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Music Rock

The Burton D’Agostini Procedure dérive avec « Float Over Here »

The Burton D’Agostini Procedure dérive avec « Float Over Here »
  • Publishedoctobre 21, 2026

« “Float Over Here” a ce charme un peu trouble des morceaux qui donnent l’impression d’être familiers sans qu’on sache exactement pourquoi : The Burton D’Agostini Procedure y fait glisser psychédélisme, rock alternatif et mélodies pop dans un mix pensé comme un petit terrain de jeu pour casque. »

Jeff Burton et John D’Agostini jouent ensemble depuis leurs 19 ans. Ils se sont rencontrés à l’université, ont formé leur premier groupe, puis ont continué à faire de la musique côte à côte pendant des années. Cette ancienneté s’entend surtout dans la fluidité du travail : Burton signe les paroles et les voix, le duo produit, D’Agostini assure l’ingénierie, Burton le mix. Pas de chaîne compliquée entre l’idée et le résultat final ; leur musique semble rester au plus près de leur manière commune d’écouter.

« Float Over Here » arrive dans une période particulièrement prolifique. Le duo annonce ici son deuxième album en huit mois seulement, avec une envie nette de pousser plus loin les arrangements et la production. L’expression “headphone music” leur convient bien. Le morceau ne se contente pas d’aligner guitare, basse, batterie et chant ; il travaille beaucoup la façon dont les éléments occupent l’espace, se répondent d’un côté à l’autre et donnent au mix une profondeur qui devient plus évidente lorsque l’on écoute attentivement.

Le psychédélisme reste l’une des clés de leur univers, mais il ne s’agit pas de reproduire servilement les années 60 ou 70. On sent plutôt une fascination pour la manière dont cette époque utilisait le studio comme un instrument à part entière : superpositions, effets, textures, changements de perspective. Le duo applique cette liberté à une écriture plus contemporaine, nourrie d’alternative rock et d’indie mélodique.

C’est précisément ce qui empêche « Float Over Here » de tomber dans la reconstitution rétro. Le morceau possède une souplesse moderne, une façon plus directe d’installer ses idées, tout en gardant ce goût pour les atmosphères légèrement floues et les arrangements qui se dévoilent progressivement. Les influences revendiquées vont de Pink Floyd aux Flaming Lips, de Tame Impala à Cage the Elephant ou aux Moody Blues, mais elles servent surtout de point de départ à une esthétique personnelle.

Il y a aussi quelque chose d’introspectif dans la manière dont le morceau avance. Le duo parle d’un regard intérieur sur la vie, mais sans chercher à imposer un récit précis à l’auditeur. Cette réserve lui va bien. « Float Over Here » fonctionne davantage par sensation que par démonstration : laisser venir les images, accepter les flottements, entendre un détail différent à la deuxième ou troisième écoute.

La production est probablement l’élément le plus significatif de cette nouvelle phase. Burton et D’Agostini disent avoir particulièrement travaillé les arrangements et le rendu stéréo, et cela correspond à leur ambition générale : construire des morceaux qui ne donnent pas tout immédiatement. L’écoute au casque devient presque une manière différente d’entrer dans la chanson, comme si certaines couches n’avaient été placées là que pour ceux qui prennent le temps de rester.

« Float Over Here » ne cherche donc pas l’effet spectaculaire. Son plaisir est ailleurs, dans cette impression de dériver entre plusieurs décennies sans vraiment quitter le présent. The Burton D’Agostini Procedure transforme son goût du passé en langage vivant, et laisse le morceau flotter juste assez longtemps pour qu’on ait envie de le suivre.

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Extravafrench

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