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Efi Cruise trouble la fête nationale avec « Ojoro »

Efi Cruise trouble la fête nationale avec « Ojoro »
  • Publishednovembre 2, 2026

Les drapeaux flottent, les difficultés restent au sol. Sur « Ojoro », Efi Cruise confronte la promesse d’indépendance au quotidien de ceux qu’elle devrait servir.

Rangez les discours, regardons les cuisines. Ce qu’on peut y préparer, ce qui manque dans les placards, ce qu’il faudra encore remettre à demain. « Ojoro » déplace le regard vers ces réalités que les cérémonies officielles cadrent rarement. Efi Cruise prend les célébrations de l’indépendance nigériane comme point de départ d’une interrogation autrement plus embarrassante que les slogans attendus. Que célèbre-t-on, au juste, lorsque satisfaire les besoins élémentaires demeure un combat ?

Le musicien nigérian, élevé dans l’effervescence de Lagos, aborde cette question depuis un langage qu’il nomme Southern Afro-Jazz. L’expression réunit plusieurs affluents de son travail, du highlife au funk, du hip-hop au jazz. On s’intéresse surtout à ce que cette circulation autorise. La souplesse musicale permet de tenir plusieurs émotions ensemble, la joie d’appartenir à une culture, la colère devant ses blessures, l’envie de continuer malgré tout.

« Ojoro » s’inscrit dans la tradition expressive de l’afrobeat, où le rythme peut porter une critique sociale et lui donner une existence collective. Le mouvement devient un moyen de maintenir l’attention, de faire circuler une parole au-delà de celui qui la prononce. On aurait tort de considérer la danse comme une diversion face à la gravité du propos. Un corps en mouvement peut aussi être un corps qui refuse de céder.

Cette tension rencontre une particularité importante du style d’Efi Cruise. Son approche vocale emprunte au scat, avec une liberté de placement nourrie par le jazz et le bebop. Cette manière d’envisager la voix ouvre un espace entre la lourdeur du sujet et l’agilité de son expression. Chez un artiste qui revendique l’amour de la vie, la légèreté du geste possède une valeur particulière. Elle permet de porter le sérieux sans lui donner constamment les mêmes habits.

Le propos, lui, reste frontal. Conditions de vie difficiles, précarité économique, défaillances de dirigeants auxquels les citoyens ont confié leur avenir. Efi Cruise organise son commentaire autour de l’écart entre la souveraineté célébrée et la dignité concrètement accessible. La question politique retrouve ainsi son échelle humaine, celle d’une journée qu’il faut réussir à traverser.

Après « Mirrors » et « If You Were Me You Would Be Dead », « Ojoro » prolonge une démarche où résistance personnelle et célébr

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Written By
Extravafrench

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