.

La sortie de ma première chanson autoproduite a été un moment très fort. J’étais incroyablement fière. Ce n’était peut-être pas parfait, mais c’était la première fois que je me disais : « OK, ça vient vraiment de moi. »

Premier message d’un ou d’une fan qui t’a vraiment touchée ?

Ce ne sont pas forcément des messages en ligne dont je me souviens le plus, mais plutôt des rencontres après les concerts.

À plusieurs reprises, des femmes sont venues me voir pour me dire que mon parcours ou ma musique les avaient inspirées. Et à chaque fois, ça me touche énormément.

Je fais de la musique avant tout parce que j’en ai besoin, parce que c’est ce qui me fait me sentir vivante. Mais savoir que cela peut aussi donner de l’élan à d’autres personnes, ou leur donner envie d’oser quelque chose pour elles-mêmes, est probablement l’une des plus belles récompenses.

C’est aussi une grande partie de ce qui me motive à continuer.

Pour découvrir plus de French nouveautés, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRENCH ci-dessous :

 

 

 

Written By
Extravafrench

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