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MONOLYTH regarde les red flags droit dans les yeux sur « Those Habesha Eyes »

MONOLYTH regarde les red flags droit dans les yeux sur « Those Habesha Eyes »
  • Publishedoctobre 28, 2026

« “Those Habesha Eyes” raconte ce moment franchement peu raisonnable où l’on comprend déjà qu’une histoire risque de faire mal, mais où l’attirance gagne quand même. MONOLYTH transforme cette lucidité contrariée en morceau d’indietronica aux contours psychédéliques, première pièce d’un récit amoureux pensé autant pour l’image que pour le son. »

Le plus intéressant, dans certaines histoires, n’est pas le moment où tout s’effondre.

C’est celui où l’on sait déjà.

On remarque les incohérences. On repère les questions sans réponse. On se dit intérieurement que quelque chose cloche. Et malgré tout, on avance. Non pas parce qu’on est naïf, mais parce que l’étincelle prend momentanément le dessus sur l’instinct de conservation.

« Those Habesha Eyes » s’écrit exactement depuis ce point de bascule.

MONOLYTH ne raconte pas une rencontre innocente. Le duo belge part au contraire d’une attraction déjà contaminée par le doute. Théo Roland et Gaëtan Heymans décrivent eux-mêmes ce sentiment comme une décision consciente : ouvrir son cœur tout en sachant qu’il existe une vraie possibilité d’en ressortir blessé.

C’est une nuance importante.

Le morceau ne romantise pas l’aveuglement. Il met plutôt en scène cette étrange capacité humaine à voir les signaux d’alerte et à choisir tout de même l’expérience.

Ce qui donne à « Those Habesha Eyes » une dimension presque cinématographique avant même de parler de la musique.

Et chez MONOLYTH, ce mot n’est pas décoratif. Roland et Heymans viennent aussi du cinéma et conçoivent le son et l’image comme deux chapitres d’une même narration. Leur approche est profondément scénaristique : chaque chanson s’inscrit dans un ensemble plus large, chaque visuel prolonge la trajectoire émotionnelle au lieu de simplement l’illustrer.

Leur premier EP HABESHA repose d’ailleurs sur une structure narrative complète en six étapes : la rencontre, la découverte, l’attachement, la désillusion, la fracture puis l’acceptation.

« Those Habesha Eyes » représente donc le début du vertige.

Le point où tout est encore possible, précisément parce que rien n’a encore vraiment cassé.

Musicalement, le duo évolue entre indietronica, rock alternatif psychédélique et une forme de pop cinématographique teintée de trip-hop. Les références à Massive Attack ou Portishead éclairent cette volonté de travailler l’atmosphère et la profondeur autant que l’efficacité mélodique, tandis qu’une sensibilité pop assumée empêche le morceau de se dissoudre complètement dans la brume.

MONOLYTH ne semble pas intéressé par l’expérimental pour lui-même.

La production sert surtout le récit.

C’est aussi ce qui rend la dimension “filmique” de leur travail convaincante : les textures ne viennent pas donner artificiellement de la grandeur à l’histoire, elles accompagnent un état mental précis. Celui d’un personnage encore assez lucide pour comprendre le danger, mais déjà trop impliqué pour reculer.

Le titre lui-même concentre toute cette tension.

« Those Habesha Eyes » transforme un regard en point de départ narratif. Il y a quelque chose d’immédiat dans cette image : avant les promesses, avant les disputes, avant les explications, il y a une fascination. Quelques secondes où le cerveau formule déjà des objections pendant que le désir les classe provisoirement sans suite.

C’est probablement là que MONOLYTH trouve son angle le plus juste.

Le duo ne raconte pas l’amour comme une ligne proprement tracée entre deux personnes. Il s’intéresse à ce qui dérape dès le premier chapitre, à cette petite anomalie que l’on décide d’accepter parce qu’elle rend justement l’histoire plus forte.

On connaît déjà la suite annoncée par HABESHA.

Mais « Those Habesha Eyes » choisit encore l’instant d’avant.

Celui où le danger a un beau regard, et où cela suffit presque.

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Written By
Extravafrench

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