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Music Pop

Gianfranco Pescetti remercie « Heidi » en musique

Gianfranco Pescetti remercie « Heidi » en musique
  • Publishedoctobre 23, 2026

« Certains morceaux arrivent trop tard pour être entendus par la personne à qui ils s’adressent. “Heidi” appartient à cette catégorie douloureuse : Gianfranco Pescetti y transforme une dette affective restée ouverte pendant des années en chanson de gratitude. »

Heidi Vincent entre dans sa vie au début des années 1990, à San Francisco. Tous deux jouent alors dans Borgia, mais leur lien dépasse rapidement le cadre du groupe. Elle est violoncelliste, architecte et artiste visuelle ; lui traverse une période charnière, quittant progressivement une carrière de danseur professionnel pour se tourner vers la musique. Leur amitié se nourrit aussi de peinture, d’architecture et de design.

Surtout, Heidi voit chez Pescetti quelque chose qu’il n’ose pas encore reconnaître lui-même. Elle l’encourage à écrire ses propres chansons, à prendre au sérieux cette voix d’auteur-compositeur qui n’est encore qu’en formation. « Heidi » naît précisément de là : de ces personnes qui nous perçoivent un peu avant nous-mêmes, puis continuent d’influencer notre trajectoire longtemps après leur départ.

La suite donne au morceau toute sa gravité. Heidi déménage à New York, les années passent et les deux amis finissent par perdre contact. Pescetti tente plus tard de la retrouver lors d’un séjour dans la ville et apprend alors qu’elle est morte. La chanson devient la réponse qui n’a pas pu arriver à temps, une façon de formuler enfin ce qui était resté suspendu.

Un détail donne à l’enregistrement une profondeur supplémentaire : la partie de basse a été jouée sur la Fender Precision que Heidi lui avait offerte des années plus tôt. Impossible d’imaginer geste plus concret. L’instrument cesse d’être un simple outil ; il devient presque un lien matériel entre le passé et le présent, entre celle qui a encouragé l’écriture et celui qui écrit aujourd’hui pour elle.

« Heidi » s’inscrit dans this side of the door, album attendu pour novembre 2026 et déjà précédé par « In Reverb », « Breathe » et « Who Imagines Who ». Le disque marque un retour vers une écriture plus directement singer-songwriter après Daystar Nocturnal, projet instrumental et électronique. Ce mouvement convient parfaitement à un morceau aussi personnel : après les paysages sans paroles, Pescetti remet la voix et le récit au premier plan.

Son univers reste pourtant fidèle à ce qui le caractérise depuis longtemps, cette rencontre entre textures électroniques et jeu organique. Bassiste, producteur et auteur-compositeur italo-américain, il travaille volontiers dans cet entre-deux, déjà présent sur Love Is Rain et sous une forme différente sur Daystar Nocturnal. « Heidi » donne à cette esthétique une fonction très humaine : faire tenir ensemble la mémoire, le manque et la reconnaissance.

Le morceau ne cherche pas à transformer Heidi Vincent en symbole abstrait. Il garde au contraire la précision d’une histoire vécue : une rencontre dans un groupe, une amitié, un encouragement, une séparation, puis une nouvelle apprise trop tard.

« Heidi » ressemble ainsi moins à un hommage solennel qu’à une phrase enfin terminée. Des décennies après les premiers encouragements, Gianfranco Pescetti lui répond encore.

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Extravafrench

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