« Amp Melo retourne le boogie contre les rabat-joie avec “Haterade”, un morceau electro-funk porté par une talkbox XXL, une basse massive et un humour bien placé. L’artiste de Santa Cruz y transforme l’éternel casseur d’ambiance en prétexte parfait pour sortir un titre aussi chic que franchement joueur. »
Il fallait bien un hymne pour cette personne qui trouve toujours quelque chose à redire. Celle qui critique la musique, l’endroit, les gens, la soirée, probablement même la météo. Amp Melo lui offre « Haterade », et plutôt que de répondre par l’agacement, il préfère dégainer du funk. C’est beaucoup plus efficace.
Le Californien construit ici un boogie très assumé, avec une talkbox placée au centre du dispositif et une basse qui ne fait clairement pas dans la discrétion. « Haterade » joue sur le contraste entre une énergie presque euphorique et son sujet : quelqu’un capable d’aspirer l’enthousiasme d’une pièce entière. Amp Melo choisit pourtant de ne jamais laisser cette négativité contaminer la musique. Le groove prend systématiquement le dessus.
La talkbox apporte immédiatement cette couleur rétro-futuriste associée aux grandes heures du funk électronique, mais la production évite la reconstitution nostalgique. Le morceau conserve une finition très actuelle, assez dense pour sonner énorme et suffisamment souple pour garder ce rebond indispensable au boogie. L’objectif est limpide : faire bouger avant même que l’auditeur ait eu le temps de comprendre qui est visé.
Cette aisance n’arrive pas de nulle part. Anciennement connu sous le nom d’Amplified, Amp Melo développe depuis longtemps un langage hybride entre hip-hop, R&B, funk et soul. Ses références vont de The Roots à Mos Def, en passant par Blu & Exile ou Aloe Blacc, et l’on retrouve dans « Haterade » cette volonté de ne jamais séparer totalement le rap de la musicalité.
Son expérience scénique compte aussi beaucoup dans la façon dont le morceau est pensé. Amp Melo a bâti ses performances autour d’un format très vivant, accompagné notamment d’un DJ, d’une basse, d’une guitare électrique et même d’une flûte jazz. Cette culture du live se ressent dans « Haterade » : le morceau possède quelque chose de très physique, presque conçu pour déclencher une réaction collective plutôt que pour rester sagement enfermé dans un casque.
Le texte garde de son côté une dimension volontairement légère. Pas besoin de transformer le hater en ennemi juré. Amp Melo le caricature juste assez pour que tout le monde reconnaisse le profil, puis laisse le funk faire le reste. L’humour devient une arme beaucoup plus élégante que la confrontation.
« Haterade » réussit donc un petit tour de force : parler d’une mauvaise vibe sans jamais en créer une. La basse cogne, la talkbox fanfaronne, le boogie reste impeccable. Et pendant que certains cherchent encore quelque chose à critiquer, Amp Melo a déjà relancé la fête.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
