Nouveautés RnB
RNB
janvier 28, 2026Avec Push Back, Nayda Vii impose une distance juste, celle où le groove devient une armure et le désir un territoire parfaitement maîtrisé.
La première impression laissée par Push Back n’est pas sonore, elle est physique. Une sensation de recul assumé, de pas mesuré en arrière pour mieux observer la pièce, jauger les regards, contrôler la température. Nayda Vii ne force jamais l’entrée : elle s’installe. Le tempo est médium, volontairement contenu, presque nonchalant, comme si chaque battement avait été pensé pour laisser de l’espace au corps et à l’attitude.
Le morceau repose sur une architecture fine : percussions nettes, sub-bass profonde mais jamais envahissante, guitare électrique hypnotique qui serpente en arrière-plan. Rien ne déborde. Tout est tenu. Cette maîtrise donne à Push Back une dimension sensuelle sans ostentation, une séduction qui passe par la retenue plutôt que par l’excès. On est loin de la dancehall démonstrative ; ici, l’énergie est intériorisée, presque silencieuse, mais elle n’en est que plus magnétique.
Vocalement, Nayda Vii joue sur une ligne de crête fascinante. Sa voix ne cherche pas la performance, elle privilégie la posture. Elle glisse sur le beat, légèrement en retrait, comme si elle refusait de se livrer complètement. Ce choix renforce le propos : Push Back parle d’affirmation, de limites posées sans cris, de confiance qui n’a pas besoin de validation extérieure. Le chant devient alors un geste, un mouvement lent, une manière de dire non sans jamais perdre en élégance.
Ce qui frappe, c’est la capacité du morceau à naviguer entre plusieurs mondes sans se diluer. Afro-fusion, dancehall, R&B alternatif : les influences se croisent mais ne s’annulent pas. Elles se superposent, créant une matière sonore fluide, contemporaine, résolument globale. Push Back pourrait résonner aussi bien dans un club feutré que dans une écoute solitaire, casque sur les oreilles, lumière basse.
Il y a dans cette chanson une notion de pouvoir discret, presque politique. Nayda Vii ne revendique pas frontalement ; elle incarne. Le groove devient un langage corporel, une façon de dire « je suis là, mais à mes conditions ». Cette posture confère au morceau une modernité évidente, en phase avec une génération qui préfère l’autonomie au bruit, la maîtrise à la confrontation.
Push Back n’est pas un titre qui cherche à exploser immédiatement. Il s’infiltre, s’installe, revient. Il laisse une trace durable, comme un parfum qui persiste après le passage. Nayda Vii signe ici un morceau sûr de lui, sensuel sans caricature, et surtout profondément conscient de sa propre valeur. Une affirmation douce, mais impossible à ignorer.
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janvier 27, 2026Melody scintille comme une lumière douce laissée allumée trop tard, quand le monde se tait et que les corps s’écoutent enfin.
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas l’attention, mais l’intimité. Melody avance exactement dans cet espace-là, feutré, chaleureux, presque secret. Dès les premières secondes, Kirstin Knight installe une atmosphère de confidence nocturne, où chaque son semble pensé pour ralentir le temps plutôt que l’accélérer. Rien ne déborde, tout s’infuse.
La production se déploie avec une élégance retenue. Les rythmes afrobeats ne frappent pas frontalement : ils ondulent, glissent, soutiennent le morceau comme une respiration régulière. On sent l’influence UK R&B dans ce sens du détail, dans cette manière de laisser des espaces, de faire confiance au silence autant qu’au groove. Melody n’est pas conçu pour remplir une pièce, mais pour habiter un moment.
La voix de Kirstin Knight agit comme un fil conducteur délicat. Souple, légèrement voilée, elle se pose sans jamais s’imposer. Il y a dans son interprétation quelque chose de profondément organique, presque instinctif. Chaque phrase semble surgir naturellement, comme si elle était encore en train de se composer pendant l’écoute. Cette impression de spontanéité, presque de première prise, donne au morceau une chaleur rare, loin des performances trop polies.
Melody fonctionne comme un afterglow émotionnel. Pas l’explosion, mais ce qui reste après. Ce moment suspendu où les sensations persistent, où l’on n’a plus besoin de mots pour comprendre ce qui se joue. Le titre s’adresse autant au corps qu’à l’imaginaire, évoquant la proximité, la douceur, la lenteur assumée. Une sensualité adulte, calme, qui préfère l’intensité contenue à l’excès démonstratif.
Ce qui distingue vraiment le morceau, c’est la manière dont il fusionne ses influences sans jamais les juxtaposer. L’afrobeats n’est pas un simple emprunt rythmique, et le R&B n’est pas un vernis esthétique. Les deux se répondent, se fondent, créant un langage hybride qui semble couler de source. On sent une artiste qui a étudié ces rythmes, mais surtout qui a appris à les habiter, à les laisser respirer à travers elle.
Melody donne aussi l’impression d’une chanson écrite pour soi avant d’être offerte aux autres. Une démarche presque introspective, où la recherche de l’authenticité prime sur l’efficacité immédiate. Pourtant, le morceau accroche. Par sa douceur. Par sa constance. Par cette capacité à créer un cocon sonore dans lequel on revient facilement, comme un rituel discret.
Dans un paysage R&B souvent dominé par la surenchère émotionnelle ou la sophistication excessive, Kirstin Knight choisit une autre voie : celle de la sincérité tranquille. Melody ne cherche pas à impressionner, mais à accompagner. À réchauffer. À faire danser lentement les pensées autant que les corps.
Un slow jam contemporain, lumineux sans être naïf, sensuel sans être appuyé. Melody agit comme une présence douce dans le froid ambiant. Une preuve que parfois, la musique la plus forte est celle qui murmure.
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janvier 27, 2026Hear Me Out ressemble à une demande murmurée à la fin de la nuit, quand l’orgueil tombe et que la vérité prend enfin la parole.
Il y a des titres qui avancent masqués, et d’autres qui arrivent sans défense. Hear Me Out appartient à cette seconde famille, plus rare, plus risquée. Dès les premières secondes, Kep.Lockhart choisit le désarmement plutôt que la posture. Pas de surjeu, pas de façade lisse : juste une voix posée au centre, et cette sensation immédiate d’être face à quelqu’un qui accepte de ne pas être irréprochable.
La production s’installe dans un clair-obscur délicat. Une rythmique feutrée, presque respirée, des nappes R&B modernes qui ne cherchent jamais à briller plus que nécessaire, et cette basse douce qui maintient l’ensemble dans un mouvement lent, sensuel, profondément humain. Rien n’est pressé. Hear Me Out prend son temps, comme une conversation difficile qu’on repousse depuis trop longtemps, mais qu’on finit par entamer parce qu’il le faut.
Ce qui frappe, c’est la position adoptée par Kep.Lockhart. Il ne chante pas depuis un piédestal, ni depuis une blessure spectaculaire. Il parle depuis cet endroit inconfortable où l’on reconnaît ses failles, ses contradictions, ses maladresses. Le morceau se construit autour de cette idée simple mais puissante : l’imperfection n’est pas un défaut à cacher, mais une vérité à partager. Dans un paysage R&B souvent saturé de certitudes ou de domination émotionnelle, ce choix fait l’effet d’un pas de côté salutaire.
La voix, chaude et maîtrisée, évite toute démonstration inutile. Elle se glisse dans les silences, appuie là où ça fait juste assez mal, puis se retire. Kep.Lockhart chante comme on écrit une lettre qu’on hésite à envoyer, avec retenue mais sans mensonge. Chaque inflexion semble pesée, non pour séduire, mais pour être comprise.
Hear Me Out dégage une sensualité tranquille, adulte, presque cinématographique. C’est un morceau qui s’écoute tard, quand la ville ralentit, quand les écrans s’éteignent et que les pensées prennent plus de place. Il y a quelque chose de très new-yorkais dans cette atmosphère : une élégance discrète, une mélancolie fonctionnelle, une capacité à transformer la fatigue émotionnelle en douceur maîtrisée.
Techniquement, le titre brille par sa sobriété. La production ne vole jamais la vedette à l’intention. Chaque élément sert le récit, sans surcharge. On sent l’expérience, mais aussi une forme de maturité artistique : savoir quand ne pas en faire trop. Cette économie de moyens renforce la sincérité du propos et laisse toute la place à l’écoute.
Au fond, Hear Me Out n’est pas une supplique désespérée, ni une justification. C’est une mise à nu calme, presque apaisée. Kep.Lockhart y affirme qu’aimer, c’est aussi accepter d’être imparfait, et avoir le courage de le dire à voix haute. Un morceau qui ne cherche pas l’effet immédiat, mais qui s’installe durablement, comme une confidence qu’on n’oublie pas.
Une R&B contemporaine, sensible et adulte, qui préfère la vérité à la performance. Et c’est précisément ce qui la rend précieuse.
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janvier 27, 2026Reboot n’efface rien : LaIA SHR y transforme la chute en mise à jour, la rupture en protocole de survie, l’amour toxique en simple bug système.
Reboot s’impose comme un geste net, presque chirurgical. Pas une vengeance, pas une plainte, mais une décision. Celle de couper l’alimentation d’un passé devenu parasite et de relancer la machine sur de nouvelles bases. Dès les premières secondes, la sensation est claire : quelque chose s’est refermé, autre chose s’active. La musique n’avance pas dans l’émotion brute, elle progresse par couches, par impulsions, comme un système qui redémarre lentement après une panne majeure.
Chez LaIA SHR, l’identité artistique n’est jamais décorative. Elle est narrative. Reboot s’inscrit dans un univers où le langage technologique devient métaphore intime. Le crash sentimental n’est pas dramatisé, il est analysé, disséqué, puis dépassé. La voix, posée et magnétique, évolue entre contrôle et sensualité, comme si l’émotion était désormais filtrée par une conscience plus lucide, mieux armée.
La fusion entre dancehall et R&B contemporain fonctionne ici comme une tension permanente entre le corps et l’esprit. Les rythmes caribéens apportent une chaleur instinctive, presque viscérale, tandis que les textures plus sombres, glitchées, installent une distance froide, calculée. Ce contraste donne toute sa force au morceau : Reboot ne choisit pas entre vulnérabilité et puissance, il les superpose. La danse devient un acte de reconquête, le groove une forme de résistance.
Musicalement, la production est d’une précision redoutable. Chaque élément semble calibré pour servir cette idée de renaissance numérique. Les basses sont profondes, enveloppantes, presque protectrices. Les percussions dancehall claquent sans jamais saturer l’espace. Les effets électroniques, loin d’être gadgets, agissent comme des signaux internes, des micro-dysfonctionnements qui rappellent ce qui a été traversé. Rien n’est gratuit. Tout participe à cette sensation d’évolution maîtrisée.
Ce qui frappe surtout, c’est la posture émotionnelle. Reboot ne cherche pas à régler des comptes. Il affirme une autonomie retrouvée. La colère est présente, oui, mais elle est canalisée, transformée en moteur. Une rage élégante, froide, déterminée. LaIA SHR renverse les codes de la rupture classique : au lieu de s’effondrer ou de se justifier, elle se met à jour. Le cœur devient blindé, non par cynisme, mais par nécessité.
Le morceau s’écoute comme un moment charnière dans l’univers de Pam-Pam Protocol. Il agit comme un log interne, une ligne de code décisive où l’artiste choisit enfin de se charger elle-même, plutôt que de continuer à exécuter un programme écrit par un autre. Cette narration digitale donne au titre une dimension presque cinématographique. On n’imagine pas seulement la chanson, on visualise le processus, la transformation, le passage d’un état à un autre.
Reboot fonctionne aussi comme une déclaration esthétique forte. Dans un paysage R&B souvent tenté par la douceur consensuelle, LaIA SHR impose une vision plus tranchante, plus conceptuelle, sans jamais sacrifier l’émotion. Le morceau est sensuel, oui, mais jamais fragile. Dansant, mais jamais léger. Futuriste, mais profondément humain dans ce qu’il raconte.
Avec Reboot, LaIA SHR signe bien plus qu’un titre : elle affirme un mode d’existence artistique. Une manière de dire que l’on peut aimer, tomber, se perdre — puis revenir, reprogrammé, souverain. Une renaissance qui ne cherche pas l’approbation, seulement la cohérence. Et dans ce redémarrage maîtrisé, quelque chose s’impose durablement : une artiste qui avance, désormais, selon son propre code.
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janvier 26, 2026Sur ma peau flotte dans l’air comme un parfum qu’on n’identifie pas tout de suite, mais qui reste accroché longtemps, bien après que la musique s’est tue.
J’ai écouté ce titre dans un état presque immobile. Pas parce qu’il endort, mais parce qu’il suspend. Jena Teba ne cherche pas à séduire par accumulation d’effets ou par tension dramatique. Elle fait exactement l’inverse : elle ralentit le monde. Sur ma peau s’installe dans cet espace très précis où le désir ne s’explique pas, où il se ressent, se devine, se partage sans mots inutiles. Et cette économie-là, aujourd’hui, est précieuse.
Jena Teba s’inscrit ici dans une filiation soul et R&B profondément sensorielle, mais débarrassée de toute imitation. Sa voix est chaude, proche, presque tactile. Elle ne surjoue jamais la sensualité : elle la laisse affleurer, naturellement. Ce qui me frappe, personnellement, c’est cette capacité à suggérer plus qu’à affirmer. Chaque phrase semble murmurée à hauteur de peau, jamais projetée pour séduire un public abstrait.
La production épouse parfaitement cette intention. Les rythmiques afro-soul sont souples, respirantes, légèrement hypnotiques. Rien ne presse. Tout ondule. L’espace est laissé aux silences, aux respirations, à cette tension douce qui fait toute la force du morceau. On est loin d’un Afrobeat démonstratif : ici, l’influence africaine est intime, intégrée, presque organique.
La collaboration avec Tucee joue un rôle clé dans cette alchimie. Sa voix arrive comme un contrepoint naturel, jamais envahissant. Il ne vient pas “poser un couplet”, il dialogue. Il prolonge la sensation. Le call-and-response entre les deux artistes crée une proximité troublante, comme deux corps qui se cherchent sans jamais se heurter. Ce n’est pas une rencontre spectaculaire, c’est une connexion.
Ce que Sur ma peau raconte, au fond, ce n’est pas l’amour en tant que concept, mais la présence. Être là, vraiment. Sentir l’autre sans le posséder. Il y a dans ce titre une maturité émotionnelle rare, une manière d’aborder le désir sans l’exhiber, de parler d’intimité sans la transformer en performance. Jena Teba préfère la nuance à l’évidence, et ce choix donne au morceau une élégance presque intemporelle.
On sent aussi une artiste qui pense en termes d’atmosphère. Sur ma peau n’est pas un titre isolé, c’est un climat. Un morceau fait pour la nuit, pour les écouteurs, pour ces moments où l’on n’a pas besoin d’explication mais d’écho. Le français y devient une langue sensuelle par nature, jamais appuyée, jamais décorative.
Pourquoi écouter Sur ma peau ? Parce qu’il propose autre chose que le R&B formaté. Parce qu’il prouve que la scène française peut dialoguer avec l’Afrique de l’Ouest sans folklore ni opportunisme. Et parce que Jena Teba affirme ici une identité claire : une musique qui se vit au ralenti, qui fait confiance au ressenti, qui laisse une empreinte.
Sur ma peau ne cherche pas à marquer les corps par la force. Il s’y dépose. Et parfois, c’est exactement ce genre de musique qui reste le plus longtemps.
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janvier 26, 2026Love Letters To Me ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Il se replie, se retourne, se confronte. Il parle à soi, quand plus personne ne sait vraiment comment aimer sans se perdre.
J’ai abordé cet album comme on ouvre une correspondance qu’on aurait laissée trop longtemps fermée. Avec une légère appréhension. Et très vite, j’ai compris que Duane Harden n’avait pas simplement changé de décor musical. Il a changé de point de vue. Ici, le vétéran de la house mondiale ne cherche plus la communion immédiate du dancefloor. Il cherche autre chose : la réparation. Et pour ça, il a trouvé une voix étrange, insaisissable, presque conceptuelle, mais profondément humaine : Soul Healer.
Duane Harden et Soul Healer construisent Love Letters To Me comme un parcours intérieur balisé, pensé comme un récit complet. L’Intro (Love Letters To Me) agit comme une mise à nu immédiate, presque murmurée, une porte entrouverte sur un album qui ne se cache jamais derrière le groove. Puis Apologize installe le cœur du propos : la culpabilité amoureuse, l’auto-effacement, cette manière toxique de demander pardon pour exister. Le morceau est lisse en apparence, mais profondément inconfortable dans ce qu’il raconte.
Ce qui me frappe, au fil de l’album, c’est la cohérence émotionnelle. You Can Get It joue la carte d’un R&B plus immédiat, presque charmeur, mais toujours traversé par une tension latente. Rien n’est jamais totalement léger ici. Même les titres les plus courts, comme Nothing Better Than Me ou I’m About That Life, fonctionnent comme des affirmations fragiles, des phrases qu’on se répète pour finir par y croire.
Musicalement, le disque repose sur une production élégante, nocturne, où les claviers hantés et les basses souples laissent beaucoup d’espace à la voix. Soul Healer n’est pas une diva démonstrative. Elle est une présence. Une texture vocale qui glisse, se dédouble, parfois presque désincarnée. Et c’est précisément ce choix qui permet à Duane Harden d’aller aussi loin dans l’intime sans tomber dans l’exhibition.
Le cœur émotionnel du disque se situe, à mon sens, dans des titres comme If It Heals, It’s Love, Tears Don’t Mean I’m Yours ou Leaving You Was Loving Me. Là, l’album cesse de parler de relations pour parler de frontières. Où commence l’amour, où finit le sacrifice. Who Comes After You et Home Now prolongent cette réflexion avec une douceur mélancolique, presque résignée.
La dernière ligne droite est sans doute la plus forte. Still Choosing Me agit comme un point de bascule. Ce n’est pas un hymne triomphal, mais une décision calme. Any Space Left, avec Human Evolution, ouvre encore l’espace, comme si l’album refusait toute clôture nette. Et Unconditional ferme le cercle sans emphase, dans une forme de paix lucide.
Pourquoi écouter Love Letters To Me ? Parce que rares sont les albums pop-R&B qui osent raconter le chemin complet, de l’auto-blâme à l’auto-respect, sans raccourci ni faux empowerment. Parce que Duane Harden prouve qu’un songwriter chevronné peut encore se mettre en danger artistiquement. Et parce que Soul Healer incarne une idée fascinante : celle d’une voix conçue pour dire ce que l’ego empêche parfois d’assumer.
Love Letters To Me n’est pas un disque de séduction. C’est un disque de réappropriation. Une correspondance intime transformée en musique, pour celles et ceux qui apprennent enfin à s’écrire autrement.
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janvier 26, 2026« MR FRIDAY » revient toujours au même endroit, à la même heure : là où les corps savent avant les mots, là où le désir se répète sans jamais se résoudre.
Il y a dans MR FRIDAY quelque chose de terriblement précis. Une sensation familière, presque charnelle, que l’on reconnaît sans avoir besoin de l’expliquer. Le morceau avance comme une certitude silencieuse, un groove qui n’élève jamais la voix mais qui s’installe durablement. Dès les premières mesures, YNKÁ installe un climat feutré, une nuit élégante où chaque battement semble calibré pour faire monter la tension sans jamais la libérer complètement.
Chez YNKÁ, la musique agit comme un langage corporel. Le funk et la neo-soul ne sont pas convoqués pour briller, mais pour guider. La rythmique est souple, entraînante, traversée d’influences jazz, house et afrobeat qui se fondent avec une fluidité remarquable. Rien n’est forcé. Tout glisse. MR FRIDAY donne l’impression d’un mouvement continu, d’un balancement régulier qui rappelle ces rendez-vous répétés dont on connaît déjà l’issue — ou l’absence d’issue.
La voix joue un rôle central dans cette mécanique du désir contenu. Sûre d’elle, posée, jamais démonstrative, elle incarne parfaitement cette tension entre proximité et retenue. YNKÁ chante comme on confie un secret que l’on sait déjà partagé. Chaque phrase semble pesée, déposée avec élégance, sans chercher à dramatiser. Le refrain, construit comme un mantra, agit par répétition plus que par explosion émotionnelle. « Same time, same place » devient une formule hypnotique, presque rituelle, qui renforce l’idée d’un lien aussi évident qu’impossible à afficher.
Musicalement, le morceau brille par sa dynamique interne. Les arrangements respirent, laissent circuler l’air entre les instruments. Les grooves sont précis, mais jamais rigides. On sent une vraie compréhension de l’espace sonore, une manière de laisser la basse, les percussions et les textures dialoguer sans se marcher dessus. MR FRIDAY est pensé pour le corps autant que pour l’écoute attentive, capable de fonctionner sur un dancefloor discret comme en écoute solitaire, tard dans la nuit.
Ce qui distingue vraiment ce titre, c’est son refus de la démonstration. Là où beaucoup de morceaux R&B cherchent à surjouer la sensualité, YNKÁ choisit la suggestion. Le désir n’est jamais exposé frontalement : il circule, se devine, s’installe dans les silences autant que dans les notes. Cette élégance donne au morceau une vraie profondeur émotionnelle, loin des clichés de la love song évidente.
MR FRIDAY agit comme une porte entrouverte sur un univers déjà très sûr de lui. Pour un premier single, la proposition est étonnamment mature, maîtrisée, cohérente. YNKÁ ne cherche pas à multiplier les effets pour marquer les esprits : elle impose un tempo, une atmosphère, une signature. Une R&B alternative nocturne, chaleureuse, sensuelle sans ostentation.
Un titre qui s’écoute comme on retrouve quelqu’un sans avoir besoin de se donner rendez-vous. Parce que certains liens, comme certains grooves, savent exactement quand revenir.
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janvier 25, 2026La Monday Playlist #6 débarque comme un café bien serré pour les oreilles. Un shoot sonore pour relancer la machine, remettre du rythme dans ce lundi qui traîne un peu les pieds. Ici, pas de drama : juste des tracks choisis pour faire circuler l’énergie, réveiller les neurones et donner une impulsion nette à la semaine.
Tu appuies sur play, ça démarre doucement ou ça frappe direct, mais ça avance. Parfait pour transformer le lundi en point de départ plutôt qu’en frein.
Rayno – Lexus
Tammy Campbell Brooks – Ready to Live
Wise Divaz – Work It Out
hot beige x baegal x Barrett Staples – Temporary queen
Solamour – Tarée
Sofro – Artÿ
Louhibou – Joli Cœur
Lucas Valiante – siren.
Maë – Je te fuis
bkena – Been A While
LAVIEN – Nobody
Remyano – Underwater
Robin Soho – Bisschen in Love
Bobby JaGGerJacK – I Regret It
Joey Larsé – Mocassin à gland
ConCee – Ain’t got you
Yekima De Bel Art – On avance (Striatum)
Jah Gordy – Here Tonight
light:house – Your Mouth Writing Checks
EZHK – One More Shot
DJ SuziQ – I Know I Know
Kozlow – Bark (from « Pleasure Pack vol. 1 » compilation)
VmanicV – VVITCH
Calisienne – LA 2 Paris
SteF – I love my Club
2And – Ritual Pulse
Lupus J. – The love its the way
JackEL – CLOSER
Errol Eats Everything – Round N Round ft. Rome Streetz (Statik Selektah RMX)
king Gret – Pressure
V The Saint – Doley
ODYSSEY 696 – Fumando O.D.O.E.
Tone D. -Your opinion
XPLICIT – SAVOR THIS MOMENT
DJ Raw B – Throw Money at the D.J.
Toneyboi – Momma Says Move Weight
Black Dibal – Last
Simon Jaglom – Airplane Mode
GoldCry – Save Yourself (Stabbing Westward Cover)
CGMB – ruminate.
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janvier 25, 2026When Everybody’s Watching de Hak Black transforme la discrétion amoureuse en danse nocturne, là où les sentiments hésitent entre le secret et l’envie d’être enfin vus.
La musique de Hak Black avance ici sur une ligne fine, presque fragile : celle qui sépare le privé de l’exposé, le murmure de la déclaration. When Everybody’s Watching n’est pas une confession spectaculaire, mais une montée progressive vers le courage. On y sent cette tension douce, familière à quiconque a déjà aimé dans l’ombre, en se demandant à quel moment le monde extérieur mérite d’entrer dans l’histoire.
Dès les premières secondes, le morceau s’installe dans une atmosphère feutrée, portée par des synthés soyeux et une rythmique midtempo qui emprunte autant à la pop qu’à une forme de R&B moderne, presque liquide. La boucle percussive, précise et tactile, donne l’impression d’un cœur qui bat régulièrement, mais jamais trop fort — comme si tout était encore sous contrôle, contenu, maîtrisé. Puis viennent les touches de guitare, discrètes mais essentielles, qui humanisent l’ensemble et rappellent que derrière la production, il y a une histoire vécue, pas un concept abstrait.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Hak Black joue avec la notion de regard. When Everybody’s Watching n’est pas une chanson sur la peur d’être vu, mais sur le moment exact où cette peur se transforme en désir. Le groove, volontairement plus chaleureux que dans ses travaux précédents, agit comme une respiration nouvelle : celle d’un artiste qui reprend un morceau né dans l’isolement pandémique et lui offre une seconde vie, plus solaire, plus ouverte. Le confinement est encore là, en filigrane, mais il n’écrase plus rien. Il sert de point de départ à une libération rythmique.
Vocalement, Hak Black choisit la retenue plutôt que la démonstration. Sa voix flotte au-dessus de la production avec une élégance presque nonchalante, refusant le pathos au profit d’une sincérité directe. Chaque phrase semble pesée, comme si dire trop fort risquait de briser quelque chose. Cette économie d’effets renforce l’impact émotionnel du morceau : on n’écoute pas une performance, mais un moment de bascule intérieure.
Musicalement, When Everybody’s Watching réussit ce qui est souvent difficile dans l’électro-pop contemporaine : faire danser sans effacer le sens. Le morceau groove, oui, mais il groove pour accompagner une décision intime. Celle de rendre officiel ce qui ne l’était pas. Celle d’accepter que l’amour, à un moment donné, ne peut plus rester à huis clos.
Au final, Hak Black signe un titre délicatement moderne, qui parle d’amour sans cliché et de visibilité sans exhibition. When Everybody’s Watching est une chanson de seuil : entre deux états, deux versions de soi. Une pièce élégante, sincère, qui prouve que la pop peut encore raconter des histoires minuscules — et pourtant universelles — sans hausser la voix.
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janvier 23, 2026La vraie question n’est jamais celle de l’ascension, mais de savoir qui reste quand l’altitude devient vertige.
Il y a dans All the Way Down une lourdeur douce, une gravité émotionnelle qui ne cherche pas l’esbroufe. Aka Arjay signe ici un morceau qui regarde le succès droit dans les yeux, non pas pour le célébrer, mais pour l’interroger. Le titre s’installe dans un R&B contemporain teinté de rap, mais refuse le clinquant. La production est contenue, presque introspective, laissant l’espace nécessaire à une question simple et brutale : l’amour et le soutien survivent-ils à la chute ?
Dès l’entrée en matière, la voix d’Arjay agit comme un fil narratif tendu entre deux états. Elle est mélodique sans être enjôleuse, chargée d’une fatigue lucide, celle de quelqu’un qui a déjà compris que les applaudissements sont souvent conditionnels. Les harmonies glissent, s’enroulent autour d’un beat mesuré, jamais pressé, comme si le morceau lui-même refusait de courir vers un climax artificiel. Tout ici respire la retenue, le recul, presque la méfiance.
Puis arrive le moment charnière. Le morceau bascule subtilement quand Cool Nutz entre en scène. Son couplet n’est pas une démonstration de force, mais une mise à nu rugueuse. Le rap tranche avec la douceur d’Arjay, non pour la contredire, mais pour la compléter. Là où le chant questionne, le rap affirme une vérité apprise à la dure : le chemin vers le haut est souvent pavé de promesses, celui vers le bas de silences.
Ce dialogue entre les deux voix donne toute sa profondeur au titre. All the Way Down ne parle pas seulement de carrière ou de reconnaissance publique. Il touche à quelque chose de plus universel : la peur de devenir invisible une fois la lumière éteinte. Musicalement, cette tension se traduit par une construction qui privilégie l’atmosphère à l’impact immédiat. Les textures restent chaudes, presque enveloppantes, mais une mélancolie persistante s’infiltre, comme un doute qu’on n’arrive pas à chasser.
À l’écoute, je me suis surpris à y projeter des scènes très personnelles : ces moments où l’on réalise que certaines présences étaient liées à une trajectoire ascendante, pas à la personne elle-même. C’est là que le morceau touche juste. Il ne moralise pas, il constate. Il n’accuse pas, il observe. Et c’est précisément cette posture qui lui donne une force durable.
Aka Arjay confirme ici sa capacité à élever le hip-hop West Coast vers des territoires plus émotionnels, plus nuancés, sans renier l’héritage. All the Way Down n’est pas un hymne, ni une confession spectaculaire. C’est une conversation intérieure mise en musique, un miroir tendu à celles et ceux qui savent que la loyauté ne se mesure pas au sommet, mais dans la descente. Une pièce sobre, honnête, qui reste en tête non par son volume, mais par sa vérité.
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janvier 20, 2026Quand Goin Gone démarre, ce n’est pas une porte qui claque. C’est un pas franc, posé, presque calme. Une décision prise sans regard en arrière.
L’accroche du morceau tient dans cette sensation précise : le moment où rester ferait plus mal que partir. Shery M ne raconte pas une fuite, elle raconte un basculement intérieur. Celui où l’on cesse d’expliquer, de justifier, de se plier. Celui où l’on choisit enfin le mouvement.
Musicalement, Goin Gone s’inscrit dans une pop R&B large, lumineuse, volontairement accessible, mais jamais creuse. La production avance avec assurance : un groove net, des textures modernes, une énergie presque dansante qui masque à peine la gravité du propos. C’est là que le morceau frappe juste. Là où d’autres auraient opté pour la plainte ou la dramatisation, Shery M choisit la clarté. La chanson respire l’émancipation plus que la colère, la reconstruction plus que la perte.
La voix, centrale, porte cette ambiguïté avec finesse. Elle ne force rien. Elle ne cherche pas l’exploit vocal, mais la précision émotionnelle. Chaque phrase semble pesée, comme si le chant avançait au même rythme que la décision racontée : lentement d’abord, puis avec une évidence irréversible. On sent une artiste qui n’a plus besoin de prouver, mais simplement d’exister dans sa vérité.
Goin Gone est un titre sur le départ, oui, mais surtout sur la reprise de contrôle. Le texte n’appuie jamais sur les détails biographiques. Il préfère l’universel : la sensation d’être enfermée, la nécessité de rompre avec ce qui empêche de devenir. Ce flou volontaire permet au morceau de dépasser son origine personnelle pour toucher quelque chose de plus vaste. Chacun peut y projeter son propre seuil à franchir, son propre adieu.
Ce qui impressionne, c’est la maturité de cette entrée en anglais. Rien ne sonne comme une tentative ou une adaptation forcée. Shery M ne change pas de peau, elle élargit son territoire. Sa pop est déjà mondiale dans son écriture : directe, émotionnelle, structurée pour rassembler. Goin Gone agit comme un manifeste doux mais ferme : celui d’une artiste qui transforme l’exil, la rupture et la survie en énergie créative.
Le refrain, anthemic sans être écrasant, s’imprime naturellement. Pas comme un slogan, mais comme une respiration libératrice. On y entend la confiance retrouvée, cette sensation rare où la peur cesse de dicter le chemin. La chanson avance alors comme un espace ouvert, prêt à accueillir celles et ceux qui savent que partir peut aussi être un acte d’amour envers soi-même.
Avec Goin Gone, Shery M ne signe pas seulement un premier single en anglais. Elle pose un jalon clair : une pop de transition, de courage et de mouvement, capable de faire danser tout en laissant une trace intime. Une chanson qui ne demande pas la permission d’exister, et qui rappelle que parfois, aller de l’avant commence simplement par oser dire : je m’en vais.
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janvier 19, 2026Didn’t Have To Do It s’impose comme cette pensée qui traverse l’esprit sans prévenir, un mélange de reconnaissance et de vertige face à ce qui a été donné sans obligation, sans calcul, sans condition.
Il ne s’agit pas ici d’un simple titre de louange formaté pour les ondes. Didn’t Have To Do It avance avec une élégance émotionnelle rare, quelque part entre la soul rétro et le R&B contemporain, portée par une conviction calme mais inébranlable. Rachael Mann ne cherche pas à impressionner par la puissance seule. Elle choisit la nuance, la chaleur, la sincérité nue.
Dès les premières mesures, le morceau installe un climat accueillant. Une instrumentation organique, soyeuse, presque intemporelle. Les accords respirent, les rythmes glissent avec souplesse, rappelant cette tradition soul où chaque note semble posée pour servir l’émotion plutôt que la performance. La production, signée par Nathan Walters, brille par sa retenue. Rien n’est surchargé. Tout est pensé pour laisser la place au message.
La voix de Rachael Mann est le véritable cœur battant du morceau. Claire, enveloppante, profondément habitée. Elle ne surjoue jamais la ferveur. Elle la laisse infuser naturellement, comme une évidence. Il y a dans son interprétation une maturité émotionnelle qui dépasse largement le cadre du gospel ou du worship pop. Didn’t Have To Do It parle de foi, bien sûr, mais surtout de reconnaissance humaine, de ce moment où l’on réalise que certains gestes d’amour dépassent toute logique.
Le duo avec Terell Davy apporte une dimension supplémentaire au titre. Les voix se répondent sans jamais se concurrencer, créant un dialogue apaisé, presque conversationnel. Cette interaction renforce l’idée centrale du morceau : le don, le sacrifice, l’amour offert sans attente de retour. Musicalement, cette alchimie vocale donne au titre une profondeur émotionnelle qui le rend immédiatement accessible, même pour un auditeur peu familier de la musique chrétienne.
Ce qui distingue Didn’t Have To Do It, c’est sa capacité à s’inscrire dans une tradition tout en restant résolument actuelle. Le morceau pourrait aussi bien trouver sa place dans une playlist soul que dans un moment de recueillement personnel. Il ne cherche pas à cloisonner l’écoute. Il rassemble. La foi y est exprimée comme une expérience vécue, pas comme un discours imposé.
Il y a quelque chose de profondément apaisant dans la manière dont le titre avance. Pas de montée dramatique, pas de résolution tapageuse. Juste une progression naturelle, comme une respiration longue et nécessaire. Cette douceur maîtrisée donne au morceau une portée universelle. Il parle à celles et ceux qui connaissent la gratitude, mais aussi à ceux qui cherchent encore à comprendre ce qui les dépasse.
Didn’t Have To Do It confirme Rachael Mann comme une voix singulière dans le paysage R&B chrétien contemporain. Une artiste capable de conjuguer exigence musicale, profondeur spirituelle et accessibilité émotionnelle. Un titre qui ne cherche pas à convaincre, mais à rappeler. Rappeler que certains élans d’amour n’étaient pas obligatoires. Et que c’est précisément pour cela qu’ils comptent autant.
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janvier 19, 2026Battlefield Of My Mind se déploie comme un champ invisible, un espace mental où chaque pensée pèse autant qu’un battement de basse et où le calme apparent dissimule une lutte constante.
Il n’y a pas de voix pour guider l’écoute, pas de paroles pour cadrer l’interprétation. Battlefield Of My Mind choisit la voie instrumentale comme un acte fort, presque radical. Destination Freedom ne cherche pas à convaincre par le discours. Il laisse la musique parler seule, comme une prière intérieure formulée sans mots, là où les pensées s’entrechoquent avant même de devenir audibles.
La première impression est celle d’un espace maîtrisé, respirant. Les textures R&B s’installent avec douceur, mais une douceur tendue, chargée d’intentions. Les accords glissent sans jamais s’alanguir, portés par une rythmique souple qui avance comme un pas décidé malgré le poids du doute. Battlefield Of My Mind ne dramatise pas la lutte mentale, il l’expose dans sa banalité quotidienne, celle qui revient chaque matin, chaque soir, sans fracas.
Ce qui frappe, c’est la clarté émotionnelle du morceau malgré l’absence de voix. Tout est lisible, presque tactile. Les nappes harmoniques agissent comme des pensées récurrentes, certaines rassurantes, d’autres plus sombres, mais toujours contenues dans un même cadre. La production évite toute surcharge, préférant la précision au spectaculaire. Chaque élément semble avoir été placé pour soutenir un état intérieur plutôt qu’un effet extérieur.
Battlefield Of My Mind fonctionne comme un dialogue silencieux entre tension et apaisement. Les motifs mélodiques se répètent, évoluent légèrement, comme des affirmations que l’on se répète pour ne pas flancher. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette construction circulaire. La victoire n’est jamais totale, mais la défaite non plus. Le morceau avance, persiste, insiste.
L’influence du R&B contemporain se ressent dans le soin porté aux textures, dans cette chaleur feutrée qui enveloppe sans endormir. Mais la dimension spirituelle apporte une profondeur supplémentaire. La musique devient un outil de recentrage, un espace où l’on apprend à trier ses pensées, à ralentir, à respirer. Battlefield Of My Mind ne cherche pas à effacer l’anxiété ou le doute. Il propose une autre posture : les traverser sans s’y perdre.
Ce choix de l’instrumental donne au morceau une portée universelle. Chacun peut y projeter sa propre bataille, ses propres questionnements. La foi est présente, mais jamais imposée. Elle agit comme une force souterraine, une direction plus qu’un slogan. Destination Freedom signe ici une musique de l’intime, conçue pour accompagner plutôt que pour guider.
Battlefield Of My Mind s’écoute comme un moment suspendu, un sas entre le chaos extérieur et le calme recherché. Une œuvre qui rappelle que certaines luttes se mènent loin du bruit, dans des espaces que seule la musique peut atteindre. Une R&B contemporaine qui choisit le silence comme langage principal, et qui prouve qu’il peut être tout aussi puissant que n’importe quel refrain.
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janvier 9, 2026Artiste d’origine marocaine venue du Norvège, formée autant par les chœurs, le club et les bibliothèques de plugins que par les scènes de quartier, elle a la mémoire pleine de “premières fois” qui disent tout : Nina Simone comme déflagration initiale, flamenco hypnotique en CM1, premier morceau trop triste pour un anniversaire (évidemment en la mineur), un camp d’écriture XXL à 14 ans, Norwegian Idol comme douche froide, puis la reprise en main totale du studio — produire, éditer, décider.
Entre Trondheim, Londres sur écoute et quelques nuits américaines, elle écrit d’instinct, tord les progressions d’accords, refuse le formatage et protège sa santé mentale comme on protège une ligne mélodique. Conversation en mode madeleine : ses premières fois, une à une.
• La première chanson qui t’a émue ?Sinnerman – Nina Simone.
• Le premier·ère artiste dont tu as été fan ?Alicia Keys et Christina Aguilera — et Britney, bien sûr ! Avec ma sœur, on achetait ces compils “Hits for Kids” remplies de tubes de majors. J’ai aussi grandi avec beaucoup de musiques d’Afrique du Nord, Ida Kelarová et de la musique “gypsy” (ma mère en était fan). J’adore les musiques dites “du monde” (même si le terme est affreux) aux rythmes complexes et au chant très vocal. Je chantais souvent dans ma brosse à cheveux en dansant sur la table de la cuisine.
• La première chanson que tu as écrite ?Une chanson d’anniversaire en la mineur pour une amie. Elle a été choquée que je lui écrive (ou écrive tout court) une chanson… et qu’elle soit un peu triste pour son anniversaire. Ça en dit long sur mon catalogue.
• Le premier concert auquel tu as assisté ?Ma mère produisait une série de concerts “world music” dans ma ville, donc je ne suis pas sûre à 100 %. Mon premier souvenir vraiment marquant, c’est un artiste nommé Pitingo : j’étais en CM1, je crois. Le flamenco m’a complètement fascinée, toute cette émotion. Les choristes m’ont soufflée : tellement puissantes et monstrueusement techniques.
• La première scène que tu as faite ?Hors duos et chorales, je crois que c’était dans une MJC de ma ville, l’ISAK, à Trondheim. Je jouais de la guitare avec deux amis. J’ai revu des extraits… disons que je suis contente qu’on grandisse. Blague à part, c’était un moment génial à vivre — et à revoir.
• La première fois où tu t’es dit “OK, je suis une artiste” — où, avec qui, et qu’est-ce qui t’a traversé l’esprit ?Dans ma chambre, chez ma mère. Chambre… que j’ai lentement transformée en studio. J’écoutais le premier album d’Adele. J’aimais chaque titre et j’ai ressenti que je “devais” m’exprimer de la même manière. C’est de l’ordre du réflexe humain, un besoin, quelque chose de nécessaire à la paix intérieure et à la santé mentale — créer, je veux dire.
• La première opportunité musicale qui a changé ta vie d’artiste ?Mon premier voyage aux États-Unis pour travailler ma musique avec Bobby Icon, un type incroyablement bienveillant (aujourd’hui un ami). Je lui ai envoyé des démos ; il a pris beaucoup de temps pour m’aider à progresser et à trouver la bonne direction. Autre déclic : un grand camp d’écriture vers mes 14 ans. Je n’avais aucune idée d’où je mettais les pieds — jusque-là, j’écrivais avec ma guitare acoustique et le vieux Korg de ma mère. C’était ultra pro : on écrivait pour la K-pop et pour les gagnants d’Australian Idol, c’était le pitch.
• La première déception musicale ?Norwegian Idol m’est tout de suite venu en tête. Il m’a fallu du temps pour comprendre que c’est surtout un concours de popularité, pas vraiment de musique — et les réseaux n’ont rien arrangé. À 17 ans, réaliser que l’apparence pèse plus que l’artiste et la musicienne, c’était dévastateur. Ça me fend encore un peu le cœur.
• Le premier moment de studio qui t’a retourné le cerveau ?C’est très précis, mais j’ai été sidérée quand j’ai compris qu’on pouvait éditer les prises MIDI. Ça paraît bête maintenant, mais j’ignorais tout ce qu’on pouvait transformer et faire au studio.
• La première collaboration qui t’a bousculée — et ce que ça a changé ?Tout simplement écrire avec d’autres. Apprendre aux côtés d’auteurs et de producteurs meilleurs que moi (et à 14 ans, c’était la plupart) m’a façonnée comme autrice, et clairement comme chanteuse de studio. Ce n’est peut-être pas l’angle attendu, mais c’est ce qui m’est venu.
• La première critique qui t’a fait grandir — qu’as-tu changé ensuite ?À l’Académie norvégienne de musique, mes professeurs m’ont poussée à explorer de nouvelles façons d’écrire des enchaînements d’accords, à les étirer, les tordre. Ça m’a forcée à sortir du réflexe “pop” des quatre mêmes accords. Évident rétrospectivement, mais ça a tout changé musicalement.
• La première fois que tu as annulé quelque chose pour protéger ta santé mentale ?Je pense aux sessions en tant qu’artiste — surtout avec des producteurs hommes — où l’on me balayait. Ne pas être écoutée, entendre que mes idées “ne servaient pas le morceau” ou “n’étaient pas assez bonnes”… Aujourd’hui, je produis moi-même. Ça m’avait vraiment dégoûtée, épuisée, pour être honnête. Reprendre la main sur ma liberté créative, faire confiance à ma vision, ça a été très libérateur — et je ne suis pas une si mauvaise productrice.
• Le premier salaire dépensé “stupidement” (mais iconiquement) ?Ça peut sembler ennuyeux, mais je réinvestis tout en matériel. Et c’est très bien ! J’ai récemment acheté un Fender Rhodes MKII et un nouveau synthé.
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janvier 8, 2026« Climate est une onde nocturne où Yoni transforme ses tempêtes intimes en bande-son universelle. »
La nuit a parfois une texture. Celle de Climate est dense, satinée, presque électrique. Dès que le morceau se déploie, l’espace se contracte, la lumière se fait plus basse, et l’on comprend que Yoni ne cherche pas à séduire frontalement mais à installer un climat, au sens le plus physique du terme. Une atmosphère émotionnelle où chaque battement compte, où chaque silence pèse.
Porté par une identité érythréo-américaine et une éducation musicale globale, Yoni sculpte un R&B alternatif teinté de noirceur, nourri par l’âme west coast et une sensibilité introspective assumée. Climate avance comme une marche lente dans une ville endormie, entre néons fatigués et pensées trop lucides. La production, précise et enveloppante, agit comme un décor mental : rien n’est laissé au hasard, tout sert le récit.
La voix, souple et hypnotique, refuse le spectaculaire. Elle préfère l’obsession douce, la répétition qui s’infiltre. Yoni chante la transformation intérieure, ces zones instables où l’amour, le doute et la croissance personnelle se croisent sans prévenir. On n’écoute pas Climate, on y entre. Et une fois dedans, difficile d’en ressortir indemne.
Ce morceau s’inscrit aussi dans une trajectoire exigeante, façonnée aux côtés de producteurs et d’ingénieurs qui connaissent la valeur du détail et de la retenue. Ce savoir-faire invisible donne à Climate une élégance rare, presque cinématographique, loin des formats jetables.
Avec Climate, Yoni confirme une chose essentielle : il appartient à cette génération d’artistes qui ne décrivent pas leurs émotions, ils les architecturent. Climate n’est pas une chanson de plus dans la nuit numérique, c’est une variation de température qui reste longtemps sur la peau.
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janvier 7, 2026Phone Number sonne comme un message jamais supprimé, coincé quelque part entre l’envie de rappeler et la peur d’être vu.
Dans ce morceau, St. Trojan-Sinclair capte un moment ultra-précis de nos vies modernes : celui où tout peut commencer ou s’éteindre avec une suite de chiffres. Plus qu’un simple prétexte narratif, le numéro devient un symbole, une ligne fragile entre l’intimité et la distance, le fantasme et la réalité.
