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Music Pop Rock

Annie W dynamite le vernis humain sur « Homo sapiens (I’m an Animal) »

Annie W dynamite le vernis humain sur « Homo sapiens (I’m an Animal) »
  • Publishedoctobre 21, 2026

« “Homo sapiens” signifie “humain sage”. Annie W entend visiblement la formule et éclate de rire : guitares électriques, orgue, basse qui pousse fort et refrain tribal en guise de réponse à une espèce qui se croit supérieure tout en abîmant le milieu dont elle dépend. »

Il fallait oser transformer la crise écologique en morceau de dance-rock presque jubilatoire. Annie W le fait sans diluer le sujet. « Homo sapiens (I’m an Animal) » prend un constat franchement sombre — notre incapacité à vivre sans épuiser, artificialiser ou dominer ce qui nous entoure — et lui donne une forme physique, drôle, nerveuse, volontairement excessive.

Le refrain résume à lui seul cette logique. « Homo, Homo, Homo sapiens » devient une sorte de mantra primitif, une formule assez simple pour être criée en foule, mais chargée d’une ironie mordante. Le terme scientifique censé distinguer notre espèce finit ici par sonner comme une blague mal placée. Nous nous sommes baptisés “sages”, puis avons passé des siècles à prouver que le mot méritait peut-être d’être réexaminé.

Musicalement, Annie W refuse le ton grave que l’on associe souvent aux chansons écologiques. La basse pousse, les guitares donnent de la matière, l’orgue ajoute une couleur presque sauvage, et le morceau joue même avec l’attente en proposant un faux drop avant le vrai. Cette petite manipulation fonctionne parfaitement avec le propos général : on croit savoir où l’on va, on se trompe, puis le sol bouge sous les pieds.

Le plus réussi reste cette contradiction entre le caractère ludique du morceau et la violence implicite de sa question. Que devient un animal lorsqu’il ne supporte plus le monde artificiel construit par sa propre espèce ? Annie W ramène l’humain à sa condition biologique, presque brutalement. Avant les villes, les technologies, les systèmes économiques et les récits de domination, il reste un organisme dépendant de l’eau, de l’air, du sol et des autres formes de vie.

Cette idée pourrait devenir pesante entre de mauvaises mains. Chez elle, elle passe par l’absurde, le mouvement et une certaine jubilation sonore. C’est là que l’influence de Björk, Muse ou même Metallica devient intéressante : le goût de la dramaturgie, des contrastes et d’une pop qui accepte de devenir étrange sans perdre son pouvoir immédiat.

Basée à Montréal, Annie Webb travaille aussi bien en anglais qu’en français et contrôle une grande partie de son univers elle-même : écriture, interprétation, production, visuels et vidéos. Cette autonomie se retrouve dans sa manière de traiter ses sujets. Ses chansons peuvent parler d’identité, de comportements humains, de connexion ou simplement de cette expérience parfois grotesque consistant à être vivant.

« Homo sapiens (I’m an Animal) » condense tout cela avec une efficacité assez réjouissante. Le morceau ne demande pas gentiment à l’humanité d’être plus responsable. Il la regarde dans les yeux, lui rappelle qu’elle reste un animal, puis lance la batterie assez fort pour que le message passe même chez ceux qui étaient venus uniquement pour danser.

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Written By
Extravafrench

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