Dès l’intro, Phone Number installe une atmosphère nocturne, presque cinématographique. La production est propre, fluide, mais jamais lisse. Un R&B contemporain qui flirte avec le pop rap sans céder au clinquant. Les basses avancent en souplesse, les percussions respirent, laissant de l’espace à la voix, toujours au centre, comme un texto laissé en brouillon. On sent une maîtrise du timing : rien n’est pressé, tout est calculé pour faire durer la tension.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont St. Trojan-Sinclair joue avec la notion de désir à l’ère digitale. Ici, pas de grandes déclarations, pas de romantisme naïf. Le morceau parle d’attente, de projection, de ce moment suspendu où l’on s’imagine déjà une histoire à partir de presque rien. La voix oscille entre assurance et retenue, comme si l’artiste savait que trop en dire tuerait le mystère.
Musicalement, Phone Number s’inscrit dans une tradition R&B moderne qui privilégie l’ambiance à la démonstration. Les mélodies sont accrocheuses sans être évidentes, les refrains restent en tête mais laissent toujours une part d’ombre. C’est un morceau pensé pour les trajets nocturnes, les écouteurs vissés aux oreilles, quand la ville défile et que le téléphone vibre peut-être… ou pas.
Il y a aussi, en filigrane, une forme de lucidité presque mélancolique. Phone Number ne promet rien. Il observe. Il décrit cette génération qui se cherche à travers les écrans, qui mesure l’importance d’un simple contact, d’un échange possible, sans garantie de suite. St. Trojan-Sinclair ne moralise pas, il documente un état émotionnel très contemporain.
Au final, Phone Number fonctionne comme un miroir discret de nos habitudes affectives. Un morceau qui ne force jamais l’émotion mais la laisse venir, doucement, à force de répétition et de non-dits. Une preuve que le R&B d’aujourd’hui peut encore raconter quelque chose de vrai, même quand tout commence par un numéro enregistré… ou jamais composé.
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janvier 7, 2026Avec Forever, Sentury redonne au mot amour un poids, une durée, une respiration longue, à contre-courant d’une époque qui swipe plus vite qu’elle ne ressent.
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à séduire immédiatement, mais à s’installer. Forever est de ceux-là. Pas un coup d’éclat, pas une posture virale : plutôt une présence. Dès les premières harmonies, quelque chose se met en place, lentement, avec cette élégance rare qui ne force rien. Le titre avance comme une confidence tenue trop longtemps, une promesse murmurée au creux de la nuit, quand le monde se tait enfin.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la science du collectif. Sentury ne fonctionne jamais comme une addition de voix, mais comme un seul corps vocal aux multiples textures. Les harmonies s’entrelacent avec une précision presque artisanale, héritée autant de la tradition gospel que du grand R&B de transmission. On sent le vécu commun, les années à respirer ensemble, à se fondre plutôt qu’à briller seul. Forever n’est pas un terrain de démonstration individuelle : c’est une architecture émotionnelle.
La production, volontairement épurée, laisse la chair vocale occuper l’espace. Une basse ronde, organique, ancre le morceau dans le sol pendant que les arrangements glissent avec douceur, sans surcharge. Chaque instrument semble jouer pour soutenir la narration, jamais pour détourner l’attention. Le tempo, médium, presque suspendu, donne au morceau ce luxe devenu rare : le temps. Le temps d’écouter, le temps de ressentir, le temps de se projeter.
Là où Forever touche juste, c’est dans sa sincérité désarmante. Pas de lyrisme surjoué, pas de romantisme plastique. Le morceau parle d’engagement comme d’un choix quotidien, presque politique dans un paysage affectif dominé par l’instantané. Sentury ne vend pas le rêve d’un amour parfait, mais celui d’un amour qui dure parce qu’il se construit. Cette nuance change tout. Elle transforme la chanson en refuge plutôt qu’en fantasme.
On pourrait parler de “grown man R&B”, mais ce serait réducteur. Forever dépasse l’étiquette générationnelle. Il s’adresse à celles et ceux qui savent que l’émotion la plus puissante n’est pas toujours la plus bruyante. À ceux qui cherchent encore des chansons capables d’accompagner la vie réelle, pas seulement les playlists.
Avec Forever, Sentury ne ressuscite pas le R&B : ils le prolongent. Ils prouvent que la douceur peut être radicale, que la lenteur peut être moderne, et que croire encore à l’amour n’a rien de naïf. C’est peut-être même le geste le plus subversif qui soit.
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janvier 7, 2026KEEP OUR LOVE ALIVE ressemble à ces conversations nocturnes qu’on n’avait pas prévues, mais qui finissent par durer jusqu’à l’aube, quand plus rien ne presse sauf l’envie de ne pas se perdre.
Entre les mains de DATBOYHAMP et Blendi, l’amour n’est ni une promesse criée ni une certitude figée. C’est un équilibre fragile, une matière vivante qu’il faut constamment réchauffer pour qu’elle ne se fige pas. Dès les premières secondes, le morceau installe un climat feutré, presque cotonneux, où chaque son semble avoir été poli pour ne pas brusquer l’émotion. On est dans un R&B qui préfère la caresse au coup d’éclat, le murmure au slogan.
La production joue la carte du temps suspendu. Des accords chauds, légèrement rétro, flottent comme des souvenirs qu’on refuse de classer. Rien n’est clinquant, tout est pensé pour durer. Le groove avance lentement, avec cette souplesse propre aux morceaux qui savent que leur force réside dans la retenue. On sent l’héritage soul, mais filtré par une sensibilité contemporaine, presque introspective, qui regarde le passé sans s’y réfugier.
DATBOYHAMP mène le morceau comme on guide une discussion importante, sans hausser la voix. Son interprétation respire la sincérité, cette manière de chanter qui semble moins destinée à convaincre qu’à comprendre. Il ne s’agit pas de sauver l’amour à tout prix, mais de lui laisser une chance honnête. De l’autre côté, Blendi apporte une profondeur émotionnelle qui change subtilement la dynamique. Sa voix ne vient pas en renfort, elle ouvre des failles. Elle introduit le doute, la vulnérabilité, cette zone grise où les sentiments cessent d’être confortables mais deviennent vrais.
KEEP OUR LOVE ALIVE brille précisément dans cet entre-deux. Le morceau ne dramatise jamais excessivement, il observe. Il raconte ces moments où l’on sent que quelque chose compte encore, mais qu’il faut faire un pas conscient pour ne pas le laisser s’éteindre. La structure laisse respirer les émotions, sans forcer le climax. Chaque passage semble répondre au précédent, comme deux personnes qui apprennent à s’écouter à nouveau.
Ce titre s’inscrit dans cette nouvelle génération de R&B alternatif qui n’a plus besoin d’exagérer la douleur pour être crédible. Il parle de relations adultes, imparfaites, marquées par le réel. Un morceau fait pour les fins de soirée, quand la lumière est basse et que les certitudes se taisent.
KEEP OUR LOVE ALIVE n’est pas une déclaration spectaculaire. C’est un engagement discret. Et parfois, c’est exactement ce qui fait tenir les choses.
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janvier 7, 2026Sur Side Show (Phatwave Chillmix), Coyote Reverie transforme l’écoute en suspension nocturne, là où la vie et la mort cessent d’être des opposés pour devenir une décision intime.
Il y a des morceaux qui ne se dévoilent pas, ils s’installent. Side Show (Phatwave Chillmix) appartient à cette catégorie rare de titres qui n’annoncent rien, mais qui happent immédiatement l’attention par leur respiration même. Coyote Reverie ne cherche pas l’impact frontal : le duo préfère la lente dérive, ce mouvement imperceptible qui vous éloigne doucement de la surface. On entre dans le morceau comme on s’enfonce dans une nuit urbaine, quand les néons cessent d’agresser et que la ville commence enfin à murmurer.
La rythmique avance à pas feutrés, presque prudents, comme si chaque battement devait respecter un pacte tacite avec le silence. Ce groove lent, légèrement engourdi, crée un espace mental plus qu’un cadre rythmique. Ici, le temps se dilate. La production joue sur la retenue : basses profondes mais jamais envahissantes, textures électroniques sombres, nappes qui semblent flotter plutôt que s’imposer. Tout est affaire de tension contenue, de cinéma intérieur. On pense à cette élégance trouble qui a fait l’histoire du trip-hop, quelque part entre la gravité de Massive Attack et la sensualité crépusculaire de Portishead, sans jamais tomber dans la citation nostalgique.
La voix, elle, agit comme un fil conducteur fragile. Éthérée, presque distante, elle semble suspendue entre l’aveu et le retrait. Elle ne surjoue pas l’émotion ; elle la laisse filtrer, par touches, comme une pensée qu’on n’ose pas formuler entièrement. Ce chant donne au morceau une dimension profondément humaine : la réflexion sur la vie et la mort n’est jamais abstraite, elle se vit dans l’instant, dans cette hésitation permanente entre se laisser porter ou reprendre le contrôle.
Ce qui rend Side Show (Phatwave Chillmix) si singulier, c’est cette idée centrale du choix. Non pas un choix spectaculaire, mais un choix intime : décider de rencontrer les événements à ses propres conditions. Coyote Reverie ne moralise pas, ne dramatise pas. Le morceau suggère plutôt que la lucidité peut être une forme de douceur, même lorsqu’elle regarde le vide en face. Cette approche rappelle l’art de faire danser la mélancolie sans l’alourdir, un territoire que savent aussi explorer des artistes comme Bonobo ou Moderat.
À mesure que le titre avance, on réalise que Side Show (Phatwave Chillmix) n’est pas conçu pour une écoute distraite. Il demande une présence, un abandon. C’est un morceau de fin de nuit, de retour solitaire, de pensées qui s’organisent enfin quand le bruit du monde s’éteint. Coyote Reverie signe ici une pièce immersive, presque méditative, qui ne cherche pas à conclure mais à accompagner. Une musique qui ne promet pas de réponses, seulement la sensation précieuse d’être pleinement là, même face à l’inconnu.
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janvier 5, 2026Entre fièvre nocturne et mélancolie masquée, My Gyal Lost Her Mind transforme le chaos sentimental en énergie solaire, celle qui fait bouger les corps pendant que l’esprit doute encore.
La première sensation provoquée par My Gyal Lost Her Mind n’est pas la tristesse, mais le mouvement. Le morceau avance comme une nuit tropicale qui refuse de s’éteindre : tout y pulse, tout y rebondit, même quand le fond du propos parle de perte de contrôle, de tensions émotionnelles, de liens qui se fissurent. 6ari joue précisément sur cette contradiction. Là où d’autres auraient choisi la plainte frontale, il préfère la danse comme mécanisme de survie.
La rythmique s’inscrit dans une tradition afro-caribéenne assumée, quelque part entre afrobeats et soca, avec une énergie presque contagieuse. Mais derrière ce groove lumineux, quelque chose résiste. Le morceau n’est pas une célébration naïve. Il porte une forme de déséquilibre, une nervosité contenue, comme si le sourire était un réflexe plus qu’une évidence. Cette tension donne toute sa profondeur au titre : My Gyal Lost Her Mind n’est pas qu’un slogan de soirée, c’est une observation, parfois amusée, parfois amère, d’un amour qui déraille sous les projecteurs.
La voix de 6ari navigue avec aisance entre nonchalance mélodique et urgence émotionnelle. Il y a chez lui ce sens du chant parlé, presque murmuré par moments, qui rappelle la manière dont certains artistes transforment leurs failles en refrains accrocheurs. Rien n’est surjoué. Le charisme passe par la retenue, par cette capacité à laisser le beat faire le travail pendant que la voix raconte l’arrière-plan émotionnel.
La production, propre et efficace, est pensée pour les playlists autant que pour l’écoute attentive. Chaque élément est à sa place, mais jamais figé. Les percussions respirent, les basses enveloppent sans écraser, et l’ensemble garde cette légèreté trompeuse propre aux morceaux qui parlent de choses sérieuses sans en avoir l’air. C’est précisément ce qui rend le titre intéressant : il fonctionne sur deux niveaux, immédiat et plus intime.
My Gyal Lost Her Mind s’inscrit dans cette nouvelle vague afro-fusion où le vécu personnel se glisse dans des formats festifs, où la vulnérabilité ne s’oppose plus à l’efficacité. 6ari y affirme une identité claire : celle d’un artiste capable de faire danser tout en laissant filtrer une vérité émotionnelle. Une chanson qui s’écoute en soirée, mais qui, une fois la musique coupée, laisse une petite trace, comme un souvenir flou au petit matin.
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janvier 5, 2026Mrs. Right ressemble à ce moment précis où le doute s’efface quelques secondes, juste assez longtemps pour imaginer que l’amour pourrait durer.
Il y a dans Mrs. Right une lumière particulière, celle des débuts, quand tout paraît possible et que chaque geste semble chargé d’un sens démesuré. Naesh ne chante pas la certitude, il chante l’élan. Celui qui naît quand une rencontre trouble l’ordre établi, quand le cœur accélère sans demander l’autorisation au cerveau. Dès les premières mesures, la production installe un climat feutré, presque tactile, où la pop se teinte de R&B avec une élégance qui évite l’excès de sucre.
Ce qui frappe, c’est la façon dont la voix s’installe dans le morceau : souple, confiante sans être arrogante, capable de glisser d’un murmure à une affirmation plus solaire. Naesh ne force jamais l’émotion. Il la laisse infuser, porté par un mid-tempo qui respire, pensé pour accompagner les pensées qui dérivent plutôt que pour les interrompre. Mrs. Right ne cherche pas le coup d’éclat immédiat, elle s’insinue lentement, comme un souvenir qui revient sans prévenir.
La filiation est assumée, mais digérée. On perçoit l’ombre de Bruno Mars dans le sens du groove soigné, cette capacité à mêler sensualité et accessibilité, sans tomber dans l’imitation servile. L’influence est là comme une grammaire, pas comme un costume. Naesh parle sa propre langue, nourrie de références, mais ancrée dans une expérience intime : celle des amours de jeunesse, des projections naïves, de la vulnérabilité qui accompagne les premières certitudes trop grandes pour être vraies.
La production, riche sans être saturée, joue un rôle essentiel. Les arrangements enveloppent la voix avec délicatesse, laissant de l’espace aux silences, aux respirations. Chaque élément semble pensé pour servir l’émotion plutôt que la performance. Mrs. Right fonctionne parce qu’elle ne surjoue jamais la passion. Elle l’évoque par touches, par sensations, par cette impression diffuse que l’on tient peut-être quelque chose de précieux, sans savoir encore comment le protéger.
Ce morceau s’inscrit dans une tradition pop contemporaine qui n’a pas peur de la romance, à contre-courant d’un cynisme devenu presque obligatoire. Naesh assume le risque d’être sincère, de croire encore à l’idée d’une connexion vraie, même provisoire. Et c’est précisément là que Mrs. Right trouve sa force : dans cette tension entre l’espoir et la lucidité, entre le fantasme et la réalité.
À l’écoute, on ne pense pas à la fin de l’histoire, seulement à son commencement. Mrs. Right capture cet instant suspendu où l’on se surprend à croire que l’autre pourrait être la bonne personne. Même si ce n’est qu’un mirage, le temps d’une chanson, Naesh nous rappelle que ce vertige-là mérite encore d’être chanté.
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janvier 5, 2026Dans close to me, Dourack transforme la rupture en espace sonore, un lieu fragile où l’intime se dit à voix basse et refuse les formules faciles.
La première sensation n’est pas mélodique, elle est presque physique. Une proximité troublante, comme si quelqu’un venait de s’asseoir trop près de vous dans une pièce silencieuse. close to me ne cherche pas à accrocher l’oreille, il cherche à s’y installer. Dourack signe ici un morceau qui n’avance pas à coups de refrains démonstratifs, mais par glissements successifs, comme une pensée qui revient malgré elle, incapable de se taire.
Ce qui frappe d’emblée, c’est cette manière très maîtrisée de faire cohabiter deux langues sans jamais tomber dans l’exercice de style. Le français et l’anglais ne sont pas là pour élargir un public, mais pour traduire des états. L’un s’ancre dans la précision émotionnelle, l’autre flotte dans une abstraction plus sensorielle. Ce va-et-vient devient le cœur du morceau : une relation qui se termine ne parle jamais d’une seule voix, elle se dédouble, se contredit, se répète.
Musicalement, close to me se situe dans cette zone encore trop rare en France où l’R&B alternatif accepte le vide. La production respire. Les textures sont feutrées, presque mates, comme si chaque son avait été volontairement privé de son éclat. Les basses ne cherchent pas à dominer, elles soutiennent. Les nappes synthétiques apparaissent puis disparaissent, laissant derrière elles une sensation de manque. On sent la main d’un producteur qui ne remplit pas par réflexe, mais qui choisit ce qu’il enlève.
La voix de Dourack, elle, refuse toute surenchère. Pas d’effets ostentatoires, pas de climax artificiel. Elle se tient à hauteur d’homme, parfois fragile, parfois distante, toujours juste. C’est cette retenue qui rend le morceau si crédible. close to me parle de la fin d’une relation toxique sans jamais la nommer frontalement. Il en montre les résidus : la proximité qui persiste alors même que tout devrait s’éloigner, l’attachement qui survit à la lucidité.
Ce titre marque aussi quelque chose de plus large : une tentative assumée de redéfinir les contours de l’R&B francophone. Ici, pas de posture, pas de sensualité surjouée. L’émotion passe par la nuance, par l’entre-deux, par ce sentiment inconfortable d’être encore attaché à ce qui nous fait du mal. Dourack ne cherche pas à plaire, il cherche à dire vrai. Et cette honnêteté se ressent à chaque écoute.
close to me est de ces morceaux qui ne s’imposent pas immédiatement, mais qui reviennent, insistent, s’infiltrent. Un titre qui accompagne plutôt qu’il ne divertit, qui préfère la confidence à la déclaration. Dans un paysage saturé de singles calibrés, Dourack choisit la fragilité comme ligne de force. Et c’est précisément là que le morceau trouve sa puissance : dans sa capacité à rester proche, même quand tout est déjà fini.
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janvier 5, 2026Dans ride share therapy, YDV fait d’un trajet banal un espace suspendu où les mots sortent avant que la destination n’apparaisse.
On n’entre pas dans ride share therapy comme on lancerait un simple morceau de Rap/R&B alternatif. On y glisse. Lentement. Comme quand la portière se referme et que le monde extérieur devient un décor flou derrière la vitre. YDV ne cherche pas l’effet immédiat ni le refrain qui accroche à la première écoute. Il préfère cette zone étrange, presque inconfortable, où la musique ressemble davantage à une pensée en train de se former qu’à une performance destinée à convaincre.
Le morceau s’ouvre sur une retenue calculée. Une production minimale, respirante, qui laisse volontairement de l’espace entre les sons. Chaque silence semble pesé, assumé. Ici, la lo-fi n’est pas un filtre esthétique mais un choix narratif : tout est fait pour donner l’impression d’une note vocale intérieure, d’un journal qui s’écrit pendant que la ville défile. La voix de YDV n’impose rien, elle se confie. Elle flotte entre le parlé et le chanté, comme si l’artiste hésitait encore à livrer certaines phrases à voix haute.
Puis arrive ce basculement, ce fameux virage à mi-parcours. Le morceau change de texture, presque de température. La rythmique s’épaissit, l’atmosphère devient plus dense, plus cinématographique. Ce n’est pas un twist spectaculaire, plutôt un glissement émotionnel : le moment où la conversation anodine se transforme en aveu, où l’on dit un peu trop de vérité à quelqu’un que l’on ne reverra jamais. YDV maîtrise cet art du contraste sans rupture brutale, laissant l’auditeur comprendre que l’essentiel se joue précisément dans ce passage.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de posture. ride share therapy refuse le pathos comme l’ego-trip. Le morceau ne cherche ni à impressionner ni à séduire, il existe. C’est peut-être là que réside sa force : dans cette honnêteté presque maladroite, cette manière de laisser les émotions circuler sans les enjoliver. On sent le travail d’écriture étalé sur le temps, poli sans être lissé, comme une pensée relue plusieurs fois mais jamais censurée.
YDV s’inscrit dans cette génération d’artistes qui brouillent les frontières entre hip-hop introspectif, R&B contemporain et pop cinématographique. Mais là où beaucoup surjouent la vulnérabilité, ride share therapy la rend banale, quotidienne, presque banalisée — et donc profondément crédible. Ce n’est pas un cri, c’est un murmure. Un de ceux qu’on n’entend que lorsqu’on accepte de ralentir.
Au fond, le morceau agit comme ces trajets nocturnes dont on se souvient plus longtemps que prévu. On en sort sans solution, sans conclusion claire, mais légèrement déplacé. Comme si quelqu’un, pendant quelques minutes, avait tenu nos pensées à notre place. Et parfois, c’est largement suffisant.
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décembre 29, 2025« Baby » n’est pas seulement un refrain entêtant : c’est la preuve que la pop sentimentale peut devenir un langage universel, murmuré à la fois en anglais et en coréen, sans jamais perdre en intensité.
Baby s’infiltre dans l’oreille avec une facilité presque déconcertante. Pas d’introduction inutile, pas de détour spectaculaire : le morceau avance avec une assurance tranquille, celle des titres qui savent exactement où ils vont. Dès les premières secondes, on comprend que le cœur du morceau n’est pas la performance, mais l’adhésion émotionnelle. Baby cherche le lien, pas l’exploit.
À la manœuvre, YASU pose une base R&B pop lisse et immédiatement familière, quelque part entre la douceur mainstream et la sensibilité urbaine. La production respire les codes de la K-Pop et du K-Hip Hop du début des années 2010, mais sans tomber dans la caricature. Tout est calibré pour la fluidité : une rythmique souple, des synthés lumineux, une progression harmonique qui ne brusque jamais l’écoute.
Le vrai tour de force de Baby réside dans son équilibre collectif. 타이거 Tiger et Lil’ Wu ne viennent pas parasiter l’identité du morceau, ils l’enrichissent. Chacun apporte une couleur différente, une texture vocale qui renforce l’aspect conversationnel du titre. On a l’impression d’assister à un échange intime, presque complice, plutôt qu’à une succession de couplets.
Le refrain, annoncé comme addictif, tient largement ses promesses. Il fonctionne comme une boucle émotionnelle : simple, répétitif, impossible à évacuer une fois lancé. Mais là où Baby se distingue, c’est dans sa capacité à rester élégant. Jamais sirupeux, jamais excessif. La romance y est suggérée plus que proclamée, ce qui rend le morceau d’autant plus durable.
Le mélange des langues joue un rôle central dans cette impression de proximité universelle. Anglais et coréen cohabitent sans effort, comme si le morceau refusait délibérément de choisir un territoire précis. Baby parle aux couples, aux amoureux, mais aussi à tous ceux qui cherchent une pop sentimentale sans surcharge dramatique.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une esthétique R&B pop accessible, pensée pour le replay infini. On peut l’écouter distraitement, en fond, ou s’y accrocher pleinement, casque sur les oreilles, pour en apprécier chaque inflexion vocale. Cette double lecture est précisément ce qui fait sa force : Baby ne demande rien, mais donne beaucoup.
Avec le recul, Baby apparaît comme un morceau charnière, typique de cette période où la K-Hip Hop et la pop asiatique commençaient à dialoguer ouvertement avec les standards internationaux. Sans révolutionner les codes, YASU et ses complices ont signé un titre intemporel, conçu pour traverser les playlists et les époques sans perdre sa fraîcheur.
Baby, c’est ce genre de morceau qui s’impose sans bruit, mais qui reste. Un hit doux, sincère, pensé pour durer, et qui rappelle que parfois, la simplicité émotionnelle est la forme la plus efficace de sophistication pop.
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décembre 28, 2025BYEEE BOY sonne comme une porte qui claque avec élégance, un adieu prononcé sans colère mais avec une certitude nouvelle, celle d’une voix qui a décidé de ne plus se taire.
BYEEE BOY ne cherche pas à convaincre, il affirme. Dès les premières secondes, quelque chose change de posture. Le morceau adopte un ton calme, presque désinvolte, mais sous cette fluidité apparente se cache une détermination nette, irrévocable. Ce n’est pas une rupture racontée avec fracas, c’est une sortie maîtrisée, un pas de côté élégant qui transforme la blessure en énergie neuve. On n’assiste pas à une explosion émotionnelle, mais à une reconstruction en temps réel.
ERIÉ installe ici un territoire sonore singulier, à la croisée du R&B contemporain, du pop rap et d’une sensibilité J-pop débarrassée de ses clichés. La production est lisse sans être froide, moderne sans être anonyme. Les beats glissent avec précision, laissant respirer des textures soyeuses, presque liquides, qui donnent au morceau cette sensation de mouvement constant. BYEEE BOY avance sans jamais se retourner.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre douceur et assurance. La voix d’ERIÉ navigue entre fragilité assumée et aplomb tranquille. Elle ne cherche pas la démonstration vocale, elle privilégie la clarté du propos, cette manière très contemporaine de dire les choses sans hausser le ton. L’alternance entre l’anglais et le japonais ne sert pas un simple effet cosmétique : elle traduit une réalité vécue, celle d’une identité multiple, d’un discours qui circule entre les mondes sans demander la permission.
BYEEE BOY raconte une expérience intime, mais son impact dépasse largement le cadre personnel. Le morceau résonne comme une prise de parole générationnelle, celle de femmes souvent réduites au silence, à la retenue, à l’effacement poli. Ici, l’émancipation ne passe pas par la confrontation directe, mais par le détachement. Quitter une relation toxique devient un acte de souveraineté, presque une victoire silencieuse.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une dynamique globale. On y sent l’influence d’un axe LA↔Tokyo↔Manila, une pop mondiale qui ne gomme pas les identités mais les fait dialoguer. BYEEE BOY n’essaie pas de ressembler à ce qui fonctionne ailleurs, il propose une autre façon de faire circuler le R&B, plus fluide, plus transnationale, profondément émotionnelle sans jamais sombrer dans le pathos.
Il y a aussi dans ce morceau une vraie intelligence de la retenue. Pas de climax artificiel, pas de refrain écrasant. La confiance se construit dans la durée, par petites touches, comme une évidence qui s’installe. BYEEE BOY fait partie de ces titres qui gagnent à être réécoutés, parce qu’ils accompagnent des moments précis de transition, de remise à plat, de réalignement personnel.
Publié via Peace by Peace, ce premier pas discographique pose des bases solides. ERIÉ ne cherche pas à entrer dans une case, elle dessine la sienne. Une musique pour celles et ceux qui avancent sans bruit mais avec une détermination intacte.
BYEEE BOY n’est pas un cri. C’est un sourire calme après la tempête. Et parfois, c’est exactement ce genre de réponse qui marque le plus longtemps.
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décembre 28, 2025« Un morceau qui ne force rien, mais fait tout bouger, doucement, là où le groove devient une évidence.«
Il y a des chansons qui durent trois minutes et d’autres qui semblent exister hors du temps. Lakeside appartient à cette seconde famille, même dans son format court, presque effronté par sa concision. Dès les premières mesures, le morceau s’installe comme une vieille habitude qu’on retrouve avec plaisir : un head nod instinctif, une chaleur familière, une sensation de soul rétro filtrée par une sensibilité résolument contemporaine.
Luvall signe ici une pièce neo-soul et R&B qui ne cherche pas l’esbroufe. Tout est dans le détail. La rythmique est souple, légèrement hip-hop dans l’intention, suffisamment minimaliste pour laisser respirer chaque élément. La basse glisse sans jamais s’imposer, pendant que les accords évoquent une soul vintage, presque poussiéreuse, comme sortie d’un vinyle oublié au fond d’une caisse.
La voix, en anglais, arrive avec naturel. Pas de démonstration vocale inutile, mais une présence feutrée, intime, qui donne l’impression que le morceau se joue pour une seule personne à la fois. Lakeside évoque ces fins d’après-midi d’été où le temps ralentit, où l’on s’autorise à ne rien faire d’autre qu’écouter. C’est une musique qui sourit sans en faire trop, qui groove sans jamais hausser le ton.
Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à condenser une ambiance complète en si peu de temps. Luvall ne cherche pas à étirer le propos : il capture un instant précis, le polit juste ce qu’il faut, puis disparaît avant la lassitude. Une élégance rare dans un paysage R&B souvent tenté par la surenchère.
Approuvé pour EXTRAVARNB, Lakeside trouve naturellement sa place dans une playlist nocturne ou un post Instagram à l’esthétique soignée. Un titre court, oui, mais terriblement efficace. La preuve que parfois, quelques secondes suffisent pour installer un groove durable et laisser une empreinte bien plus longue que la durée du morceau.
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décembre 19, 2025Jill Desiree signe avec “Broken” un aveu en velours noir : ça saigne, mais ça swingue.
On entre dans “Broken” comme on pousse la porte d’un club à moitié secret, lumière ambrée, conversations qui s’éteignent au moment où la basse prend la parole. Jill Desiree n’arrive pas en diva qui réclame la pièce : elle s’avance en survivante chic, avec cette élégance particulière des artistes qui ont beaucoup gardé pour elles avant de se décider à dire vrai. Le titre promet la casse, mais la musique, elle, organise la réparation.
Ce qui frappe, c’est l’architecture du morceau : une charpente jazz clairement assumée, mais habillée d’un R&B qui a appris la patience. Le groove s’installe sans brusquer, comme un battement de cœur qui retrouve son tempo après l’orage. On sent la main du producteur, le goût des courbes plutôt que des angles, l’envie de laisser respirer l’harmonie. Rien n’est surligné au stabilo : les accords glissent, se répondent, s’ouvrent sur des couleurs plus profondes, avec ce petit vertige “Baduizm-era” dans la manière de faire rimer sophistication et sensualité.
Jill Desiree, elle, chante avec une intensité qui ne cherche jamais l’effet. Sa voix n’a pas besoin de crier pour te tenir : elle te regarde droit, et ça suffit. Il y a des inflexions de grande école — ce fil entre Aretha et Chaka, ce sens du drame contenu — mais sans pastiche. Elle garde une identité hybride, presque géographique : on devine des influences qui voyagent, une culture de la nuance, comme si son histoire personnelle avait appris à son timbre plusieurs façons d’être “chez soi”.
Et puis il y a ce saxophone, ce trait de lumière dans le verre fumé. Pas un solo démonstratif, plutôt une présence : une phrase qui arrive au bon moment, une couleur qui fait basculer l’émotion. Le genre de détail qui transforme une bonne session en moment capturé. On croit entendre la prise “vivante”, l’énergie de musiciens qui comprennent vite, qui s’écoutent encore plus vite, et qui choisissent l’efficacité plutôt que l’ego.
“Broken” réussit un tour rare : parler de fracture sans se complaire dans la plainte. Jill Desiree transforme l’ancien chaos en chorégraphie, et te rappelle, l’air de rien, que la douleur peut aussi devenir un rythme. Un morceau qui ne guérit pas à ta place — il te donne juste la bande-son pour te relever avec style.
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décembre 12, 2025“Late Nite distille l’euphorie douce des nuits où rien n’est prévu mais tout devient possible, un R&B moderne qui respire la chaleur et la liberté.”
Il y a dans Late Nite cette sensation rare de se faire happer dès la première seconde, comme si la chanson ouvrait une portière de voiture sur une nuit déjà tiède, déjà vibrante, déjà prête à tout. COLOM81AN ne cherche pas à réinventer la roue : il la polit, la chauffe, la fait tourner plus souplement que jamais. Le morceau renoue avec une esthétique R&B fin ’90-début 2000 — la période dorée où les voix flottaient comme des draps frais et où les productions respiraient l’opulence discrète — mais il y injecte un rebond actuel, une énergie afrofusion qui pulse comme une lumière au loin.
Né à Los Angeles puis façonné à Montréal, Late Nite porte en lui le choc doux de ces deux villes : la nonchalance solaire de la côte ouest, les grandes respirations glacées du nord, cette façon de faire danser l’émotion dans un espace qui n’appartient à personne. La prod avance comme un slow uptempo, avec ce groove légèrement chaloupé qui te fait hocher la tête sans t’en rendre compte. Les percussions afropop ajoutent un éclat de peau, un mouvement du bassin, une invitation subtile à laisser tomber la retenue.
La voix de COLOM81AN, elle, s’épanouit dans un clair-obscur parfaitement maîtrisé. Elle ne cherche pas la virtuosité, mais la justesse : une texture chaude, un toucher velours, une façon de poser les mots qui évoque autant le flirt que la confidence. Il y a cette lumière nostalgique, mais jamais figée — une nostalgie qui respire, qui bouge, qui accepte de se réinventer au présent.
Ce qui frappe le plus, c’est la manière dont tout semble couler sans jamais se diluer. Late Nite n’est pas une reconstitution vintage ; c’est un morceau qui comprend ce qu’était l’intimité musicale de cette époque et la projette dans un futur plus ample, plus cosmopolite, plus libre. La fusion R&B–afrobeats n’y est pas un gadget, mais un langage, un espace où la douceur trouve son rythme et où le rythme trouve sa douceur.
Late Nite devient alors une sorte de refuge nocturne, un morceau à écouter fenêtre ouverte, ville endormie, cœur en mouvement. Un titre pour celles et ceux qui savent que les nuits ne se vivent jamais vraiment seules — même quand on l’est.
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décembre 12, 2025“White Disguise signe deux morceaux qui transpirent le désir, la nuance et l’ivresse, comme si le R&B et le hip-hop réapprenaient à respirer au contact de la peau.”
Il existe des artistes qui séduisent par l’effort, d’autres par le mystère. White Disguise, lui, opère dans cet interstice sensuel où la voix ne raconte pas seulement : elle caresse, esquive, raconte par le souffle ce que les mots n’osent dire qu’à demi. Exxxtra Gravy et Sweetest Weakness forment un diptyque inattendu, une sorte d’étude du désir sous deux lumières différentes, comme si la séduction avait décidé d’explorer ses propres angles morts.
Exxxtra Gravy débarque avec une assurance de vieux briscard qui connaît les bars enfumés autant que les nuits trop longues. Il y a dans ce titre une lenteur assumée, presque féline, une manière de laisser le groove s’installer avant de commencer à jouer avec lui. Le hip-hop se mêle à un jazz lounge qui transpire la confidence, les lignes mélodiques glissent comme un doigt sur un col de chemise entrouvert. La voix masculine, profonde, presque théâtrale parfois, déploie une fausse nonchalance : derrière chaque phrase, on devine une tension, un sourire en coin, une envie d’amener l’auditeur un peu plus près, un peu trop près. C’est un morceau qui n’a aucune honte à être irrésistible — et qui le devient justement par la manière dont il temporise le plaisir.
Sweetest Weakness s’aventure dans un territoire plus vulnérable, mais tout aussi brûlant. Ici, la séduction n’est plus un jeu, mais une faille, un aveu, une dépendance douce-amère qui pulse dans chaque mesure. Le mélange neo-soul, R&B et pop rap crée une texture plus enveloppante, presque liquide. La voix flotte dans un clair-obscur où le désir devient une faiblesse qu’on chérit, un vertige auquel on se laisse retomber. On y sent le cœur battre plus vite que la rythmique, comme si la musique avait décidé de suivre la cadence intime plutôt que l’inverse.
Ce qui relie les deux morceaux, au-delà du style, c’est cette façon de raconter l’attraction comme un paysage mouvant, traversé de secousses, de fièvres, de promesses murmurées au creux d’une nuit qui hésite entre éclat et abandon. White Disguise ne fabrique pas des singles : il fabrique des sensations. Des zones de contact. Des instants qu’on porte encore sur la peau après l’écoute.
Exxxtra Gravy et Sweetest Weakness, ensemble, ressemblent à une confession. Ou peut-être à deux manières différentes de perdre — volontairement — un peu de contrôle.
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décembre 12, 2025« Liston transforme la nuit en refuge, sculptant un R&B tendre et vibrant où chaque note répare ce que la journée a brisé. »
Night Drives est de ces morceaux qui s’ouvrent comme une fenêtre sur un paysage intérieur. On y entre doucement, guidé par une production d’une chaleur presque analogique, comme un souffle sur la vitre embuée d’une voiture lancée dans l’obscurité. Liston insuffle à son R&B contemporain une teinte alternative, presque astrale, où l’on sent l’héritage du neo-soul, la précision d’un pianiste chevronné et la vulnérabilité d’un homme qui cherche à dire la vérité sans détour.
Dès les premières mesures, le morceau se déploie comme un espace de réassurance. Pas de grandes déclarations, seulement une voix douce, contrôlée, qui murmure au cœur fatigué qu’il mérite encore la tendresse. La musique respire avec une élégance lente : touches de piano suspendues, basses chaleureuses, percussion discrète mais fondamentale. Tout semble conçu pour suspendre le temps, ou du moins pour en alléger le poids.
Night Drives explore la renaissance émotionnelle après la rupture. Ce n’est pas la flamboyance de la guérison miraculeuse, mais la douceur du premier pas qui ne fait plus mal. Le texte, intime, évoque les conversations qui recollent les morceaux de l’estime de soi. Liston chante la valeur retrouvée, la possibilité d’un amour qui n’effraie plus, la tendresse qu’on ose enfin réclamer. Chaque mot se déploie comme une main posée sur l’épaule.
Ce qui éblouit, c’est la maîtrise de l’atmosphère. On sent l’artiste habitué aux scènes du monde entier, aux langages multiples du gospel, du jazz, du hip-hop. Ici, il fusionne tout cela dans un écrin minimaliste, d’une maturité rare, où rien n’est superflu. Le morceau tient de la virée nocturne où l’on se retrouve, où la route devient un miroir, où l’on comprend que l’aube n’est pas si loin.
Night Drives n’est pas seulement une chanson : c’est un moment de réaccordage, une lueur sur l’autoroute intérieure. Un morceau qui dit, avec douceur et certitude, que la guérison aussi peut être belle.
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décembre 12, 2025« j<3 signe des hymnes hyperpop qui transforment la fragilité en accélération lumineuse, comme si les émotions apprenaient à danser dans le futur. »
Il y a chez j<3 cette manière de faire vibrer le numérique comme une peau à vif, de tordre l’hyperpop jusqu’à ce qu’elle devienne un langage intime, un souffle qui hésite entre vitesse pure et aveux chuchotés. Deux titres, deux éclats d’un même prisme : hard 2 love / i’ll make it easy et documentary, chacun sculptant une émotion différente mais toujours traversée par la même énergie cyberpunk, ce même vertige de vivre dans un monde éclairé par l’écran.
« hard 2 love / i’ll make it easy » évoque la romance comme un bug récurrent, une boucle glitchée où le cœur hésite entre se cacher et s’offrir. Le tempo, nerveux et cristallin, évoque les battements d’une machine qui apprendrait à ressentir. La voix glisse sur des mots en anglais comme une caresse électrique. On y entend le dilemme de toute génération qui parcourt ses sentiments comme on scrolle une timeline trop rapide : aimer devient un patch, une update, une promesse de facilité dans un monde qui ne l’est jamais vraiment.
« documentary », lui, plonge plus loin dans l’obscurité chromée. C’est une virée dans un futur où la nostalgie porte des lunettes VR, où chaque souvenir semble filmé par un drone au-dessus d’une ville synthétique. L’approche cyberpunk et darksynth rampe dans les basses, se perd dans les halos de lumière. On y ressent l’introspection d’un artiste qui documente sa propre mutation, qui transforme les cicatrices en architecture sonore.
Ces deux titres forment un diptyque émotionnel : l’extérieur lumineux, presque sucré, de l’hyperpop moderne ; et le sous-sol, froid mais hypnotisant, où naissent les vérités les plus dures. j<3 ne choisit pas entre les deux : iel embrasse la dualité, la propulse à plein volume, et impose une signature déjà reconnaissable dans un paysage saturé.
Dans ce futur que nous habitons incertainement, j<3 compose la bande-son de nos contradictions.
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décembre 12, 2025« Une chanson qui rallume l’étincelle intime que décembre essaie toujours de nous voler. »
Impossible d’écouter Holding On To Christmas (Live) sans sentir une pointe de chaleur se loger dans un endroit du corps qu’on croyait devenu froid depuis longtemps. Jordan Barone, habitué aux ferries nocturnes et aux amours qui s’effritent sur le trottoir, a toujours chanté les interstices : les minutes entre deux métros, les silences qui suivent des mots trop lourds, les éclats de lumière sur des histoires qui ne tiennent qu’à un fil. Ici, pourtant, il s’autorise un geste rare : suspendre la grisaille pour agripper un instant de douceur, fragile mais tenace, celui que Noël promet à ceux qui savent encore y croire.
Ce live agit comme une confession tenue au coin d’un feu qui crépite doucement, un moment où la ville cesse de ronfler pour écouter quelqu’un parler vrai. La prise dépouillée — percussions acoustiques, basse chaleureuse, guitare électrique au grain rond, chœurs soyeux — fait respirer la chanson autrement. On a l’impression d’être dans la pièce avec lui, à quelques centimètres du micro, témoin d’un cœur qui bat plus lentement que d’habitude. Rien n’est surjoué, rien n’est glacé par la perfection numérique : Jordan offre un Noël sans poudreuse artificielle, un Noël qui sent l’humain, la distance, le manque, la mémoire.
Ce qui bouleverse, c’est cette façon qu’il a de transformer la solitude en espace sacré. Il ne joue pas la carte du cliché festif ; il préfère la vérité nue de ces fêtes où l’on compte les absences autant que les guirlandes. Sa voix, légèrement voilée, glisse sur des harmonies pleines d’un spleen lumineux, ce mélange rare de vulnérabilité et d’élégance qui fait penser à une soul nocturne infusée de cold R&B. Jordan chante comme si chaque mot avait été pesé sur une balance qui connaît le poids exact du manque.
On entend le froid derrière les vitres, les lumières trembler au bout des avenues, le souffle chaud des souvenirs qu’on refuse d’abandonner. Holding On To Christmas (Live) capte ce moment très particulier où l’on décide d’aimer malgré tout : malgré les kilomètres, malgré la saison, malgré la peur que le monde devienne trop vaste. Une chanson qui ne cherche pas à réparer mais à maintenir une flamme, minuscule peut-être, mais vivante.
Dans une époque où les fêtes ressemblent souvent à des vitrines trop lumineuses, Jordan Barone rappelle que Noël n’a jamais été une histoire de décor : c’est un effort intérieur, un refus de laisser la nuit gagner tout à fait. Et c’est exactement ce que raconte cette version live — un homme seul au piano, qui s’accroche à ce qui reste. Et qui, par miracle, nous donne envie d’en faire autant.
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décembre 3, 2025« Un cyborg violet-chocolat qui ramène le groove à hauteur de peau — voilà comment renaît la nuit. »
Sous son alias de laboratoire futuriste, Robo The Chemist pourrait facilement glisser dans la caricature tech, mais Dance Floor Lover déjoue les attentes : ce n’est pas un morceau pensé par une machine, mais une sucrerie house old-school, brillante et charnelle, conçue pour les corps qui connaissent l’art du deux-pas autant que celui du lâcher-prise. On y retrouve la nostalgie des clubs new-yorkais des années 80, le nu-disco fluide qui scintille sous les lasers, et ce grain irrésistible des productions qui aiment autant la sueur que la sophistication.
Dès les premières secondes, une basse veloutée s’enroule autour des hanches, tandis qu’une guitare disco — fine comme un rayon de lumière — trace la trajectoire d’un groove calibré pour les nuits mûres, celles où l’on danse avec l’assurance de ceux qui n’ont plus rien à prouver. Le beat est simple, hypnotique, servi chaud : un piège à sourires, un moteur à flirt. On sent l’amour de Robo pour la tradition house, cette manière de laisser les boucles respirer, de faire naître la tension par l’insistance plutôt que par la surenchère.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Robo The Chemist mélange ses deux mondes : l’algorithmique et l’organique. On devine sous les strates les micro-variations, les séquences générées par son attirail IA, mais il les sculpte comme un artisan qui retouche chaque détail à la main. Le résultat n’est pas futuriste au sens froid — il est futuriste comme pouvait l’être Daft Punk à leurs débuts : une projection du passé dans un demain idéalisé, un club où les néons ne clignotent que pour célébrer la joie.
Dans Dance Floor Lover, Robo revendique un plaisir sans cynisme, un retour à une sensualité simple et directe. Le morceau a ce charme old-school que possèdent les classiques de Larry Levan ou Patrice Rushen, mais recontextualisé pour une génération qui consomme le groove en accéléré, sans jamais renoncer à son instinct premier : danser pour se souvenir de ce qu’elle ressent.
Et puis il y a cette intention, subtile mais palpable : offrir une place « aux grown and sexy », à toutes celles et ceux pour qui la piste de danse n’est pas un podium mais un refuge. Robo The Chemist signe un titre qui n’a pas peur d’être smooth, assumé, chic sans être figé. Un morceau qui respire la simplicité intelligente, la chaleur programmée, la nuit qui s’étire sans fin.
On en ressort léger, presque euphorique — comme si un robot avait enfin compris ce que signifie tomber amoureux d’un dancefloor.
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décembre 2, 2025« Un groove peut parfois dire la vérité avant les mots : celui de Kristo danse, avoue, respire et éclaire. »
Spinning Around n’a rien du énième morceau néo-soul cherchant sa place dans l’ombre des géants du genre. Chez Kristo, tout semble venir d’un endroit plus intime, plus sensuel, presque artisanal : un carrefour où le funk devient confession, où la pop assume ses pulsations hédonistes, et où le R&B se charge d’une élégance européenne qui ne force jamais le trait. Le Belge signe ici un titre qui a l’allure d’un sourire timide avant de se muer en magnéto instantané, un de ceux qu’on reconnaît dès les premières secondes, comme un parfum familier revenu après trop longtemps d’absence.
Le morceau avance avec cette fluidité rare, un groove de guitare qui n’appuie jamais mais suggère, un travail de production limpide où chaque élément prend la place qu’il mérite. On sent l’école Tom Misch dans la lumière des arpèges, on croise le spectre feutré de Jordan Rakei dans la voix, mais Kristo ne copie rien : il absorbe, filtre, réinterprète. Sa voix plane juste au-dessus du mix, un filet clair qui frôle le murmure sans jamais perdre son intensité. Elle raconte cette spirale intérieure où l’on court après soi-même, où le désir, l’incertitude et une étrange joie se mêlent, comme si la confusion pouvait devenir rythme.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise émotionnelle. Kristo ne surcharge pas ; il retient. Il laisse l’air circuler autour des percussions, accorde des silences qui deviennent autant de respirations, et pare son refrain d’une souplesse pop qui vous attrape sans prévenir. Spinning Around n’est pas un banger construit pour forcer l’attention : c’est une pulsation, une manière d’habiter la nuit, de lui donner une texture chaude et vibrante.
On imagine aisément le morceau s’échapper d’un club à Bruxelles ou Anvers, porté par un public qui ne cherche pas à faire la fête mais à se laisser traverser. Il y a dans la musique de Kristo cette façon rare de concilier la maîtrise technique et la vulnérabilité, la danse et l’émotion, le chic et la sincérité.
Spinning Around dit finalement beaucoup de son auteur : un musicien d’aujourd’hui, mais dont l’âme s’accroche à l’organique, au toucher, à la peau des instruments. Quelqu’un qui connaît la valeur d’un groove bien placé, d’un accord qui ne déborde pas, d’une voix qui ne prétend pas.
Un artiste conscient qu’une chanson peut encore être un espace, une sensation, une vérité. Et ici, cette vérité tourne, scintille, et reste longtemps après la dernière note.
Instagram : kristo.music
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novembre 30, 2025Bergen dans la voix, Orkney dans la mémoire, Londres au bout des doigts : Nelly Moar écrit des chansons qui dansent et pleurent à la même seconde. Élevée par un batteur de jazz, passée par la Grieg Academy, elle a gardé le réflexe d’ouvrir les genres plutôt que d’y entrer — une pop/R&B brute et sans excuse, où la nostalgie n’est jamais décorative.
Confiance à la KAYTRANADA, douceur à la Cleo Sol, et ce goût d’icônes 2000s qui tourne la tête : Love’s Law, son premier album, revendique le réel comme seule gravité — amour, perte, reprise d’élan — avant d’annoncer un virage club/jazz déjà en germination. On a parlé franchise, timing, ad-libs qui sourient et pad thaï signature. Voici l’interview, maintenant.
Qui es-tu ?Je m’appelle Nelly Moar, je suis une artiste et autrice-compositrice norvégienne-britannique. Je fais du R&B et de la pop, et je suis très heureuse de sortir mon premier album, Love’s Law, le 24 octobre.
Quel est ton parcours ?Je suis née et j’ai grandi à Bergen, en Norvège. Ma mère vient des îles Orcades, en Écosse, et mon père est batteur de jazz, donc la musique a toujours été là. J’ai étudié le jazz à la Grieg Academy : ça m’a rendue curieuse et ouverte — apprendre à repousser les limites des genres et des sons, c’est central dans mon écriture.
Ta musique en quelques mots ?Brute, sans concession, nostalgique — du genre à te donner envie de danser et de pleurer en même temps.
Tes inspirations ?Les grandes émotions et les moments vécus. La musique dit d’abord ce que je ressens, puis je mets des mots ensuite. J’adore l’assurance et le jeu chez KAYTRANADA, et je suis aussi très attirée par des artistes comme Cleo Sol. Son influence est plus subtile — phrasé, arrangements de voix, timing, malice dans les instruments et les ad-libs — on l’entend particulièrement sur le troisième titre, DREAM.
Ta playlist du moment ?Je redécouvre pas mal de bops iconiques des années 2000. Obsédée par Nelly Furtado, les Sugababes et Rihanna — Good Girl Gone Bad est tellement badass. J’aime les morceaux féroces, avec de l’attitude.
Le plat que tu cuisines le mieux ?Mon plat signature, c’est le pad thaï. Comme ma musique : un peu épicé, un peu sucré, et ça donne envie d’en reprendre.
Tes projets à venir ?En ce moment, tout tourne autour de mon premier album Love’s Law, mais je travaille aussi sur un projet club prévu pour 2026. J’ai vraiment envie de plonger à fond dans le club et le jazz. Love’s Law vient d’expériences très réelles et brutes — j’ai gardé chaque émotion pendant l’écriture. Maintenant que l’album est dans le monde et que je vais très bien, je suis prête à m’amuser : faire des tracks qui font du bien et qui me donnent envie de bouger.
Une anecdote sur toi ?À huit ans, j’ai convaincu mes professeurs de me laisser faire un one-woman-show au spectacle de Noël de l’école, devant tous les parents. Je n’avais aucun plan et j’ai improvisé… une baby-sitter ivre. Diva en quête d’attention depuis le premier jour, clairement.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?KAYTRANADA encore. Je suis obsédée par sa musique. Quarante-huit heures en studio, ce serait un rêve.
Un dernier mot ou conseil ?Accueille tes émotions, sois honnête et bienveillante avec toi-même, et… écoute mon premier album Love’s Law. J’espère qu’il rendra ta journée un peu plus lumineuse.
Instagram : nellymoar
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novembre 26, 2025« On a senti Running de Coldway glisser dans nos côtes comme une confidence qu’on n’était pas censés entendre, un aveu fragile qui s’échappe au moment précis où tout menace de basculer. »
Running n’essaie pas de séduire. Le morceau s’avance doucement, presque sur la pointe des pieds, avec cette manière si particulière qu’a Coldway de transformer une émotion en atmosphère complète, comme si chaque souffle, chaque battement de caisse claire, chaque murmure voilé avait été pensé pour nous atteindre là où les défenses tombent.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette sensation de mouvement suspendu. On ne court pas vraiment dans Running. On avance en apnée, en rétention d’air, avec la gorge serrée par tout ce qu’on n’a pas encore dit. Coldway, fidèle à son héritage de Memphis mais délié de toute imitation, construit un espace où les sentiments n’arrivent pas en ligne droite : ils remontent par ricochets, ils s’effilochent, ils s’enroulent autour de la voix comme un brouillard tiède.
La production est dépouillée mais riche, tout en textures fines. Les nappes synthétiques respirent comme une pièce dans la pénombre, la basse glisse avec une retenue presque sensuelle, et les percussions dessinent un tempo qui hésite entre la marche lente et la fuite instinctive. On sent la main d’un artiste qui connaît l’importance du silence, qui sait laisser traîner une résonance pour que l’émotion puisse s’y accrocher. Running ne remplit pas l’espace : il le sculpte.
La voix de Coldway — douce, légèrement râpeuse, glissant avec une maîtrise détachée — ne cherche jamais à surjouer. Elle observe. Elle constate. Elle s’effrite. Elle parle d’amour qui se complique, d’une fatigue qui fait trembler les choix, de ce moment précis où l’on sent que quelque chose s’émiette mais qu’on refuse encore de regarder par terre. Quand il murmure, on entend l’homme autant que l’artiste, le vécu autant que la maîtrise technique.
On navigue à l’intérieur de Running comme dans une pièce où les souvenirs se cognent aux murs. On y retrouve cette esthétique R&B alternative si chère aux fines lames du genre : un minimalisme émotionnel où chaque détail compte, où les vibrations valent plus que les mots. Coldway fait partie de ces créateurs-intégrals — chanteur, rappeur, producteur — qui injectent leur ADN dans chaque milliseconde du morceau, au point qu’on pourrait le reconnaître les yeux fermés.
Ce qui rend Running si captivant, c’est cette manière de transformer la fuite en point d’appui. On ne fuit pas pour disparaître. On fuit pour respirer, pour comprendre, pour trouver un endroit où l’amour devient de nouveau vivable. Et Coldway, sans jamais l’expliquer frontalement, nous guide vers cette zone trouble où la fragilité devient une force, où l’émotion ne se cache pas mais se délivre par petites secousses.
Running n’est pas un morceau de rupture. C’est un morceau de survie — intime, nocturne, vacillant — qui laisse sur la peau une trace longue comme une traîne de fumée. Une chanson qui ne dit pas tout, mais qui fait tout ressentir. Une preuve supplémentaire que Coldway ne se contente pas d’écrire des titres : il construit des refuges pour celles et ceux qui continuent d’aimer même quand ça brûle.
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novembre 26, 2025« J’ai senti ce morceau me parler comme un ami qui, au milieu d’une nuit trop longue, te prend par les épaules pour te dire qu’il t’aime exactement comme tu es. »
Il arrive parfois qu’une chanson ne cherche pas à impressionner, mais à rassurer. Don’t Change possède cette douceur-là, cette manière subtile de se glisser sous la peau sans hausser la voix, comme si Medium avait enregistré le morceau dans une chambre encore tiède d’émotions, juste après une conversation trop honnête pour être oubliée. Ce n’est pas de la séduction — c’est une offrande, une façon de dire « je vois tout, même ce que tu caches, et je reste ».
Ce qui frappe d’abord, c’est la chaleur du son, un espace moelleux entre R&B contemporain et hip-hop introspectif, où chaque élément semble respirer. La production ne cherche pas la démonstration, elle s’efface pour laisser les mots prendre la lumière. Les accords feutrés flottent comme un rideau d’ambre, les percussions tapissent l’air de petites secousses du cœur, et la voix de Medium, douce mais ferme, roule en confession sans jamais trembler. On y entend les fissures, les non-dits, mais surtout cette volonté presque têtue de tenir le lien.
Puis survient le moment où la voix de Kohn entre en scène. Sa présence modifie instantanément l’équilibre, comme si le morceau se redressait, posait les pieds au sol et décidait de regarder la réalité en face. Son couplet apporte une gravité qui tempère la légèreté du refrain, un rappel que l’amour n’est pas seulement un refuge, mais aussi une traversée. Les deux voix dialoguent sans s’écraser, l’une portée par la douceur, l’autre par la franchise, et de cet échange naît une émotion étonnamment solide.
Il y a dans Don’t Change quelque chose qui relève presque de la thérapie musicale : une invitation à déposer ses armures, à accepter les parts de soi qu’on croit impropres, à reconnaître dans le regard de l’autre une forme d’asile. C’est un morceau qui préfère les nuances aux grands gestes, qui raconte l’intimité sans l’exhiber, qui choisit le murmure plutôt que l’extase — et c’est précisément ce qui lui donne une puissance rare.
Medium signe ici une pièce lumineuse, intime sans être mièvre, tendre sans être fragile. Une chanson qui se glisse naturellement dans la bande-son des nuits où l’on doute de soi, mais où l’on espère encore qu’aimer n’exige pas de devenir quelqu’un d’autre. Et quelque part, dans cette simplicité apparente, se cache l’une des plus belles vérités de la musique : parfois, ne rien changer est déjà une révolution.
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novembre 26, 2025« Midnight est cette bulle suspendue où tout devient plus vrai : la route vide, la tête pleine, et cette mélodie qui te tient compagnie quand personne d’autre ne peut le faire. »
Avec Midnight, le producteur new-yorkais VybezwitCJ capture un état précis — presque un rituel nocturne. Ce moment où minuit tombe comme un voile, où les rues deviennent des couloirs silencieux, où l’on se retrouve face à soi-même, sans témoin. Le morceau mêle R&B contemporain, afrofusion subtile et pop-rap atmosphérique dans une formule qui respire l’intimité, la chaleur, la réflexion.
Dès les premières secondes, l’ambiance se déploie comme une fumée douce : accords veloutés, drums chauds mais feutrés, basses qui vibrent avec une lenteur hypnotique. Le beat avance avec ce bounce léger, presque liquide, propre au trap-soul moderne. Rien n’est brusque. Tout glisse, tout flotte. C’est un morceau pensé pour les écoutes les plus personnelles : écouteurs vissés, regard perdu dans la nuit, cœur en orbite.
La performance vocale — posée, douce, légèrement brumeuse — s’accorde parfaitement au décor. Chaque mot semble sortir d’une pensée non dite, d’une émotion retenue, d’un aveu qu’on laisse enfin filtrer. Midnight parle de solitude, mais pas celle qui étouffe : plutôt celle qui permet d’exister sans masque. La solitude choisie, l’espace mental où l’on revisite ses doutes, ses envies, ses cicatrices encore chaudes.
L’instrumentale, elle, dit tout ce que les mots n’osent pas : couches de synthés rêveurs, percussions qui battent comme un cœur au ralenti, touches afrobeats discrètes qui viennent illuminer l’ensemble sans briser la douceur. VybezwitCJ prouve une maîtrise impressionnante de son identité sonore — ce talent rare pour créer des mondes auditifs immersifs où l’on se laisse dériver sans résistance.
Midnight est un morceau-miroir : il reflète ce qu’on y apporte. Pour certains, ce sera un slow-burn sensuel. Pour d’autres, une soundtrack de retour en voiture à 2h du matin, les pensées tournées vers quelqu’un qu’on n’a pas appelé. Pour d’autres encore, un espace où déposer ce qu’on n’a pas réussi à dire en plein jour.
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novembre 26, 2025« Circus est cette spirale où les pensées tournent trop vite, mais où la musique devient la seule manière de remettre le monde à l’endroit. »
Avec Circus, Jay Krimzz livre un morceau d’une sincérité rare, un titre qui ne cherche pas seulement à faire danser : il dévoile les fractures, les doutes, les nuits où l’on se demande si l’on avance ou si l’on tourne en rond. L’artiste londonien né au Cameroun s’empare de l’afrobeats et de l’afro-fusion pour en faire un espace de confession, un lieu où l’intime se glisse dans le rythme sans jamais perdre l’élan du genre.
L’histoire derrière le morceau éclaire tout : une blessure, une opération, un mois entier cloué au lit à l’approche de ses 30 ans. Une chambre comme seule scène, et des pensées qui s’entrechoquent sans frein. Dans ce silence forcé, Krimzz se retrouve face à lui-même, face aux choix, aux trajectoires, à l’impression d’avoir couru sans savoir vraiment où. De ce vertige naît Circus — un cri étouffé qui devient mélodie.
Musicalement, le morceau avance avec un groove doux mais déterminé : percussions afro légères, basse ronde qui enlace les mots, touches d’amapiano en filigrane, et cette manière particulière qu’a Krimzz de poser sa voix entre chant et parole, comme s’il cherchait encore la forme exacte de ce qu’il veut dire. Son timbre, imprégné de gospel et d’influences R&B, apporte une profondeur émotionnelle inattendue, une chaleur dans le gris mental.
Les paroles, ouvertes, vulnérables, rappellent cette sensation d’être submergé par ses propres pensées — un véritable « circus » intérieur, où les doutes effectuent des acrobaties mal contrôlées. Mais le morceau ne s’arrête pas à la tourmente : il s’élève doucement vers une reprise de contrôle, une lucidité nouvelle, comme si la musique offrait un point d’ancrage fiable dans le tumulte.
Circus n’est pas un simple single : c’est une mue. Une transition entre ce que Krimzz a été et ce qu’il s’apprête à devenir. La production fine, la charge émotionnelle et l’authenticité brute en font un titre marquant, de ceux qu’on garde pour les soirées calmes, les retours tardifs, les moments où l’on accepte enfin de prendre soin de soi.
Jay Krimzz prouve ici qu’il n’est pas seulement un artiste prometteur : il est un conteur de l’intime. Et Circus est sa vérité — fragile, puissante, nécessaire.
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novembre 21, 2025« On guérit parfois comme on tombe : lentement, violemment, et surtout en laissant la lumière entrer par toutes les fissures qu’on avait tenté de cacher. »
Healing Factor n’est pas un morceau, c’est une chambre d’échos. Un lieu mental où tout clignote, un peu comme ces instants où l’on se regarde dans un miroir après plusieurs nuits trop longues, trop lourdes, trop vraies — et où quelque chose, sans prévenir, commence enfin à se réparer. Rich Delinquent, qui cultive depuis des années un monde sonore entre confession digitale et fièvre post-internet, plonge ici au cœur de son esthétique emotronic et la pousse dans un territoire encore plus charnel, plus ombragé, grâce à cette collaboration avec phem, dont la présence vaporeuse agit comme une ombre qui respire.
Le morceau se déploie dans une tension permanente : synthés qui brillent comme des néons tremblants, beat lourd mais fragile, voix qui oscillent entre murmurations cybernétiques et cris intérieurs étouffés. On sent la lutte contre soi-même, mais sans pathos ; plutôt une sorte de ballet toxico-émotionnel, où la guérison n’est jamais un droit mais une conquête. Rich Delinquent excelle dans cet espace-là : raconter l’obscurité avec suffisamment de précision pour qu’elle devienne presque belle, puis en extraire une pulsation qui donne envie de la traverser plutôt que de la fuir.
Healing Factor fonctionne comme un antidote au romantisme naïf de la douleur. C’est une chanson pour celles et ceux qui connaissent trop bien le vertige d’appuyer sur “reset” tout en craignant que le système plante à nouveau. La production, ultra-cinématique, laisse entendre un cœur qui sature, redémarre, se reconfigure. phem glisse dans cette architecture sonore comme un glitch humain, une faille lumineuse dans la mécanique. Ensemble, ils créent une sorte d’hymne pour les âmes qui n’attendent plus la rédemption, mais la construisent à force de nuits brûlées.
Ce qui fascine dans Healing Factor, c’est cette façon de transformer le chaos intérieur en design émotionnel. On ne sort pas indemne du morceau : on en ressort plus vivant, plus lucide, presque reconnaissant d’avoir plongé dans un espace qui nous regarde droit dans les yeux. Rich Delinquent signe ici l’une de ses pièces les plus intimes, les plus dangereuses, les plus nécessaires. Une cicatrice qui chante, un futur qui tremble, un cœur qui recommence.
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novembre 21, 2025« Un au revoir qui ne tremble pas, mais qui respire — et qui, sous la peau, recommence à danser. »
Il y a des chansons qui n’ont pas besoin d’être scandées pour frapper. Different Life est de celles qui avancent à pas feutrés, comme une silhouette dans un appartement encore tiède d’un rêve qu’on aurait préféré oublier. K A T R I N A y raconte ce moment suspendu — à la frontière du sommeil et du réel — où l’on comprend que l’amour appartient désormais à une autre version de soi. Une version qu’on remercie, qu’on embrasse une dernière fois, puis qu’on laisse derrière, sans fracas, sans effondrement théâtral. Juste une respiration neuve.
Le morceau a cette élégance cinématographique qui naît des adieux assumés. Les synthés ondulent comme une lumière au-dessus d’une piste de danse qu’on n’a pas encore quittée, la voix se faufile dans un clair-obscur de velours, et la production — subtile, charnelle — laisse assez d’espace pour que l’émotion circule sans se briser. K A T R I N A, qui compose, écrit et produit, façonne ici un geste rare : elle transforme la mélancolie en mouvement, le souvenir en pulsation. De la thérapie sur le dancefloor, comme elle aime l’appeler — mais une thérapie qui ne prêche jamais, qui murmure, qui comprend.
Different Life a la douceur résignée d’une lettre qu’on ne poste jamais, mais qu’on réécrit mille fois pour mieux se retrouver soi-même. On ressent ce mélange de gratitude et de lucidité, cette énergie qui naît lorsqu’on passe du “je t’aimais” au “je me reviens”. C’est un morceau où le cœur ne s’effondre pas : il se réaligne.
Ce qui bouleverse ici, ce n’est pas la tristesse, mais ce qu’elle permet. Une clarté nouvelle, une peau plus vaste, un futur qui recommence à respirer. L’ombre de l’ex est encore tiède, mais déjà les contours d’une autre vie — justement — s’esquissent. Different Life n’est pas un titre : c’est une renaissance.
K A T R I N A signe l’un de ces morceaux qui ne consolent pas, mais qui réveillent. Et parfois, c’est tout ce qu’on attend d’une chanson qui parle de fin : qu’elle nous aide, enfin, à recommencer.
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novembre 21, 2025« À trois heures du matin, l’amour cesse d’être une histoire logique : c’est une fièvre lente, un vertige qui s’infiltre, une vérité qu’on repousse jusqu’à ce qu’elle nous serre la gorge. »
On entre dans 3:00AM comme on entre dans une chambre encore chaude après une longue nuit : un parfum de peau, une confusion douce, et ce moment suspendu où l’on se découvre incapable de différencier le désir de l’attachement. NAYTIIVE, avec son sens instinctif du R&B contemporain, parvient ici à saisir ce moment précis où un jeune homme réalise qu’il n’a plus le contrôle — ni sur son corps, ni sur son cœur, ni sur cette fille qui revient dans ses pensées avec l’insistance d’une pulsation.
Le morceau s’ouvre sur un souffle presque trop calme pour être honnête : une production minimaliste, veloutée, qui laisse la place au trouble. La ligne de basse avance comme une confidence nocturne, d’un pas lourd mais sensuel, pendant que NAYTIIVE déroule une narration à la première personne, lucide malgré la fièvre. On ressent immédiatement la dualité : d’un côté la chaleur du fantasme, de l’autre le poids d’une émotion qui veut un nom — et qui fait peur.
Ce que 3:00AM raconte avec une justesse désarmante, c’est l’incapacité masculine à verbaliser ce qui déborde. NAYTIIVE ne juge pas, il observe : ce garçon qui fonce dans la vie comme si ralentir pouvait le briser ; ce garçon qui confond l’intensité avec la sincérité ; ce garçon qui repousse l’idée même d’aimer parce que ça l’expose là où il se croyait invincible. Et puis arrive cette fille — celle qui rouvre des portes qu’il pensait scellées. Celle qu’il désire, oui, mais qui surtout l’atteint là où il ne voulait plus être atteint.
La production, dans son élégance sobre, amplifie cette tension interne : chaque beat ressemble à un battement un peu trop fort, chaque silence à une hésitation qu’on tente de masquer. Les harmonies glissent, accrochent, se retiennent, comme un corps qui lutte contre l’aveu. Il y a un côté addictif, presque toxique, dans cette atmosphère : ce moment où l’envie et la peur créent une spirale qui empêche de dormir.
Mais la vraie beauté du morceau, c’est sa chute émotionnelle — ce moment où NAYTIIVE laisse tomber les façades. Ce n’était pas juste du jeu. Ce n’était pas juste du sexe. Ce n’était pas juste une distraction. Quand la nuit se dissipe et que le corps cesse de parler pour laisser place à la vérité, il ne reste qu’un aveu : ce n’était pas du lust, c’était de l’amour. Un amour simple, brut, indéniable.
3:00AM est moins un single qu’une confession capturée en plein cœur d’un chaos intérieur. Un morceau sensuel, vulnérable, profondément humain — pour tous ceux qui, un jour, ont découvert trop tard qu’ils aimaient quelqu’un qu’ils avaient essayé de tenir à distance.
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novembre 21, 2025« Aimer quelqu’un à distance, c’est tenir une flamme à mains nues : ça brûle, ça éclaire, et pourtant on refuse de la poser. »
TaniA Kyllikki a cette façon bouleversante de transformer chaque émotion en arche cathédrale, de chanter l’intime comme on brandit une bannière, avec une intensité qui déchire l’air et une vulnérabilité qui ne demande jamais pardon. I Promise I’ll Wait For You s’inscrit exactement dans cette veine : un serment, une supplique, une résistance. Une ballade pop-cinématique qui s’étire comme un horizon après l’orage, où chaque note respire la fidélité, la patience, et ce courage étrange qu’il faut pour continuer d’aimer quand la vie se charge de tout compliquer.
Ce n’est pas une simple chanson d’amour — c’est une confession suspendue entre deux continents émotionnels : la douleur du manque et la beauté de l’attente. Portée par une production ample, classique dans sa structure mais vibrante de modernité, la voix de TaniA se déploie comme une scène entière. Cette voix capable d’aller chercher des hauteurs qu’on devine rarement naturelles, ce timbre qui mêle force, délicatesse et cicatrices, semble ici raconter tout ce que son corps a vécu : les failles, les absences forcées, la volonté de continuer malgré les opérations, les silences, la fragilité qui s’impose.
Mais derrière la douceur apparente, le morceau est construit comme un crescendo émotionnel. Ça commence presque timidement, comme si TaniA parlait au creux de l’oreille de quelqu’un qu’elle ne veut pas effrayer, puis ça s’élève, ça gonfle, ça se colore : on y entend le souffle d’un orchestre intérieur, le cœur qui bat contre la distance, la certitude qu’une promesse tenue vaut plus que n’importe quel instant volé.Le refrain, lui, sonne comme une prière moderne. Il ne cherche pas le spectaculaire gratuit : il veut l’évidence, la lumière, la vérité nue.
Dans l’architecture de son album Free-Spirited, ce single joue le rôle d’un pivot émotionnel. Après l’affirmation farouche de I Am Good Enough, l’élan romantique de I Struck Gold With You et la liberté lumineuse de Feel Good Vibes, TaniA dévoile ici un autre versant : celui de la loyauté, de la patience, de la foi — en l’amour, en l’autre, en Dieu, mais aussi en elle-même.C’est peut-être ce qui rend l’ensemble si puissant : TaniA ne chante jamais seulement une histoire d’amour, elle chante une vie entière qui s’y accroche.
Et dans un monde où tout doit aller vite, I Promise I’ll Wait For You ose la lenteur, ose dire : je reste, même quand tout vacille.Une chanson qui touche parce qu’elle ne ment pas, parce qu’elle tremble, parce qu’elle persiste.Comme une lettre qu’on relit cent fois. Comme un vœu qu’on murmurera encore longtemps après que la musique se soit tue.
Instagram : taniakyllikki
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novembre 19, 2025« BluntBrad Jr ne cherche pas à prendre la place : il construit son propre territoire, brique après brique, mélodie après mélodie. »
Il y a quelque chose d’étrangement cinématographique dans la trajectoire de BluntBrad Jr. Une impression de suivre un personnage en pleine montée, caméra collée à ses pas, comme dans un de ces films où l’on sait que le héros va brûler les étapes, même si personne n’a encore pris le temps de le voir arriver. Avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, deux titres sortis à quelques jours d’intervalle, BluntBrad Jr confirme qu’il est l’un des rares artistes du rap mélodique américain actuel à savoir jouer sur deux tableaux : celui de la gueule assumée et celui de la faille qu’on camoufle sous un vernis trap soyeux.
Knock The Mall Down, c’est son morceau le plus frontal, une brutale montée d’adrénaline façonnée pour les haut-parleurs qui cognent sous les sièges. La prod frappe sec, presque industrielle, avec ces basses qui semblent sortir d’un parking souterrain où tout résonne un peu trop fort. BluntBrad s’y déploie avec un flow certain, confiant, presque joueur : une manière de s’imposer sans hausser le ton, comme ces gens dont la présence suffit à faire basculer la pièce. Le morceau a l’arrogance des titres faits pour les virées de nuit, pour les pneus qui crissent et les esprits qui refusent de s’éteindre. Ce n’est pas du gangsta rap caricatural : c’est un monde mental, un espace intérieur où l’on cogne pour exister.
Et pourtant, dans I Talk Loud, il se dévoile autrement. Le rappeur troque la tension pour une vulnérabilité plus complexe, dans un registre cloud hop teinté d’émotions brutes. L’autotune n’est pas un gadget : c’est la texture de ses pensées, la manière dont elles se déforment en avançant. La prod s’évapore, flotte, hésite — elle laisse entrer les doutes, les respirations cassées, les phrases qu’on n’ose pas dire mais qu’on finit par chanter quand même. On y entend le Midwest dans la sincérité, la Californie dans le vernis, et un peu de Post Malone dans le goût du mélodique blessé. Mais BluntBrad Jr ne copie pas : il absorbe, il réarrange, il réinvente pour coller à son propre récit.
Ce diptyque dit beaucoup de son ADN. Un pied dans la trap musclée, l’autre dans l’intime mélancolique. Un flow qui sait mordre, un chant qui sait trembler. Une écriture qui vacille entre assurance et confession. Surtout, une maîtrise instinctive des refrains qui restent, de ces lignes simples qui s’impriment parce qu’elles ne mentent pas.
Ce que raconte réellement BluntBrad Jr avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, c’est qu’il est en train de trouver sa voix — une voix hybride, où la mélodie est une arme, où le vécu dicte la forme, où le style n’est jamais un masque mais un prolongement naturel de ce qu’il veut dire. Il n’est pas encore à son sommet, et c’est précisément ce qui rend ces deux titres excitants : on entend la montée, on entend les muscles qui se forment, on entend l’artiste en train de se construire.
Deux titres, deux angles, une même évidence : BluntBrad Jr avance vite. Et cette fois, tout le monde risque de l’entendre.
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novembre 19, 2025« Une confidence murmurée dans l’ombre : Understand glisse comme un souffle au creux du cou, là où la nuit et le désir cessent de se distinguer. »
Je ne m’attendais pas à ça. À cette sensation de glisser d’un coup sous la surface, comme si quelqu’un avait tiré discrètement le rideau entre moi et la réalité. Understand n’est pas une simple ballade R&B japonaise : c’est une chambre tamisée, un néon rose qui clignote au loin, un souffle chaud qui flotte dans l’air. ROLW — anciennement ROU — signe ici un geste plus intime que musical, un geste de peau, de lenteur, de présence retenue. Il chante comme on tend la main à quelqu’un sans oser le toucher.
Le japonais s’étire en lignes souples, presque liquides, et vient se mêler à un R&B d’une délicatesse presque clinique : les synthés s’évaporent en volutes, les reverbs gonflent et se résorbent comme des respirations, la basse pulse en profondeur, discrète mais déterminante, comme si elle mimait les battements d’un cœur qui s’emballe sans faire de bruit. ROLW comprend le pouvoir du minimalisme : ne dire que ce qui est nécessaire, laisser le reste dans l’entre-deux, là où l’auditeur projette ses propres cicatrices.
Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise des atmosphères. Understand pourrait accompagner un trajet de nuit dans Tokyo, les lumières filtrées par les vitres du métro aérien, ou les gouttes glissant sur une baie vitrée dans un café où le temps semble ralenti. L’esthétique de ROLW n’est pas décorative : elle raconte quelque chose de plus profond, un rapport à la solitude moderne, cette manière de vouloir tout comprendre de l’autre tout en sachant qu’il nous restera toujours un angle mort. Le morceau ne cherche pas à résoudre la distance : il la sublime.
La production, fine comme un tissu japonais, épouse parfaitement cette idée. Elle évolue par petites variations, des micros-paliers qui ne paraissent rien mais transforment tout : une nuance de voix, un frisson dans la stéréo, un écho qui s’allonge comme une pensée qui insiste. On entend le soin, la retenue, une forme de pudeur lumineuse que peu d’artistes R&B parviennent à préserver dans des compositions aussi polies.
ROLW fait partie de ces artistes qui ne cherchent pas à impressionner — seulement à toucher. Et Understand réussit ce pari avec une grâce presque mystérieuse. C’est un morceau pour les nuits qui s’étirent, pour les regards qui évitent de se croiser, pour les émotions qu’on préfère chuchoter. Un R&B alt-pop japonais d’une sensibilité rare, comme une main posée doucement sur l’épaule. Une présence fragile, mais vraie. Une invitation à rester un peu plus longtemps dans l’ombre avec lui.
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novembre 19, 2025« Une chanson de Noël qui préfère la vérité aux artifices : lumineuse, tendre, et traversée d’un manque qui sonne terriblement humain. »
J’ai toujours pensé que les chansons de Noël les plus touchantes sont celles qui ne se laissent pas hypnotiser par les guirlandes. Celles qui osent montrer la fissure derrière le décor — un amour qui manque, une chaise vide, une présence fantôme dans l’air froid de décembre. Avec Christmas Without You, Kirstin Knight réussit un tour de force rare : transformer ce manque en groove, faire danser la mélancolie, rendre le sourire à partir d’une absence.
Dès les premières secondes, on sent que Kirstin n’a pas voulu écrire un énième standard festif calibré pour les playlists lumineuses. Elle cherche autre chose : un mouvement du cœur, une petite vibration intérieure. La prod Afrobeats-R&B, étonnamment chaleureuse, installe un swing doux, presque solaire, qui contraste avec le sujet — un amour qui n’est plus là pour traverser la saison. Les percussions claires, les nappes légères, les lignes de basse rondes créent ce tapis moelleux sur lequel sa voix peut s’étirer, s’ouvrir, respirer.
Et cette voix… quelle délicatesse. Kirstin chante comme on murmure des souvenirs à quelqu’un qui n’écoute plus. Elle ne pleure pas : elle constelle. Elle transforme la peine en quelque chose de presque scintillant, comme si chaque note accrochait un peu de lumière aux branches d’un sapin encore sombre. Son timbre a cette richesse héritée du jazz et du soul, une texture où l’on entend mille vies, mille routes. Ce mélange de douceur et d’assurance renforce l’impression d’écouter une artiste qui connaît son propre cœur, et qui n’a pas peur d’en montrer les bords ébréchés.
Ce qui frappe le plus, c’est le paradoxe délicieux du morceau : un texte qui parle de manque, porté par un rythme qui donne envie de bouger. Cette tension crée un charme irrésistible. Christmas Without You devient le genre de chanson qu’on met en boucle parce qu’elle réussit à traduire exactement ce que l’on ressent dans ces saisons d’entre-deux — quand la joie est là, mais boite un peu ; quand les décorations brillent, mais sans chaleur ; quand on continue d’avancer, encore et malgré tout.
Kirstin Knight prouve une fois encore ce qui fait sa singularité : cette capacité rare à mêler vulnérabilité et énergie, nostalgie et groove, douceur et audace. Elle signe ici un hymne des fêtes qui ne ment pas, qui n’enjolive rien, mais qui offre néanmoins du réconfort. Une chanson pour rouler la nuit vers des lumières lointaines, pour rêver à des Noëls passés, ou simplement pour retrouver son propre souffle au milieu du tumulte.
Un morceau pour tous ceux qui savent que Noël ne guérit pas tout — mais qu’une belle chanson peut, parfois, ouvrir un peu la voie.
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novembre 19, 2025« Ncebeleka est cette caresse rythmique qui te chuchote de relâcher les épaules, de respirer enfin, et de laisser quelqu’un aimer à ta place pendant un instant. »
Ce qui frappe en premier dans Ncebeleka, c’est la voix. Pas la prouesse, pas l’effet, pas l’artifice : la présence. Cette manière très organique qu’a GudGuy de poser ses mots sur l’instrumental, comme s’il les sortait directement du profond de la poitrine, sans détour. Il n’a pas besoin de forcer : la tendresse fait le travail à sa place. Il chante comme on parle à quelqu’un qu’on veut rassurer — avec douceur, mais avec cette certitude tranquille qui change la respiration de l’autre.
C’est un morceau d’amour, oui. Mais surtout un morceau d’abandon. Un slow groove sud-africain qui ne cherche pas la suite, qui ne cherche pas l’effet : juste l’instant. Les percussions roulent avec une élégance presque liquide, la basse enveloppe sans jamais serrer, et la voix flotte entre confidence et promesse, comme un « tu peux te détendre avec moi » chanté au creux de l’oreille.
Puis vient Sastii, et la dynamique bascule. Sa voix apporte un contraste magnifique : plus anguleuse, plus vive, presque effrontée par moments. Là où GudGuy ouvre l’espace, Sastii le ponctue. Sa présence vocale est une étincelle, une accélération qui ne casse rien mais révèle le morceau sous un nouvel angle — celui du désir qui avance sans réfléchir, qui embrase parce qu’il est vivant. Le duo fonctionne comme une conversation intime qu’on prendrait en plein vol : deux sensibilités, deux manières d’aimer, deux énergies qui finissent par se rejoindre sur un terrain commun, celui du sentiment assumé.
C’est aussi dans les respirations entre les phrases qu’on entend la vérité du morceau. GudGuy laisse des silences, des moments suspendus où la tension retombe pour mieux renaître. Sastii, lui, remplit l’espace, ramène la pulse, refuse l’immobilité. Ensemble, ils racontent ce que c’est que d’apprendre à s’apaiser grâce à quelqu’un — mais aussi ce que ça demande de courage de se laisser voir.
Ncebeleka n’est pas qu’une belle production afro-pop teintée de R&B : c’est une scène miniature, un fragment de vie capturé avec une sincérité désarmante. On y entend l’histoire d’un garçon du Mpumalanga qui a appris à ressentir avant de parler, et celle d’un jeune rappeur de KZN qui se fraie un chemin avec le feu dans la gorge. Leur rencontre n’a rien d’un hasard : elle sonne comme une évidence.
Et quand la dernière note s’évapore, on se retrouve exactement là où le morceau voulait nous conduire : dans un espace calme, chaud, presque intime. Là où l’on peut, enfin, ncebeleka. Relaxer. Respirer. Aimer.
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novembre 19, 2025« Making Money n’est pas un début : c’est une entrée en scène en or massif, une aurore qui brille comme si quelqu’un venait d’allumer la ville entière. »
Il m’a suffi de quelques secondes pour comprendre que Making Money n’est pas un morceau qui demande qu’on l’écoute : il exige qu’on le suive. Comme une silhouette magnétique traversant une foule, lente et déterminée, avec ce parfum de soleil chaud, de maquillage qui tient, de fierté pas négociable. Erika Torres débarque comme si sa carrière était déjà un mythe en construction — et peut-être que c’est exactement ce que ce premier single raconte.
Ce qui me frappe tout de suite, c’est cette tension lumineuse entre le R&B contemporain qui pulse au sol et les éclats nu-disco qui voltigent au-dessus, comme des confettis en suspension. Le morceau respire en grand, avec ce type de production qui ne se contente pas de soutenir une voix : elle l’accompagne comme un entourage complice, presque une petite équipe de danseurs qui avancent avec elle, en rythme, en intention. On sent une production pensée pour amplifier — pas pour masquer.
La voix d’Erika, elle, a ce grain rare : un mélange de vérité brute et d’assurance élastique. Elle ne chante pas, elle construit un territoire. Chaque note vient comme une brique posée dans un royaume qu’elle revendique à la force du groove. On entend le gospel dans le fond de la gorge, la rue dans le souffle, la culture latine dans les mouvements, le jazz dans la délicatesse des attaques. C’est une voix qui a vécu, qui a observé, qui a grandi — et qui désormais s’avance sans se cacher derrière l’esthétique.
Ce que j’adore, c’est que Making Money n’est pas un hymne brutal ou arrogant. Ce n’est pas un manifeste qui crie : c’est un morceau qui sait. Il fonctionne comme une incantation à l’ambition douce, celle qui ne détruit rien, qui ne méprise personne, mais qui déploie son éclat comme un droit naturel. On y entend la confiance comme un sourire, pas comme un poing. La pulsation dance-pop fait le reste : légère, électrisante, calibrée pour les salles où l’on danse avec tout le corps — mais aussi pour les trottoirs où l’on se redresse un peu plus quand un bon morceau défile dans les écouteurs.
Le beat avance, chaloupe, rebondit. Les basses font vibrer les épaules. Les synthés scintillent comme un bijou sous une lumière de club. Et au centre, Erika raconte la valeur, le travail, l’alignement intérieur — en transformant tout ça en groove.
À mesure que le morceau défile, j’ai l’impression d’entendre une artiste qui ne se contente pas de se présenter : elle s’installe. On entend dans Making Money l’évidence d’un projet plus grand, d’une identité musicale façonnée par la ville, par l’héritage, par la foi, par les fêtes, par la rue, par les rêves qu’on porte quand personne ne regarde.
Si c’est ça, son premier mouvement, alors la suite promet d’être redoutable — brillante, assumée, libre, élégante. Et surtout, à l’image d’Erika Torres : une femme qui avance déjà comme si le futur lui appartenait.
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novembre 19, 2025« Un titre festif où le groove Motown rencontre la sensualité du R&B moderne, parfait pour toute playlist qui veut faire vibrer les fêtes avec style et chaleur. »
Ce qui frappe avec Santa’s Sleigh, ce n’est pas seulement son esprit de Noël — c’est la façon dont Dee Roze parvient à injecter dans la tradition festive une dose de classe, de groove et de sensualité qui échappe au registre habituel des chansons de saison. Il ne décore pas la fête : il la réinvente. Il ne cherche pas la nostalgie facile : il confectionne une ambiance, un clair-obscur de lumières colorées, un slow chic et funky que l’on pourrait danser dans une cuisine, à minuit, devant un gratin qui refroidit.
Le morceau, co-produit avec Donnie Lyle, porte cette signature Chicago Steppers immédiatement reconnaissable : un balancement élégant, précis, presque chorégraphié, où les corps se répondent par glissades et demi-tours. Il y a du satin dans cette rythmique, du velours dans la basse, un parfum 70s dans les clochettes discrètes, cette façon suave de faire briller Noël sans tomber dans l’artificiel. Lyle connaît le geste, celui qui rappelle Step In The Name of Love — un groove qui ne force jamais, mais qui hypnotise.
La voix de Dee Roze, elle, fait tout le reste. Elle s’élève, pleine, chaude, vibrante, avec cette manière très américaine de sourire en chantant. Ce n’est pas une interprétation : c’est un geste d’accueil. On entend l’homme d’expérience, le vocaliste qui a traversé les studios, les collaborations, les chœurs et les refrains d’autres artistes, avant de décider qu’il était temps de signer lui-même la bande-son des fêtes. Il y insuffle une joie véritable, pas celle des vitrines, mais celle qui circule quand les familles se retrouvent, quand les amis improvisent un pas de côté, quand les enfants rient sans savoir pourquoi.
Santa’s Sleigh joue sur deux tableaux : l’intemporel et l’actuel. Les arrangements rappellent la tendresse motownienne, les cuivres fantômes, les guirlandes harmoniques des années 70, mais l’écriture, elle, est résolument 2000s : phrases courtes, punchlines chaleureuses, un ton complice. La production, elle, reste d’une élégance millimétrée — jamais kitsch, jamais sirupeuse.
À la fin, ce morceau fonctionne comme une fête miniature : un clin d’œil, une chaleur, un sourire. Dee Roze signe un Noël qui danse, un Noël qui respire, un Noël où l’on ne se contente pas d’attendre Santa : on glisse déjà avec lui sur le parquet. C’est peut-être ça, finalement, la meilleure manière d’entrer dans la saison : laisser la musique conduire le traîneau.
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novembre 19, 2025“Tous mes démons glisse comme une confession qu’on lâche trop vite, une vérité qui brûle mais qu’on finit par apprivoiser.”
J’ai laissé le morceau tourner plusieurs fois avant de comprendre ce qui me happait vraiment : NūSōM ne chante pas seulement la chute, il chante la manière dont on décide d’habiter la chute. Tous mes démons n’a rien d’un lamento dramatique ; c’est plutôt une marche dans l’ombre, presque élégante, où chaque pas résonne comme un choix assumé. On y retrouve les textures du contemporary R&B, cette chaleur minimale qui enveloppe la voix, mais aussi une impulsion pop-rap qui s’infiltre dans la rythmique et lui donne de quoi avancer sans s’effondrer.
La voix de NūSōM porte quelque chose de légèrement rauque, un grain qui dit plus qu’il n’explique. Elle flotte au-dessus du beat avec une certaine fragilité, mais une fragilité volontaire — celle qu’on expose parce qu’on sait qu’elle fait partie du décor, qu’elle donne du relief. J’ai senti une forme de pudeur combattue, comme si l’artiste s’autorisait ici quelque chose de rare : avouer, mais sans s’écrouler. Il chante bas, presque murmurant, et cette retenue crée un magnétisme particulier, un lien intime avec l’auditeur.
Musicalement, le morceau joue sur la tension. Une basse ronde, discrète mais omniprésente, qui pulse comme un cœur trop rapide. Des percussions fines qui rappellent cette manière qu’ont certains producteurs de laisser l’air circuler entre les coups, comme pour ne pas étouffer la confession. Et puis, cette petite mise en scène sonore — une réverbération subtile ici, un écho qui s’attarde là — qui donne l’impression d’avancer dans un appartement plongé dans la pénombre, lumière bleutée, rideaux fermés, téléphone face contre la table.
La dimension pop-rap du morceau offre un contrepoids intéressant : une structure plus directe, plus cadencée, qui empêche le titre de devenir trop vaporeux. Elle amène du mouvement, une forme de résistance au spleen, une dynamique intérieure qui pousse NūSōM à continuer malgré ce qu’il avoue. Ce mélange crée un équilibre fragile, comme si le morceau oscillait en permanence entre confession et auto-défense.
Ce que réussit Tous mes démons, c’est de rendre le chaos habitable. Il transforme le trouble en esthétique, l’hésitation en geste artistique. Et dans ces trois minutes tendues mais douces, NūSōM affirme quelque chose de simple mais rare dans la scène actuelle : la beauté peut exister dans ce qu’on ose dire, même quand on n’a pas encore trouvé comment le résoudre.
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novembre 19, 2025“Vibes and Wine se love dans l’air comme une confidence à peine murmurée, une voix qui dépose son empreinte avant même que le groove ne prenne forme.”
La première fois que j’ai écouté Vibes and Wine, j’ai eu l’impression de tomber sur une scène intime dont je n’étais pas censée être témoin. Une voix qui se faufile entre les notes avec cette nonchalance maîtrisée, ce grain légèrement voilé, presque tactile. Jah Gordy ne cherche pas à impressionner : il cherche à séduire subtilement, à créer une présence, une proximité. On l’entend respirer, glisser dans la matière sonore, devenir un guide plus qu’un narrateur.
Ici, la voix ne domine pas l’instrumentation : elle danse avec elle. Elle flotte au-dessus d’une basse chaude, onctueuse, qui avance comme un corps sûr de lui dans un couloir éclairé au néon. Les percussions sont placées avec une précision presque chirurgicale — des claquements légers, des petits effets de texture qui s’évanouissent aussitôt qu’ils apparaissent, comme s’ils connaissaient l’art du retrait. Le track emprunte à la neo-soul sa douceur enveloppante, au contemporary R&B sa fluidité, et au pop-rap cet instinct du rythme, ce rebond souple qui rend chaque transition naturelle et délicieusement physique.
Ce qui accroche, c’est la façon dont Jah Gordy utilise sa voix comme un élément du décor, un instrument parmi les autres, mais un instrument doté d’une chaleur humaine. On y entend une forme de sourire, une fatigue douce, une séduction feutrée. Il raconte l’ambiance plus qu’il ne raconte une histoire. On devine des silhouettes, une pièce aux lumières tamisées, un verre qui tourne entre les doigts — la fameuse vibe, la chaleur du wine, l’alchimie captée sans théâtralité.
La production, elle, ne cherche jamais l’esbroufe. Elle avance au ralenti, portée par un groove qui semble pensé pour accompagner le mouvement naturel du corps. C’est une musique qui respire, qui laisse la place, qui invite sans pousser. Ce côté minimaliste mais habité renforce l’impression d’être dans un espace privé, une pièce où tout est doux, où tout est maîtrisé, où chaque son possède son propre poids sans jamais étouffer le reste.
Vibes and Wine n’essaie pas de raconter une grande histoire : il raconte ce moment précis où la complicité s’installe. Jah Gordy capte cet instant fragile où une chanson devient un lieu. Et c’est exactement ce qui donne à ce titre sa force : une sensation d’intimité parfaitement dosée, une chaleur qui ne quitte plus l’auditeur, même longtemps après la dernière note.
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novembre 19, 2025“Moon brille comme un murmure galactique, une confession suspendue entre deux continents qui pulse au rythme d’un cœur encore en construction.”
Certains titres ressemblent à des frémissements, d’autres à des explosions. Moon de Gabrielle Swanks, ne choisit pas entre les deux : il vibre comme une onde douce mais insistante, un battement venu d’ailleurs qui s’insinue sous la peau avant même qu’on comprenne pourquoi. Avec ses racines ni-gérianes et américaines, sa plume façonnée par le storytelling et sa production instinctive, l’artiste transforme ce premier geste musical en carte d’identité céleste, un autoportrait mouvant qui embrasse les rythmes du dancehall, les couleurs afrofusion et la sensualité feutrée de l’indie R&B.
Dès les premières secondes, Moon semble flotter. On y entend une forme d’apesanteur, comme si Gabrielle avançait dans une gravité autre, dans une nuit où les émotions se lisent plus clairement que le ciel. La production, minimaliste mais vibrante, laisse respirer la voix : claire, souple, presque cinématographique. Cette voix navigue entre les pulsations afrobeats, les syncopes du dancehall, les intuitions R&B, créant une hybridité naturelle — un style qui ne force jamais et qui se réinvente en permanence. Elle écrit pour reconfigurer l’expérience humaine ; ici, elle raconte cette tension entre désir, distance, magnétisme et vulnérabilité.
Gabrielle Swanks n’a pas peur de se tenir dans la zone floue entre les genres. Son esthétique évite les territoires balisés : elle préfère les frontières poreuses, les nuances, les demi-ombres. Moon devient alors un espace intime, presque secret, un rendez-vous nocturne où l’on se parle à voix basse, où la pulsation devient langage. Il y a quelque chose de profondément générationnel dans cette approche : un refus de choisir, un désir d’être multiple, une envie de flotter plutôt que d’appartenir.
Ce single inaugural s’impose comme un premier chapitre solide, séduisant, presque irrésistible. Et s’il annonce réellement la trajectoire de Gabrielle Swanks, alors une chose est sûre : la lune ne sera jamais assez haute pour contenir l’ascension qui s’esquisse ici.
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novembre 19, 2025“WE ARE ONE pulse comme un rappel lumineux : même dispersés, nos cœurs battent encore sur la même fréquence.”
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas l’innovation par la rupture, mais par le retour — ce geste tendre qui consiste à reprendre une chanson aimée, à la dépoussiérer sans la trahir, à lui offrir une nouvelle peau sans altérer son âme. Avec WE ARE ONE, Monique Nikkole accomplit exactement cela : un hommage vibrant, respectueux, mais farouchement moderne, qui tisse ensemble rétro soul, contemporary R&B et une pointe d’alternative pour donner à ce classique un souffle inédit.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’énergie. La version originale, empreinte de chaleur et de communion, trouvait sa force dans son caractère fédérateur. Ici, Monique ajoute un twist irrésistible : un soupçon de New Orleans Bounce qui infuse le morceau d’un mouvement presque irrésistible, comme si chaque percussion contenait un sourire, chaque pulsation un appel à se rapprocher. C’est un instrumental, mais il parle comme une foule entière. On y entend la danse, la rue, la célébration spontanée d’un quartier qui se remet à respirer ensemble après des jours trop lourds.
Monique Nikkole, née à Canarsie Brooklyn, n’a jamais abordé la musique comme une simple distraction. Sa trajectoire – de l’enfant qui chantait partout à la femme qui, après une carrière juridique et des années dans les coulisses de l’industrie, revient enfin au devant de la scène – donne au morceau une profondeur intime. On sent dans sa production une maturité rare, une compréhension intuitive de ce que signifie unir des gens par le son. Elle ne chante pas ici, mais elle signe tout : les textures, la dynamique, la tension maîtrisée.
Le résultat est un morceau qui rassemble sans forcer, qui réchauffe sans nostalgie stérile, qui modernise sans effacer l’héritage. WE ARE ONE fonctionne comme un rappel collectif dans un monde fragmenté : danser, aimer, se souvenir. Et surtout, ne jamais oublier que l’unité est parfois un simple groove de distance.
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novembre 18, 2025complete u condense le désir en une pulsation courte et brûlante, un slow-burn miniature où la sensualité tient dans un souffle et un battement de cœur.
complete u s’écoute comme on entrouvre une porte sur une chambre plongée dans une lumière ambrée : tout est feutré, proche, presque secret. Luna Grey n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour créer un monde. Quelques mesures, un beat lo-fi qui pulse comme une veine au creux du poignet, et voilà qu’elle installe son royaume : un espace où le rap devient murmure, où la pop s’étire en vapeur tiède, où chaque syllabe semble à la fois retenue et prête à s’effondrer.
La magie opère dès l’entrée des voix, à peine treize secondes après le début. Cette façon de glisser dans la prod, de s’y couler sans laisser de sillage, révèle une écriture instinctive — presque tactile. Luna Grey jongle entre chant chuchoté et rap caressant, enchaînant les inflexions comme on suit du doigt une ligne invisible sur la peau de quelqu’un. On retrouve dans cette économie de moyens une puissance rare : celle de dire beaucoup avec presque rien.
La production, minimaliste mais d’une élégance clinique, repose sur un tapis de basses souples, des touches synthétiques éparses et un groove qui respire à travers les silences. C’est ce silence, d’ailleurs, qui fait le sel de complete u : ces micro-espaces entre les phrases, ce vide tendu où l’imagination de l’auditeur se met à vibrer. Luna Grey y place son art : elle laisse venir le désir plutôt que de le forcer.
À travers ce court format, elle propose un manifeste intime. La sensualité n’y est ni tapageuse ni artificielle : elle est feutrée, nocturne, presque méditative. On pense à ces artistes qui mêlent rap et atmosphère avec une humilité désarmante — quelque part entre l’onirisme d’une alt-pop déliée et l’impact émotionnel du lo-fi rap le plus introspectif.
Ce morceau semble écrit pour les nuits qui trainent, pour les pensées vagabondes, pour les connexions qui se construisent dans les interstices. complete u donne l’impression d’un fragment arraché à quelque chose de plus grand — comme si une confession avait été captée avant qu’elle ne se dissipe dans l’air. Et c’est précisément cette brièveté, cette douce frustration, qui rend le titre si addictif.
Luna Grey continue de tracer une ligne très personnelle : une musique qui n’a pas besoin de crier pour s’imposer, qui parle à hauteur d’âme, qui offre une sensualité magnétique et subtile. Une artiste qui façonne le futur du pop-rap intimiste en ne gardant que l’essentiel : la respiration, le rythme, et la vérité qui pulse au milieu.
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novembre 18, 2025Une pulsation qui trébuche, se redresse et frôle l’ivresse : UP & DOWN révèle le moment exact où le désir cesse de négocier et commence à brûler.
UP & DOWN ne se contente pas d’arriver : il s’installe comme une présence, une vapeur tiède dans laquelle chaque vibration semble avoir un poids, un motif, un secret. Dès les premières mesures, un mouvement s’esquisse, un balancement hésitant, comme si le morceau testait la gravité avant de se laisser tomber dedans. Le décor n’est pas celui d’un club ou d’un studio, mais celui d’un espace intérieur, là où les émotions deviennent rythme avant même d’être pensées.
TOM X WOLFE sait sculpter la tension. C’est sa marque. Une manière de laisser les basses gonfler comme un souffle qu’on retient trop longtemps, de suspendre les percussions dans une diagonale instable, de faire vibrer la voix juste au bord de la confidence. Son R&B contemporain respire sans chercher l’effet, sans surjouer : chaque texture est posée comme un geste mesuré, chaque silence ressemble à un battement prêt à dérailler.
Le titre déploie cette énergie douce-amère propre aux artistes qui maîtrisent l’ombre autant que la lumière. Tout semble glisser mais rien n’échappe au contrôle. Le groove va et vient, recule pour mieux revenir, avance sans prévenir, crée ce vertige subtil où l’on comprend que l’émotion n’est jamais un flux droit mais un mouvement ondulatoire. Up, down, le cœur aussi fait ce trajet-là, sans promesse d’équilibre.
Cette architecture sonore reflète la trajectoire de l’artiste : un producteur gabonais-canadien installé à Brooklyn, nourri d’influences multiples mais jamais dispersé. La sophistication se niche dans les détails — une percussion qui se dérobe à la dernière seconde, une nappe qui n’existe qu’à moitié, une voix qui flotte entre caresse et constat. La musique avance à pas feutrés mais dit tout sans hausser le ton.
Au fil du morceau, le paysage sonore se resserre jusqu’à devenir presque tactile. Un frisson électronique, une respiration compressée, une pulsation qui s’étire… Le morceau capture ce moment fragile où la maîtrise se fissure, où la sensualité cesse d’être posture pour devenir vérité. On y sent la même précision que chez les producteurs qui transforment le minimalisme en force narrative.
UP & DOWN ne cherche pas l’évidence. Il préfère la volupté discrète, les courbes subtiles, les soubresauts émotionnels qui ne se dévoilent qu’après plusieurs écoutes. C’est une pièce qui confirme TOM X WOLFE comme un architecte du trouble, un alchimiste des pulsations, un producteur capable de faire danser la fragilité sans lui retirer son intensité.
Un morceau en clair-obscur, addictif, mouvant, qui laisse sur la peau une empreinte aussi légère qu’inévitable. Une signature. Une invitation à la répétition.
Instagram : tomxwolfe
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novembre 17, 2025Un souffle de lumière arraché aux profondeurs : Shelita transforme la fragilité de la survie en un pur chant d’amour, clair comme une révélation, brûlant comme une renaissance.
Il y a des artistes chez qui l’amour n’est pas une simple esthétique, mais un refuge construit de leurs propres os, de leurs cicatrices, de leurs secondes chances. Shelita appartient à cette lignée rare, celle qui chante avec tout ce que le monde a tenté de lui retirer. I’m So In Love With You n’est pas une ballade romantique dans son acception la plus convenue : c’est un battement. Une remontée lente depuis un trou noir intérieur, une réouverture du cœur après que la vie l’a déchiré en plein vol — littéralement.
Depuis que j’ai découvert l’histoire derrière le morceau, impossible de l’écouter sans sentir cette présence fantôme : la chute, le fracas, la lenteur du corps qui doit réapprendre à être habité. L’accident de skydiving aux Seychelles n’est pas un détail biographique ; c’est la matrice de ce nouveau chapitre. Ce que Shelita a reconstruit dans ces années de douleurs et de silence, elle le dépose ici avec la pudeur d’une survivante et l’élan d’une femme qui refuse d’abandonner sa propre lumière.
Le morceau étire un R&B caressant, effleure le hip-hop doré des années 90, et respire une pop consciente où chaque détail de production semble tenu par un fil invisible. La voix de Shelita plane sans jamais se perdre, presque comme une épave qui flotte mais refuse de couler. J’y ai entendu une douceur qui n’efface rien, mais qui transfigure tout — la preuve que l’amour, même fragile, même tremblant, reste un territoire où l’on peut respirer à nouveau. On sent l’artiste écrire depuis son lit d’hôpital, comme si chaque phrase était un pacte pour rester vivante.
En filigrane, Into the Depths, son EP à venir, se devine déjà comme une cartographie émotionnelle où les continents du monde se mélangent : Afrique, Europe, Amériques. Une musique qui porte l’odeur du sel, le poids du silence sous l’eau, et la chaleur de la peau qui guérit. Shelita est une survivante, oui, mais surtout une passeuse — de vibrations, de mémoire, de beauté.
I’m So In Love With You est une main tendue depuis les abysses, un rappel que l’amour peut être un acte de résistance, un geste de soin, un nouveau souffle quand tout s’effondre. Et dans la voix de Shelita, l’amour retrouve son rôle premier : un moteur, une vérité, un retour à soi.
Instagram : iloveshelita
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novembre 17, 2025Un premier coffre ouvert sur l’avant-monde, où Raeski Rea révèle la matière brute qui précède le mythe — un point zéro incandescent, taillé dans le réel avant la naissance du Raeskiverse.
Impossible d’aborder Before the Raeskiverse comme un simple EP. On a l’impression de tenir entre les mains un carnet retrouvé sous les lattes d’un parquet, un document fondateur jamais destiné au public et pourtant crucial pour comprendre l’odyssée à venir. En l’écoutant, je me suis surpris à imaginer Raeski Rea non pas en architecte d’univers, mais en jeune homme penché sur un bureau trop petit, dans une chambre de Hampton Roads, traçant des lignes qui n’ont pas encore la forme du mythe – seulement la résonance du vrai.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensation de marcher dans une pièce encore chaude, habitée par le souffle d’avant la métamorphose. Loin des lumières bleues et des équations symboliques qui feront plus tard la signature du Raeskiverse, ces quatre titres avancent comme une préface émotionnelle, un prologue où la peau n’a pas encore cicatrisé. J’ai senti l’artiste dans sa respiration la plus humaine, presque nue, mais déjà en tension, déjà prêt à basculer dans une dimension plus vaste.
Raeski ouvre la danse avec un boom-bap précis, discipliné, presque militaire dans sa structure. C’est un morceau qui ne fait pas que présenter son auteur : il pose les jalons d’une éthique, d’une rigueur, d’une façon d’être au monde. On perçoit la volonté de maîtrise, l’écriture ciselée, un respect profond pour la tradition rap—avant que le personnage ne se dilate vers quelque chose de cosmique. C’est ici que tout commence, dans ce terreau concret où le futur n’est encore qu’une rumeur.
All In Too bascule le décor. La production se fait plus lo-fi, les contours plus flous, comme si la chambre de l’artiste s’assombrissait d’un coup, laissant entrer un doute plus intime, une fatigue douce. La mélancolie flotte, mais pas une mélancolie qui écrase : une qui observe, qui se demande comment on tient debout quand le monde semble trop vaste. Le morceau agit comme un interstice où Raeski laisse filtrer ce qu’il cache souvent derrière son système narratif. Un aveu feutré.
Puis Better Than I Was surgit comme une éclaircie. C’est le moment où l’on sent l’artiste se hisser, presque physiquement, vers quelque chose de plus clair, plus affirmé. Le morceau porte bien son nom : c’est une ascension, une montée en lumière, une prise de conscience. La production s’aère, les intentions se clarifient, et l’on découvre le germe de ce qui deviendra son Painterly Core. Tout devient couleur, mouvement, vision. Cette piste est une ébauche de renaissance.
Et puis Brockies arrive comme un revers de paume. Sec, frontal, trap, incisif. C’est un morceau qui tranche le réel et expose les impostures sans détour. On entend le futur Raeskiverse se structurer : la notion d’authenticité, l’exigence envers soi-même, la critique des façades creuses. Brockies est l’ombre portée du projet, sa densité morale. Un avertissement. C’est la première fois que l’on sent l’équation, la mécanique interne, le système de pensée qui fera plus tard la richesse de son univers.
En refermant l’EP, j’ai eu la sensation d’être témoin d’un geste rare : celui d’un artiste qui accepte de montrer l’avant-scène, le brouillon, la version fragile de lui-même. Before the Raeskiverse n’est pas seulement un retour en arrière, c’est la preuve que toute mythologie naît d’une faille intime, d’un chaos maîtrisé, d’un désir de donner forme au tumulte.
Raeski Rea ouvre ici son coffre-fondation. Et ce qu’on y trouve n’est ni un concept ni un décor, mais un cœur en mouvement.
Instagram : https://www.instagram.com/raeskiverseYouTube : https://youtube.com/@raeskiverseTikTok : https://www.tiktok.com/@raeskiverse
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novembre 10, 2025Entre groove solaire et mystique lunaire, Gabrielle Swanks signe avec “Moon” un premier morceau incandescent : un mélange sensuel d’afrobeat, de R&B et de pop cosmique qui fait vibrer autant qu’il élève.
Je l’ai senti dès les premières secondes : Moon ne cherche pas l’approbation, elle impose un mouvement. Pas le déferlement tapageur d’un tube jetable, plutôt cette poussée irrépressible qui fait se redresser la nuque et desserre les épaules. Gabrielle Swanks signe ici un premier geste d’autrice-interprète qui sait exactement où placer le souffle, la sueur et les silences — là où la danse rencontre la phrase intérieure.
Techniquement, le titre joue la retenue comme une arme. La rythmique afro s’articule en fines syncopes : kicks sous contrôle, caisse claire légèrement en arrière du temps, shakers qui filent comme du sable chaud entre les doigts. La basse, ronde et élastique, occupe la place d’un cœur battant ; elle ne bavarde jamais, elle suggère. Quelques touches de guitare sur l’off-beat, un clavier qui insuffle de l’air dans les interstices, et surtout ce design sonore qui privilégie l’espace à la surcharge. On entend la pièce, les respirations, la translation entre couplets, pré-refrain et hook — un vrai travail d’architecture.
Vocalement, Swanks trace une diagonale singulière : timbre satin, attaques nettes, vibrato à minima. Elle décline la confiance non pas en performance pyrotechnique, mais en ligne claire, presque chorégraphique. Sur le pré-refrain, elle allège la granularité, monte un demi-étage, puis relâche au moment du refrain avec une écriture mélodique qui accroche sans scander — une pop de la suggestion. Les chœurs en call-and-response épaulent la dynamique, jamais décoratifs : ils agissent comme un miroir émotionnel, accentuant l’élan sans l’alourdir.
Le pont, malin, renverse la perspective en demi-temps : on descend la gravité pour mieux relancer l’orbite. La production laisse respirer le kick, épaissit les harmonies, puis ré-accroche la pulsation — petite déflagration douce, grand effet en club ou en nocturne casque. On entend derrière la patte d’un studio qui comprend que l’élégance tient à ce qu’on retire autant qu’à ce qu’on ajoute.
Ce qui frappe, c’est la cohérence d’ensemble. Afrobeat et R&B ne s’y superposent pas comme des calques ; ils s’interpénètrent. La pop, elle, sert de boussole : clarté des sections, lisibilité du refrain, durée idéale. Moon préfère la longévité aux coups d’éclat — une esthétique de la maîtrise plus que de la démo.
Promesse tenue, donc : mouvement et assurance, mais aussi profondeur — cette poésie qui affleure dans la manière d’habiter le rythme plutôt que de le dompter. Gabrielle Swanks s’ouvre un couloir précis entre Lagos intérieur, Atlanta feutrée et pop globale : élégant, sûr de lui, immédiatement re-jouable. On parie ? Moon ne quittera pas vos playlists nocturnes avant un moment.
Instagram : gabrielleswanksmusic
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novembre 8, 2025Belaro transforme la pop R&B en un terrain de jeu sensuel et affirmé sur Clothes Off, une ode à la liberté du corps, du regard et du plaisir, servie par une production aussi précise que brûlante.
Je ne sais pas exactement à quel moment Clothes Off m’a happé. Peut-être ce battement de basse, moelleux comme une caresse ; ou cette voix de Belaro, à la fois sûre d’elle et délicieusement vulnérable, qui semble se glisser entre deux pulsations du cœur. Ce titre n’est pas une simple invitation à la danse : c’est une montée de chaleur, une revendication du corps comme langage. Une pop R&B qui fait fondre les murs du club et donne au geste le pouvoir d’une confession.
Belaro ne chante pas : elle magnétise. Son phrasé serpente, précis, un peu joueur, toujours sur le fil. Derrière l’évidence du hook se cache une construction savante — production millimétrée, souffle maîtrisé, jeu de textures entre clarté numérique et sensualité organique. Le morceau respire la nuit, celle des peaux qui s’effleurent sous des lumières bleu électrique, mais aussi la solitude brillante des lendemains, quand le parfum du désir flotte encore dans l’air.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Clothes Off installe une tension. La production ne déborde jamais. Pas de surenchère, pas de climax forcé — juste cette retenue hypnotique, ce groove qui avance comme un battement intérieur. Le morceau semble tenir sur un souffle, et pourtant tout explose en douceur : les basses enveloppent, les synthés caressent, la rythmique respire. On y retrouve ce que la pop commerciale a souvent oublié : le silence comme élément dramatique.
Belaro ne cherche pas à séduire, elle s’impose. Son écriture, même dans la légèreté, cache un manifeste : celui d’une femme qui reprend la narration du désir. Elle ne se dénude pas pour être vue, mais pour se révéler — dans la lumière qu’elle crée elle-même. Sa voix glisse entre la confidence et le contrôle, comme si elle racontait le moment précis où la peur de plaire cède la place au plaisir d’exister.
À l’écoute, on pense à une fusion de Donna Summer et de Dua Lipa, à cette façon d’incarner la sensualité avec autant de maîtrise que de fièvre. Clothes Off est un hymne à la liberté intérieure déguisé en banger de club. Et Belaro, sous ses allures de pop star au vernis impeccable, s’impose ici comme une architecte du sentiment charnel — précise, instinctive, magnétique.
C’est une chanson qui ne s’écoute pas vraiment : elle se respire. Et une fois qu’elle s’infiltre, impossible de s’en défaire.
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novembre 8, 2025You Make Me Smile de Dandi, c’est le moment suspendu entre deux battements de cœur — une soul solaire, si sincère qu’elle semble respirer au rythme de ton propre souffle.
Je me souviens du frisson que j’ai eu à la première écoute. Pas de grand éclat, pas d’artifice — juste cette impression que quelqu’un venait de poser une main sur mon épaule pour murmurer quelque chose de vrai. You Make Me Smile ne cherche pas à séduire ; elle enlace. Elle réconcilie la douceur et la force, dans un monde où la musique crie souvent trop fort pour qu’on l’écoute encore.
Dandi ne chante pas l’amour comme une ivresse, mais comme une lente guérison. Sa voix — fluide, ambrée, presque tactile — se promène entre les interstices d’une orchestration qui rappelle les grandes heures de la soul rétro : un Rhodes au velours cotonneux, une basse qui respire, des cordes suspendues comme des rayons de miel. Ce n’est pas une nostalgie feinte, mais une filiation : celle d’un art du sentiment vrai, hérité des Sade, des Minnie Riperton, de cette école du murmure élégant qui préfère la nuance à la démonstration.
Ce qui me bouleverse, c’est la lumière. Tout, dans cette chanson, scintille à demi. Le groove ne pousse pas — il caresse. Le tempo ne s’impose pas — il accompagne. Dandi nous glisse dans cette zone rare où la mélancolie devient lumineuse, où la joie ne se crie plus, elle se devine dans les respirations. Le morceau, plus qu’un simple R&B soul, frôle parfois le jazz par sa liberté d’espace, et le folk par son intimité narrative.
On sent dans You Make Me Smile une écriture du vivant — une sincérité brute, celle d’une artiste qui ne cherche ni à séduire ni à s’imposer, mais à partager un instant fragile. C’est une chanson qui parle d’amour, oui, mais surtout de reconnaissance : celle de se trouver enfin à sa place, dans le regard de l’autre.
Dandi signe ici une œuvre subtile, rare, qui réconcilie le cœur et la technique, la nostalgie et le présent. Elle ne fait pas de la soul, elle en rappelle l’origine : la chaleur humaine, cette énergie presque mystique qui survit même dans le silence après la dernière note.
You Make Me Smile — trois mots simples, un monde entier contenu dans un souffle.
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novembre 8, 2025Avec WANTS, Jade Fields déplie la douleur comme on épluche une nuit trop longue : lentement, sensuellement, jusqu’à la révélation brutale que le manque aussi peut devenir une forme de beauté.
J’ai écouté WANTS pour la première fois en pleine nuit, casque vissé, ville endormie. Ce genre de moment où tout semble en suspens, où le monde devient poreux. Dès les premières secondes, j’ai senti que Jade Fields n’était pas là pour séduire, mais pour sonder. Sa musique ne s’offre pas comme un bijou brillant, elle s’impose comme un souvenir qu’on croyait avoir effacé. Une pièce d’introspection brute, sans effet de manche, mais avec ce pouvoir étrange : celui de faire battre un cœur ralenti.
Le morceau s’avance comme un corps blessé mais digne. La production, délicatement accidentée, semble respirer par elle-même — un assemblage d’air, d’électricité et de sang. Les percussions, feutrées, battent comme des pulsations internes ; les accords, suspendus, s’étirent comme un souffle qui refuse de mourir. On devine dans cette architecture sonore une précision quasi organique : chaque élément vit, hésite, se retient avant de se livrer.
Jade Fields ne chante pas pour qu’on l’écoute, il chante pour survivre. Sa voix oscille entre fragilité et contrôle, entre murmure et aveu, comme s’il testait les limites de son propre détachement. Ce qui frappe, c’est cette retenue — la pudeur dans la douleur, l’élégance dans le désastre. WANTS n’est pas un cri, c’est un murmure lucide. Le genre de murmure qui fend la poitrine plus sûrement qu’un hurlement.
Le texte — entre désillusion et fatalisme amoureux — se fond dans une narration à double lecture : celle d’un homme qui comprend qu’aimer, parfois, c’est accepter la fracture avant qu’elle n’arrive. Et tout dans la structure du morceau épouse cette idée. Les nappes sonores glissent, se tordent, se rétractent. La basse se fait battement, puis s’efface dans un vide magnétique. C’est cette respiration, ce balancement entre plénitude et effondrement, qui rend la chanson si physique, presque tactile.
Jade Fields marche sur la ligne fine entre R&B expérimental et indie pop brumeuse, comme s’il refusait de choisir entre l’émotion brute et la recherche sonore. On pense à Dijon, à Mk.gee, mais aussi à James Blake quand il ose se taire plus qu’il ne parle. Chez lui, le chaos devient gracieux, la douleur se fait sculpture.
WANTS n’est pas un morceau qu’on consomme — c’est un lieu où l’on reste. Un espace flottant entre la fin et le recommencement. Et quand le dernier accord s’éteint, il reste cette impression étrange : celle d’avoir assisté à quelque chose d’intime, d’inédit. Comme si quelqu’un, quelque part, avait enfin réussi à transformer le vide en mélodie.
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novembre 8, 2025Avec Fitted Dress, Jah Gordy esquisse le désir sans un mot : une pièce instrumentale aux courbes sensuelles, où la basse respire comme un battement de cœur et chaque note caresse l’air avec la lenteur d’un regard.
Il existe des morceaux qui n’ont pas besoin de paroles pour murmurer une histoire. Fitted Dress appartient à cette espèce rare : une musique qui parle à la peau avant de parler à l’esprit. Chez Jah Gordy, la soul ne se déclare pas, elle s’insinue. Elle glisse. Elle se faufile dans les interstices du silence. Dès les premières mesures, le groove s’installe avec une élégance quasi tactile — un balancement feutré, une basse douce mais charnue, un souffle chaud d’orgue qui laisse deviner la nuit à venir.
Ce morceau, c’est un clair-obscur. Il convoque cette tension familière entre pudeur et tentation, entre retenue et abandon. On y sent les fantômes du R’n’B old school, la délicatesse jazzy d’un D’Angelo instrumental, mais aussi la précision cinématique d’un compositeur moderne qui peint avec le son. Fitted Dress s’écoute comme on regarde quelqu’un danser sans oser bouger : captivé, suspendu, conscient que quelque chose de magnétique est en train d’avoir lieu.
Jah Gordy sculpte ses atmosphères avec une précision presque sensuelle. Rien n’est superflu : chaque accent rythmique est un battement de cils, chaque accord un frôlement. Le morceau progresse sans éclat, mais avec cette montée de tension subtile qu’on ne perçoit qu’en respirant avec lui. C’est une musique de regard, de distance maîtrisée, d’intimité retenue.
Sous son apparente simplicité, Fitted Dress cache une architecture de sentiments. On y devine le jazz des clubs enfumés, la soul qui ne dit pas son nom, le hip-hop des ruelles qui murmurent plus qu’elles ne crient. Une esthétique du peu, du juste, du vrai.
Ce n’est pas un morceau qu’on écoute : c’est un parfum qu’on respire. Et quand il s’éteint, on réalise que le silence qui suit, lui aussi, a quelque chose de sensuel.
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novembre 8, 2025Avec The Other 50, Yuva Soul fait battre le cœur de l’intelligence artificielle — un morceau né entre deux mondes, où la tendresse humaine rencontre la précision de la machine pour raconter l’absence, la maternité, et la beauté du manque.
On ne s’attend pas à être ému par une chanson écrite à quatre mains avec une IA. Et pourtant, The Other 50 brise cette attente d’un revers de velours. C’est un morceau qui n’essaie pas de prouver quoi que ce soit — il ressent. Derrière le pseudonyme Yuva Soul, il y a Julie, mère à mi-temps, femme entière, qui transforme le vide laissé par la garde partagée en matière première d’une soul digitale d’une sincérité désarmante.
La chanson débute doucement, comme une confidence. Un battement R&B feutré, quelques accords suspendus, une voix pleine de lumière et de fissures. Le tempo respire, la mélodie s’étire — tout semble vouloir ralentir le monde. Dans cette lenteur, Yuva Soul nous fait entrer dans une émotion intime : celle d’une femme qui vit à 50 % de sa vie, à 50 % de sa présence, mais à 100 % de son amour.
La production, issue du studio Suno, réussit cette prouesse rare : fusionner la texture organique de la néo-soul avec la clarté presque holographique d’une création numérique. C’est à la fois une chanson et une expérience — comme si Erykah Badu croisait Björk dans un rêve algorithmique. Le résultat n’a rien de froid : il pulse, il tremble, il écoute.
Mais derrière la prouesse technique, ce qui bouleverse dans The Other 50, c’est cette humanité nue. La voix, même lorsqu’elle frôle la perfection synthétique, garde une faille, une fatigue, un espoir. On y entend le courage d’une femme qui s’accorde le droit de pleurer et de créer en même temps.
The Other 50 est une chanson de séparation, mais aussi de lien. Une ode à l’amour qui persiste dans les interstices du quotidien. Et peut-être, plus encore, une preuve que la musique, même augmentée par la machine, reste avant tout une affaire de cœur.
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novembre 8, 2025« Avec Right Where You Are, Jah Gordy transforme la douceur en art majeur : une voix chaude, un groove suspendu, un instant d’éternité où la soul devient pure tendresse«
Certains morceaux ne cherchent pas à impressionner — ils cherchent à apaiser. Right Where You Are est de ceux-là : une chanson qui ne s’élance pas, mais qui s’installe. Elle prend place dans ton corps comme une respiration qu’on aurait oubliée, une pulsation lente, intime, presque confidente. Dès les premières mesures, Jah Gordy installe un espace de lumière feutrée : une basse ronde, un piano cotonneux, un souffle d’air chaud qui semble sortir d’une chambre d’enregistrement éclairée à la bougie.
Et puis cette voix — fluide, calme, presque murmurée — s’élève comme une prière profane. Elle n’a rien de démonstratif : pas de grandes envolées, pas de lyrisme inutile. Seulement cette sincérité vibrante, cette façon de glisser entre les notes comme si chaque mot pesait le juste poids du vécu. On y sent une profonde gratitude, un apaisement après la tempête, une façon de dire « je suis là, et c’est déjà beaucoup ».
La production, d’une élégance absolue, respire la précision du R&B contemporain et la chaleur du jazz le plus organique. Les harmonies s’étirent avec une lenteur volontaire, un refus du spectaculaire au profit de la sensation. On croirait presque que chaque silence a été composé. Dans Right Where You Are, tout respire : les instruments, la voix, le temps lui-même.
C’est une chanson de fin de soirée, quand la ville dort et que l’on décide enfin de s’écouter. Jah Gordy signe un morceau rare, à la fois sensuel et méditatif, qui réaffirme une vérité simple : parfois, aimer n’a pas besoin de mouvement — juste d’être exactement là où l’on est.
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novembre 8, 2025“WE USED TO” est cette lumière grise qui filtre entre deux rideaux : le moment précis où l’amour ne brûle plus, mais où sa chaleur persiste encore dans l’air.
Jade Fields n’écrit pas des chansons d’amour, il écrit des paysages émotionnels. Avec WE USED TO, il compose une ballade post-romantique où la Neo-Soul rencontre la mélancolie du Hip-Hop conscient, où la douceur devient une arme d’analyse. Rien n’y est crié, tout est ressenti — comme un souvenir qu’on écoute encore pour comprendre ce qu’il nous reste.
Le morceau se déploie sur une production d’une délicatesse presque fragile : des accords moelleux, une basse ronde qui s’infiltre sous la peau, et cette batterie légère, presque hésitante, comme si elle marchait sur les cendres d’un dialogue éteint. La texture sonore évoque ces fins d’après-midi où tout paraît suspendu. On sent que la chanson a été écrite dans une chambre — non pas comme un confinement, mais comme un refuge. On y entend le silence des heures passées à rejouer le passé.
La voix de Fields flotte, mi-chantée, mi-parlée, avec une pudeur désarmante. Pas de falsetto éthéré ni de runs démonstratifs : juste un murmure lucide, presque fatigué, qui fait penser à Frank Ocean dans ses moments les plus nus ou à Steve Lacy avant l’ironie. Il ne raconte pas la rupture, il la dissèque — phrase après phrase, battement après battement. “Conversations went from hours to one word replies”, écrit-il : une autopsie de la lente érosion du lien, sans rancune, juste avec la précision d’un poète qui observe le réel sans l’enjoliver.
Ce qui bouleverse, c’est cette tension entre détachement et tendresse. WE USED TO n’est pas une plainte, mais un constat poétique : la beauté n’a pas disparu, elle s’est juste déplacée ailleurs. Dans la mémoire. Dans la musique. Dans ce souffle doux-amer qui dit : j’ai aimé, c’est fini, mais regarde comme ça résonne encore.
Jade Fields signe ici un morceau d’une sincérité rare — une confession sans filtre, mais sans exhibition. Son R&B est un laboratoire d’émotions, un espace flottant entre le passé et le présent. WE USED TO ne cherche pas à refermer les plaies ; il choisit de les faire chanter.
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novembre 8, 2025« Sous son calme apparent, ce morceau palpite d’un désordre magnifique — celui d’un être qui tente de se réparer sans se travestir, en laissant ses cicatrices résonner comme des notes tenues trop longtemps. »
Ce que j’aime dans Basic AF, c’est cette impression de vérité accidentelle. Rien n’y paraît forcé, tout semble respirer de l’intérieur. Le morceau ne veut pas briller, il veut survivre — et c’est justement là qu’il devient bouleversant. YAWNYBLEW compose comme on écrit une lettre qu’on n’a jamais eu le courage d’envoyer : quelques accords feutrés, une batterie molle et fatiguée, une voix qui flotte, hésitante, mais sincère. Ce n’est pas du R&B formaté : c’est un espace intime, presque désarmant, où la fragilité devient architecture sonore.
Le son a cette texture qu’on adore retrouver chez les artistes lo-fi : une patine, une tendresse imparfaite, une acoustique de chambre mal insonorisée. Mais ici, elle ne sert pas le style — elle sert le propos. On sent derrière chaque réverbération la main d’un producteur qui comprend le silence. Mike Brown ne cherche pas à embellir la voix de YAWNYBLEW, il la laisse nue, parfois un peu fêlée, juste assez pour qu’on entende le souffle entre les phrases. C’est dans ces interstices que tout se joue : dans la pudeur, dans l’inachèvement.
La narration émotionnelle du morceau est d’une rare subtilité. Le texte parle de guérison, de l’humain qui persiste même quand on croit avoir évolué, mais la musique, elle, raconte autre chose : une fatigue douce, une paix encore fragile. Le rap, posé sans arrogance, s’intègre au chant comme une pensée qui s’invite dans la mélodie. On pense à Frank Ocean pour la lumière, à Saba pour la franchise, à Cautious Clay pour le goût du détail — mais YAWNYBLEW reste indéfinissable.
Basic AF est le genre de titre qui refuse d’être parfait pour mieux être vrai. Un autoportrait sonore en clair-obscur, plein de creux et de reliefs, où chaque accord semble pesé à la lumière d’une introspection sincère. C’est du R&B qui pense, qui doute, qui s’autorise à faiblir — et qui, ce faisant, devient terriblement vivant.
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novembre 8, 2025« Ce morceau, c’est la rencontre improbable entre la torpeur d’un après-midi brésilien et la douceur nébuleuse d’un slow R&B cosmique. Une pulsation chaude, lente, fondue dans la moelle du groove.«
Chez Augusto Diniz, tout semble couler naturellement, comme si les styles n’étaient plus des frontières mais des points d’eau. Melô do Ai Se (Ice) en est la preuve éclatante : un titre qui fait dialoguer le funk carioca et le neo-soul avec une grâce rare, comme si D’Angelo avait pris le bus à Belo Horizonte pour une session improvisée avec DJ Polyvox. Diniz joue avec les codes du funk brésilien sans jamais s’y enfermer : il les polit, les ralentit, les transforme en murmure.
La rythmique, moite et sinueuse, garde l’instinct du baile funk mais le dépouille de sa frénésie. Ici, la chair ne se secoue pas, elle ondule. Les percussions claquent à contretemps, et la ligne de basse, épaisse et feutrée, soutient la voix comme un drap encore chaud. Diniz chante avec un détachement lascif, un flow qui effleure plus qu’il ne frappe. On l’imagine torse nu dans la pénombre d’un studio, sourire en coin, laissant ses mots flotter entre le désir et la fumée.
Le morceau respire la dualité : d’un côté, la sensualité du funk carioca ; de l’autre, l’élégance jazzy du R&B contemporain. Entre les deux, une brume de soul douce-amère, presque psychédélique, où la romance se mêle à une allusion légère au “ice hash”, comme un clin d’œil au plaisir coupable. Diniz n’en fait jamais trop — il préfère suggérer, glisser, laisser le groove dire l’essentiel.
Melô do Ai Se (Ice) est une danse lente, moelleuse, désinvolte. Une chanson de peau et de silence, de plaisir contenu et d’extase feutrée. Augusto Diniz y redessine les contours du funk moderne, avec une élégance sensuelle qui tient plus du frisson que du cri. Un morceau pour les nuits moites où le monde semble prêt à fondre.
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novembre 8, 2025« Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de tout dire pour être vrais — “Half Truths” respire cette ambiguïté douce où le mensonge devient mélodie, où la pudeur groove plus fort que la confession.«
Ce qui frappe d’abord, c’est la texture. Half Truths ne s’écoute pas frontalement : il se glisse dans les interstices, comme une confidence susurrée entre deux verres de trop, quelque part entre la fin d’une soirée et le début d’une lucidité. Elijah Harris et JmuisQ y mêlent Contemporary R&B et Pop Rap avec une élégance décontractée, celle des artistes qui savent que la retenue vaut mieux que l’esbroufe.
La production est subtile, presque tactile. Les synthés s’étirent dans un flou vaporeux, les percussions claquent doucement, sans jamais heurter la voix — une architecture sonore qui privilégie la sensation à la démonstration. On y sent cette science du détail propre aux producteurs qui respirent la musique plutôt qu’ils ne la fabriquent : un glissement de basse, un écho discret sur la snare, un silence qui en dit long.
Elijah Harris chante comme on parle quand on n’a plus envie de tricher. Sa voix oscille entre fragilité et contrôle, entre le murmure du R&B moderne et la diction assurée du rap narratif. JmuisQ vient y poser une énergie complémentaire, plus tranchante, presque protectrice — comme si leurs deux timbres jouaient les deux faces d’un même doute. Ensemble, ils inventent une langue intime, celle des amours où tout est à moitié vrai, mais entièrement ressenti.
Ce qui rend Half Truths si fort, c’est sa simplicité sincère. Pas de climax, pas de feinte : juste une atmosphère suspendue, un groove qui dit tout ce que les mots taisent. Elijah Harris prouve ici qu’il appartient à cette génération de producteurs-chanteurs qui transforment les émotions imparfaites en matière sonore. Un morceau discret, mais irrésistible — la bande-son parfaite des vérités qu’on ne sait pas toujours dire.
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novembre 7, 2025Il y a dans Lagos 2 London quelque chose d’un voyage sans bagage, d’un vol sans turbulence, d’une traversée entre deux continents qu’unit un même battement — celui du cœur et du kick. Michael O. y déploie une élégance rare : celle d’un artiste qui n’a rien à prouver, mais tout à raconter. Afrobeat dans le sang, R&B dans le souffle, pop dans le verbe, il tisse entre Lagos et Londres un fil doré, un corridor sonore où se croisent le désir, la fierté, et ce sentiment d’appartenance qu’on ne peut ni expliquer ni traduire.
Le morceau s’ouvre comme une carte postale sensuelle : la lumière chaude du Nigeria, les néons pluvieux de la capitale anglaise, et entre les deux, cette pulsation afrofusion qui ne cherche pas à séduire mais à faire bouger — doucement, naturellement. La production, à la fois fluide et percussive, épouse la voix de Michael comme une seconde peau. Tout respire la maîtrise : les drums syncopés roulent comme des vagues, les lignes de basse s’enroulent avec suavité autour de ses phrasés mi-anglais, mi-pidgin. L’univers sonore évoque Burna Boy, Wizkid ou encore Tems, mais sans l’imitation — plutôt une conversation, une filiation réinventée.
Ce qui frappe surtout, c’est la dualité du morceau. Lagos 2 London parle d’amour, bien sûr, mais aussi de fierté, de mobilité, d’identité diasporique. Le refrain a des allures de manifeste : “no visa”, souffle-t-il, comme une promesse de liberté. Derrière le flirt et la chaleur, Michael esquisse le portrait d’une génération qui voyage, qui s’affranchit, qui s’aime entre les frontières. Sa voix, soyeuse et pleine, porte cette idée d’un monde fluide, métissé, sans cloison.
Chaque détail du morceau semble pensé pour refléter ce mélange : un beat qui danse et respire, des harmonies R&B nappées de lumière, un groove d’afropop poli jusqu’à la perfection. Michael O. ne se contente pas de livrer un banger pour les soirées de Brixton ou les rooftops de Lagos — il propose une esthétique, une vision de l’Afrique moderne : urbaine, classe, mondialisée, mais profondément enracinée.
Quand il chante, on sent l’homme derrière le producteur, celui qui a grandi entre plusieurs mondes, qui les fait cohabiter dans un même souffle. Lagos 2 London est une déclaration d’amour à la mobilité, à la culture, à la femme africaine, au groove comme langue universelle.
Et quand le morceau s’éteint, on a l’impression d’avoir atterri quelque part entre le ciel et la mémoire. Là où les frontières n’existent plus, où la musique devient une nationalité à part entière.
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novembre 7, 2025C’est dans la pénombre d’une chambre, au bord du vide, que PRAX a trouvé sa voix. Heartbreak SZN n’est pas un simple morceau d’amour brisé — c’est une dissection clinique et poétique de la trahison, un cri sous autotune qui pulse entre la colère et la tendresse. Derrière le vernis trap et les basses épaisses, c’est le récit d’un jeune homme qui regarde son cœur se fissurer à la lumière bleutée d’un écran, et qui choisit d’en faire une œuvre.
Le morceau se déploie lentement, comme une blessure qu’on refuse de recoudre. Les textures R&B s’entrelacent à des percussions sombres, à un beat qui respire la solitude et le désir de revanche. PRAX ne cherche pas à plaire : il expose, avec une franchise désarmante, la faille qui l’habite. Il murmure, sature, se confesse. On pense à The Weeknd pour la noirceur sensuelle, à Chase Atlantic pour les éclats électroniques, à Lil Peep pour la sincérité à vif. Mais PRAX, lui, garde une approche presque documentaire — un regard lucide sur la dérive sentimentale, sur cette génération qui fait du mal comme on scrolle : sans fin, sans pause, sans conscience du vertige.
Ce qui fascine dans Heartbreak SZN, c’est son équilibre entre la vulnérabilité brute et le contrôle total de la production. Le son est précis, quasi clinique : les kicks claquent, les synthés s’étirent comme des cicatrices, la voix flotte dans un halo digital — jamais tout à fait humaine, jamais totalement robotique. C’est là que PRAX excelle : il transforme la douleur en esthétique, le chaos en forme.
Mais au-delà des chiffres (20 000 streams en une semaine, 2 millions de vues sur TikTok), il y a ce sentiment d’intimité totale. Comme si on lisait son journal, page après page, sans permission. Heartbreak SZN n’est pas une chanson de rupture : c’est la postface d’un amour qui a trop brûlé, un mantra pour ceux qui ont tout donné, trop tôt, trop fort.
PRAX ne chante pas pour séduire. Il chante pour survivre. Et dans chaque mesure, dans chaque silence, il rappelle que la douleur n’est pas une fin, mais un matériau. Une énergie qu’il sculpte, encore et encore, pour transformer la perte en pouvoir.
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novembre 7, 2025Certaines voix portent en elles tout un pan de la mémoire collective. Celle de Shazam Conner, moitié fondatrice du mythique H-Town, en fait partie. Trente ans après Knockin’ da Boots, son timbre chaud, charnel, reconnaissable entre mille, n’a rien perdu de cette tension douce entre sensualité et vulnérabilité. Et dans Back It Up For Love, il revient non pas en vétéran nostalgique, mais en artisan du présent, en témoin vivant d’un R’n’B qui sait encore parler au corps comme à l’âme.
Le morceau s’ouvre sur une guitare légèrement bluesy, comme un clin d’œil au Sud profond, avant que la rythmique — souple, solaire, un peu country, résolument soul — vienne installer la transe lente d’un dancefloor du dimanche soir. C’est un R’n’B à la fois rétro et ancré dans son époque, où la ligne de basse chaloupe avec l’aisance d’un danseur aguerri, et où les chœurs caressent la mélodie avec un goût assumé pour la douceur. Shazam Conner y célèbre l’amour sous toutes ses formes — celui qui fait sourire, celui qui fait bouger, celui qu’on retrouve quand la nuit tombe et que la fatigue du monde s’efface dans un pas de danse.
Ce qu’il réussit ici est rare : réconcilier le Southern soul des pionniers avec le romantisme électrique de la scène R’n’B contemporaine. On sent qu’il s’amuse, qu’il danse encore au milieu de la foule, qu’il observe la jeunesse avec tendresse sans jamais singer ses codes. Et surtout, on sent l’homme derrière la légende : celui qui a survécu à la gloire, à la perte, aux modes, et qui continue d’enregistrer parce que la musique reste, pour lui, une forme d’amour inconditionnel.
Back It Up For Love n’a rien du simple “feel-good track” qu’on range dans une playlist d’ambiance. C’est une ode à la joie, oui, mais une joie consciente, façonnée par le temps et la douleur. Il y a ce quelque chose d’humain, de presque sacré, dans sa manière d’habiter le groove — comme s’il chantait pour rappeler que la sensualité peut aussi être un langage spirituel.
Shazam Conner signe ici un retour brillant, généreux et charnel, qui prouve qu’on peut encore faire danser les cœurs avec élégance. Ce n’est pas un revival : c’est une renaissance. Et à l’écoute, on se dit que l’amour, décidément, groove toujours mieux sous la voix des survivants.
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novembre 3, 2025Je n’ai pas cherché “Vogelen”. C’est lui qui m’a trouvé, comme un souffle venu d’un autre tempo. D’abord cette basse, épaisse et souple, qui glisse comme une marée sous la peau. Puis la batterie, nerveuse mais contenue, une mécanique vivante qui respire à chaque coup. Et au milieu, une guitare qui ne cherche pas le solo, mais la suggestion. Slow Karma, ce collectif d’Édimbourg à la croisée du jazztronica et de l’âme R&B, livre ici bien plus qu’un morceau : une sensation de suspension, un état second, un espace où le temps se dilate.
“Vogelen” — mot néerlandais qui signifie à la fois observer les oiseaux et faire l’amour — résume parfaitement la dualité de leur musique : observation et instinct, distance et fièvre. Le morceau avance sans précipitation, porté par une élégance liquide, presque cinématographique. On devine les corps, les lumières de fin de soirée, la vapeur sur les vitres. C’est du jazz, oui, mais dans sa forme la plus contemporaine, la plus hybride : du groove emprunté à la soul électronique, des textures inspirées de la house et cette mélancolie subtile, diffuse, typiquement britannique.
Ce qui frappe surtout, c’est la précision de la production. Chaque instrument est traité comme une entité autonome mais liée par un fil invisible. Le mixage respire, la batterie glisse entre les canaux, la guitare s’efface pour mieux revenir, l’ensemble vibre d’un équilibre fragile — un chaos maîtrisé. On sent la patte de Dave Oscillation, architecte sonore du groupe, qui travaille le son comme un sculpteur taille la lumière.
Il y a dans Slow Karma cette ambition rare : refuser la virtuosité pour mieux laisser parler la texture, le silence, la respiration. “Vogelen” ne cherche pas à séduire. Il se dépose, lentement, comme un souvenir sonore que l’on garde longtemps après l’écoute.
Sur la scène du Kelburn Jazz Festival, aux côtés de Gilles Peterson et corto.alto, ils défendront cette vision du jazz sans étiquette — sensuel, radical, et infiniment humain. Dans une époque saturée de mots, Slow Karma ose le langage du non-dit. Et c’est peut-être là que réside leur magie : dans cette capacité à faire de l’instrumental une forme de confession.
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novembre 3, 2025Dans Sex N A 4Rin, JKeeth transforme une scène banale — deux corps dans une voiture, la ville en veille — en un manifeste sensuel et spirituel. Ce morceau n’est pas seulement une chanson d’amour charnel, c’est une liturgie du désir moderne, où la luxure se mêle à la prière, et où le bitume devient la nef d’une foi intime.
Tout dans cette production suinte la moiteur des nuits californiennes : la basse pulse comme un cœur impatient, les nappes trap s’étirent en halos de chaleur, et la voix de JKeeth, d’un velours légèrement fêlé, fait glisser la tension entre douceur et cruauté. Ce n’est pas un slow R&B classique — c’est un espace suspendu entre la caresse et la morsure, une confession mise en boucle dans un quatre-roues devenu sanctuaire.
Ce que JKeeth capture ici, c’est la sensualité à l’état brut, sans filtre ni faux romantisme. Le “4Rin” (pour “foreign car”) devient le décor d’une scène où le luxe ne sert qu’à amplifier l’émotion brute. On sent l’influence de la West Coast, cette esthétique du chrome et du vice, mais surtout, une tension spirituelle héritée de Tupac : parler du corps, oui, mais pour mieux révéler l’âme qui s’y cache.
Sur le plan sonore, Sex N A 4Rin frappe par sa sobriété : une production épurée, presque minimaliste, où chaque beat semble respirer entre deux soupirs. C’est du R&B à la fois charnel et contemplatif — l’héritage de Maxwell, la sensualité crue de Brent Faiyaz, et la théâtralité d’un Frank Ocean nocturne. JKeeth ne cherche pas à séduire, il veut qu’on écoute, qu’on sente la brûlure lente derrière les mots.
Il y a dans sa voix un écho de confession : “je ne chante pas pour impressionner, je chante pour survivre.” Et c’est exactement ce que Sex N A 4Rin incarne — une survie par la sensualité, un exorcisme par le groove. Le morceau devient un miroir : celui des amours toxiques et électriques, des nuits trop courtes et des silences qu’on noie dans les basses.
Sous les néons de Los Angeles, JKeeth ne cherche pas la perfection mais la vérité. Et dans cette quête, Sex N A 4Rin réinvente le R&B contemporain : plus viscéral, plus brut, plus humain. Un slow brûlant, oui — mais surtout une mise à nu en plein trafic.
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novembre 3, 2025Il y a dans MY LOVE de JL DA$INGER quelque chose d’à la fois désarmant et contagieux, une innocence assumée qui fait du bien dans un paysage pop saturé de cynisme. Ce n’est pas un simple morceau d’amour, c’est une déclaration universelle — un chant tourné vers le monde, vers l’autre, vers cette idée un peu naïve (et donc précieuse) que la tendresse peut encore unir les continents.
Le morceau s’ouvre comme une aube. Une ligne rythmique afro-pop vient caresser les premières notes, douce et percussive, avant que la voix de JL DA$INGER ne s’élève, claire, presque aérienne. On sent dans sa diction quelque chose de sincère, d’organique : il ne cherche pas à séduire par la prouesse mais par la conviction. La production mélange subtilement les textures — un beat dance pop contemporain, des influences afrobeat dans le groove, et une chaleur vocale qui évoque les hymnes pop des années 2000, ceux qui croyaient encore à l’amour avec un grand A.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau refuse la froideur. Chaque son semble pensé pour rapprocher, pour créer du lien. Le refrain, ample, rassembleur, respire cette envie de communion qu’on retrouve dans les grandes balades fédératrices — quelque part entre Craig David et Burna Boy, entre le romantisme et la pulsation. Le chant se veut multiple : JL DA$INGER déclame son amour en plusieurs langues, comme s’il voulait embrasser la planète entière d’un même souffle.
Techniquement, la production se distingue par une clarté remarquable. Les nappes synthétiques glissent avec élégance, la basse reste ronde et fluide, et les percussions, finement dosées, rappellent cette légèreté du dancehall moderne. Tout est conçu pour inviter au mouvement — pas le mouvement du corps frénétique, mais celui du cœur qui s’ouvre.
Ce que JL DA$INGER réussit ici, c’est à donner une portée spirituelle à la pop romantique. MY LOVE ne parle pas simplement d’un “tu” ou d’un “moi”, mais d’un “nous” universel, d’une humanité qui se cherche et se reconnaît dans la douceur.
Et dans ce monde où tout va trop vite, ce morceau prend le contre-pied parfait : il demande qu’on s’arrête un instant, qu’on écoute, qu’on aime. MY LOVE, c’est la promesse d’un monde un peu plus simple, un peu plus beau — ne serait-ce que le temps d’une chanson.
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novembre 3, 2025Je me suis surpris à écouter Grey comme on regarde la pluie tomber sur une vitre — sans chercher à comprendre, juste à ressentir. Ce morceau ne raconte pas une histoire : il en suspend une. Tout y semble tenu sur le fil, comme si The Artyst refusait de trancher entre la lumière et l’ombre. C’est un morceau qui respire le paradoxe : doux mais tranchant, mélancolique mais lucide, intime sans jamais sombrer dans le pathos.
Le son, d’abord, s’étire. Rien n’est là pour impressionner. Pas de climax, pas de démonstration. Un piano effleuré, une production dépouillée où chaque silence pèse autant qu’un mot non-dit. On dirait un battement de cœur sous anesthésie, quelque chose d’humain retenu dans une architecture quasi-minérale. La ligne rythmique, volontairement discrète, agit comme un repère : un fil conducteur dans cette brume sonore où le temps se plie, se déforme, se tait.
The Artyst écrit comme on s’excuse. Ses mots, ses mélodies, ses respirations : tout semble traversé par cette pudeur du désordre intérieur. Il ne cherche pas à séduire, il cherche à survivre. Et c’est précisément cette honnêteté-là qui rend Grey bouleversant. Derrière la neutralité du titre, il déploie une palette émotionnelle infinie, celle du gris qui n’est jamais simple — entre-deux des blessures qui cicatrisent, des désirs qu’on tait, des vérités qu’on murmure.
Ce qui me frappe, c’est la sincérité de la composition. On devine un artiste qui ne veut pas “plaire” mais “poser”. Chaque note est un aveu. On y retrouve un écho de James Blake dans la vulnérabilité électronique, un souffle d’Anderson .Paak dans l’organicité du groove, et un peu de Frank Ocean dans cette manière d’écrire la douleur comme une couleur.
The Artyst ne fait pas de la musique pour briller. Il fait de la musique pour exister dans le silence du monde, là où les émotions ne sont plus spectaculaires mais nécessaires. Grey, c’est le son d’une introspection assumée, une chanson qui ne cherche ni la lumière ni l’obscurité — juste cet espace fragile où tout devient vrai.
C’est un morceau à écouter seul, la nuit, quand on n’a plus rien à prouver. Parce que parfois, être “grey”, c’est la seule façon d’être honnête.
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novembre 3, 2025Il y a des chansons qui ne tombent pas du ciel : elles ruissellent lentement sur la peau, comme la pluie d’un souvenir qu’on croyait sec. Rain de Clay the Trickster en fait partie. Ce n’est pas une ballade larmoyante ni un tube de club calibré — c’est une pluie chaude, presque spirituelle, un groove qui lave la poussière des émotions enfouies.
Derrière le pseudonyme faussement malicieux de Clay se cache un conteur à la sincérité rare. Sa voix flotte entre la tendresse et la dérision, dans cette zone mouvante où l’amour, la perte et la lucidité se croisent sans jamais s’expliquer. Rain respire le R&B d’une autre époque — celle des labels Motown et des refrains qu’on pouvait fredonner en dansant les yeux fermés — mais le tout filtré par une esthétique résolument moderne, proche du dance-pop soyeux de la côte Ouest.
La production est un bijou d’équilibre : percussions moelleuses, nappes de synthé presque liquides, basse pulsante qui fait battre le morceau comme un cœur battu trop fort. On sent dans les arrangements la volonté de tout maintenir au bord de l’éclatement, comme une émotion qu’on retient pour ne pas pleurer en public. Chaque détail sonore semble raconter la même histoire que Clay : celle d’un homme qui a appris à sourire sous l’eau.
Ce qui rend Rain fascinant, c’est cette ironie douce-amère qui traverse la voix du chanteur. Clay the Trickster joue avec l’émotion comme un illusionniste joue avec la lumière — il vous tend un miroir, vous fait rire, puis vous prend par surprise avec une ligne qui fait mal. On devine le vécu derrière l’humour, la fatigue derrière le charme. C’est du storytelling R&B à l’état pur, où la sincérité se cache derrière le groove.
Mais surtout, Rain parle de résilience. Pas celle des slogans, celle du quotidien : continuer à marcher, même quand le ciel se déchire. C’est un morceau sur la beauté du mouvement, sur la nécessité de danser quand on ne peut plus parler.
Clay the Trickster réussit ici un tour de magie rare — rendre la mélancolie irrésistiblement rythmique. Rain n’est pas un cri, c’est un souffle. Une façon de dire que parfois, la pluie n’est pas faite pour éteindre le feu — elle est là pour le rendre plus lumineux.
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novembre 3, 2025J’écoutais You Brighten Up My Day comme on entrouvre un volet après un orage. Le monde dehors semblait gris, trempé, un peu fatigué. Et puis ce groove a commencé à ramper jusqu’à moi — un rayon obstiné, chaud, presque impertinent. C’est le genre de morceau qui ne cherche pas à briller, il pulse doucement, il se faufile, et soudain tout paraît plus clair.
HallMighty et Aldo Vanucci n’ont rien de ces producteurs pressés qui bourrent leurs morceaux d’effets pour qu’ils explosent sur TikTok. Eux fonctionnent à la chaleur humaine. Ils font partie de ces artisans du son qui préfèrent les vibrations analogiques, les textures patinées, les imperfections qui donnent du corps à la musique. You Brighten Up My Day ressemble à une vieille photo Polaroid retrouvée dans un tiroir : les couleurs ont un peu bavé, mais c’est justement ce flou qui la rend précieuse.
Tout ici est une question d’équilibre : entre la mélancolie et la fête, entre le funk et la douceur. La basse avance à pas feutrés, un groove feutré, presque timide, pendant que les cuivres — discrets, mais essentiels — viennent illuminer les recoins du morceau comme des rais de soleil filtrant à travers les stores. Et au milieu, une voix sans nom, suspendue quelque part entre nostalgie et gratitude. Elle ne surjoue pas, elle sourit. Elle semble dire : “tout ira bien”, sans y mettre de grands mots, juste un soupir au bon endroit.
Il y a là une science rare : celle de la retenue. HallMighty, avec sa culture disco solaire, et Vanucci, vieux renard du sampling, parviennent à réinventer le funk non pas en le modernisant, mais en le ralentissant, en l’humanisant. Ce n’est pas une reconstitution vintage, c’est une réincarnation. On sent la poussière des vinyles, les doigts sur les potards, la joie fragile du studio quand la prise est enfin bonne.
Et pourtant, You Brighten Up My Day n’est pas qu’un exercice de style. C’est une sensation, un état du corps. Une envie de danser sans se lever, de sourire sans raison, de se souvenir sans douleur. C’est le groove d’un dimanche matin, celui qui te rappelle que la vie, parfois, tient dans trois accords et un battement juste.
Le morceau se termine comme il a commencé — sur une respiration. Et on se surprend à le relancer, non pas pour comprendre, mais pour prolonger. Parce que la lumière qu’il diffuse n’éblouit pas : elle réchauffe. Et dans un monde saturé de bruits et de beats stériles, c’est peut-être la plus belle des révolutions.
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novembre 3, 2025On croirait d’abord une simple chanson d’amour — un remerciement sucré, une ballade R&B comme on en croise mille. Et puis on écoute Thanks to You I Found Mr. Right, et tout bascule : derrière le velours des harmonies, Toniey Girl raconte une renaissance. Celle d’une femme qui s’est relevée, qui a saigné un peu, mais qui sourit désormais à la lumière.
Le morceau pulse d’un groove chaud, feutré, qu’on dirait échappé d’un vinyle Motown qui tournerait dans un salon un soir d’été. Les accords ondulent, le tempo respire. Pas de démonstration, pas d’esbroufe : la production, signée par Toniey elle-même, déploie une élégance rare dans sa simplicité. Chaque instrument semble posé avec soin, comme une main qui caresse plutôt qu’elle ne frappe. On entend l’école néo-soul, celle qui préfère la sincérité à la performance, l’émotion à l’effet.
Mais c’est dans la voix que tout se joue. Toniey ne chante pas pour impressionner, elle raconte. Une voix pleine, légèrement rauque, avec ce grain de vécu qui rend chaque mot crédible. Il y a chez elle quelque chose d’Alicia Keys des débuts, une douceur qui n’exclut pas la force. Lorsqu’elle prononce le titre du morceau, on perçoit autant la gratitude que la fatigue : celle d’avoir connu les faux départs, les illusions, les amours bancales. Thanks to you I found Mr. Right sonne autant comme un hommage à l’autre que comme un exorcisme du passé.
Ce qui fascine, c’est ce mélange entre la maîtrise et la spontanéité. La structure est pop, fluide, mais la voix improvise par moments, s’égare dans des mélismes qui trahissent l’instinct d’une chanteuse libre. Le morceau oscille entre le feutré et le solaire, comme une aube qu’on regarderait se lever après une longue nuit.
On sent aussi l’influence du hip-hop dans la façon dont le rythme porte le texte — une forme de spoken soul qui s’inscrit dans la lignée des Lauryn Hill ou Jill Scott, où chaque syllabe claque comme un battement de cœur. Toniey Girl n’imite pas : elle hérite, puis elle transforme.
Thanks to You I Found Mr. Right n’est pas seulement une chanson d’amour. C’est une déclaration d’indépendance émotionnelle, un chant de gratitude adressé à la vie elle-même. Ce genre de morceau qu’on ne fredonne pas, mais qu’on garde dans la poitrine, comme un rappel discret : oui, parfois, l’amour peut recoller ce qu’il a brisé.
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novembre 3, 2025Il y a des morceaux qui n’essaient pas de séduire tout de suite — ils t’encerclent doucement, te respirent au cou, puis finissent par t’habiter. Don’t Let Me Drown d’AJ Rayshawn est de ceux-là : un lent naufrage dans les eaux troubles du R&B contemporain, où chaque note semble flotter entre la lucidité et la peur de sombrer.
Ce n’est pas seulement une chanson, c’est une supplique. Une main tendue dans le noir. Dès les premières mesures, la production installe une atmosphère suspendue, presque aquatique. Les nappes électroniques se mêlent à une rythmique feutrée, comme des battements de cœur ralentis. Et au centre, la voix d’AJ Rayshawn : à la fois calme et vulnérable, traversée par des fissures qu’il ne cherche pas à masquer. On entend la retenue, cette pudeur propre aux artistes qui n’ont pas besoin de crier pour être entendus.
Formé à Berklee, Rayshawn connaît les codes du R&B moderne, mais il les détourne avec une intelligence rare. Là où beaucoup cherchent la virtuosité, lui privilégie l’émotion nue. Son chant ne monte pas, il glisse. Il n’explose pas, il se déploie. Il a cette manière de laisser chaque syllabe respirer, comme si le silence entre les mots comptait autant que les mots eux-mêmes.
Le morceau atteint son sommet au cœur du refrain, ce moment où tout s’ouvre enfin, où la prière devient cri. Le « don’t let me drown » n’est pas qu’une phrase — c’est une implosion contenue, une peur d’être submergé par ses propres sentiments. La production se fait alors plus ample, l’harmonie s’élargit, les basses montent comme une marée. Et l’on sent, presque physiquement, la lutte entre la dérive et la résistance.
Mais au-delà du texte et du son, Don’t Let Me Drown est un autoportrait. Celui d’un jeune homme en équilibre entre la maîtrise et la fragilité, entre le talent de l’étudiant en conservatoire et la sincérité du cœur brisé. C’est là que réside la beauté de ce morceau : dans sa vérité.
On sort de cette écoute comme d’un rêve humide, le souffle court, avec la sensation d’avoir touché quelque chose de profondément humain. Don’t Let Me Drown n’est pas une chanson d’amour, ni une ballade de plus — c’est une confession chantée sous l’eau, un murmure adressé à la lumière avant qu’elle ne disparaisse.
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novembre 3, 2025Il y a dans Feenin quelque chose de moite et de suspendu, une chaleur lente qui colle à la peau comme un souvenir qu’on refuse de laisser partir. Ce n’est pas un simple morceau de R&B — c’est un vertige. Un espace flottant entre le rêve et le manque, où chaque battement de basse pulse comme un cœur qui hésite entre la tendresse et la dépendance.
EDUBBCLASSIC BEATZ nous tend ici une caresse qui brûle. Tout est feutré, mais dangereux. Le morceau s’ouvre sur une brume sonore, un groove liquide qui s’écoule avec la régularité d’une respiration. La production semble tenir sur un fil — minimaliste mais dense, sensuelle sans vulgarité, presque spectrale dans sa manière de s’effacer derrière la voix. Et cette voix, justement, n’a rien de démonstratif : elle chuchote, se confie, s’enroule autour de l’auditeur comme une pensée nocturne qui refuse de mourir.
Il y a du velours, du vide et un soupçon de poison. Feenin évoque ce moment précis où le désir cesse d’être doux pour devenir nécessaire. Ce point de bascule où l’on sait qu’on devrait décrocher, mais où chaque note, chaque souffle nous ramène à la fièvre. C’est une chanson de manque autant qu’une chanson d’abandon. On y sent la tension entre la chair et l’absence, entre l’amour et l’obsession.
Ce qui impressionne, c’est cette retenue maîtrisée, cette pudeur qui donne au morceau sa profondeur. Là où tant d’artistes cèdent à la surcharge émotionnelle, EDUBBCLASSIC BEATZ joue le silence, les respirations, les interstices. On y retrouve un écho de Frank Ocean ou de The Weeknd période House of Balloons, mais sans cynisme : ici, la mélancolie est pure, presque spirituelle.
À l’écoute, on a la sensation d’être enfermé dans une bulle de nuit. Le monde autour s’efface, remplacé par cette texture sonore soyeuse, humide, où chaque fréquence semble caresser la mémoire. C’est un morceau qui ne se raconte pas, il se ressent. Il s’écoute dans la solitude des écrans éteints, les yeux ouverts sur l’obscurité.
Feenin, c’est le genre de chanson qui ne te quitte plus. Elle s’infiltre, elle obsède, elle te regarde même quand tu ne l’écoutes plus. EDUBBCLASSIC BEATZ ne chante pas l’amour ici : il le distille, goutte après goutte, jusqu’à ce qu’il devienne narcotique. Et dans cette ivresse feutrée, on comprend qu’il ne s’agit pas d’aimer quelqu’un — mais d’apprendre à aimer le manque lui-même.
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novembre 3, 2025C’est la fin du voyage, la dernière danse avant les lumières. Don’t Forget Me, morceau de clôture du sublime EP Ride With You, sonne comme le sourire qu’on garde après une nuit d’amour – un groove tendre, un dernier regard dans le rétro avant de disparaître dans la brume dorée du matin. Quentin Moore y déploie tout son art : celui de rendre la nostalgie dansante, la mélancolie sensuelle, la fin d’une histoire aussi douce qu’un début.
Le morceau s’ouvre sur une basse veloutée, charnue, qui roule sous des nappes de claviers sucrés comme un coucher de soleil sur la peau. La guitare funk, souple et lumineuse, rebondit à la manière du Gap Band, tandis que la voix de Quentin glisse avec l’élégance feutrée d’un Marvin Gaye revisité par la soul moderne de Silk Sonic. C’est un mélange parfait de tradition et de plaisir pur, un morceau qui danse sans s’essouffler, qui séduit sans forcer.
Il y a dans Don’t Forget Me cette alchimie rare : une maîtrise totale du groove doublée d’une sincérité absolue. Le morceau respire l’instant, la chaleur, les doigts qui s’effleurent. C’est une promesse — celle qu’un amour d’été, même fugace, laisse toujours une trace. La mélodie, légère comme une onde, reste coincée quelque part entre la mémoire et le désir.
L’écriture de Quentin Moore, toujours élégante, joue ici sur la retenue : pas besoin d’en faire trop quand tout se passe dans le phrasé, dans les inflexions, dans cette manière unique de caresser chaque syllabe. On sent derrière cette aisance la science du jazz, le soin du détail rythmique, l’expérience de la scène aussi — celle d’un homme qui a joué dans vingt pays et porte dans sa voix la fatigue heureuse de tous les retours d’avion.
Et puis, il y a ce petit quelque chose d’intemporel. Don’t Forget Me pourrait tourner dans un club de soul londonien comme sur la terrasse d’un rooftop texan. Le morceau semble flotter hors du temps, suspendu entre hier et demain, comme si la soul avait trouvé une nouvelle respiration.
Quentin Moore signe ici un adieu lumineux, presque cinématographique — une fin qui n’en est pas vraiment une. Parce qu’en réalité, Don’t Forget Me n’est pas un au revoir : c’est une invitation à rejouer le disque, à replonger dans la douceur, encore une fois. Et encore. Jusqu’à ce que la nuit revienne.
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octobre 31, 2025J’ai toujours pensé que certaines chansons sentent la sueur et la lumière en même temps — comme si le corps et l’âme y dansaient à parts égales. Reconnected (Dream Mix) appartient à cette catégorie rare. Dès les premières secondes, j’ai senti ce frisson qu’on a quand une chanson semble s’adresser directement à nous, sans détour, comme un sourire qu’on reconnaît avant de se rappeler d’où on le connaît.
Dorian, enfant du Maryland et rêveur invétéré, ne cherche pas à faire danser : il cherche à réparer. On sent qu’il revient de loin. Ce remix n’a rien d’un simple exercice de style — c’est une cicatrice devenue tempo. On imagine l’artiste cloué chez lui, la jambe immobilisée par une blessure à l’Achille, le monde qui continue de tourner sans lui. Alors il compose, il retisse les fils entre sa voix et sa chair, entre son silence et la pulsation des machines. Reconnected (Dream Mix), c’est le moment où la musique le ramène à la vie.
Le son, lui, a cette texture à la fois fluide et nerveuse qu’on retrouve chez les grands alchimistes de la pop : un peu de Michael Jackson pour la sensualité rythmique, un zeste de Chris Brown pour l’assurance mélodique, et surtout cette lumière propre à Dorian — une sorte de confiance fragile, une manière de sourire en plein vertige. Le morceau avance comme un rêve lucide : on danse, on plane, mais tout reste intensément réel.
La production semble respirer d’elle-même. Les nappes électroniques s’étirent comme des néons dans une rue humide, la basse claque juste assez pour rappeler que la gravité existe. Et puis cette voix, qui flotte entre le murmure et la déclaration, refuse de choisir entre la caresse et la prière. Il y a quelque chose de profondément humain dans sa manière de mêler le plaisir et la douleur, la fête et la foi.
Ce qui me touche le plus, c’est que Reconnected ne se vit pas seulement comme un morceau, mais comme une expérience sensorielle — presque un état d’esprit. C’est la musique d’un homme qui ne veut pas effacer sa faiblesse, mais la sublimer. Une main tendue vers soi, et par ricochet, vers les autres.
Dans un monde qui court après le spectaculaire, Dorian choisit la sincérité. Il parle de renaissance sans métaphore inutile, de joie sans arrogance. Et c’est peut-être ça, sa vraie force : faire de la pop un espace où la fragilité devient rythme, où la cicatrice devient groove. Reconnected (Dream Mix) ne fait pas que nous faire danser — il nous rappelle ce qu’on fait là, sur cette piste, à essayer encore d’être debout.
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octobre 31, 2025Ce qu’on aime dans le titre Oceans, c’est cette lenteur inquiète, cette respiration salée des chansons écrites après coup, quand la douleur ne brûle plus mais laisse des traces — profondes, indélébiles. Anthony Campbell, artiste solitaire venu des plaines de Zuidland, ne chante pas pour séduire. Il chante pour se purifier. Son nouveau single est un exorcisme doux, une confession sans fard, un geste de lucidité dans un monde saturé de faux-semblants.
Tout commence comme une marée montante : une guitare limpide, presque fragile, une voix qui semble hésiter entre le murmure et l’aveu. Campbell chante depuis le bord de l’eau — pas celle des cartes postales, mais celle qu’on affronte après un naufrage. Il parle de trahison, de mensonge, de ces blessures infligées par ceux qu’on pensait connaître. Mais jamais il ne tombe dans la rancune : il transforme la douleur en matière sonore, la rancœur en mouvement. Wave ‘em off like oceans, chante-t-il — comme on repousse la marée pour mieux respirer.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute de la composition. On sent que chaque mot vient d’une expérience vécue, d’une cicatrice encore tiède. Campbell ne cherche pas la métaphore brillante, il cherche la vérité. Sa voix, légèrement voilée, parfois tremblante, transporte une humanité désarmante — celle des artistes qui écrivent non pas pour briller, mais pour tenir debout. Le morceau respire la simplicité artisanale : un folk-pop dépouillé, sans effet inutile, où chaque silence compte autant que chaque note.
Mais Oceans n’est pas qu’un journal de bord. C’est une philosophie, un art du détachement. Dans un monde où tout pousse à la surenchère émotionnelle, Campbell choisit l’apaisement. Il ne crie pas sa douleur : il l’apprivoise. L’océan devient ici une métaphore du pardon et de la distance — vaste, mouvant, indomptable. En s’éloignant des côtes toxiques, il retrouve son propre rivage intérieur.
Il y a dans ce morceau quelque chose de profondément universel : cette nécessité d’apprendre à se retirer, à ne pas tout porter, à comprendre que fuir peut aussi être un acte d’amour de soi. Oceans ne prêche pas la vengeance, mais la guérison lente, celle qu’on obtient en laissant le sel effacer les marques du passé.
Anthony Campbell signe ici une chanson humble et bouleversante, où la vulnérabilité devient une force. Une ode à la reconstruction intime, écrite par un homme qui a regardé la tempête droit dans les yeux — et qui, plutôt que de couler, a choisi de flotter.
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octobre 27, 2025Il y a dans Composure quelque chose d’une respiration retenue. Un calme étrange, presque suspendu, comme si Samooo avait trouvé la formule pour transformer le tumulte intérieur en apesanteur sonore. Ce n’est pas une chanson de victoire ni de chute, mais d’équilibre — ce moment rare où l’on ne fuit plus la vie, où on la regarde en face, lentement, avec la lucidité d’un type qui a trop vu pour paniquer encore.
Dès les premières secondes, la production s’installe avec une élégance feutrée : une boucle mélodique qui flotte entre R&B digital et trap minimaliste, des basses douces qui battent au rythme d’un cœur apaisé, et cet autotune cristallin qui n’efface rien de la vulnérabilité de la voix, au contraire. Samooo ne se cache pas derrière l’effet : il s’en sert comme d’un voile translucide, un filtre émotionnel à travers lequel la sincérité passe intacte.
Le morceau, profondément introspectif, parle de maîtrise, mais c’est une maîtrise fragile. Celle qu’on construit en trébuchant, en recommençant, en respirant fort avant de répondre au monde. Samooo y murmure une forme de foi tranquille — la foi en soi, en l’avenir, en cette musique qui semble être son seul ancrage. Dans son univers, la confiance n’est pas un cri de guerre, mais un mantra discret.
Ce qui séduit ici, c’est la retenue. Là où d’autres artistes saturent le son pour exprimer la force, Samooo la suggère. Chaque silence, chaque respiration, chaque reverb compte. On pense à Drake dans ses moments les plus introspectifs, à Bryson Tiller pour la clarté du flow, mais Samooo a cette touche torontoise bien à lui : une froideur élégante, une douleur contenue, un groove qui glisse comme une larme sur du chrome.
Composure est un morceau de survie émotionnelle, mais tout en nuances. Ce n’est pas le récit d’un homme debout malgré tout, mais d’un homme debout grâce à tout. Une sorte de thérapie en slow motion, portée par une production sobre et une interprétation presque cinématographique.
Dans un monde où la trap s’agite et où le R&B s’étiole parfois dans l’artifice, Samooo choisit la ligne fine : celle du juste milieu, du vrai, du calme qui précède la renaissance. Composure n’est pas là pour impressionner. Il est là pour durer — exactement comme la sérénité à laquelle il rend hommage.
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octobre 27, 2025On ne sait jamais très bien d’où vient la lumière dans un morceau de neo-soul. Chez Dylan Meek, elle ne tombe pas d’en haut — elle semble remonter du sol, comme une chaleur enfouie depuis trop longtemps. How Can I est une prière à voix basse, un hymne discret à la vulnérabilité, à ce moment où le cœur accepte enfin de dire « je ne sais pas ». Pas de fioritures ici : juste la vérité, livrée nue, en accords suspendus et respirations étirées.
Pianiste prodige devenu alchimiste du groove, Meek joue avec la grâce des vieux maîtres — D’Angelo, Roy Hargrove, Donny Hathaway — mais sans jamais tomber dans la citation. Il revisite la tradition pour la tordre à son image : celle d’un romantique moderne, sensible à la fracture du monde et aux battements du sien. Le piano, à la fois charnel et céleste, dialogue avec la basse comme deux âmes fatiguées qui finissent par se comprendre. La batterie, feutrée, respire. Rien ne presse. La soul n’est plus une démonstration de virtuosité : c’est un langage du corps, de la peau, du regard.
Dans How Can I, tout semble venir d’un lieu intime. Il ne s’agit pas d’aimer avec grandiloquence, mais d’apprendre à écouter, à se taire, à réparer. Chaque inflexion de la voix porte une nuance de tendresse, un tremblement presque imperceptible — la preuve que Meek chante comme on confesse : avec les mains qui tremblent, mais les yeux ouverts.
Là où beaucoup voudraient rugir, lui choisit le murmure. Et ce murmure, paradoxalement, prend toute la place. On sent la trace des nuits passées à refaire le monde sur un vieux Rhodes, des amours qu’on n’oublie pas mais qu’on transforme en mélodie. Le morceau respire le studio, le bois, la sueur, les heures sans fin où la musique devient plus vraie que la parole.
How Can I n’est pas une chanson de rupture, c’est une chanson de réconciliation : avec soi, avec l’autre, avec le temps. Une soul qui ne cherche pas à séduire, mais à apaiser. Et c’est sans doute pour ça qu’elle touche si fort — parce qu’au milieu du chaos, Dylan Meek nous rappelle que la douceur, parfois, est la seule forme de courage qui reste.
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octobre 26, 2025Le morceau commence comme un souffle sur la nuque, une chaleur douce qu’on reconnaît sans savoir d’où elle vient. Slide de Tobiah Frei ne cherche pas à séduire : il glisse. Il s’infiltre dans les interstices, entre la peau et la mémoire, avec cette nonchalance maîtrisée qu’ont les artistes qui savent que le silence est parfois plus sensuel que la parole.
Tobiah Frei a compris une chose essentielle : la lenteur est un art. Dans un monde où la plupart des productions afro-pop cherchent à nous faire danser avant même d’avoir posé l’émotion, Slide prend le contre-pied. C’est un morceau qui préfère la fluidité à l’énergie, la tension à l’explosion. Chaque beat tombe comme une goutte de pluie sur une surface tiède, chaque vocalisation semble provenir d’un lieu intérieur, secret.
La production est d’une élégance rare. Une base afrobeat subtile, presque suspendue, sert d’écrin à des sonorités R&B aériennes : nappes soyeuses, basses feutrées, percussions distantes comme un cœur qui bat à contretemps. Tobiah ne pousse jamais sa voix — il la laisse flotter, onduler, effleurer la mélodie comme une main sur un drap froissé. Il y a dans cette retenue une forme de confiance désarmante, celle des artistes qui n’ont rien à prouver.
Mais au-delà du charme immédiat, Slide raconte aussi l’incertitude du début — ce moment suspendu où l’on s’avance vers l’autre sans savoir si l’on tombera ou si l’on volera. Ce n’est pas un morceau de conquête, c’est un morceau d’équilibre. Une danse lente entre deux inconnus, entre promesse et vertige.
Ce qui fascine, c’est la clarté du geste : Tobiah Frei compose avec la délicatesse d’un sculpteur de sensations. Slide n’est pas un slow ni un tube afro sensuel, c’est une expérience de proximité. On y entend la moiteur de l’été, la respiration d’une chambre encore ouverte sur la nuit, le risque doux de laisser quelqu’un entrer dans sa zone tranquille.
Dans la marée constante des sons calibrés, Tobiah Frei se distingue par sa sobriété. Il ne cherche pas à briller, mais à faire durer l’instant. Slide devient alors ce qu’il promet dès son titre : un glissement — lent, précis, irrésistible — entre la pudeur et le désir.
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octobre 26, 2025Le morceau m’a attrapé avant même que je sache pourquoi. Peut-être à cause de cette ligne de piano, souple et hypnotique, comme un souvenir qu’on n’arrive pas à formuler, ou de cette voix, mi-chaleureuse mi-brumeuse, qui semble flotter entre la lucidité et le rêve. Grizzly Peak Rd., chez Tilden Parc, n’est pas un titre : c’est un lieu mental. On y avance comme sur une route de montagne, à la fois sûr de soi et au bord du vertige.
Ce qui me fascine ici, c’est la maîtrise du paradoxe. Tilden vient du rap, d’une école de précision et de rythme, et pourtant, il choisit ici la lenteur, la suspension, la respiration. Tout semble au ralenti — les percussions coulent plus qu’elles ne frappent, les basses ondulent avec cette grâce moelleuse propre au R&B de la côte ouest. On sent que chaque son a été posé avec la minutie d’un producteur qui connaît la valeur du silence. Et dans ce calme, Tilden trouve une forme d’assurance nouvelle, une élégance tranquille.
Mais sous la surface veloutée se cache un battement d’inquiétude. Grizzly Peak Rd. n’est pas une simple chanson de séduction, c’est une exploration du lien — ce moment précis où l’intimité bascule entre la confiance et la perte de contrôle. La métaphore de l’eau, qui traverse le texte, dit tout : apprendre les courants, les embruns, les débordements. On y sent une sensualité subtile, sans exhibition, mais toujours vibrante, presque physique.
Ce morceau me rappelle la lumière de fin d’après-midi sur les collines de Berkeley : dorée, un peu mélancolique, comme si le monde retenait son souffle avant la nuit. Tilden s’y fait conteur du présent, artisan du groove, bâtisseur d’atmosphères. Sa voix, discrète mais pleine de reliefs, se glisse dans la production comme un fil de soie entre deux ombres.
Dans Grizzly Peak Rd., Tilden Parc dépasse son étiquette de rappeur-producteur pour devenir sculpteur d’espace. Il ne cherche pas le hit ni le cri, mais la justesse — ce moment fragile où le rythme et l’émotion respirent ensemble. Ce n’est pas un morceau à écouter : c’est un lieu à habiter. Une route suspendue entre deux mondes, où chaque virage semble nous ramener un peu plus près de soi.
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octobre 26, 2025Je crois que ALONE parle avant tout d’un épuisement. Pas celui du corps, mais celui de l’âme quand tout devient bruit. J’ai écouté ce morceau tard, casque vissé, lumière éteinte, et j’ai eu cette impression d’être face à quelqu’un qui n’en pouvait plus d’exister à travers les autres. Alex ne cherche pas à séduire — il se purge. Son rap ressemble à un journal intime en apnée, à une conversation qu’on a avec soi-même quand le monde s’effondre en silence.
Le titre ne ment pas : ALONE sonne comme une solitude choisie, presque revendiquée. Il y a dans sa voix cette fatigue de ceux qui ont trop voulu plaire, trop donné sans recevoir, et qui décident soudain que le seul amour qui vaille, c’est celui du travail bien fait. Le flow est acéré, suspendu entre deux respirations, et la prod, elle, frappe comme un battement de cœur compressé dans une boîte en fer. Ce mélange de trap tendue et de vibrations Jersey Club produit une tension étrange, magnétique : on dirait un orage intérieur qui refuse d’éclater.
Mais ce qui m’accroche le plus, c’est la retenue. Alex ne fait pas de la douleur un spectacle — il la murmure. Son écriture se déploie dans l’ombre, avec cette économie de mots qui dit tout. Pas de punchlines démonstratives ni de storytelling formaté. Juste une succession d’images mentales, de pulsations émotives, comme si chaque mesure traduisait un combat invisible.
On sent qu’il vient de loin, de Reading à Chypre, avec cette identité dédoublée entre gris anglais et lumière méditerranéenne. Cette dualité transparaît dans la texture même du morceau : froide et chaude à la fois, métallique mais vibrante, presque sensuelle dans sa mélancolie. Alex transforme sa solitude en atelier, son isolement en art martial.
ALONE n’est pas un hymne à l’indépendance, c’est un cri discret pour le contrôle. La promesse de ne plus se perdre dans le bruit du monde. Un morceau qui ne se consomme pas, qui se contemple. Et au milieu de tout ça, Alex semble enfin s’entendre respirer — pas pour exister plus fort, mais pour exister mieux.
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octobre 26, 2025Dans Cruella, Danny Polo ne chante pas seulement le péché, il le danse. Et il le fait avec cette élégance trouble qui transforme la transgression en art. Tout, dans ce morceau, brûle d’un feu sensuel et spirituel à la fois : l’Afrobeats qui frémit sous la peau, la pulsation Jersey Club qui gifle les sens, et cette voix, fluide comme un murmure de prière détournée. C’est le gospel de la tentation, l’hymne d’un homme qui a troqué la foi contre la fièvre.
Le morceau s’ouvre comme un rite : cloches d’église, synthés menaçants, battements charnels. Très vite, Danny Polo installe son paradoxe — celui d’un chanteur écartelé entre le sacré et le profane. Il ne se contente pas de chanter le désir, il l’élève au rang d’expérience mystique. On y sent le souffle de ses origines caribéennes et africaines, cette chaleur qui pulse sous la peau, cette transe où les corps deviennent confession. Le groove est moite, irrésistible, presque dangereux — une tentation en slow motion.
Là où beaucoup de productions afro-pop cherchent la légèreté, Cruella s’aventure dans l’ombre. Les percussions claquent comme des coups de tonnerre, les basses grondent d’un appétit félin, et la voix de Polo flotte entre caresse et menace. Il y a dans sa manière de chanter une retenue qui frôle l’explosion, une tension constante entre pureté et perdition. La “Cruella” qu’il invoque n’est pas qu’une femme : c’est le symbole de cette liberté qu’on a toujours dite dangereuse, celle de choisir soi-même ce qui est bien ou mal.
Et quand le morceau s’achève, on ne sait plus si l’on vient d’assister à une célébration ou à un exorcisme. Polo transforme le vice en rédemption, l’interdit en offrande. Sa musique n’oppose plus le divin et le charnel — elle les fusionne.
Cruella n’est pas une chanson, c’est une métamorphose. Celle d’un artiste qui ose regarder le diable dans les yeux pour y trouver sa lumière. Danny Polo signe ici un morceau incandescent, spirituel et sensuel, où chaque battement de basse semble dire : pour se trouver, il faut d’abord oser se perdre.
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octobre 26, 2025Funsho chante comme on respire après une longue chute : lentement, prudemment, avec cette fatigue dorée qui naît du trop-plein d’émotions. Take It Easy n’est pas une chanson de plus dans le vaste océan du R&B contemporain, c’est un espace suspendu, une respiration intime où le temps semble s’étirer au rythme d’un battement de cœur ralenti. Ce morceau, tout en retenue, s’offre comme une invitation à la lenteur dans un monde qui exige sans cesse plus de vitesse, plus de passion, plus de bruit.
Sa voix, souple et veloutée, glisse sur la production comme une brume sur l’eau : chaude, caressante, mais chargée d’un léger tremblement. On y sent le poids de l’expérience, ce mélange subtil de lucidité et d’abandon. Funsho ne chante pas l’amour dans sa version la plus spectaculaire, il le murmure dans sa vérité la plus nue — celle des soirs de doute, des caresses qui hésitent, des mots qu’on retient pour ne pas effrayer l’autre.
La production, feutrée mais sophistiquée, emprunte autant au R&B américain qu’à la fluidité sensuelle de la soul nigériane. Des nappes discrètes, un groove minimal, et une basse qui respire à la place du chanteur — tout ici transpire la maîtrise. Pourtant, ce qui fascine, c’est cette impression que le morceau pourrait se briser à tout moment. Chaque note semble tenir en équilibre sur le fil d’un silence prêt à tout engloutir.
Funsho déploie une élégance rare : il ne cherche ni l’effet ni l’excès. Ce qu’il propose, c’est un refuge. Take It Easy devient alors un mantra — un appel à se redécouvrir, à se pardonner, à aimer sans se consumer.
Dans sa voix, on entend la promesse d’un R&B débarrassé de ses artifices, recentré sur la chair et le souffle. C’est du slow love à l’état brut, un hymne à la tendresse dans sa forme la plus mature. Et quand le morceau s’éteint, on reste là, un peu plus calme, un peu plus humain — comme après avoir trouvé, enfin, la juste température du cœur.
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octobre 24, 2025Le morceau s’ouvre comme un secret qu’on murmure à voix basse, une confession posée sur un lit de velours. Sneaky n’est pas une chanson d’amour — c’est une chanson de l’entre-deux, de ces liaisons suspendues entre désir et culpabilité, où le plaisir a le goût d’un fruit défendu. Funsho, voix suave et regard lucide, y explore la tendresse des instants qu’on ne vit qu’à moitié, ceux qu’on cache, mais qu’on ressent jusqu’à la brûlure.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre entre groove et mélancolie. Une basse chaloupée qui respire comme un battement de cœur nerveux, des accords de guitare jazzy qui caressent l’air, et cette voix — souple, charnelle — qui avance avec la retenue d’un homme qui sait qu’il s’égare, mais y trouve malgré tout sa vérité. Le rythme ne presse pas. Il s’installe, lent, lascif, presque hypnotique. Funsho joue sur la tension du non-dit, sur le frisson du risque.
Dans ce clair-obscur sonore, le chanteur nigérian-américain déploie tout l’art du R&B moderne : une narration intimiste, portée par une production sensuelle, mais jamais démonstrative. Chaque souffle compte, chaque silence devient émotion. On pense à Brent Faiyaz pour la moiteur, à Frank Ocean pour la pudeur, mais Funsho trace sa propre ligne — une sincérité brute, dénuée d’artifice.
Il y a, dans Sneaky, une manière élégante de raconter la faute. Pas d’excuse, pas de drame — juste l’acceptation du trouble, cette lucidité qui rend les sentiments plus vrais parce qu’ils sont imparfaits. Et dans cette imperfection, Funsho trouve la beauté : celle d’un amour qui s’éteint lentement, mais laisse sur la peau la chaleur du dernier contact.
Sneaky est une chanson de minuit. De celles qu’on écoute quand la ville dort, que le téléphone vibre, et qu’on sait très bien qu’on dira encore oui. Une confession moderne, subtilement sensuelle, qui transforme la honte en poésie et l’interdit en groove doré.
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octobre 24, 2025C’est un morceau qui se glisse sous la peau comme un murmure. For Now ne cherche pas à séduire frontalement — il préfère s’infiltrer, lentement, jusqu’à devenir cette pulsation intime qui accompagne les insomnies et les draps froissés. STRNDED y tisse un R&B nocturne, moite, empreint de cette mélancolie électronique propre aux amants lucides : ceux qui savent que le moment est fragile, mais qu’ils s’y abandonnent quand même.
Le titre oscille entre la douceur et le danger. Une basse qui respire à peine, des kicks qui se retiennent d’exploser, et une voix autotunée, flottante, qui semble traverser la pièce comme une vapeur. STRNDED ne raconte pas une histoire d’amour ; il raconte une parenthèse. Un instant suspendu avant le lendemain, avant la distance, avant le vide. Il parle d’un lien provisoire, mais viscéral. Ce for now qui veut dire : reste, même si tu sais que tu ne le feras pas.
Ce qui rend le morceau si addictif, c’est cette économie de moyens, ce refus du spectaculaire. Le beat est minimal, presque sensuel dans son silence. Tout repose sur les textures : une reverb qui s’étire comme un souvenir, une nappe synthétique qui pulse comme un cœur battant trop vite. STRNDED joue sur l’ombre et la chaleur, sur cette tension entre l’intime et le secret.
Dans son chant, on entend l’écho des solitudes modernes — cette manière de s’aimer à travers un écran, de se parler à demi-mot, d’espérer une émotion dans un monde saturé de bruit. Il y a du The Weeknd période House of Balloons, mais aussi une empreinte propre : celle d’un artiste qui ne cherche pas à plaire, mais à capturer la sensation juste avant qu’elle ne s’efface.
For Now est une confession à voix basse, une caresse digitale. Ce n’est pas une chanson d’amour — c’est une chanson d’instant. STRNDED y prouve que le romantisme, parfois, se cache dans le flou, dans le manque, dans ce qu’on ne dit pas. Et dans cette zone grise entre désir et désillusion, il construit sa propre vérité : sombre, sensuelle, terriblement humaine.
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octobre 24, 2025On dirait que Red Lipstick a été écrit au bord d’un miroir. Un de ces miroirs qu’on fuit un peu trop souvent, avant d’y revenir, le regard neuf, la bouche peinte de rouge et le cœur prêt à se retrouver. Nikki Russell y livre un morceau qui n’a rien d’une simple balade R&B : c’est une renaissance. Une déclaration d’amour à soi-même, dans un monde qui préfère les femmes dociles aux femmes debout.
Le morceau s’ouvre comme une respiration lente, un battement de cils avant le coup d’éclat. La production, signée Carlton Morgan et Mark Morrison, étire les textures d’un R&B contemporain jusqu’à la soie. La basse ondule, les percussions se font feutrées, et la voix de Nikki s’élève, tout en velours et en morsure. Il y a chez elle une maîtrise du silence, un art du détail, comme si chaque mot avait été poli au rythme d’une cicatrice qu’on apprend à aimer.
Mais Red Lipstick n’est pas un simple hymne de empowerment – c’est une métaphore viscérale. Le rouge devient ici l’arme, la signature, la preuve d’existence. Russell ne chante pas la revanche, elle chante la réappropriation : celle du corps, du regard, du plaisir de plaire d’abord à soi-même. Dans son timbre, on devine les échos d’une génération qui veut guérir sans s’excuser, danser sans se justifier.
Le clip, tourné à Londres par Pierre Jermaine, prolonge cette esthétique d’émancipation sensuelle : lumière dorée, gestes précis, regards tenaces. Ce n’est pas un manifeste crié, mais une force tranquille. Russell s’y montre telle qu’elle chante : droite, digne, lucide.
Ce qui rend Red Lipstick si addictif, c’est cette oscillation permanente entre fragilité et puissance, entre douceur et cran. Nikki Russell ne cherche pas à être parfaite — elle cherche à être vraie, et c’est bien plus rare. Dans ce morceau, elle parvient à redéfinir le R&B comme un espace de vérité nue, de soin et de sensualité.
Red Lipstick ne se contente pas de briller. Il laisse une trace, celle d’une femme qui a cessé de demander la permission pour exister.
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octobre 24, 2025Écouter Type Shit d’Orrin, c’est comme traverser Times Square à 4h du matin sous acide : tout brille, tout sature, tout bouge trop vite — mais au milieu du vacarme numérique, il y a un cœur qui bat. Un vrai. Celui d’Orrin qui vogue entre rap et hyperpop. D’un coup, tout devient bleu électrique — les façades de Manhattan se liquéfient, les néons grincent, et une pulsation artificielle s’invite sous ta peau. Ce n’est plus une chanson, c’est une fièvre. Une montée d’adrénaline douce et toxique, où l’humain se dissout lentement dans le chrome et l’écho. Un cri sous auto-tune, une révolte travestie en mélodie.
La première écoute donne le vertige. Les basses frappent comme des battements de cœur amplifiés dans une cage de verre, les snares éclatent comme des flashs photo, et la voix d’Orrin, noyée dans l’auto-tune, flotte quelque part entre prière et provocation. On pense à un Playboi Carti pris dans une tempête d’émotions, à un Bryson Tiller sous morphine, à un The Weeknd cybernétique enfermé dans un simulateur de club. Le beat ne cherche pas l’efficacité : il cherche l’impact, le déséquilibre, la beauté qui naît du bug.
Ce qui fascine chez Orrin, c’est cette manière de transformer le chaos en cathédrale. Chaque son semble cassé, fissuré, mais jamais au hasard. Derrière la façade glitchée, il y a une architecture : une tension entre rage et mélancolie, entre désir et désillusion. C’est comme si le producteur mixait avec ses nerfs à vif. La distorsion devient sentiment, la compression devient souffle. Et quand la voix s’étire, robotique et fragile, c’est tout un monde intérieur qui s’effondre avec élégance.
Orrin est l’enfant maudit du futur : trop humain pour les machines, trop numérique pour les humains. Type Shit raconte exactement ça — le besoin d’exister dans un univers où tout est déjà filtré, modifié, compressé. Le morceau avance comme un rêve lucide : à la fois furieux et suspendu, urbain et cosmique. Ce n’est pas un banger, c’est une pulsation post-humaine.
Ce qui reste après l’écoute, ce n’est pas une mélodie, c’est une empreinte. Un écho dans le crâne, un pixel coincé dans le cœur. Orrin signe là un manifeste de survie générationnelle : faire danser ses démons, amplifier ses doutes, et transformer la solitude en lumière artificielle.
Type Shit n’est pas une chanson. C’est un glitch magnifique dans la matrice — une preuve que, même dans le vacarme du futur, il existe encore des voix qui saignent.
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octobre 24, 2025Il y a dans la voix de Konyikeh quelque chose d’infiniment humain — cette fragilité fière, ce tremblement qu’on n’essaie plus de cacher. « Vulnerability » n’est pas une chanson, c’est un aveu. Un moment suspendu où l’on entend le cœur d’une jeune femme battre dans chaque mot, chaque souffle, chaque silence. La soul n’a jamais été aussi simple, aussi vraie, aussi nécessaire.
Le morceau s’ouvre sur un piano qui titube un peu, comme une conversation hésitante entre deux âmes trop lucides. Une batterie feutrée se glisse à pas de velours, soutenant la voix chaude et magnétique de Konyikeh — ce timbre qui semble pouvoir à la fois consoler et blesser. Elle chante la peur d’aimer, la honte d’être vue, la beauté d’être enfin vulnérable, avec une sincérité désarmante. On pense à Amy Winehouse pour la profondeur, à Cleo Sol pour la pureté, mais Konyikeh trace sa propre voie : un entrelacs de jazz, de soul et d’introspection londonienne.
Là où beaucoup cherchent à impressionner, elle choisit la retenue. Les mots ne sont pas faits pour convaincre, mais pour guérir. « Vulnerability » respire comme une prière profane, un hymne pour ceux qui ont trop longtemps confondu force et fermeture. Dans sa voix, on entend les cafés de Camden un dimanche matin, les confidences murmurées après minuit, les cicatrices qu’on finit par aimer.
Et puis il y a ce clip, d’une tendresse inouïe, où la banalité du quotidien devient chorale : les passants, les serveurs, les inconnus se fondent dans un élan collectif, comme si l’émotion de Konyikeh devenait contagieuse.
« Vulnerability » n’est pas une performance, c’est un dépouillement. Konyikeh n’y cherche pas à briller — elle s’y révèle, tout simplement. Dans une époque obsédée par la perfection, elle nous rappelle que la vérité, parfois, chante faux. Et que c’est là que réside toute sa beauté.
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octobre 24, 2025Un souffle chaud s’élève d’Amsterdam, mi-rue, mi-studio, avec “Sink Or Swim”, une échappée brûlante entre R&B et pop rap signée Fred Maybe, en collaboration avec REDHA. Le morceau s’avance comme une promesse ambiguë : nager ou couler, aimer ou se perdre, danser ou dériver. Ce n’est pas une ballade, ni un banger de surface — c’est un entre-deux moite, où chaque note transpire le risque du sentiment.
Dès l’ouverture, le beat pulse avec cette nonchalance étudiée propre aux productions d’Europe du Nord : une basse sale, charnue, au grain presque analogique, un kick au groove souple, un tempo qui se retient juste avant l’explosion. L’espace est large, sensuel. Les voix s’y glissent comme des gestes à moitié retenus : Fred Maybe et REDHA jouent la tension, entre attirance et lucidité. Il y a dans leurs timbres cette fatigue joyeuse des amours qu’on ne sait pas encore appeler par leur nom.
“Sink Or Swim” se distingue par son mélange de textures : l’élégance R&B des harmonies y côtoie des éléments plus pop et percussifs, presque club, sans jamais sacrifier la chaleur organique. Les breaks minimalistes, les silences respirés entre deux refrains, tout semble calculé pour qu’on entende les battements, pas seulement les beats. C’est une production maîtrisée, mais jamais aseptisée — le genre de track qui garde des coins d’ombre, où la lumière rebondit sur un synthé humide ou un murmure lointain.
L’écriture, elle, reste pudique, presque chuchotée sous la surface rythmique. Il n’est pas question ici de raconter l’amour, mais de le sentir, dans sa phase la plus électrique : celle où tout peut basculer. Fred Maybe signe un morceau qui parle à la fois au corps et à la mémoire, un groove en apnée qui se consume lentement.
Entre le velours d’un D’Angelo modernisé et la désinvolture d’un Anderson .Paak de nuit, “Sink Or Swim” se pose comme une déclaration d’intention : faire du R&B une matière mouvante, fluide, charnelle et européenne. Un titre qui ne cherche pas à séduire, mais à happer — à laisser le choix, cruel et beau, entre couler avec style ou apprendre à respirer sous l’eau.
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octobre 24, 2025Couleur d’annonce : le rose ici n’est pas un filtre, c’est une attitude. All in Pink 2 cristallise une semaine de création en un manifeste net, précis, cut : alternative R&B, pop de rêve, rap mélodique et un bounce drum’n’bass venu d’outre-Manche qui fait valser le BPM sans sacrifier l’âme. Projet court, vision large, finition chirurgicale — la signature d’un artiste qui fabrique chez lui des morceaux destinés aux mégaphones du dehors.
9Lives! (Pink Cop Car) lance le cortège comme un chase-scene de minuit. Percus nerveuses, basses élastiques, vocaux en multi-couches qui s’empilent en panoramique : la sensation de survivre à toutes les versions de soi, rose gyrophare au plafond. Le refrain mord, la prod’ claque à froid ; l’énergie UK s’entend dans les ghost notes du break et ce swing de caisse claire qui pousse vers l’avant.
Feel Like Mine (FAH!) échange la vitesse contre la viscosité sensuelle. Textures Y2K en arrière-plan — pads étincelants, lead synth en gelée — pendant que la voix glisse entre croon R&B et ligne rap chantée. Le hook respire, les ad-libs dessinent le décor ; un titre taillé pour les playlists nocturnes où la tendresse garde des gants de boxe.
Coupe N Dash! durcit le trait : hi-hats en mitraillette, 808 sèche, topline implacable. Le récit, c’est l’esquive élégante : accélérer, tourner, disparaître — DnB dans les jambes, trap dans les reins, panache pop dans le timbre. Chaque mesure sert la cinétique, pas de graisse, seulement des angles.
Pink Interlude agit comme salle de décompression. Field recordings feutrés, cloches synthétiques, souffle de chorus granuleux : intermède ambient qui repose l’oreille et recentre le propos. L’interlude n’habille pas, il scénarise — rappel que le rose n’est pas qu’une teinte, c’est une dramaturgie.
Still LoveMade™ referme l’EP sur l’aveu lumineux : drum programming en battement de cœur, accords velours, mélodie qui s’ouvre en grand avant de se resserrer sur une punchline douce. Le mix met la voix au premier rang, les reverbs courtes tiennent la proximité ; dernier geste, dernière étincelle, envie de relancer.
Au-delà des titres, l’architecture impressionne : tension/relâchement millimétré, contraste chaud-froid, ponts harmoniques discrets qui connectent les scènes. Cubby Kamikaze assemble l’intime et le club avec une précision d’horloger : DIY assumé, mais vernis pro ; émotion frontale, mais design sonore au cordeau. Les influences — Imogen-meets-Sufjan côté spleen électronique, héritage rap US, rebonds DnB UK — ne pèsent jamais : elles propulsent.
All in Pink 2 coche la case replay sans flirter avec la formule. C’est un EP de mouvement : courir, s’arrêter, respirer, repartir — confiant, stylé, mémorisable. Pour les curateurs, un pick évident ; pour les auditeurs, une preuve qu’un rose bien manié peut rendre tout le reste plus vif.
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octobre 24, 2025De sa chambre à Uppsala, Yungwall signe avec Cleopatra un premier album d’une sincérité brute et d’une ambition quasi mystique. Tout ici respire la solitude créatrice : les beats bricolés dans la pénombre, la voix qui cherche sa vérité au milieu du souffle, les textes comme des confessions murmurées dans un micro trop proche. Et pourtant, à travers ce minimalisme, l’album vise grand — le ciel, l’amour, la mémoire.
Yungwall s’inscrit dans la lignée des rêveurs conscients, quelque part entre la ferveur mystique de Kanye West période College Dropout et la lucidité poétique de Kendrick Lamar. Mais au lieu de l’Amérique saturée de lumière, c’est la Suède qui l’entoure — une mélancolie froide, domestiquée, où le silence devient rythmique. Cleopatra, c’est un disque de chambre, mais aussi un disque d’empire intérieur : chaque morceau semble écrit pour bâtir une mythologie intime, un royaume de sons où le hip-hop dialogue avec l’âme.
Le titre n’est pas anodin. Cleopatra est à la fois une muse, une métaphore et un mirage. La femme qui inspire le disque n’est jamais vraiment là : elle devient un symbole de désir et de perte, un reflet dans le fleuve mental de l’artiste. “Sphere of thoughts”, comme dit Yungwall lui-même — un espace circulaire où les émotions tournent, se heurtent, se réinventent.
Musicalement, le disque respire la fraîcheur d’un artisan qui apprend en créant. Les textures sont fragiles, les beats respirent, la voix vacille parfois — mais c’est justement là que réside la beauté du projet. On y sent le geste, la construction, la mue. Cleopatra est un album d’apprentissage autant qu’un manifeste personnel : il parle d’amour, de foi, de doutes, mais surtout de la transformation lente de soi en artiste.
Il y a dans chaque piste une forme d’humilité qui rappelle les débuts de la soul électronique : ce sentiment de tenir entre ses mains quelque chose de petit et d’immense à la fois. Yungwall ne prétend pas révolutionner le rap, il le réinvente à sa mesure — une confession, un souffle, un monde miniature.
Cleopatra n’est pas qu’un premier album : c’est un rite de passage. Le son d’un jeune homme qui transforme sa chambre en temple, ses pensées en vers, et ses doutes en foi.
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octobre 24, 2025Il revient, transfiguré. Matreya – qu’on connaissait jadis sous le nom de Mason Noise, l’enfant terrible du X Factor UK – s’avance aujourd’hui comme un autre homme. Fini le clinquant des projecteurs : Be Love, son nouveau single, est un exorcisme doux, un hymne solaire taillé dans la matière même de la guérison. Là où d’autres crient, lui respire. Là où la pop cherche la performance, lui cherche la paix.
La première pulsation d’Afrobeats s’élève comme un battement de cœur. Puis viennent les cuivres, chauds comme un coucher de soleil sur Lagos, et la voix de Matreya – ample, veloutée, chargée de lumière – qui plane au-dessus d’un océan de rythmes organiques. On sent derrière cette architecture sonore une intention rare : faire danser sans perdre la gravité, éveiller sans prêcher. “Be Love” n’est pas un simple morceau : c’est un mantra mis en musique, un souffle collectif de réconciliation.
Produit avec Reece Hayden et Iwan VanHetten (Sister Sledge, Jools Holland), le morceau tisse un dialogue entre ciel et terre. Les guitares frôlent la soul, les claviers épousent la transe, les percussions s’étirent en cercles rituels. Tout est vivant, mouvant, vibrant. C’est à la fois un carnaval et une méditation — Matreya lui-même parle de “carnaval sur un vaisseau spatial”, et l’image n’a rien d’exagéré : sa musique flotte littéralement hors du temps.
Ceux qui ont suivi son chemin savent que cette renaissance n’est pas qu’esthétique. Après s’être retiré du tumulte médiatique, l’artiste s’est tourné vers le Reiki, le Qi Gong, la spiritualité et la guérison par le son. Ce qu’il livre aujourd’hui, c’est le fruit d’une transmutation : la pop y devient prière, l’ego se dissout dans le groove. On entend dans sa voix une sérénité nouvelle, comme si chaque note sortait du centre du cœur.
Be Love s’inscrit dans la lignée des musiques universelles — celles qui cherchent à relier plutôt qu’à impressionner. Il y a du Fela dans le rythme, du D’Angelo dans la sensualité, du Coldplay période Ghost Stories dans la lumière suspendue. Mais surtout, il y a Matreya, cet artisan d’une pop spirituelle, connectée et bienveillante, qui ne craint pas de croire encore à la force du mot “amour”.
À l’heure où tout vacille, Be Love tombe comme une évidence : un rappel que le salut ne viendra pas des algorithmes, mais des cœurs qui battent à l’unisson. Un gospel du futur, un souffle de vie à fredonner les yeux fermés, quand la nuit semble trop lourde.
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octobre 21, 2025Funsho ne chante pas pour séduire. Il chante pour rallumer quelque chose — une braise, un souvenir, une foi en soi qui s’était perdue quelque part entre le doute et le bruit du monde. Glow n’est pas un morceau de R&B classique, c’est une prière pop-soul suspendue entre la terre et le ciel, un mantra lumineux envoyé à tous ceux qui ont cessé de se regarder avec bienveillance.
Le morceau s’ouvre comme une main tendue : une ligne de synthé chaude, fluide, presque divine, qui s’étire avant que la voix de Funsho ne s’y love, douce mais décidée. Il ne s’adresse pas à un amour extérieur — il parle à lui-même, à son reflet, à cette part du passé qu’on doit pardonner pour pouvoir avancer. Et sa voix, tout en maîtrise, oscille entre fragilité et grandeur. Elle a cette clarté rare des artistes qui n’ont plus rien à prouver, sinon qu’ils existent encore.
Sur le plan sonore, Glow marche sur le fil entre la sensualité du R&B et la ferveur du gospel. La production est aérienne, sans ostentation : une basse ronde, des chœurs éthérés, des textures électroniques qui respirent à la mesure du cœur. On y perçoit un héritage afro-soul discret, des pulsations qui rappellent la spiritualité rythmique du Nigéria, mais filtrées à travers un prisme contemporain, urbain, introspectif.
Ce qui fascine, c’est la sincérité avec laquelle Funsho construit son univers. Pas de posture, pas de démonstration : juste un homme face à sa propre lumière, conscient que celle-ci peut vaciller. Le refrain agit comme une incantation, une promesse chuchotée à voix haute : tu peux encore briller, même brisé. Ce n’est pas un message de développement personnel — c’est de la musique qui soigne.
Funsho transforme l’intime en collectif. On écoute Glow seul, mais on a l’impression d’être plusieurs à l’intérieur de soi : l’enfant qui doute, l’adulte qui s’épuise, et cette version future, apaisée, qui sourit doucement en arrière-plan. C’est tout le pouvoir de ce titre : unir ces fragments éparpillés sous une même lueur.
Dans un monde qui glorifie l’ego, Funsho ose la foi. Non pas celle qui se prêche, mais celle qui se vit. Glow est un morceau qui ne cherche pas à éblouir : il nous rappelle juste que briller n’est pas un acte de vanité, mais de survie.
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octobre 21, 2025C’est une chanson qui ne se montre pas tout de suite. Dontukno s’approche lentement, comme une silhouette qui ne veut pas déranger. Puis elle s’installe, soyeuse et discrète, dans un coin de la pièce, jusqu’à ce que tout — la lumière, l’air, les battements du cœur — prenne sa cadence. Barrett Staples y chuchote le sentiment d’être à la fois tout près et terriblement loin de quelqu’un, avec cette douceur retenue qui fait du soul moderne un art de la nuance.
La production, signée avec le collectif Seattle hot beige, respire la précision sensuelle. Chaque note semble suspendue, chaque frappe de batterie fait l’amour au silence. Ce n’est pas un groove qui cherche à séduire, c’est un groove qui écoute. Les claviers effleurent la peau, la basse ronronne comme une confidence sous une lumière tamisée, et la voix de Barrett, magnifiquement éraflée, flotte quelque part entre la chaleur de D’Angelo et la mélancolie de Sampha. On entend des fragments de jazz qui se dissolvent dans des reflets hip-hop, des échos de soul qui glissent vers le R&B alternatif — tout s’y fond sans jamais se figer.
Mais Dontukno n’est pas seulement un morceau d’ambiance. C’est une conversation intime avec le manque. Ce moment où la tendresse se heurte à la distance, où la proximité devient presque douloureuse. Barrett y raconte sans raconter — une manière de laisser le mystère respirer, d’exprimer le désir à travers les vides, pas les mots. Ce qu’il chante, ce n’est pas une histoire d’amour, c’est l’espace entre deux âmes, cet entre-deux qu’on tente de combler par le rythme et le souffle.
La musique avance comme un souvenir réchauffé par le groove : lente, un peu trouble, presque liquéfiée. On imagine la scène : la nuit dehors, une lampe basse, un disque qui tourne trop lentement, et cette voix qui murmure qu’aimer, c’est parfois laisser partir. Barrett Staples signe ici la fin de son cycle Year of the Tiger — et quelle fin : une ode à la vulnérabilité, à la beauté de l’inachevé, au geste simple de ne pas tout dire.
Dontukno n’a rien de démonstratif, et c’est précisément là qu’il frappe. Il danse à mi-voix dans le clair-obscur des émotions, entre chair et brume. Ce n’est pas une chanson à écouter — c’est une atmosphère à habiter, une caresse qui dure plus longtemps que sa propre musique.
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octobre 20, 2025On ne sait pas très bien si « Natural Light » éclaire ou consume. C’est un morceau qui s’infiltre, lentement, comme la lumière du matin glissant sous une porte après une nuit trop longue. Yarni y déploie un art rare : celui de faire du rythme une matière vivante, du silence un instrument à part entière. Chez lui, chaque battement semble respirer, chaque son est un fragment de vérité. Ce n’est pas de la musique d’ambiance, c’est une musique qui se déplace dans ton sang.
Il faut dire que Yarni n’a jamais cherché à appartenir à une scène : il les traverse toutes. Electronica, jazz, soul, hip-hop — tout s’y croise, tout s’y trouble. Dans Natural Light, il retrouve Franz Von, voix grave et terrienne, et Jeff Darko, souffle aérien et presque mystique. Ensemble, ils signent une forme d’équilibre impossible : la pesanteur du réel et la légèreté de l’espoir. Le morceau avance en apnée douce, tendu entre le battement hypnotique des percussions et la chaleur organique des harmonies.
C’est une œuvre qui respire comme une prière laïque, un groove métaphysique. Le flow de Franz Von agit comme un ancrage, une pulsation qui ramène au sol, pendant que Jeff Darko laisse filtrer la lumière par les interstices de la mélodie. Il y a quelque chose d’infiniment humain là-dedans — pas une humanité tapageuse, mais celle qu’on devine dans la retenue, dans la pudeur d’un cri qui préfère rester murmure.
Techniquement, la production de Yarni est d’une justesse déconcertante. Chaque fréquence a son rôle, chaque fréquence respire. Les percussions semblent avoir été enregistrées dans une pièce ouverte sur le ciel, la basse ronronne comme une phrase de saudade brésilienne, et la voix se glisse dans les interstices avec la douceur d’un souvenir qui refuse de partir. Ce n’est pas un morceau à écouter, c’est un morceau à habiter.
Ce qui fascine, c’est la façon dont Yarni parvient à faire cohabiter la ferveur spirituelle et la physicalité du groove. On est à la fois dans le corps et hors de lui, pris dans une sorte de transe contemplative où tout devient clair : les douleurs, les doutes, les désirs. Natural Light n’est pas un appel à danser, mais à exister un peu mieux.
Dans un monde saturé de sons qui veulent briller, Yarni, Franz Von et Jeff Darko rappellent qu’on peut aussi choisir de rayonner doucement. Leur lumière n’éblouit pas — elle soigne. Un titre d’une grâce rare, à la frontière du mystique et du charnel, où chaque battement semble murmurer la même chose : parfois, pour voir, il faut simplement fermer les yeux.
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octobre 12, 2025Il y a des voix qui ne chantent pas : elles respirent. Sophia Thakur est de celles-là. My City n’est pas un premier single, c’est une confession murmurée au bord d’un nouveau monde — celui où la poésie s’incarne enfin dans la chair d’une mélodie. C’est le moment précis où les mots quittent la page pour flotter dans l’air, comme un oiseau qui hésite entre rester ou migrer.
On connaît Thakur pour sa plume incandescente, ses vers taillés comme des miroirs. Mais ici, la poétesse se déleste de l’éloquence. Elle choisit la retenue, le souffle, l’émotion pure. My City glisse sur un fil de guitare et de basse, minimaliste mais habité, un décor presque nu où chaque note semble déposée à la main. La production, signée avec une pudeur exemplaire, ne cherche pas à briller : elle écoute. Elle laisse l’espace à la voix, ce timbre feutré qui vibre comme une confession faite à soi-même.
C’est une chanson de passage. De l’ancien au nouveau, de Londres à Los Angeles, du verbe au chant. Sophia y parle de métamorphose, de cette faim d’inconnu qui nous pousse à redéfinir la notion même d’appartenance. “My City”, c’est moins une adresse qu’un état intérieur — la ville comme métaphore du corps, des souvenirs et des désirs qu’on porte en soi. On y entend le clapotis des néons, la solitude qui s’invite entre deux respirations, la promesse d’un ailleurs où l’on pourrait enfin être soi sans le poids des attentes.
L’élégance du morceau tient à sa sincérité désarmée. Thakur ne joue pas à la chanteuse : elle explore le chant comme une extension de son souffle poétique. Son phrasé, presque parlé, rappelle la tradition du spoken word mais se fond dans la sensualité d’un R&B dépouillé, presque spectral. On pense à Cleo Sol ou Arlo Parks, mais Thakur va ailleurs, plus loin — elle écrit encore, mais dans le vent.
My City s’écoute comme on ouvre une lettre qu’on s’est écrite dans une autre vie. Il y a la nostalgie d’un départ, la douceur d’un adieu qu’on ne veut pas formuler. Et surtout, cette vérité nue : qu’au fond, on ne quitte jamais vraiment sa ville — elle nous hante, elle nous forme, elle respire encore quand on ferme les yeux.
Sophia Thakur signe ici une entrée dans la musique d’une pureté rare, à la croisée du souffle et du silence. Une chanson comme un horizon : sans fin, sans bord, sans bruit.
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octobre 11, 2025Voilà une chanson qui ne cherche pas à séduire, mais à envelopper. Here For You de NAVY s’écoute comme on se laisse bercer par la lumière d’un soir chaud, le cœur battant lentement sous une peau salée par la mer. Tout y est feutré, précis, sensuel : une pulsation d’île transformée en R&B aérien, où chaque mot semble porté par un souffle. NAVY chante comme on confesse, avec cette retenue tendre qui fait des silences des émotions à part entière.
Le morceau, bilingue et soyeux, flotte entre deux mondes — celui des Caraïbes, moiteur apaisée, et celui des clubs urbains, où les néons remplacent les étoiles. Les basses sont chaudes, presque liquides. Les claviers s’ouvrent comme des fenêtres sur l’horizon. Et la voix… cette voix. Mi-française, mi-anglaise, elle caresse, rassure, promet sans promettre. NAVY transforme la pop en prière, la romance en rituel intime.
Ce qu’elle raconte, c’est moins une histoire d’amour qu’une histoire de présence. Une promesse chuchotée à quelqu’un qu’on ne possède pas, mais qu’on comprend. Ce lien suspendu, fragile, presque sacré, entre deux âmes qui se frôlent sans se heurter. Here For You parle de cette fidélité discrète, de cette bienveillance qu’on garde en soi pour l’autre, même quand l’amour n’a pas encore dit son nom.
Dans ce single, NAVY montre surtout à quel point elle maîtrise l’art du détail émotionnel. Elle ne pousse jamais la voix — elle laisse la musique respirer. L’arrangement, signé YSquad Production, épouse son univers : soul tropicale, pulsation R&B, élégance caribéenne. Rien n’est démonstratif, tout est suggestion. C’est une chanson qui préfère faire fondre que frapper.
Et sous cette douceur, une puissance tranquille se déploie : celle d’une femme qui ne quémande pas l’amour, mais l’offre — entière, lumineuse, désarmée. Avec Here For You, NAVY confirme qu’elle n’est pas simplement une chanteuse des îles : elle est une architecte du sentiment, une conteuse du non-dit.
Un morceau comme une brise parfumée de regrets et de foi, qui murmure à l’oreille : tu n’as pas besoin de tout comprendre pour aimer.
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octobre 11, 2025Kirstin Knight ne demande pas grand-chose — juste la vérité. Answer est un morceau qui parle d’amour, mais surtout de lucidité, de ce moment où le corps veut vibrer mais où le cœur exige la clarté. Ce n’est pas une chanson d’Afrobeats parmi d’autres ; c’est une confession déguisée en groove. La chanteuse germano-jamaïco-italienne y tisse un fil entre le solaire et le sensé, l’appel du dancefloor et le besoin de transparence.
Dès les premières secondes, le morceau pulse d’une chaleur presque intime : des percussions rondes, un tempo fluide, une basse qui respire comme un battement intérieur. Puis la voix de Kirstin arrive, feutrée, souple, d’un naturel désarmant. Elle ne force rien. Elle glisse, oscille, caresse les syllabes avec la confiance tranquille de celles qui savent exactement ce qu’elles valent. Il y a dans son timbre quelque chose de très rare aujourd’hui — une fragilité affirmée, un charme sans fard, loin des performances calibrées.
L’écriture, elle, joue sur une ligne fine : directe sans être dure, audacieuse sans arrogance. Knight ne supplie pas, elle pose une limite. Elle ne cherche pas la validation, elle la refuse même. L’amour qu’elle chante n’est pas une dépendance, c’est une négociation. Answer, c’est une main tendue — mais pas à n’importe qui.
Musicalement, le titre flirte autant avec l’Afro-fusion de Tems qu’avec le R&B contemplatif d’une Sade version 2025. On retrouve la fluidité du jazz dans ses mélismes, la précision rythmique de Lagos dans la production, et une pointe de soul britannique qui rend le tout universel. TMPST aurait parlé de couches sonores ; ici, Kirstin les dépouille, jusqu’à ne garder que la vérité essentielle du son : la voix, la pulsation, la sincérité.
Ce qui fascine chez elle, c’est cette manière de mêler légèreté et profondeur. Answer fait danser, oui, mais surtout réfléchir. On y sent la musicienne formée, la femme libre, l’artiste qui préfère les premières prises imparfaites — parce qu’elles sont vraies. Dans un monde obsédé par le vernis, elle choisit la peau nue.
Et c’est peut-être ça, le vrai pouvoir de Answer : te faire bouger la tête tout en te glissant à l’oreille cette petite phrase que tu n’osais pas dire à l’autre. « Réponds-moi. Mais sois honnête. »
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octobre 11, 2025Étrange sensation que celle de Walk Away. C’est un morceau sans mots, mais pas sans voix. Chaque synthé y respire, chaque accord y murmure quelque chose d’intime. Quinten Jesse, entre Manchester et les Pays-Bas, signe ici une pièce instrumentale qui parle mieux que bien des textes : un R&B flottant, suspendu entre le groove et la gravité, où l’absence devient le cœur battant du morceau.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/3c4n2f9LBKd2WUsugOYfax
Ce n’est pas un simple beat — c’est un espace. Une architecture sonore faite de nuances, de frissons électroniques et de silences choisis. Walk Away s’ouvre comme un souvenir au ralenti : une nappe de Rhodes éthérée, une basse ronde qui glisse sans forcer, et cette batterie digitale, souple, presque timide, qui semble battre au rythme d’un cœur hésitant. Le morceau avance sans se presser, comme quelqu’un qui s’éloigne à reculons, incapable de vraiment tourner le dos à ce qu’il quitte.
Là où Quinten Jesse impressionne, c’est dans sa manière de fusionner les textures : l’élégance du R&B contemporain s’y mêle à la fluidité introspective de la scène alternative hip-hop. On pense à la chaleur soyeuse de Tom Misch, à la précision rêveuse de Monte Booker, mais le son de Quinten garde quelque chose de plus fragile, de plus européen — une lumière froide, un détachement pudique.
Ce qui fascine surtout, c’est ce qu’on n’entend pas. Dans cet instrumental sans paroles, chaque note semble remplie d’un non-dit. Le titre, Walk Away, agit comme une clé : on comprend que la musique est ici une forme d’adieu. Pas spectaculaire, pas dramatique — juste ce moment suspendu où l’on comprend qu’il faut partir, mais qu’on reste encore un peu.
Les arrangements sont d’une précision cinématographique : des textures liquides, des basses en apesanteur, un beat minimaliste qui se déploie comme une respiration. Quinten Jesse prouve qu’il n’a pas besoin de voix pour faire vibrer l’émotion — son langage est celui des fréquences, des transitions imperceptibles, de la tension douce entre le corps et l’air.
Walk Away n’est pas un morceau à écouter : c’est un morceau à ressentir. Une errance lente entre introspection et sensualité, entre groove et solitude. C’est la bande-son d’un moment qu’on n’a pas envie de finir — et qu’on rejoue en boucle, juste pour retarder le silence.
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octobre 11, 2025Ce disque m’a donné l’impression d’être dans une chambre d’hôtel que je ne reconnaissais plus, à deux heures du matin, la fenêtre ouverte sur un ciel bleu pétrole. Tout vibrait doucement, comme si le monde s’était mis à flotter. Take To The Sky, premier long format de NEEB, n’est pas un album de jazz au sens strict — c’est un mirage feutré, une onde, une traversée sensuelle entre la chair et le son.
Jasmine Weatherill chante comme on chuchote une vérité qu’on n’a jamais dite à voix haute. Elle a cette voix translucide, presque tactile, qui se dépose sur les textures fluides de Mark Hand et Tony Waite comme un souffle sur une vitre embuée. Autour d’elle, le groupe respire : la basse avance à pas de velours, les synthés se déploient en halo, et la batterie, fine et attentive, semble écouter avant de frapper. On pense parfois à Sade, à Talk Talk, à ce jazz anglais qui s’est toujours écrit à la frontière du silence. Mais NEEB n’imite personne. Leur son, c’est celui d’une génération qui a digéré la soul, le dub, la house et le chagrin — et qui, au lieu de choisir, préfère flotter entre les états.
Chaque morceau agit comme un état d’âme. Take To The Sky ouvre le bal avec la grâce d’un lever de jour : on sent la lumière passer entre les doigts. The Way I Do glisse sur un groove qui se dérobe, à la fois tendre et fuyant. Puis Cave of Hands descend dans des profondeurs plus troubles — un trip intérieur, moite, presque mystique. Visions se hisse au-dessus du brouillard avec une trompette qui fend la nuit comme un souvenir qui revient sans prévenir. All Caught Up déploie une élégance discrète, un jazz en apesanteur, tandis que Time Is Elastic s’étire, suspendu entre deux respirations, comme un rêve qui refuse de finir. Wasted est le moment de vertige, la nostalgie pure. Et Brighter Day, enfin, réapprend la lumière : un au revoir qui a le goût d’un recommencement.
Ce que NEEB propose ici dépasse la virtuosité. C’est une forme de tendresse sonore, une exploration des textures et du temps, un disque qui coule lentement dans les veines comme un calmant. On y entend le poids des nuits blanches, des amours suspendues, des doutes qu’on apprivoise. C’est un album pour les heures sans montre, pour ceux qui ne savent plus très bien s’ils dansent ou s’ils rêvent.
Take To The Sky ne cherche pas à impressionner — il cherche à hypnotiser. Et il y parvient, avec une douceur presque insolente.
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octobre 10, 2025Pas de grand fracas, pas de look tapageur. James Vickery avance à contre-temps du bruit, porté par une voix chaude comme un vinyle d’été, un RnB cousu main, sans effet de manche. Londres l’a vu naître, entre héritage sud-africain, racines galloises et amour précoce pour les voix qui racontent vrai. Il n’a qu’une oreille qui fonctionne, mais c’est peut-être ce qui rend son groove si particulier : toujours centré, toujours juste, toujours habité.
Son dernier projet, JAMES., est un miroir doux-amer tendu à sa propre vie. Une soul contemporaine qui n’a pas peur du romantisme, ni du silence entre les mots. Pas d’artifice, pas de gimmick. Juste une voix et une sincérité désarmante. À mi-chemin entre ballades en apesanteur et vibes qui font hocher la tête sans prévenir, l’album dévoile un artiste à la croisée des sensibilités : entre le spleen moderne d’un Frank Ocean, les inflexions organiques d’un D’Angelo et la tendresse brute d’un Sampha.
On a posé dix questions à ce chanteur anglais pas comme les autres, pour parler de racines, de sauces secrètes, de playlists de cœur et de la manière la plus improbable d’entrer dans la musique professionnelle : par accident, à cause d’une opération, et par besoin de réapprendre à parler.Voici l’interview de James Vickery, à une oreille du miracle.
1) Qui es-tu ?Salut ! Je m’appelle James Vickery, je suis chanteur et je viens de Londres. Je fais de la musique depuis quelques années maintenant, et j’espère que celles et ceux qui aiment la soul et le RnB y trouveront leur bonheur.
2) Quel est ton parcours ?J’ai grandi dans une famille métissée : ma mère est originaire d’Afrique et mon père du Pays de Galles. Musicalement, c’était aussi très contrasté. Du côté maternel : Soul, Motown, Disco. Du côté paternel : rock, blues, guitares. Je pense que mes arrangements viennent de lui, mais mon style, de ma mère. Et puis j’ai grandi dans le sud de Londres, un coin très riche culturellement, qui m’a profondément influencé.
3) Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?Sensuelle. Passionnée. J’essaye toujours de rester honnête. Mes chansons parlent souvent d’amour, mais à travers mon prisme. Elles racontent des choses que j’ai vraiment vécues.
4) Quelles sont tes inspirations ?En écrivant mon album JAMES., j’ai voulu créer quelque chose qui me ressemble totalement. Un projet complet, fidèle à toutes les facettes de ma personnalité : des titres légers, d’autres plus émouvants. Ce disque, c’est moi, sans filtre.
5) Quelle est ta playlist du moment ?Comme beaucoup en ce moment, je suis obsédé par Olivia Dean. Elle est rafraîchissante. J’écoute aussi beaucoup Dijon et Sasha Keable.
6) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Une recette de famille : un dip aux artichauts hérité de mon père. Hyper simple — artichauts, mayo, piment — mais toujours un carton en dîner. Je harcèle aussi ma grand-mère pour qu’elle me file ses recettes sud-africaines, alors reviens me poser la question dans quelque temps !
7) Quels sont tes projets à venir ?Je réfléchis toujours à la suite, mais je ne peux pas encore en dire trop. Peut-être quelque chose pour Noël… Suspense !
8) Une anecdote à ton sujet ?Je suis devenu chanteur complètement par hasard. Je suis né avec une malformation : je suis sourd de l’oreille gauche. Après une opération, j’ai dû réapprendre à parler. Le médecin m’a conseillé de prendre des cours de chant pour m’aider à projeter ma voix. Et… c’est comme ça que tout a commencé.
9) Si tu pouvais passer 48h avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?Stevie Wonder. Son influence sur moi est immense. Je redécouvre sans cesse des morceaux à lui que je n’avais jamais entendus, et chaque fois, je suis bluffé. Mon héros absolu.
10) Un dernier conseil ?Le meilleur exercice ? Écouter de la musique, encore et encore. Ce que tu entends, même sans y penser, deviendra ta matière première. Et surtout : sois sympa avec tes ingés son. Toujours.
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octobre 8, 2025Le titre sonne comme une provocation, une question lancée dans le vide — Ask Me If I’ve Ever Been in Love ? — et dès les premières secondes, on comprend que MTHEPOET ne cherche pas à séduire. Il cherche à dire. À se dire. À exorciser ce que l’amour fait aux êtres quand il les traverse sans prévenir, sans mode d’emploi.
Ce morceau, c’est le battement irrégulier d’un cœur qui n’a pas appris à mentir. Le flow de MTHEPOET s’y déploie comme un journal intime récité à voix haute, oscillant entre la désinvolture du rap et la fragilité d’un R&B de confession. Ce n’est pas un texte construit pour impressionner — c’est un aveu brut, d’autant plus percutant qu’il refuse les artifices. On sent derrière chaque mesure un combat entre la pudeur et l’envie de tout cracher, entre l’ego et l’émotion nue.
La production épouse cette tension : douce, planante, presque mélancolique. Un piano délicat flotte sur une rythmique aérienne, tandis que la voix, légèrement brisée, glisse dans un espace feutré. Ce contraste entre la légèreté du son et la gravité du propos crée une atmosphère singulière — quelque part entre la nostalgie d’un souvenir et la lucidité d’une cicatrice. MTHEPOET ne chante pas l’amour idéalisé : il raconte la dépendance, l’obsession, le manque. Et surtout, cette façon qu’a l’amour de révéler nos propres failles sous prétexte de nous sauver.
Son interprétation rappelle ces artistes qui ont compris que le silence entre deux phrases peut parfois être plus lourd que les mots — la retenue d’un Frank Ocean, la sincérité d’un Mac Miller, ou la confession nerveuse d’un Giveon. Mais MTHEPOET garde sa singularité : il parle comme on parle à une ex qu’on n’a jamais réussi à oublier, avec ce mélange d’amertume, de tendresse et de fierté mal placée.
Ask Me If I’ve Ever Been in Love ? marque une renaissance artistique — le premier souffle après une mue. Un rebranding, oui, mais surtout une réappropriation : celle d’un artiste qui ne veut plus plaire, seulement être vrai. Et dans une époque saturée de faux sentiments et de refrains interchangeables, MTHEPOET rappelle que la plus belle arme reste encore la vulnérabilité.
C’est un morceau à écouter tard, casque vissé, quand la ville dort et que le cœur bat trop fort. Parce qu’au fond, on a tous déjà voulu qu’on nous pose cette question — juste pour pouvoir répondre : “oui, et j’en suis encore revenu qu’à moitié.”
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octobre 7, 2025Je crois que j’ai rarement entendu une chanson qui sonne à ce point comme un souvenir. Haunted Love, c’est cette sensation étrange d’ouvrir une vieille boîte à musique et de voir en sortir non pas une mélodie, mais une émotion qu’on pensait enterrée. Obeeyay réussit ici un tour de magie : transformer la nostalgie en pop, la douleur en danse, l’absence en groove.
Ce morceau n’est pas juste un titre radiophonique bien ficelé — c’est une traversée. Il y a dans la production quelque chose de cinématographique, presque spectral : une basse qui se faufile dans les interstices, des nappes de synthés au parfum de chrome, des chœurs qui semblent flotter entre deux mondes. On croit entendre les échos d’un amour qui ne veut pas mourir, piégé quelque part entre le réel et la mémoire.
La voix d’Obeeyay, c’est le fil rouge de ce labyrinthe. Elle ne surjoue jamais, mais elle brûle. Elle s’avance d’un pas sûr, pourtant on devine dans ses inflexions une fragilité qu’il ne cache pas. Chaque note semble porter une ombre derrière elle — comme si aimer, chez lui, signifiait toujours risquer l’effondrement. Ce n’est pas de la pop candide, c’est de la pop hantée, au sens littéral.
L’écriture, d’une limpidité presque trompeuse, glisse sans heurts, mais chaque mot a le poids d’une réminiscence. “Throwing caution to the wind” prend ici un sens presque fataliste : aimer sans réfléchir, c’est parfois se condamner à ne jamais s’en remettre. Ce que raconte Obeeyay, ce n’est pas une romance, c’est l’après — le moment où le cœur bat encore alors que tout le reste s’est arrêté.
Techniquement, le morceau flirte avec le meilleur de la dance-pop 2010’s : une efficacité immédiate, une texture chaude et synthétique, un refrain calibré pour faire vibrer les murs d’une voiture à 2 h du matin. Mais il y a aussi quelque chose d’authentiquement humain, d’intuitif, dans la façon dont Obeeyay construit ses montées : chaque beat semble synchronisé avec un battement de cœur. On sent l’artiste qui connaît les ficelles du métier, mais qui ne les utilise pas comme un calcul — plutôt comme un instinct.
Haunted Love est une déclaration d’intensité. Pas celle qui crie, celle qui consume en silence. La chanson ne parle pas de rupture, mais de possession : de ce sentiment qu’un amour, même disparu, continue de nous habiter comme un parfum dans une pièce vide.
Obeeyay signe ici une œuvre hybride — commerciale dans sa structure, poétique dans sa chair. Et quelque part entre The Weeknd, Brandy et la pop fiévreuse de Troye Sivan, il trace sa propre ligne : celle d’un artiste qui ne choisit pas entre le corps et l’âme, entre le show et la confession.
Haunted Love, c’est un sortilège. Un morceau qui vous suit quand les lumières s’éteignent, et qui vous rappelle, d’une voix feutrée : certains amours ne se terminent pas, ils se transforment.
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octobre 7, 2025J’ai eu l’impression, en écoutant Someone I Can Roll With, de surprendre un souvenir qui refusait de mourir. Ce n’est pas une chanson, c’est une chambre encore tiède d’un amour évaporé. La prod s’ouvre comme un soupir : un battement étouffé, un souffle électronique, une basse qui marche à pas feutrés sur le carrelage froid du manque. JAK y dépose sa voix comme on écrit à une ex qu’on ne devrait plus contacter — calme, lucide, mais avec ce tremblement dans la gorge qui dit tout le contraire.
Il y a dans ce morceau un sens du détail émotionnel rare. Le tempo est lent, volontairement vacillant, comme si le morceau hésitait à aller de l’avant. Les silences entre les mots sont presque plus parlants que les paroles. Someone I Can Roll With joue cette partition fine entre la nostalgie et l’acceptation, entre l’envie de recoller les morceaux et celle de simplement laisser la vie filer. On sent la main d’un artiste qui comprend le pouvoir du non-dit, du murmure, de la retenue.
RichMusiq vient s’y glisser comme une ombre parallèle, un écho de la tendresse passée. Leur dialogue est presque spectral : deux voix qui se frôlent sans jamais vraiment se toucher, comme deux silhouettes séparées par la buée sur une vitre. Ce featuring n’est pas une addition, c’est une extension, un dédoublement du même sentiment — le besoin d’être compris sans avoir à parler.
Techniquement, JAK fait du minimalisme un terrain d’émotion pure. Pas de beat tonitruant, pas d’effet gratuit. Le morceau respire dans l’espace qu’il crée : chaque note, chaque reverb a une fonction narrative. La mélodie avance comme une voiture dans la nuit, guidée par les phares d’un souvenir trop présent. C’est du pop-rap dans sa forme la plus désarmée, celle qui troque la punchline contre le frisson.
Mais derrière cette délicatesse se cache quelque chose de plus profond : une désillusion moderne. L’amour chez JAK n’est pas un refuge, c’est un terrain instable. Il chante la lente érosion du lien, la tendresse qui se transforme en routine, la complicité qui devient politesse. Et pourtant, on sent qu’il y croit encore, un peu — qu’il attend peut-être qu’une main se tende, même dans le noir.
À la fin, Someone I Can Roll With ne console pas. Il accompagne. Il te laisse dans ton silence, avec un goût doux-amer sur la langue et cette sensation d’avoir été vu sans artifice. JAK signe ici une confession d’une justesse presque cinématographique — un de ces morceaux qui ne se dansent pas, mais qui s’écoutent la tête contre la vitre, quand la ville défile et qu’on se demande encore pourquoi c’est si difficile d’aimer sans se perdre.
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octobre 7, 2025J’ai écouté A Flower with a Venomous Taste un soir d’insomnie, casque sur les tempes, les yeux ouverts sur l’obscurité. Et je me suis demandé à quel moment un morceau devient plus qu’un morceau — un état, un trouble, un parfum dans la pièce. PMBM a cette rare capacité de composer comme on rêve : sans chronologie, sans filtre, avec la précision d’un chimiste et la fièvre d’un poète.
Dès les premières secondes, la tension s’installe : les basses vibrent comme un souffle dans la nuque, les textures industrielles suintent un romantisme dangereux. Ce n’est pas une chanson d’amour — c’est un rituel. Une invocation des désirs que l’on ne veut pas nommer, des pulsions qu’on refoule en plein jour. Le titre, A Flower with a Venomous Taste, dit tout : la beauté ici n’est pas une promesse, c’est un piège — et PMBM s’y jette tête la première, conscient du poison, avide de l’ivresse.
Sa voix est à la fois prière et menace, une ligne vocale qui s’étire entre murmure et implosion. On l’entend flotter au-dessus du chaos électronique, comme une âme coincée entre l’abandon et la lucidité. C’est ce contraste, presque viscéral, qui donne au morceau sa densité : le froid des machines contre la chaleur d’un cœur qui brûle encore.
Musicalement, PMBM construit un univers où la néo-soul s’embrase au contact d’une production cinématique, noire, presque organique. On pense à un croisement entre les abysses de Sevdaliza et les visions hallucinées de Dean Blunt, mais avec une sensualité plus palpable, plus sale. Chaque beat semble suinter d’un romantisme industriel, chaque synthé coule comme du mercure.
Ce que PMBM réussit ici, c’est un geste d’équilibriste : faire tenir ensemble la beauté et la douleur, la chair et la ferraille, l’émotion pure et la distorsion. A Flower with a Venomous Taste n’est pas un titre à écouter distraitement — c’est un morceau qui t’avale lentement, te griffe, te caresse, te laisse avec un goût métallique sur les lèvres.
Quand la dernière note s’efface, on reste suspendu, pris entre fascination et malaise. Comme après avoir touché quelque chose de trop vrai. PMBM ne chante pas pour séduire : il chante pour disséquer ce qui, en nous, persiste à aimer le danger. Et c’est précisément là que réside sa puissance.
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octobre 7, 2025Il y a dans Day Drunk une forme de douceur désabusée, un vertige tranquille, comme un dimanche après-midi qu’on étire trop longtemps pour ne pas penser au lundi. Carbonara Collective et XXJULÍA signent ici une pièce de néo-soul moelleuse et presque translucide, une errance élégante dans la torpeur de nos quotidiens saturés. C’est la bande-son d’un burn-out chic, d’un trop-plein d’exigence déguisé en groove.
Tout commence dans une brume feutrée : batterie feignant la nonchalance, basse veloutée, Rhodes qui suinte la nostalgie. On croit d’abord à un morceau pour chiller, mais très vite, on comprend que le fond est plus trouble. Day Drunk parle du surmenage, de cette course absurde où l’on se perd en voulant bien faire — un autopilote existentiel où l’on finit par confondre productivité et survie. XXJULÍA y glisse sa voix comme une caresse fatiguée : elle ne chante pas pour séduire, mais pour respirer.
Et pourtant, rien de lourd ici. La magie du morceau, c’est cette légèreté poétique avec laquelle il traite le vide. Le groove n’appuie jamais, il flotte. Chaque élément sonne comme un soupir maîtrisé : un piano qui tombe sur la syncope, une basse qui ronronne, une touche de lo-fi jazz-hop pour lisser l’angoisse. On pense à Tom Misch pour la précision, à Sault pour l’âme, à Erykah Badu pour la sincérité trouble.
Carbonara Collective a toujours cultivé cette approche sensuelle et artisanale du son : une musique qui respire la cuisine lente, mijotée avec soin. Day Drunk en est une illustration parfaite. Giorgio Carbonara, alchimiste discret, y mêle jazz, R&B et minimalisme électronique dans une sauce où chaque ingrédient garde sa saveur.
C’est un morceau qui ne cherche pas à te faire danser, mais à t’arrêter un instant. À t’offrir une ivresse douce, non pas de vin mais de lucidité. Dans le brouillard lumineux de Day Drunk, on se retrouve — un peu flou, un peu las, mais étrangement apaisé. Parce que parfois, le vrai luxe, c’est juste d’avoir le droit de ralentir.
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octobre 7, 2025Il y a chez Prince Lucas une manière de faire du désir une science. Deserve It n’est pas un simple morceau d’afrofusion : c’est une conversation feutrée entre le charnel et le spirituel, une déclaration qui oscille entre vulnérabilité et fierté. Le titre se déploie lentement, comme un parfum qu’on ne sent qu’après l’avoir porté un moment — chaud, enveloppant, addictif.
Le groove, d’abord, est une promesse. Les percussions glissent comme de la soie sous les mots, la basse danse en arrière-plan, mesurée, sensuelle. La production épouse le corps avant de flatter l’oreille : tout est construit pour faire fondre la distance entre celui qui chante et celui qui écoute. On y reconnaît la touche new-yorkaise dans la structure — précise, urbaine, pensée —, mais c’est la chaleur nigériane qui donne au morceau son âme : ce battement de cœur ancestral qui transforme chaque syllabe en pulsation.
La voix de Prince Lucas, suave mais sans artifices, raconte sans crier. Il ne supplie pas : il invite. Dans son timbre, il y a la lucidité de ceux qui ont aimé trop fort, et la dignité de ceux qui savent ce qu’ils méritent. Deserve It, c’est ce moment où le “lover boy” devient narrateur, où l’homme se regarde en face et se dit que l’amour, même s’il fait mal, reste un acte de noblesse.
On sent derrière chaque phrase un héritage — celui d’une génération afro-diasporique qui mêle l’intimité à la conquête, la douceur à l’ambition. Prince Lucas chante comme on confesse un rêve, avec ce léger accent de fierté qui rappelle que le romantisme peut être un territoire de pouvoir.
Le morceau se situe entre Burna Boy pour la maîtrise du rythme et Brent Faiyaz pour la confidence déliée. Mais surtout, il a ce quelque chose de singulier : une sincérité brute qui échappe aux calculs. Deserve It respire la classe des débuts prometteurs — celle d’un artiste qui sait que le charme n’est pas une posture, mais une vibration.
C’est une chanson qu’on ne danse pas vraiment, qu’on ressent. Elle s’écoute tard, dans la lumière tamisée d’un salon, avec un sourire qui flotte entre nostalgie et satisfaction. Prince Lucas n’essaie pas de prouver qu’il mérite l’amour : il le chante comme s’il l’avait déjà gagné.
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octobre 7, 2025Je ne sais pas à quel moment exactement On My Mind a commencé à me happer. Peut-être quand la voix d’Alyssa Jane s’est déposée sur cette nappe de synthé tiède, comme un souvenir qu’on croyait avoir rangé. Ou peut-être avant, dès les premières secondes, quand SV a laissé le silence respirer — ce silence qui, dans sa musique, dit toujours plus que les mots. Ce morceau ne cherche pas à séduire, il se glisse. Il prend son temps, s’installe dans les pores, s’épanouit comme une pensée obsédante au cœur de la nuit.
SV, producteur bostonien nourri au hip-hop et au jazz, a cette élégance rare de ceux qui savent que le groove n’a pas besoin de crier pour exister. Sa prod respire, joue avec les interstices, mélange chaleur analogique et minimalisme digital. Tout est feutré, millimétré, organique. On entend le frottement des doigts sur les cordes, les respirations de la chanteuse, les micro-souffles du mix — comme si l’intimité était volontairement préservée, presque sacrée.
Puis la voix d’Alyssa Jane s’avance. Douce, mais ferme. Elle ne pleure pas la perte, elle la caresse du bout des lèvres. Son chant effleure plus qu’il ne frappe, s’installe dans un entre-deux fragile où la mélancolie devient presque volupté. Il y a chez elle cette manière de dire “je t’aime encore” sans le dire, de murmurer la dépendance avec dignité. On pense à H.E.R., à SZA, à Daniel Caesar, mais Alyssa n’imite personne — elle flotte dans sa propre brume.
On My Mind n’est pas un slow R&B de plus. C’est une conversation intérieure, un geste suspendu entre la mémoire et le désir. SV et Alyssa construisent ici un espace sonore où le manque devient matière, où le temps s’étire comme un fil incandescent. C’est une chanson de fin de nuit, quand tout est trop calme pour mentir et que le cœur recommence à parler tout seul.
J’y entends une tendresse épuisée, une lucidité belle et triste. Ce n’est pas une chanson d’amour : c’est une chanson de ce qu’il en reste. Et dans cette lenteur assumée, dans cette sincérité sans fioritures, On My Mind rappelle que l’émotion la plus forte n’est pas celle qu’on hurle, mais celle qu’on retient.
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octobre 7, 2025Dès la première note, on comprend que Quentin Moore ne chante pas seulement l’amour : il l’incarne. Kiss Your Lips suinte la sensualité d’un autre temps, celui des draps froissés en velours et des lumières rouges tamisées. Une guitare wah-wah respire au ralenti, la basse ronronne comme une panthère, et la voix de Quentin — mi-prêche, mi-caresse — t’embarque dans un groove où chaque respiration devient une confession.
Le morceau transpire l’héritage des grands — Marvin Gaye, Curtis Mayfield, D’Angelo — mais sans se figer dans la nostalgie. Quentin Moore revisite la soul 70’s avec une élégance moderne, entre la moiteur d’Isaac Hayes et les textures planantes des Free Nationals. Ce n’est pas du simple revival : c’est une réincarnation. Là où d’autres pastichent, lui canalise.
“Kiss Your Lips” parle du baiser, mais pas de n’importe lequel. Celui qui te fait perdre la gravité. Celui qui te débranche du réel. Quentin transforme le geste le plus banal du désir en expérience mystique. Ses arrangements — tout en live, organiques, vibrants — amplifient cette montée vers l’extase : le cuivre chuchote, la batterie respire, et la guitare semble presque gémir. Le morceau devient une transe, une lente montée de chaleur, un vol orbital autour du mot love.
Et puis, il y a cette voix. Douce, légèrement fêlée, mais toujours sûre d’elle. Elle joue avec les silences autant qu’avec les notes, comme si Quentin savait que le vrai pouvoir d’un slow n’est pas dans ce qu’on dit, mais dans ce qu’on retient. Il chante comme on murmure à quelqu’un dans le noir : avec une sincérité presque désarmante.
Dans un monde où le R&B s’est souvent perdu dans la mécanique, Quentin Moore ramène la chair. Kiss Your Lips n’est pas juste une chanson, c’est une ambiance : une ode au toucher, au souffle, à la vulnérabilité. Une soul qui sent la peau et la fumée, une promesse d’amour en 33 tours.
Si le groove avait une religion, Quentin Moore en serait le prédicateur. Et Kiss Your Lips, son psaume le plus sensuel — une messe intime pour les amoureux du son, du corps et du cosmos.
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octobre 7, 2025Il chante comme on respire après le chaos — avec une urgence tranquille, une foi qui s’entend dans chaque silence. Pause, le nouveau single de Mightyyout, n’est pas un simple titre d’afro-dancehall calibré pour les playlists tropicales. C’est un instant suspendu entre douleur et délivrance, un groove né de la survie, forgé dans le feu de Lagos et le sel des cicatrices.
Mightyyout ne fait pas de musique pour séduire : il raconte sa résilience. Derrière les mélodies suaves et les basses moelleuses se cache un homme qui a tout perdu, puis tout reconstruit dans l’obscurité — littéralement. “No lights. No eyes. Just me, the mic, and whatever spirit shows up.” C’est ainsi qu’il enregistre, seul dans le noir, comme si chaque note était une prière. Et ce rituel, on le ressent dans Pause : une énergie presque spirituelle, une façon de faire danser la douleur sans jamais la nier.
Le morceau pulse avec cette chaleur typique du dancehall nigérian, mais le rythme est tempéré — pas d’explosion, plutôt une respiration lente, profonde. Les percussions cognent comme des battements de cœur, la voix flotte entre murmure et incantation. Mightyyout parle d’amour, oui, mais pas celui des refrains faciles. Chez lui, l’amour est un champ de bataille où la tendresse flirte avec la survie. “Pause”, c’est l’instant où tout se calme, juste avant la tempête suivante — le besoin de souffler avant de reprendre la route.
Sous la surface, on perçoit le poids de ses épreuves. Le garçon qui a fui Port Harcourt après une agression, celui qui a passé huit mois sur des béquilles après un accident, est encore là, mais transformé. Sa musique respire la gratitude et le feu — une dualité rare, à la fois enracinée dans la rue et ouverte sur le monde. C’est d’ailleurs ce qui rend Mightyyout fascinant : il incarne la nouvelle garde du son afro-dancehall, cette génération hybride qui unit spiritualité, sensualité et modernité.
Pause tient du sortilège : une vibe brûlante mais contenue, un son calibré pour les clubs mais né dans la pénombre. On y entend Davido dans la lignée, Popcaan dans le sang, mais surtout Mightyyout dans sa vérité — brute, sincère, presque mystique. Il ne s’agit plus seulement de faire danser, mais de guérir, de transformer le vacarme du monde en rythme intérieur.
Et quand le dernier beat s’éteint, il reste ce sentiment rare, presque sacré : celui d’avoir écouté un artiste qui ne joue pas un rôle, mais qui se bat pour exister. Pause, c’est le silence avant la renaissance — et Mightyyout, lui, ne compte plus s’arrêter.
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octobre 1, 2025La première impression est déroutante : un titre en russe (Как Твои Дела? – “Comment ça va ?”) qui sort tout droit de l’imaginaire incandescent des favelas brésiliennes. DENYIZ brouille les cartes et c’est précisément ce qui fascine. Ici, le funk carioca n’est pas réduit à ses clichés de beats martiaux et de refrains hurlés : il est remodelé, lissé par des éclats dancehall et gonflé d’une énergie pop-rap qui le propulse au-delà de son territoire natal.
La rythmique est frontale, charnelle, presque moite, comme une invitation au mouvement des hanches dans une chaleur urbaine saturée. Mais derrière cette pulsation instinctive se glisse une ironie douce, un clin d’œil pop qui rend le morceau irrésistible même pour les oreilles les plus éloignées de Rio. La prod balance entre minimalisme et efficacité : basses élastiques, percussions sèches, et cette manière de laisser respirer les silences, comme pour mieux frapper au moment du retour.
DENYIZ joue avec les codes – il convoque la puissance brute du baile funk, mais lui applique un vernis contemporain qui fait écho à la mondialisation des sons. On pense à un Major Lazer en version underground, ou à un Bad Bunny qui se serait laissé séduire par les syncopes cariocas. Le texte, scandé avec un accent volontairement tranchant, ajoute une étrangeté magnétique : le russe, au milieu de cet océan afro-latin, agit comme une distorsion poétique, un télescopage culturel qui surprend et intrigue.
Как Твои Дела? n’est pas seulement un track de club : c’est un manifeste hybride, une preuve que le funk brésilien peut muter, se métisser et voyager sans rien perdre de son souffle animal. DENYIZ n’imite pas, il détourne, il croise les flux sonores du Sud et de l’Est pour inventer un langage global, urgent, incandescent.
C’est le genre de morceau qu’on imagine tourner à fond dans une voiture de nuit, vitres baissées, entre deux mondes – moitié favela, moitié bloc soviétique – avec cette certitude : le futur du funk est déjà ailleurs.
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octobre 1, 2025Medellín n’est pas ici une carte postale mais un battement de cœur. Dans El Poblado, Alexandros Sarafis et Harry Mold transforment un quartier de la ville en état émotionnel, en espace sonore où se croisent souvenirs, désirs et fragments de langues. Ce n’est pas une chanson d’été, c’est un voyage intime porté par des percussions souples et une basse moelleuse, une sorte de chaleur intérieure qui se déploie au rythme d’un afrobeat sensuel teinté de hip-hop et de pop latine.
On y retrouve la touche de Wizzy Wow, producteur deux fois nommé aux Grammy Awards, qui habille le morceau d’un voile à la fois lumineux et feutré. Mais ce qui retient surtout, c’est la complicité entre les deux voix. Sarafis déroule son rap doux comme une confidence, Mold lui répond avec une légèreté presque nonchalante. L’alternance des langues — anglais, espagnol, grec — ne sonne jamais comme une pose : c’est l’évidence même d’une émotion qui refuse les frontières.
Le morceau raconte l’amour avec une économie de moyens et une grande sincérité. Plutôt que d’exagérer les clichés trop souvent accolés au “feel good”, El Poblado reste dans l’intime, presque fragile, mais il en émane une vérité universelle. La fluidité de la prod épouse le récit : c’est le genre de track qui ne s’impose pas par sa force mais qui s’installe doucement, comme un souvenir qui refuse de s’effacer.
Alexandros Sarafis, déjà reconnu pour son talent d’hybridation entre hip-hop UK et influences grecques, confirme ici une écriture musicale nomade. Avec Mold, il compose un morceau qui ne cherche pas à briller mais à accompagner : un sourire posé sur une instru, un souffle qui donne envie d’aimer sans conditions.
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octobre 1, 2025Il suffit parfois de quelques cuivres qui éclatent comme des éclairs dorés, d’une contrebasse qui danse avec les doigts et d’une voix qui ose se tenir à nu pour que l’air se charge d’électricité tendre. Avec Dizzy, Dandi livre un morceau où la neo-soul s’habille d’arrangements jazz ciselés, un tourbillon qui mêle légèreté, swing et vulnérabilité assumée.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre rare entre la fraîcheur et l’exigence musicale. Derrière le piano acoustique et les percussions souples, chaque instrument respire comme dans un live, laissant à la voix de Dandi un espace pour se déployer avec une grâce lumineuse. Elle ne cherche pas l’esbroufe mais le vrai : son timbre caresse et griffe à la fois, raconte sans surjouer, fait tanguer l’émotion entre séduction et désillusion.
Dizzy parle d’un amour qui tourne à l’ivresse, d’une danse à deux où l’on se sent porté autant que prisonnier. Le morceau file comme une valse moderne, oscillant entre l’euphorie des débuts et la lucidité des lendemains. C’est une chanson qui tourne en rond, volontairement, comme pour refléter ce manège intérieur : attirance, jugement, recul, puis le choix nécessaire de se redresser et de demander mieux.
Il y a dans cette pièce une élégance intemporelle, presque old-school, mais aussi une liberté d’écriture qui la propulse ailleurs. On songe à Erykah Badu pour l’intimité, à Esperanza Spalding pour l’audace jazz, mais Dandi ne copie personne : elle compose un univers à elle, où la vulnérabilité devient force et où chaque note semble chercher l’air libre.
Au fond, Dizzy n’est pas seulement une histoire de déséquilibre amoureux. C’est un hymne discret à l’autonomie émotionnelle, à cette capacité de quitter le manège quand la musique ne tourne plus à la bonne vitesse. Et dans cette sortie de piste élégante, Dandi signe un manifeste doux mais ferme : choisir la clarté, refuser l’ombre, tout en gardant la joie de danser.
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octobre 1, 2025Une amitié qui se fissure n’explose jamais dans le vacarme. Ça commence par un silence trop long, un sourire qui n’atteint pas les yeux, un mot acide glissé entre deux compliments. Maria Ellis a transformé cette fracture intime en étendard sonore. Son single Hater n’est pas seulement une chanson, c’est une gifle pop, glacée de R&B et d’éclats trap, qui capture ce moment exact où la confiance meurt et où naît la lucidité.
Produite par Reach, façonnée par la plume acérée d’Ellis, Hater avance comme une marche militaire, battue par des percussions sèches et des nappes électroniques qui rappellent la froideur clinique des clubs où les regards se toisent plus qu’ils ne s’embrassent. Sa voix, elle, glisse entre sensualité et provocation, à la fois séductrice et impitoyable. Elle chante comme on écrit une lettre de rupture qu’on ne relira jamais, avec cette jubilation féroce d’avoir mis des mots sur le mensonge.
Maria Ellis refuse les demi-teintes : sa pop n’est pas ce terrain consensuel où tout le monde danse sans heurts. Elle choisit la tension, la sueur, les basses lourdes qui collent au corps comme une rancune qu’on ne lave pas. Le clip, dirigé par Jasper Soloff, amplifie cette esthétique coup de poing, transformant Hater en manifeste visuel de puissance et d’indépendance.
Il y a chez Ellis quelque chose de Rihanna dans l’insolence, d’Ariana Grande dans l’amplitude vocale, mais surtout une rage personnelle, viscérale, forgée dans l’écriture et l’autoproduction. Hater ne cherche pas à plaire : il tranche, il expose, il célèbre l’acte de couper le cordon toxique. Plus qu’un single, c’est un rite de passage, l’hymne incandescent de toutes celles et ceux qui ont appris qu’aimer, c’est parfois savoir dire stop.
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septembre 30, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme des prières murmurées, d’autres comme des fêtes improvisées — et Big Manifesta de BB Thomaz a la grâce rare d’être les deux à la fois. Sur une base Afrobeats charnelle et irrésistible, l’artiste germano-américaine transforme la manifestation spirituelle en rituel collectif, comme si l’univers lui-même vibrait au rythme de ses basses.
Le morceau se déploie avec une lente montée, presque cérémonielle, avant l’impact du drop à 0:53 qui fait tout basculer : les basses frappent avec l’assurance d’un mantra répété mille fois, tandis que les mélodies scintillent comme des éclats de cristal sur une piste de danse illuminée à la bougie. C’est sensuel, optimiste, mais aussi profondément physique : on sent dans chaque frappe de kick une pulsation de survie, une affirmation de soi face aux doutes et aux blessures du passé.
Ce qui frappe dans Big Manifesta, c’est l’équilibre subtil entre le lyrisme des mantras pop et la rudesse dansante des grooves afro-fusion. On n’est pas dans l’Afrobeats générique calibré pour les playlists, mais dans une œuvre hybride qui sait absorber des nuances d’Adult Contemporary, comme si la voix et la production voulaient aussi séduire ceux qui préfèrent les ballades à la club culture. BB Thomaz y affirme son identité sans se dissoudre dans les tendances : sa voix, à la fois puissante et tendre, agit comme un guide dans ce voyage sonore où chaque note est une promesse.
Derrière l’éclat de la fête, il y a aussi l’histoire personnelle de l’artiste, marquée par la douleur mais transcendée dans la lumière. Big Manifesta n’est pas qu’une chanson, c’est une déclaration d’existence : « je suis là, je crée, j’attire ». On l’écoute comme on brandit un verre de champagne vers le ciel, certain que les étoiles répondent en écho.
BB Thomaz signe ici un hymne à la fois intime et universel, une ode à la puissance de l’intention transformée en danse, en groove, en pure énergie. Et si le pouvoir de la musique, au fond, c’était ça : manifester le futur avec chaque battement de cœur amplifié par les enceintes.
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septembre 30, 2025On croit parfois qu’il faut des refrains tonitruants ou des productions hypertrophiées pour ensorceler une oreille. Girl Is The New Boy démontre le contraire avec The Magician. Leur deuxième titre n’est pas une explosion mais une incantation : une progression subtile, hypnotique, qui installe sa magie dans le creux du corps avant même qu’on s’en aperçoive.
Le morceau s’avance comme un sortilège néo-soul, vibrant d’une chaleur organique, où chaque détail semble convoquer un univers parallèle. Les lignes instrumentales se croisent et s’éloignent comme des constellations qu’on essaie de relier du doigt, dessinant une carte intime et mouvante. Les rythmiques héritées du hip-hop alternatif donnent l’assise, mais jamais en force brute : ici, la batterie respire, les silences comptent autant que les coups, et l’espace laissé à l’auditeur est presque une invitation à compléter soi-même la formule magique.
Ce qui fascine dans The Magician, c’est cette manière d’osciller entre fragilité et aplomb. On sent un héritage direct de la soul la plus sensuelle — une façon de laisser le grain vocal trembler, de ne pas lisser l’émotion — tout en glissant des audaces rythmiques qui lorgnent du côté d’un hip-hop poétique, presque cinématographique. À l’écoute, on pense à la collision entre Erykah Badu et The Internet, mais passée dans un prisme plus contemporain, presque londonien dans sa noirceur élégante.
Après Fashion Me a Drum, qui avait déjà attiré l’attention bien au-delà de son cercle immédiat, Girl Is The New Boy confirme qu’ils ne sont pas un projet éphémère mais un laboratoire esthétique. Chaque morceau semble conçu comme une expérience sensorielle, un fragment de récit plus vaste où les genres ne sont plus des catégories mais des matières à tordre.
The Magician n’essaie pas de séduire en surface. C’est un titre qui s’insinue, qui demande à être rejoué, qui installe une atmosphère dont on ne se défait pas si facilement. Et dans un paysage saturé de hits jetables, c’est peut-être là le vrai sortilège : composer une musique qui hante au lieu de simplement divertir.
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septembre 30, 2025Une chanson comme celle-ci ne s’écoute pas, elle s’absorbe. Comme un ciel bas, lourd de pluie, qui finit par éclater et vous tremper jusqu’à l’os, Never Meant To Hurt You est une confession qui ne cherche pas l’absolution, mais la justesse. Ady Suleiman, avec sa voix de velours froissé, murmure plus qu’il ne chante : il ouvre une plaie, la caresse du bout des doigts et nous invite à la regarder sans détour.
Là où tant de ballades R&B se contentent d’un vernis émotionnel, ce morceau est une mise à nu. La production de Miles James épouse parfaitement cette pudeur : nappes souples, battements discrets, une architecture sonore qui n’impose rien mais soutient tout. C’est une mise en scène subtile, un décor minimaliste pour une histoire trop vaste pour être réduite à un couplet.
Puis surgit Kofi Stone, comme un contrepoint dramatique, un souffle grave qui densifie le récit. Sa voix ne vient pas contredire mais compléter : elle rappelle que l’amour est toujours un jeu de perspectives, qu’à chaque blessure répond une désillusion. Ensemble, ils construisent une polyphonie fragile, à la frontière de la soul, du spoken word et du hip-hop le plus introspectif.
La force de Never Meant To Hurt You ne réside pas seulement dans ce dialogue sensible, mais dans la trajectoire qu’il incarne. On retrouve Ady Suleiman après une parenthèse longue, peut-être nécessaire, comme si l’artiste avait eu besoin de se taire pour mieux renaître. Ses racines swahilies, ses souvenirs de Grantham étouffés par l’ennui provincial, son adolescence sauvée par une guitare et par Hendrix — tout cela affleure dans ses inflexions, comme des fantômes qui refusent de disparaître.
Le morceau agit alors comme une réconciliation : entre passé et présent, entre vulnérabilité et force, entre soul et rap. Ce n’est pas un single calibré pour faire tourner les algorithmes, c’est un fragment de vérité cristallisé en musique. Et quand Ady répète qu’il n’a jamais voulu blesser, on comprend que ce n’est pas seulement une adresse à l’être aimé, mais à lui-même, à ses propres manquements.
Dans cette sincérité brute, Never Meant To Hurt You trouve sa grandeur : une ballade moderne qui redonne à l’erreur humaine la dignité d’une œuvre d’art.
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septembre 30, 2025L’image des boy bands nippons a souvent été associée à la perfection millimétrée, à des chorégraphies exécutées comme des horloges et à une pop polie au point de briller comme un néon. Mais avec BET YOUR LIFE, ONE OR EIGHT déjoue les attentes et injecte une tension presque cinématographique dans leur univers. C’est une chanson qui ne cherche pas seulement à séduire par ses refrains accrocheurs : elle clame le droit au vertige, à l’élan, à la mise en danger.
Dès les premières secondes, on est happé par une production hybride qui emprunte au pop rap l’énergie frontale, au K-pop l’opulence rythmique, et au J-pop l’art du détail mélodique. Les percussions claquent avec une précision chirurgicale, mais le morceau respire une urgence viscérale : cette idée de jouer son avenir sur un coup de dés, de brûler ses hésitations sur l’autel d’une foi inébranlable en soi-même.
La force de ONE OR EIGHT, c’est de transformer un credo existentiel en hymne collectif. BET YOUR LIFE raconte le doute, la peur et l’anxiété, mais toujours pour mieux les balayer dans une explosion de voix superposées, de refrains taillés pour les stades et de passages rappés qui ajoutent du mordant. On pense à ces instants de bascule — avant un saut, une déclaration, un choix qui change tout — où l’on sent le monde se tendre comme une corde. Ici, la musique devient cette corde, tendue mais jamais cassée, vibrante d’énergie.
Et derrière l’efficacité pop se dessine un projet plus grand : celui d’un groupe qui fait de son propre parcours un miroir pour une génération. ONE OR EIGHT, en choisissant de baptiser sa chanson BET YOUR LIFE, assume la radicalité de son nom même — « all or nothing », tout ou rien. C’est cette mise en jeu permanente qui rend leur univers fascinant : chaque note sonne comme une prise de risque, chaque refrain comme une victoire arrachée au doute.
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septembre 30, 2025Il y a dans Forever Bae ce parfum intemporel que seules les vraies voix savent convoquer : un mélange de douceur satinée et de ferveur brûlante, quelque part entre le slow jam des années 90 et l’élégance vintage de la Motown. Keith Robinson n’a pas seulement écrit une ballade, il a dessiné une scène : celle d’un amour qui s’éternise, qui danse encore sur le vinyle même après que la lumière s’éteint.
L’arrangement, subtilement rétro, repose sur une section rythmique qui claque comme un claquement de doigts dans une ruelle de Detroit, avec des cuivres délicats et des nappes de claviers qui évoquent Stevie Wonder période Talking Book. Mais ce qui domine tout, c’est la voix de Robinson : ample, précise, jamais dans l’excès mais toujours dans la chair. On sent l’acteur derrière le chanteur, capable de nuancer chaque inflexion comme s’il jouait un rôle, sauf qu’ici le rôle est celui de l’amant vulnérable, prêt à mettre son cœur sur la table.
Ce qui intrigue surtout, c’est cette capacité à naviguer entre deux époques : Forever Bae sonne autant comme un hommage qu’un manifeste. On entend les échos des Temptations et des Dramatics, mais filtrés par la sensibilité d’un crooner du XXIe siècle, nourri de R&B contemporain et de culture pop mondialisée. Cette hybridation donne à la chanson une résonance particulière : familière mais pas poussiéreuse, élégante sans être figée.
Et puis il y a cette dimension cinématographique : Keith Robinson, qu’on connaît autant pour ses rôles que pour sa musique, fait de chaque note un plan serré sur l’émotion. On imagine presque la scène : lumière tamisée, deux personnages qui se trouvent, se perdent, se promettent. Forever Bae est moins un single qu’une séquence de film en miniature, un de ces moments suspendus où la soul prend tout son sens — célébrer l’amour comme un rituel éternel, tendre et obstiné.
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septembre 27, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas d’explication savante : ils vous prennent par la hanche, vous redressent l’âme et vous obligent à sourire, même quand vous n’en avez pas envie. Live in Joy de Ta’Reina fonctionne exactement ainsi, comme un rayon qui s’invite dans une pièce fermée depuis trop longtemps.
La chanteuse espagnole, installée quelque part entre ses racines de danseuse et la moiteur des clubs afro-caribéens, livre ici un hymne solaire produit à Lagos, ce qui s’entend dans chaque détail. Le morceau pulse à la croisée de l’afrobeat, de l’amapiano et d’un dancehall généreux en basse, mais refuse la caricature festive : la structure ménage de subtiles respirations, des montées qui s’étirent, des voix qui caressent avant de relancer la transe.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette joie sans naïveté. Ta’Reina ne chante pas une fête pour oublier, elle chante une fête pour se souvenir. Derrière la ligne mélodique, on entend une philosophie : la joie comme choix conscient, comme acte de résistance au désenchantement. Quand le refrain éclate, impossible de ne pas sentir ce mantra se répandre dans le corps : vivre dans la joie, coûte que coûte.
À la 56e seconde – moment clé que l’artiste souligne elle-même – le morceau décolle véritablement. Les percussions se densifient, la basse trouve son groove circulaire, et la voix de Ta’Reina se pose avec une justesse qui rappelle ses origines de danseuse : chaque syllabe épouse le rythme comme un pas chorégraphié. C’est ce mélange de rigueur et d’abandon qui donne à Live in Joy sa couleur unique.
Là où d’autres titres afro-pop se contentent de recycler des gimmicks, celui-ci réussit à installer un climat. On se retrouve transporté, non pas dans une plage de carte postale, mais dans une fête où la musique devient un espace de guérison collective. Et c’est peut-être ça, la force de Ta’Reina : savoir transformer l’intime en partage, et l’énergie brute de Lagos en promesse universelle.
Avec Live in Joy, elle ne signe pas seulement un tube d’été potentiel. Elle propose un petit manifeste lumineux : tant qu’il reste des corps pour danser, la joie survivra.
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septembre 26, 2025On tombe parfois sur des morceaux qui ressemblent à un souffle coupé — pas par le silence, mais par l’urgence de dire ce qu’on n’arrive plus à taire. No More de Jay Krimzz a ce parfum-là : celui d’un refus, d’un arrêt net face aux douleurs qu’on traîne derrière soi, mais transfiguré en une transe lumineuse qui vous accroche le corps avant l’esprit.
Dès les premières mesures, les percussions claquent comme des pas qu’on voudrait accélérer pour s’échapper. La basse, elle, rampe avec assurance, lourde et souple, comme une colonne vertébrale qui refuse de plier. Et puis il y a cette voix, ni trop polie ni trop rugueuse, mais habitée — elle garde en elle les échos du gospel appris enfant, les harmonies entendues dans les chorales, mais aussi la rugosité des rues de Londres. Elle se tient à la frontière entre la caresse et la cicatrice.
Ce qui fascine, c’est la manière dont le morceau refuse la linéarité. Un instant, on se croit dans un club enfumé où l’afrofusion règne en maître, l’instant d’après, une nappe synthétique s’ouvre comme une respiration cosmique, rappelant qu’il y a là une quête plus intime, plus spirituelle. On danse, oui, mais on danse pour se tenir debout, pour exorciser l’ombre qui murmure encore au creux de l’oreille.
Là où tant de titres afrobeats se contentent de répéter une formule festive, Krimzz choisit la fissure. No More ne cherche pas à faire sourire à tout prix : il cherche à faire tenir l’âme en équilibre, à faire entendre le “non” qui arrête l’hémorragie intérieure. On y retrouve l’ambition de ces artistes qui savent qu’un beat peut être une prière, et qu’un refrain, lorsqu’il est juste, vaut un manifeste.
En filigrane, on devine l’histoire de Judang Ngesang, ce gamin de Douala devenu Londonien, qui a grandi entre hip-hop, gospel et afrobeats. Tout ça résonne dans No More : une archive intime transformée en groove universel, un refus qui devient célébration. Et si la douleur reste tapie dans les coins du morceau, elle est domptée par ce mantra vibrant : bouger pour survivre, danser pour ne pas céder.
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septembre 26, 2025Gracie Convert a cette façon d’ouvrir une chanson comme on entrouvre une fenêtre sur une chambre encore saturée d’émotions de la veille. babe pourquoi t’es comme ça? s’inscrit dans cette esthétique fragile et pourtant assumée : une ballade néo-soul qui flirte avec la bossa nova et l’indie R&B, enrobée de textures fines, d’accords solaires qui masquent à peine la morsure des mots.
Le morceau respire la dualité. D’un côté, un groove nonchalant, une guitare au grain feutré qui convoque la saudade brésilienne, une rythmique douce comme une vague qui effleure le sable. De l’autre, la voix de Gracie, mi-susurrée mi-interrogative, qui semble chercher des réponses dans les silences de l’autre. C’est une chanson d’intimité, où chaque inflexion vocale est un battement de cœur mal maîtrisé, où le français et l’anglais s’entrelacent comme deux langues complices d’une même douleur.
La force du titre réside dans son économie : pas d’esbroufe, pas de production ostentatoire. Tout est pensé pour laisser la voix porter la vulnérabilité, avec des respirations qui laissent planer la tension. La question qui donne son nom à la chanson n’appelle pas vraiment de réponse — c’est un mantra blessé, répété jusqu’à devenir mélodie.
On retrouve ici une approche artisanale et sensible, proche de ce que pouvaient proposer des figures comme Sade ou Corinne Bailey Rae, mais actualisée avec un ton générationnel plus cru, presque sans filtre. L’alternance entre douceur veloutée et phrases qui claquent donne au morceau une intensité paradoxale, comme une dispute chuchotée sous la couette.
Avec babe pourquoi t’es comme ça?, Gracie Convert signe un fragment de journal intime mis en musique : une chanson qui touche parce qu’elle ne prétend pas panser la blessure, mais simplement l’habiter, avec élégance et sincérité. C’est à la fois fragile et solide, comme toutes les véritables confessions.
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septembre 24, 2025On sent tout de suite que Mia Delamar a grandi entre les églises, les répétitions de danse et les rêves de scène. Son nouvel album, Love Me…Not, n’est pas une simple collection de titres calibrés pour séduire les playlists : c’est un kaléidoscope d’émotions, un récit musical où chaque morceau incarne une facette des cycles amoureux — exaltation, perte, résistance, renaissance. Douze titres, douze étapes d’un voyage où l’intime devient universel, porté par une voix qui oscille entre caresse pop et intensité R&B.
L’ouverture, Into You, fait briller l’étincelle des débuts : des synthés lumineux, un groove sucré qui capture l’ivresse des premiers frissons amoureux. L’album se prolonge avec Whatever et Anyway, où Mia joue sur un registre plus pop, léger, presque espiègle, comme pour rappeler que l’amour est aussi un terrain de jeu. Puis vient Personal, où elle ralentit le tempo pour dévoiler une sensualité à la fois vulnérable et assurée.
Au centre de l’album, le fan-favorite Cool (version MiMix) condense tout ce qui fait sa force : un hymne d’empowerment, irrésistiblement dansant, où elle rappelle avec aplomb qu’aimer, c’est aussi savoir s’aimer soi. Avec Alright, elle convoque des influences gospel, levant la tête vers la lumière et transformant ses blessures en un chant de résilience.
Dans les profondeurs de Say That, My Love Don’t Mean a Thing et Complicated, c’est le doute qui s’installe : on entend le poids du don de soi, les cicatrices des relations déséquilibrées. Enfin, The Drain agit comme un miroir sombre : le constat d’une spirale, mais qui prépare paradoxalement le terrain à un espoir.
On devine derrière ces compositions l’empreinte de Missy Elliott pour l’audace, d’Aaliyah pour la sensualité aérienne, de Beyoncé pour la puissance émotionnelle. Mais Mia ne s’efface jamais derrière ses influences. Elle impose sa couleur, sa dynamique, son flair pour les refrains qui s’accrochent à la mémoire.
Avec Love Me…Not, Mia Delamar réussit à conjuguer la sincérité d’une écriture introspective et l’efficacité pop d’une artiste consciente de son époque. C’est un premier grand album de maturité, construit comme un miroir tendu à celles et ceux qui jonglent entre l’amour qu’on donne et celui qu’on se doit. Une carte de visite brillante, mais surtout une promesse : celle d’une voix qu’on n’oubliera pas.
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septembre 21, 2025On imagine la scène comme un coucher de soleil sur Cape Town, la lumière dorée s’éteignant lentement tandis qu’une voix s’élève, non pas pour séduire mais pour témoigner. Venture n’arrive pas comme une chanson de plus à ajouter à une playlist, mais comme un geste intime, une main tendue vers celles et ceux qui savent ce que veut dire porter sur soi une mémoire qu’aucun artifice ne peut blanchir.
Le morceau, façonné par la production aérienne de SYRE, flotte au premier abord comme un souffle léger. Pourtant, derrière les nappes de claviers soyeux et les percussions en apesanteur, se dessine un propos solide, presque minéral. Luukhanyo rappe avec la précision d’un tailleur de pierre, chaque mot ajusté à la milliseconde, chaque image capable de fissurer le confort d’une écoute distraite.
Ce qui frappe, c’est ce mélange de vulnérabilité et de puissance : une voix qui ne cherche pas à écraser mais à ouvrir. L’artiste ne joue pas l’icône intouchable, il préfère le rôle de témoin, et cette posture rend son message d’autant plus nécessaire. Venture célèbre la résilience noire, mais au-delà des frontières sud-africaines, il devient un miroir pour tous ceux qui refusent qu’on leur vole leur identité, leur histoire, leur voix.
Dans le paysage contemporain du R&B et du hip-hop, où beaucoup peinent à trouver une singularité, Luukhanyo choisit la sincérité comme arme esthétique. Pas d’esbroufe, pas de poudre aux yeux : un groove limpide, des mots clairs, une intensité qui ne faiblit jamais. On sort de l’écoute avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de rare : une chanson qui ne se contente pas de plaire, mais qui transforme.
Venture n’est pas un simple single, c’est une prière en mouvement, un poème qui danse avec ses cicatrices et qui nous invite à en faire autant.
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septembre 21, 2025Je me surprends à écouter Revenge comme on relit un journal intime qu’on aurait écrit à l’encre du feu. Pas de nostalgie ici, plutôt une certitude : chaque coup encaissé peut devenir un tempo, chaque cicatrice une pulsation. Ellis Blè n’offre pas seulement un single, il déroule une affirmation, une présence sonore qui refuse le silence et choisit l’éclat.
Le morceau s’ouvre comme une marche assurée, tendue mais lumineuse, où les percussions afrobeat s’entrechoquent à des nappes R&B qui coulent avec élégance. La fusion n’a rien d’artificiel : elle incarne littéralement ses deux mondes, l’énergie ghanéenne héritée du sang et l’électricité new-yorkaise forgée dans les nuits urbaines. La voix, charnelle et sans détour, ne joue pas au héros blessé : elle expose la détermination nue de celui qui ne cherche plus à plaire, mais à exister pleinement.
Ce qui séduit, c’est cette manière de faire de la revanche un moteur joyeux. Pas de lourdeur dramatique, mais une célébration subtile : la danse comme outil de revanche, le corps qui se libère là où la parole avait été étouffée. On entend dans Revenge une esthétique hybride où chaque détail — le souffle des hi-hats, la rondeur des basses, le phrasé qui se suspend puis repart — traduit un désir de dépassement.
Dans ce geste artistique, Ellis Blè convoque quelque chose d’universel : ce moment où l’on se lève, enfin, avec le sourire ironique de celui qu’on n’attendait pas là. L’afrobeat devient un manifeste, une mise en musique de la résilience. Revenge se savoure donc comme un toast porté à soi-même, une revanche qui ne crie pas vengeance mais célèbre l’instant où la lumière reprend ses droits.
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septembre 21, 2025Certains morceaux ressemblent à un regard échangé dans une foule : fugitifs, mais tellement intenses qu’ils semblent suspendre le temps. Everytime de Dante Riverz capture précisément cet instant fragile, celui où l’amour frappe avec une brutalité douce, comme une révélation qu’on n’avait pas vue venir mais qui paraît déjà indispensable.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’architecture vocale. Dante ne se contente pas de chanter : il empile, superpose, tisse des couches de voix qui se frôlent, s’embrassent et se heurtent comme les vagues d’un océan encore inconnu. L’effet est hypnotique, presque cinématographique. Chaque respiration devient un écho, chaque ligne mélodique une caresse qui persiste bien après la dernière note. Cette technique de vocal layering, héritée autant de la soul classique que des expérimentations plus contemporaines de Frank Ocean ou James Blake, confère à Everytime une profondeur émotionnelle rare.
Musicalement, le morceau flirte avec un R&B velouté mais ne s’y enferme jamais. On devine les influences rock et grunge qui rôdent dans l’univers de Riverz : une tension sourde, une rugosité contenue qui empêche le titre de sombrer dans la simple bluette. L’instrumentation, délicate mais nerveuse, agit comme un écrin instable, rappelant que l’amour immédiat est toujours un équilibre fragile entre promesse et vertige.
Ce qui rend Everytime si captivant, c’est sa sincérité. On sent que Dante chante depuis un endroit brut, sans fard, comme si l’instant d’amour qu’il décrit était encore tiède, encore brûlant dans sa mémoire. Pas de distance, pas d’ironie : seulement cette ivresse, presque adolescente, qui nous rappelle que tomber amoureux, c’est aussi accepter de se perdre un peu.
En écoutant Everytime, on a la sensation rare d’assister à la naissance d’un sentiment en temps réel. Et c’est là que réside la force de Dante Riverz : transformer un instant fugace en un espace sonore dans lequel on a envie de rester.
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septembre 21, 2025Je ne m’attendais pas à être saisi par un simple accord de guitare. Pourtant Gutted surgit comme ça, avec cette nudité qui désarme d’emblée, un dépouillement si radical qu’on a presque l’impression d’écouter une confession volée à la nuit. Dante Riverz ne cherche pas l’apparat, il ne cherche pas la performance : il installe une chambre sonore, quatre murs de silence où chaque vibration résonne comme un souvenir qu’on n’arrive pas à effacer.
Ce morceau n’est pas seulement un R&B mélancolique, c’est une cicatrice chantée. La guitare, sèche et granuleuse, trace des lignes d’ombres pendant que la voix de Dante flotte, entre assurance et fragilité. On y perçoit une tension permanente : l’intime contre l’universel, l’épure contre l’ampleur émotionnelle. Il y a dans sa manière de poser les mots un héritage évident de la scène R&B contemporaine, mais aussi quelque chose de plus brut, de plus viscéral — comme si le fantôme du grunge de Seattle venait hanter les silences entre les notes.
On ne peut pas réduire Gutted à une énième ballade de rupture. Il y a cette façon de transformer la douleur en espace sonore, d’en faire un lieu de passage plutôt qu’un refuge. Le morceau ne panse pas, il expose. Il rappelle que la musique peut être ce miroir qui ne ment pas, où l’on se regarde enfin sans masque.
Dans un paysage saturé de productions surchargées, Dante ose l’économie, et c’est ce qui rend Gutted incandescent. Pas besoin de beats clinquants ni de couches électroniques : il suffit d’un souffle, d’une corde qui grince, d’une voix qui vacille pour faire basculer l’auditeur dans ce vertige-là. Gutted est de ces morceaux qui ne cherchent pas à séduire, mais à s’incruster, comme une vérité trop longtemps contenue qui finit par éclater.
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septembre 21, 2025On sent, dès les premières mesures de Jasmine, que SAUDA ne joue pas dans la catégorie des bluettes éthérées qu’on cale en fond sonore. Le morceau, titre phare de leur deuxième EP à venir, pulse d’une intensité étrange : une douceur qui griffe, un parfum qui s’attarde plus qu’il ne rassure. Derrière ce nom de fleur se cache un récit charnel et presque mystique, né dans un sous-sol sombre, entre métal incrusté dans l’épaule et antidouleurs avalés comme des prières.
Le duo suédois a façonné un R&B contemporain traversé de fulgurances pop-rap et indie, mais jamais lisse : ici, les boucles hypnotiques s’entrechoquent à une ligne vocale qui flotte comme une confession retenue. La production, minimaliste et pourtant organique, déploie une atmosphère à la fois feutrée et oppressante, comme si chaque note cherchait à repousser l’ombre d’une chambre de convalescence.
Ce qui rend Jasmine si singulier, c’est la façon dont la fragilité et la séduction s’y entremêlent. La fleur évoquée n’est pas un simple ornement romantique : elle devient métaphore de l’addiction, de l’attirance qui élève autant qu’elle consume. On pense à la moiteur vénéneuse des productions de The Weeknd à ses débuts, mais SAUDA tire vers une esthétique plus scandinave : glaciale dans ses textures, brûlante dans son intention.
Le chant, lui, refuse l’esbroufe. Pas de démonstrations vocales inutiles : une diction feutrée, presque intimiste, qui agit comme une confidence glissée à l’oreille. On croit entendre l’aveu d’une vulnérabilité transformée en matière première artistique, preuve que la douleur physique et la reconstruction peuvent devenir un moteur créatif d’une intensité rare.
Avec Jasmine, SAUDA signe un morceau qui ne se contente pas d’habiller le R&B contemporain d’effets de mode : il en révèle le potentiel cathartique. Une fleur plantée dans le bitume, fragile mais tenace, dont l’arôme persistant refuse de vous quitter longtemps après la dernière note.
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septembre 21, 2025J’ai eu la sensation, en écoutant the story de Jordan Corey, de rouler sur une autoroute au crépuscule, fenêtres ouvertes, avec l’océan qui gronde à ma gauche. Ce morceau n’est pas seulement une chanson : c’est une invitation à se délester des « shoulds », ces injonctions sociales qui encombrent nos vies, pour enfin respirer dans sa propre narration.
La production choisit la clarté et l’espace. On est loin des superpositions pesantes du R&B mainstream : ici, chaque instrument semble avoir été placé comme un mot juste dans une phrase courte. La ligne de basse, souple mais déterminée, porte une pulsation presque viscérale. Autour, les synthés scintillent comme des phares dans la brume, et la batterie, minimaliste, bat le tempo du cœur plus que celui d’un métronome.
La voix de Corey est le vrai point de gravité. Elle ne cherche pas à dominer l’espace, mais à le colorer. Elle flotte, intime et lumineuse, avec cette chaleur légèrement rauque qui rappelle la soul des années 70 tout en conservant une modernité proche de la scène alt-R&B actuelle (pensons à Snoh Aalegra ou Solange). Chaque inflexion contient à la fois la fatigue de ce qu’on quitte et l’excitation de ce qu’on ose construire.
Ce qui frappe, c’est l’honnêteté du morceau. On sent que the story a été pensé comme un manifeste intérieur : il ne s’agit pas de séduire, mais de se libérer. Le morceau réussit à transformer un état d’âme en paysage sonore, à convertir l’intime en universel. Il devient une bande-son pour celles et ceux qui veulent prendre le volant de leur propre vie, quitte à sortir de la route toute tracée.
Jordan Corey ne propose pas une échappatoire, mais une reprise en main. the story est moins une confession qu’une déclaration de souveraineté. C’est une chanson qui donne envie d’écrire ses propres règles au feutre indélébile, en musique.
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septembre 21, 2025Certains duos ne vieillissent pas, ils mûrissent comme un vin trop longtemps oublié dans une cave, qu’on redécouvre avec stupeur et gratitude. El. Train et Miki Rose appartiennent à cette rare catégorie. Dix ans après leur EP Over & Over, chéri par la scène Soulection et relayé par la BBC, les deux artistes se retrouvent pour un nouveau chapitre qui a des allures de retrouvailles brûlantes. Twin Flame, premier extrait de ce retour, n’est pas une simple chanson : c’est un point d’équilibre fragile entre nostalgie et futurisme, entre chaleur organique et élégance digitale.
Le morceau commence comme une caresse synthétique, une lente montée qui prépare l’entrée de la voix de Miki Rose. Éthérée mais jamais désincarnée, sa présence vocale flotte au-dessus des textures ciselées d’El. Train, comme une vapeur qu’on voudrait retenir entre ses doigts. Il y a une dimension tactile dans cette musique : chaque accord semble tendre une main, chaque percussion suggère une pulsation intime, presque viscérale. On entend la complicité du duo, forgée au fil des années, mais aussi leur volonté de repousser les contours d’un R&B déjà trop souvent figé. Ici, l’espace sonore est traversé de détails subtils — nappes liquides, réverbérations douces, et ces cuivres de goodie bags qui tombent comme une pluie dorée au crépuscule.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre : El. Train ne cherche pas à noyer la voix de Miki dans une architecture trop complexe, il la met en orbite, comme une planète autour de laquelle gravite une galaxie sonore en expansion. De son côté, Miki Rose insuffle une écriture charnelle, presque diaristique, qui transforme la ballade en confession universelle. L’image du “Twin Flame” n’est pas ici un cliché new age, mais une vraie métaphore : deux feux qui se nourrissent l’un l’autre sans jamais se consumer.
Twin Flame est un morceau de fin d’été, pensé pour ce moment suspendu où l’on regarde le soleil disparaître derrière les immeubles, cocktail en main, incapable de savoir si on contemple un départ ou un recommencement. Un titre qui confirme une chose : certaines rencontres artistiques ne s’expliquent pas, elles s’imposent, encore et toujours.
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septembre 21, 2025Je me souviens de cette impression étrange, celle d’un pas de trop sur une piste de danse où l’air devient électrique et où chaque note vous regarde droit dans les yeux. Collide de Liston et Kaedi Philo agit exactement de cette manière : pas comme un simple morceau, mais comme une rencontre interdite qui se glisse sous la peau, un parfum nocturne qu’on n’arrive pas à oublier.
Liston, pianiste et producteur touche-à-tout, a l’art de sculpter des atmosphères où l’élégance se frotte à l’instinct brut. Sur ce titre, il convoque la moiteur d’un afrobeat qui ne cherche pas la frime, mais la fièvre. Chaque percussion pulse comme un battement retenu, chaque ligne de basse caresse avant de cogner, et dans ce décor incandescent, la voix de Kaedi Philo surgit, fluide, comme une ombre qui sait déjà que vous allez céder. Leur entente est moins un featuring qu’une mise en scène charnelle : les voix s’aimantent, se défient, se croisent comme deux regards dans une soirée trop longue pour rester sage.
Là où beaucoup se contentent de coller des textures tendances, Collide ose la nuance. La production joue la carte de l’équilibre : lumineuse mais jamais naïve, sensuelle sans sombrer dans la lourdeur. On retrouve chez Liston cette science héritée du jazz et du gospel, une maîtrise du détail qui transforme la tentation en architecture sonore. C’est peut-être ça, la vraie force du morceau : donner du style à l’erreur, transformer le faux pas en chorégraphie.
En l’écoutant, je pense à ces instants où l’on se surprend à vouloir brûler la règle pour embrasser l’instant, quitte à en payer le prix demain. Collide est un morceau pour ces nuits-là : un vertige en rythme, un miroir où l’on se voit céder sans regret.
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septembre 21, 2025On pourrait croire à une provocation gratuite, un simple titre conçu pour piéger les algorithmes et susciter des clics. Mais Spaceship FCK de Kimani Jackson dépasse de loin l’effet d’annonce : c’est un manifeste sensuel et intersidéral, une pulsation R&B propulsée au cœur d’une odyssée futuriste où l’intime et le cosmique se confondent.
Kimani ne se contente pas de reproduire les codes du R&B contemporain. Il les distord, les élargit, les fait exploser sous des nappes synthétiques qui évoquent autant les fantômes de The Weeknd période Kiss Land que les audaces électroniques d’un Frank Ocean ou les hallucinations néon d’une scène underground en apesanteur. La basse roule comme un moteur stellaire, les percussions claquent avec une sécheresse clinique, tandis que sa voix — velours et acier à la fois — flotte dans l’espace comme une caresse désincarnée.
Ce morceau s’impose par sa capacité à concilier le charnel et le mécanique. L’érotisme n’est pas ici une métaphore paresseuse : il est traité comme une expérience immersive, un voyage intergalactique où le corps devient vaisseau, où la jouissance épouse les coordonnées d’un cosmos artificiel. Loin du slow jam classique, Spaceship FCK joue avec une dramaturgie sonore : montées de tension, suspensions atmosphériques, et puis cette chute dans un beat poisseux, presque technoïde, qui évoque autant un club enfumé de Brooklyn qu’un cockpit en orbite.
L’image est claire : Kimani Jackson est un architecte d’univers, pas seulement un chanteur. Son morceau dégage cette impression de contrôle total sur l’espace sonore, comme s’il recomposait les règles du R&B avec une précision d’orfèvre et une insolence d’avant-garde. On comprend pourquoi son nom circule déjà comme l’une des nouvelles promesses du genre : sa musique s’écoute comme une expérience, un fantasme qui brouille la frontière entre plaisir et désorientation.
Avec Spaceship FCK, Jackson prouve que le futur du R&B ne se contentera pas d’exporter ses codes vers la pop mainstream. Il invente un langage hybride, lascif et déstabilisant, où la chaleur organique se frotte au froid métallique des machines. Un trip charnel en orbite basse, qui confirme que Kimani n’a pas l’intention de rester sur Terre.
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septembre 21, 2025Dans un pub de Dublin, au milieu des éclats de voix et des verres qui s’entrechoquent, Wallfella a trouvé sa métaphore. Blonde in the Black Dress n’est pas qu’un hommage à la pinte de Guinness — c’est le portrait d’une tentation universelle, une muse insaisissable qui se drape dans la soie noire du désir, mi-réconfort, mi-poison. La chanson, troisième extrait de son futur EP The Coop is Full, prend des airs de confession déguisée, où l’ivresse n’est jamais seulement dans le verre mais dans ce que l’on cherche à fuir ou à prolonger.
Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse moelleuse, presque féline, qui se love autour de la batterie swing et des guitares légèrement bluesy. Odd Numbers, producteur de toujours, orchestre un espace sonore où le groove fonctionne comme un piège à miel : lumineux à la surface, mais lesté d’une gravité subtile. La voix de Wallfella flotte au-dessus, entre rap articulé et phrasés mi-chantés, offrant à chaque syllabe la densité d’un vécu. On pense à Saba pour la précision du flow, à Loyle Carner pour cette intimité chaleureuse, à Anderson .Paak pour la façon dont le funk sert d’écrin à une vérité brute.
Mais ici, c’est Dublin qui parle. On entend dans chaque mot le poids d’une culture ouvrière, l’écho des immeubles de O’Devaney Gardens, les contradictions d’une ville partagée entre le charme des rituels et la morsure des excès. La « blonde » du titre devient le double d’un amour trompeur : séduisant, social, mais capable de vous avaler entier. Wallfella, fidèle à son écriture sans détour, ne moralise pas ; il observe, il personnifie, il laisse planer l’ambiguïté. La chanson est autant un toast qu’un avertissement.
Ce qui frappe, c’est la maturité du geste. Après une année de silence choisie pour se recentrer, l’artiste revient avec un son plus précis, plus affûté. Blonde in the Black Dress ne se contente pas de séduire par ses arrangements chaleureux : elle soulève la question de la frontière entre réconfort et dépendance, entre muse et mirage.
Dans ce morceau, Wallfella s’installe parmi les voix les plus fines du hip-hop européen actuel, capable d’enrober la dureté des réalités sociales dans une écriture poétique et sensuelle. Une pinte personnifiée en amante fatale ? C’est le genre de métaphore qu’il fallait oser, et Wallfella l’élève en rituel sonore — une danse trouble entre plaisir et vertige.
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septembre 17, 2025Dès les dix premières secondes de brighter days, on comprend qu’on n’est pas dans un énième exercice de rap clinquant, mais dans un retour à la substance. Bounce, éclats de gospel, touches de soul : tout s’imbrique avec une aisance qui rappelle l’âge d’or des Soulquarians, mais traversé d’une fraîcheur contemporaine. MikeyyAustin transforme son flow en vecteur de lumière, un rap qui n’esquive pas les fêlures mais qui refuse l’ombre totale.
Le morceau avance avec un groove élastique, irrésistible. La ligne de basse pulse comme une respiration collective, les cuivres esquissent des résonances spirituelles et la production trouve ce juste équilibre entre chaleur organique et rigueur rythmique. On pense aux arrangements luxuriants de Chance the Rapper période Coloring Book, à l’énergie joyeusement désordonnée d’Anderson .Paak, ou encore à la profondeur narrative de Common dans Be. Mais MikeyyAustin ne copie pas : il agence ces influences comme un architecte qui connaît ses matériaux, en construisant un univers où chaque détail fait sens.
Le flow, lui, est posé mais dense. Pas besoin de forcer, pas besoin d’agresser : chaque phrase coule, presque chantée, comme si la voix elle-même voulait porter la mélodie. Les paroles respirent une honnêteté brute, celle d’un MC qui a grandi avec les contradictions du quotidien mais choisit de les transcender. Brighter days n’élude pas la douleur ni les fractures, il les confronte en y glissant une promesse : celle d’une clarté possible.
Ce qui séduit surtout, c’est l’énergie communautaire que dégage le titre. On l’imagine joué avec un band live, les chœurs en arrière-plan, la foule levant les bras non pas pour un drop attendu, mais pour communier autour d’un groove partagé. C’est là que réside la force de MikeyyAustin : faire du rap non seulement une écriture, mais un espace de rassemblement.
Avec brighter days, il signe une pièce où le gangsta rap originel croise le gospel et la soul, une hybridation qui n’a rien de théorique : elle vibre, elle vit, elle rayonne. Comme si, malgré la lourdeur du bitume, on trouvait toujours un chemin vers la lumière.
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septembre 17, 2025La première fois que j’ai écouté deep end, j’ai eu cette sensation étrange de basculer en arrière, comme si quelqu’un m’avait poussé dans l’eau glacée d’une piscine à minuit. Pas de préparation, pas de gilet de sauvetage : juste l’immersion brutale, l’apnée, puis la découverte que sous la surface, on trouve aussi des éclats de lumière. C’est exactement ce que propose Alessiah avec Tobi Ibitoye : une chanson où la noyade amoureuse se transforme en expérience sensorielle, à la fois suffocante et libératrice.
La force du morceau réside dans son économie. La production alt-pop reste minimaliste, mais elle sait se charger au moment opportun de textures trap ou R&B, comme des courants sous-marins qui aspirent puis relâchent. Le beat, discret mais ferme, agit comme une pulsation cardiaque : il guide, il tient, il empêche le corps de se dissoudre. Autour, les synthés flottent, diffus, semblables à des reflets troublés au fond d’une eau nocturne.
Et puis il y a les voix. Alessiah chante avec cette clarté juvénile qui, loin d’alléger le propos, le rend encore plus poignant : c’est la voix de quelqu’un qui tombe mais qui refuse de se laisser engloutir. En face, Tobi Ibitoye vient poser une densité presque tellurique, une gravité qui contrebalance la fragilité d’Alessiah. Ensemble, ils créent un dialogue : pas un duo romantique, mais une confrontation entre deux manières de survivre à la douleur.
Ce qui frappe, c’est la justesse de la métaphore. La noyade n’est pas ici une figure rhétorique facile : elle se traduit musicalement, dans les silences qui s’allongent, les phrases qui se répètent comme des bouffées d’air arrachées à la panique. On ressent physiquement cette oscillation entre le désir de se laisser couler et la volonté désespérée de remonter.
deep end n’est pas un simple single pop, mais un petit théâtre intérieur. C’est une plongée qui ne raconte pas seulement le chagrin, mais la beauté paradoxale d’un moment où l’on se sait brisé et vivant tout à la fois. Un morceau qui refuse la surface, qui choisit l’immersion, et qui finit par révéler que parfois, c’est au fond qu’on apprend le mieux à respirer.
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septembre 17, 2025Un titre comme une caresse et une morsure. Avec Seda en mi piel, Camily propose un R&B contemporain qui refuse la facilité : une hybridation entre langueur sensuelle et tensions électroniques, entre la moiteur du trap et les pulsations d’un EDM cinématographique. Le morceau avance comme une danse trouble, oscillant entre abandon et contrôle, attirance et danger.
La production est taillée avec précision. Une ligne de basse profonde agit comme une colonne vertébrale, épaisse, presque charnelle. Autour d’elle, les beats tranchent net, secs, minimalistes, mais assez percutants pour installer une tension constante. Puis viennent les nappes électroniques, luisantes comme des reflets de néon sur une peau humide. Elles enveloppent le morceau d’une atmosphère presque tactile, où chaque vibration semble se déposer directement sur l’épiderme, fidèle à la promesse du titre.
Camily y déploie une voix qui ne cherche pas l’éclat mais l’intimité. Elle effleure plus qu’elle ne frappe, s’insinue dans les interstices du rythme pour créer une proximité troublante. On croit l’entendre chuchoter à l’oreille, tout en percevant l’écho lointain d’un club saturé. Ce contraste – l’intime et le monumental, le murmure et le fracas – donne au morceau sa singularité.
Ce qui distingue Seda en mi piel dans la masse du R&B contemporain, c’est son refus du décor convenu. Là où d’autres empilent les effets, Camily choisit la retenue, la précision, la construction d’un climat. Le morceau ne cherche pas à séduire frontalement : il attire par son ambivalence, par cette sensation que la douceur cache une tension plus sombre, presque hypnotique.
On sort de l’écoute avec l’impression d’avoir traversé un rêve moite, un espace où la soie promise du titre se colle à la peau comme une seconde enveloppe. Avec Seda en mi piel, Camily affirme une esthétique exigeante : un R&B hybride, nourri de trap et d’EDM, mais toujours au service de l’émotion. Un univers qui invite autant à fermer les yeux qu’à céder au mouvement.
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septembre 17, 2025Pillow Princess ne minaude pas. Ce nouveau single de Jazzy Dale entre directement dans l’arène, tranchant comme une réplique qu’on lance au visage pour briser l’ego de l’autre. À la croisée d’un R&B vénéneux, d’une trap qui claque sec et d’un alt-pop taillé pour les playlists de minuit, le morceau s’impose comme un manifeste de pouvoir et de dérision, une célébration de la féminité qui choisit ses propres règles.
Tout repose sur un équilibre subtil entre sensualité et piquant. La production s’avance d’abord sur des basses rondes, moites, qui donnent une assise charnelle au morceau. Puis viennent les percussions électroniques, claires, implacables, presque théâtrales. La voix de Jazzy, elle, se déploie en couches multiples : harmonies étagées, respirations, caresses et morsures. Le refrain, irrésistible, fonctionne comme un coup de grâce : une punchline chantée qui transforme la chambre en ring.
Mais ce qui donne à Pillow Princess sa singularité, c’est l’écriture. Jazzy Dale évite le cliché du R&B romantique pour injecter humour et ironie. Elle joue avec les archétypes des relations, renverse les rôles, expose la vanité et les travers masculins sans jamais perdre en groove. C’est une chanson qui mord autant qu’elle séduit, une provocation dansante qu’on reprend en chœur, sourire aux lèvres.
Cette capacité à jongler entre vulnérabilité et insolence, entre mélodie suave et attaques frontales, place Jazzy Dale dans la lignée des artistes capables de réinventer leur époque — quelque part entre la franchise d’une SZA et la malice pop d’une Charli XCX. Originaire de Sydney/Eora, elle nourrit son écriture de vérités intimes mais refuse la complaisance. Chaque note semble porter l’écho de ses expériences, sublimées en matière sonore.
Avec Pillow Princess, Jazzy Dale signe bien plus qu’un single catchy. Elle offre une mise au point, une déclaration de puissance douce-amère qui se danse autant qu’elle se médite. C’est une chanson qui brûle de désir mais qui garde la main sur le feu, un hymne contemporain pour celles et ceux qui savent que la véritable séduction réside dans la liberté de fixer ses propres règles.
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septembre 15, 2025La première impression en écoutant Weirdo, c’est ce voile lourd, presque cinématographique, qui tombe sur les épaules. Une atmosphère moite, où les basses rampent comme un secret qu’on voudrait enterrer et où les hi-hats tracent des cicatrices dans l’air. Ainjo n’élève pas la voix pour accuser : elle susurre, elle séduit, elle fait de la rancune un territoire de volupté.
Le morceau s’ouvre comme une confidence chuchotée derrière un rideau, avant de se transformer en pièce de théâtre intime où l’ennemi devient muse. R&B contemporain, trap feutré et éclats de pop rap s’entremêlent pour dresser le portrait d’un “weirdo” bien réel, un homme toxique dont l’ombre alimente paradoxalement la lumière de la chanson. Ainjo le réduit en personnage, presque grotesque, et l’engloutit dans une production qui oscille entre douceur et venin.
À 1:00, tout change. Le décor sonore s’épure, la voix prend toute la place. Ce passage, je l’ai vécu comme une bascule, une plongée dans l’aveu le plus cru. C’est le moment où la chanson ne raconte plus simplement une histoire : elle devient une expérience sensorielle. J’ai senti ma propre respiration se caler sur ce rythme suspendu, comme si Ainjo m’invitait à partager le poids et la délivrance de ses mots.
Ce qui distingue Weirdo des ballades de revanche classiques, c’est sa subtilité. Pas de cris, pas de règlements de comptes frontaux, mais une élégance glaciale, une manière de retourner le stigmate en arme de séduction. Peut-être est-ce lié à sa double vie, chanteuse et militaire, équilibre improbable qui donne à sa musique une aura de discipline et de danger à la fois.
Weirdo est moins une chanson qu’un rituel : transformer la blessure en beauté, l’amertume en groove, la colère en danse. Un sortilège qui laisse une trace, comme une brûlure douce dont on ne veut pas guérir.
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septembre 15, 2025J’ai eu la sensation, en tombant dans INTO U, de basculer dans une discothèque fantasmée où les boules à facettes s’entrechoquent avec des laptops, et où les fantômes des années 2000 s’acoquinent sans complexe avec la nervosité d’un Manchester post-lockdown. MP Riley, enfant sauvage de l’auto-production, signe ici un morceau qui ne copie pas le passé : il le plie, l’étire et le réinvente avec une insouciance quasi insolente.
Dès les premières secondes, la production pulse comme un cœur sous MDMA. Il y a ce parfum de Justin Timberlake période FutureSex/LoveSounds, oui, mais il est parasité, dynamité, régénéré par un flow rapé avec un accent du Nord anglais qui tord les codes à la manière d’un Kaytranada rendu plus brut, plus viscéral. INTO U ne se contente pas d’être un banger de danse : c’est une collision, une friction entre deux identités, deux corps qui se mélangent jusqu’à disparaître l’un dans l’autre. Le texte raconte l’ivresse de la fusion amoureuse, mais la musique, elle, raconte l’ivresse pure et dure du moment présent.
Ce qui fascine, c’est le soin porté aux détails. Les nappes synthétiques suintent la nostalgie, comme si elles sortaient d’un vieux walkman oublié dans une friperie, tandis que les beats claquent avec la sécheresse d’une cave de club londonien. On sent l’ombre du R&B 2000’s, mais chaque référence est passée au prisme d’une culture mancunienne underground, nerveuse, hybride. MP Riley et le producteur Inigo Joel bâtissent ici une alchimie qui sonne comme le début d’un manifeste.
INTO U n’est pas qu’un retour à une époque chérie : c’est une porte d’entrée vers un futur où le dance-pop flirte avec le hip-hop alternatif et la disco sans se soucier des étiquettes. Un morceau qui rappelle que la musique est avant tout une promesse de sueur, d’abandon et de renaissance. Avec ce titre, MP Riley ne se contente pas d’entrer dans la danse : il redessine la piste.
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septembre 15, 2025Je me souviens du premier soir où j’ai laissé “Love Changes Shape” tourner en boucle : les murs de ma chambre semblaient se rapprocher, comme si la chanson avait le pouvoir de modifier l’espace autour de moi. C’est peut-être ça, l’effet Christian Eusterqnote : créer une intimité si palpable qu’on ne sait plus si on écoute un disque ou si l’on surprend quelqu’un en train de respirer à côté de soi.
Le morceau s’ouvre sur un piano saturé de bande, volontairement éraflé par ce souffle de vinyle qui agit comme un faux témoin du temps. La production ne cherche pas la perfection, elle cherche la vérité : une batterie étouffée, des nappes de cordes qui ne montent pas au ciel mais s’y accrochent, et cette voix, posée un souffle en arrière, comme si elle se retenait d’avouer trop tôt. J’y entends du James Blake pour la fragilité, du Sade pour la sensualité retenue, mais aussi une manière très singulière de tordre la néo-soul vers le cinéma intérieur.
Ce qui fascine, c’est l’écriture. “Love changes shape in time” n’est pas seulement un refrain, c’est une phrase qu’on pourrait trouver dans un carnet, griffonnée au bord d’une rupture. Chaque ligne semble hésiter entre résignation et confession, entre la tendresse du souvenir et l’âpreté du constat. Eusterqnote évite le piège de l’excès : pas de surjeu, pas d’explosions vocales. Tout est contenu, maîtrisé, et c’est cette retenue qui fait mal.
Puis arrive le pont, ce moment suspendu où piano et cordes dialoguent dans une réverbération presque religieuse. On a l’impression de traverser un couloir hanté, jusqu’à ce que la dernière montée ramène guitare arpeggiée et chœurs évanescents. L’outro, dépouillée, referme le cercle comme une porte claquée doucement derrière soi.
Eusterqnote ne fait pas de la néo-soul de salon, il bâtit des mondes intérieurs. On pourrait le rapprocher de la mouvance jazztronica, mais ce serait réducteur : sa musique est une dramaturgie intime, un théâtre de l’émotion où chaque instrument joue un rôle précis dans la mise en scène. “Love Changes Shape” n’est pas un single, c’est un petit film noir en 3 minutes 40.
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septembre 15, 2025On oublie souvent que derrière les grands hits, derrière les hymnes clinquants et les refrains calibrés pour les foules, il reste cette matière première : le doute, la maladresse, l’obsession tendre. Cute Prinz, avec How do I, ne cherche pas à masquer ses failles. Il les dépose, nues, sur une production R&B au vernis feutré, où chaque note semble flotter entre la confession murmurée et la prière avortée.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/5gH3fShouYsxhfNwEoiY1C
Ce n’est pas un titre qui cherche la virtuosité. C’est au contraire sa simplicité qui touche. Les harmonies adultes, presque intemporelles, s’ancrent dans une tradition soul et singer-songwriter où l’ego s’efface devant la quête universelle : être à la hauteur de l’amour qu’on désire. Prinz chante comme on se parle à soi-même dans le noir, entre fragilité et entêtement, avec cette sincérité qui déjoue les modes.
How do I raconte l’histoire banale et bouleversante d’un homme ordinaire qui veut prouver sa valeur. Pas de métaphores grandiloquentes, pas de posture super-héroïque : juste la vérité crue de celui qui aime trop, qui doute toujours, et qui persiste malgré tout. C’est précisément dans ce manque de certitude que réside la force du morceau.
La production, élégante sans être ostentatoire, installe un climat nocturne, proche des premiers albums de Maxwell ou des moments les plus vulnérables d’un John Legend. Quelques touches électroniques glissent en arrière-plan, mais ce sont surtout la voix et les silences qui captivent. Prinz ne cherche pas à éblouir : il s’autorise à être humain.
How do I s’écoute comme une lettre jamais envoyée, une tentative de réconciliation avec soi-même autant qu’avec l’autre. Dans un paysage R&B parfois saturé de bravades, Cute Prinz choisit la transparence, l’intimité et l’imperfection. Et il rappelle que la musique, avant tout, reste une question de vérité chuchotée entre deux battements de cœur.
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septembre 15, 2025Un parfum de lavande et de thé noir flotte dans l’air quand démarre Roll With You. La chanson ne surgit pas comme un tube calibré, mais se glisse doucement dans l’espace, un battement après l’autre, comme une main posée sur l’épaule. RubyGld Smoke, désormais incarnation solo de Dani Jo Williams, préfère l’intime au spectaculaire, le murmure à la clameur.
Ici, le R&B n’est pas un terrain de démonstration mais une chambre close où chaque son sert de matière sensuelle. La voix de Dani Jo, retenue, presque timide, trace des lignes souples qui rappellent l’art des chorégraphies qu’elle a longtemps façonnées. On y retrouve une gestuelle invisible : chaque inflexion semble pensée comme un pas de danse, chaque silence devient une respiration.
La production signée T. L. ramène aux années 90, mais sans nostalgie forcée. Quelques nappes de guitare glissent comme des draps froissés, une basse moelleuse installe le tempo, et la batterie, minimale, joue son rôle de confident discret. On pense aux grandes heures de Brandy ou aux instants suspendus de TLC, mais Dani Jo ancre son propos dans un présent nuancé, là où la sensualité se conjugue à l’économie de moyens.
Ce qui frappe, c’est l’élégance. Roll With You ne cherche ni l’excès ni la séduction immédiate : c’est une chanson qui prend le temps de s’installer, de créer un climat. Elle donne envie d’éteindre la lumière, de ralentir, de savourer la texture d’une voix, d’un accord, d’un souffle. Un R&B de l’essentiel, qui se moque des artifices et retrouve l’essence du genre : faire du désir une musique à part entière.
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septembre 15, 2025On connaît tous ce moment étrange où la douleur d’une rupture devient soudain dansante, où l’on passe du chagrin à l’ivresse, presque malgré soi. OJALA, le nouveau single d’Arca Sánchez, capture précisément cette bascule fragile : un cri d’adieu transformé en fête moite, une rancune transfigurée par le groove. Pas de plainte étirée ici, mais une énergie contagieuse qui choisit de tourner le dos au passé en se jetant tête la première dans la lumière des clubs.
Arca enregistre ce morceau à Medellín, une ville qui connaît la force des renaissances et dont on sent l’écho jusque dans les arrangements. Afrobeat en colonne vertébrale, touches de R&B pour l’élégance et éclats de pop latine pour la flamboyance : tout concourt à créer un terrain de jeu où l’on peut se libérer en dansant. Mais derrière les percussions irrésistibles et les synthés colorés, la voix reste frontale, claire, tranchante, répétant comme un mantra ce besoin vital d’effacer un numéro, de brûler un souvenir.
Ce mélange d’émotion brute et de séduction immédiate est la marque de fabrique d’Arca Sánchez, déjà reconnu pour ses fusions entre gospel, trap, reggaeton et afrobeat. Dans OJALA, il pousse plus loin encore cette idée de passerelle : entre le chagrin intime et la liesse collective, entre les cicatrices d’hier et l’urgence de demain.
On pourrait y voir un simple tube afro-latin calibré pour l’été, mais ce serait manquer le cœur du morceau. Ce qu’Arca propose, c’est un rituel : danser pour dire non, transpirer pour tourner la page, faire de la fête un exorcisme. Un hymne qui rappelle que, parfois, survivre à une histoire toxique ne passe pas par les larmes, mais par un tempo qui refuse de s’arrêter.
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septembre 15, 2025Ce qui frappe chez Mike Äpt, ce n’est pas seulement sa voix, ample et vibrante, mais la manière dont elle semble chargée de poussière, de cicatrices, d’une expérience qui déborde du cadre pop pour toucher quelque chose de presque spirituel. Glitter & Gold, premier éclat d’un EP intitulé Overcome, s’écoute comme on lit un journal intime écrit à l’encre de feu : chaque note marque une page tournée, chaque respiration témoigne d’une bataille gagnée ou perdue.
La chanson avance sur un fil tendu entre séduction pop et gravité gospel. Derrière l’évidence mélodique se cache une lutte plus souterraine : celle d’un homme qui a tout connu, de la misère des foyers d’accueil texans aux faux paradis de la réussite financière. Là où beaucoup auraient sombré dans le cynisme, Mike choisit la clarté. Le morceau devient alors une sorte de miroir tendu à chacun, un rappel que courir après l’or, l’image, les applaudissements, ne mène qu’au vide si l’on oublie ce qui nous fonde.
Ce qui bouleverse, c’est la sincérité brute. On sent le gosse qui dansait sur Elton John dans le salon familial, l’adulte qui s’est engagé dans l’armée pour s’inventer une discipline, le businessman qui a cru trouver sa place dans la richesse et qui a fini par tout plaquer pour renouer avec la musique, seule vraie langue qu’il sache parler sans mentir. On entend tout ça dans la texture même de la production : des instruments organiques, des arrangements qui laissent volontairement passer les failles, des respirations qui sonnent comme des cicatrices.
Glitter & Gold ne cherche pas à séduire par la virtuosité, mais par une forme de vérité nue. C’est une chanson qui se glisse dans les interstices de nos propres illusions, qui gratte là où ça brille trop fort, pour rappeler que la beauté est dans la matière brute, pas dans le vernis. Avec ce titre, Mike Äpt ne fait pas seulement son retour : il affirme que sa musique n’est pas un divertissement, mais un acte de résistance intime, un hymne fragile et puissant à la fois.
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septembre 15, 2025Un rideau tiré, la lumière du matin qui filtre à travers un store mal fermé, et cette voix, satinée mais frontale, qui s’invite comme une caresse et un ordre à la fois. Breakfast in Bed n’a rien de l’innocence promise par son titre : Belaro y injecte le fantasme 2000s du R&B charnel, puis l’enveloppe dans une production contemporaine au millimètre. On est immédiatement projeté dans un univers où la séduction n’est pas un jeu, mais une stratégie assumée.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/5r0snd04hjvASwTSO6fAP8
Là où d’autres se contentent de recycler les gimmicks d’Aaliyah ou de Beyoncé époque Dangerously in Love, Belaro se distingue par une tension permanente : la douceur d’harmonies feutrées qui contraste avec une interprétation vocale d’une puissance tranchante. La ligne mélodique, presque lascive, se frotte à une écriture pleine de malice – comme si l’artiste refusait de choisir entre la confession intime et l’hymne de club.
Ce qui frappe surtout, c’est la précision de la mise en son : les couches vocales empilées comme des draps frais, la basse qui pulse à peine en arrière-plan, et cette façon de jouer avec les silences pour mieux relancer le désir. La sensualité se fait autant dans ce qui est dit que dans ce qui reste suspendu, hors champ.
Avec Breakfast in Bed, Belaro confirme qu’elle est en train de s’imposer comme l’une des voix les plus excitantes de la scène R&B-pop actuelle. Après ses apparitions remarquées en live et sa présence dans des playlists éditoriales, elle s’avance désormais vers la lumière avec l’assurance d’une artiste capable de transformer une chambre en scène et un simple matin en rituel pop.
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septembre 15, 2025Dans la voix de Dill the Giant, on entend le froid sec de Winnipeg autant que la chaleur jamaïcaine héritée de ses racines. Bip Bop, son nouveau single, n’a rien d’une démonstration tapageuse : c’est un morceau qui respire la nonchalance calculée, le groove tranquille de ceux qui savent que la vérité se raconte mieux en demi-teinte qu’en slogans criés.
Accompagné par une prod signée BBS Steve, Dill déploie son flow au ralenti, posé comme un gars accoudé au comptoir qui déroule ses souvenirs. Le beat, minimal mais saturé de basse ronde, installe ce parfum de RnB lo-fi et de rap alternatif où chaque silence compte autant que la rime. L’influence de Curren$y et Larry June est claire : une écriture qui privilégie le mood à la performance, la fumée à l’incendie.
Mais sous cette façade détendue, Bip Bop raconte la réalité crue d’un fils de “weedman” qui a grandi entre survie, héritage et désir de liberté. Dill refuse la caricature : il ne joue pas au gangster, il décrit l’ombre et la lumière d’un quotidien où la street nourrit autant qu’elle détruit. Ses images sont brutes, parfois tendres, souvent amères — comme si le morceau oscillait en permanence entre confidence intime et fresque sociale.
Ce qui frappe, c’est cette honnêteté nue, sans fioritures, qui transforme le banal en poésie. Bip Bop n’est pas un banger calibré pour les clubs : c’est un track qui colle aux doigts comme la résine, qui s’écoute en boucle parce qu’il a ce goût de réel, de vécu, qui manque à tant de rap actuel.
Avec ce single, Dill the Giant confirme son rôle de conteur urbain : pas un prophète, pas un héros, mais un témoin lucide qui trouve dans chaque mesure la possibilité de transformer sa trajectoire en matière sonore. Winnipeg a trouvé sa voix, et elle a l’épaisseur d’un nuage de fumée.
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septembre 15, 2025Un battement, d’abord discret, comme une alarme qu’on croit entendre au loin. Puis la ligne rythmique s’installe, sirène intérieure : Sonté entre en scène. Position n’est pas seulement un morceau afrobeat de plus à aligner sur une playlist tropicale, c’est une mise en tension immédiate, une course contre soi-même, l’histoire d’un désir qui s’emballe au point de provoquer une urgence cardiaque.
La voix de Sonté, souple et incisive, épouse ce groove frénétique comme on s’accroche à une vague. Elle décline les humeurs d’une rencontre qui oscille entre attraction totale et perte de contrôle, avec ce grain chaud typique du R&B contemporain. En contrepoint, Boi Rhella vient injecter sa dose de charisme vocal, ponctuant le morceau de répliques qui transforment le duo en un jeu de séduction mi-dangereux, mi-festif.
La production joue la carte du minimalisme efficace : kicks secs, percussions bondissantes, nappes synthétiques qui étirent l’espace sonore comme une chaleur moite de club à ciel ouvert. Rien de trop, juste ce qu’il faut pour maintenir la tension et donner à la basse tout le pouvoir hypnotique qu’on attend d’un track afro-pop calibré pour faire bouger sans réfléchir.
Ce qui rend Position captivant, c’est cette ambiguïté entre légèreté et alerte. Le morceau pourrait se contenter d’être un simple appel à la danse, mais il vibre d’un sous-texte plus viscéral : l’amour comme dérèglement, l’attirance comme sirène bleue qui déchire la nuit. Une énergie urgente, addictive, qui traduit bien l’ambition de Sonté : s’imposer dans le paysage afro-fusion en croisant sensualité et intensité dramatique.
Au final, Position est un morceau qui s’écoute comme on court après une pulsation : haletant, irrésistible, et toujours sur le fil entre plaisir et danger.
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septembre 15, 2025Parfois, une chanson n’a pas besoin de durer plus de trois minutes pour imposer un monde entier. Costa Rica de Kidd Pooh tient en 1’49, mais c’est suffisant pour vous faire sentir la chaleur d’un dancefloor à ciel ouvert, entre palmiers et basses qui cognent comme les vagues. Le morceau s’enclenche comme une carte postale en mouvement : soleil en pleine figure, groove immédiat, énergie insolente.
https://open.spotify.com/track/35S4rLn8cuXNTFLI0Ac2nQ
Kidd Pooh, avec son flow assuré, joue autant sur la séduction que sur la légèreté. Son phrasé a ce côté nonchalant et joueur qui colle parfaitement à la rythmique dancehall, tout en gardant une pointe de trap pour rappeler d’où il vient. L’équilibre est là : une vibe globale, ouverte sur le monde, mais avec ce grain de confiance qu’on associe à l’Atlanta rap.
La magie du titre tient dans son efficacité brutale. Pas de longue intro, pas de fioritures : les percussions bondissent, les synthés flottent dans l’air chaud, et la voix s’impose comme une invitation à bouger. Résultat : on appuie immédiatement sur replay, non pas parce que la chanson est incomplète, mais parce qu’elle appelle à la répétition, comme une pulsation qu’on ne veut pas laisser s’éteindre.
Avec Costa Rica, Kidd Pooh offre une bulle d’évasion. C’est une piste faite pour les voitures fenêtres ouvertes, pour les soirées où la température monte sans prévenir, pour ces instants où la musique agit comme un raccourci vers le plaisir pur. Peu d’artistes osent la concision dans l’ère des morceaux calibrés pour le streaming ; lui en fait un atout, un shoot de bonne humeur compressé.
Plus qu’une chanson, Costa Rica est un état d’esprit : solaire, contagieux, et volontairement insaisissable, comme une nuit tropicale qu’on n’a pas envie de voir se terminer.
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septembre 11, 2025Le morceau s’ouvre comme une nuit sans sommeil : une mélodie fragile, presque spectrale, portée par la voix aérienne de Ruby Elizia. Puis la basse s’écrase, lourde, rugueuse, et Rizzyserino prend la parole avec des vers acérés. London is Burning n’est pas seulement un titre : c’est une image, une vérité lancée à la face du monde. Celle d’une capitale dont la jeunesse brûle à petit feu, coincée entre rêves étouffés et survie quotidienne.
Ruby et Rizzyserino jouent sur la polarité. Elle, c’est l’âme qui plane, le souffle qui adoucit l’atmosphère tout en l’habillant d’une mélancolie tenace. Lui, c’est la rue brute, le constat sans filtre, des rimes chargées de solitude et de colère intériorisée. Ensemble, ils incarnent deux facettes d’une même réalité : l’aspiration à s’élever et le poids qui vous cloue au béton.
La production puise dans les codes drill : basses subsoniques, hi-hats nerveux, rythme martial. Mais l’ajout de nappes éthérées et d’un refrain chanté détourne le morceau de la simple brutalité. Ici, l’émotion se frotte au bitume. La musique devient miroir : une tension permanente entre la beauté d’une mélodie et la dureté d’une confession.
London is Burning raconte le chaos de l’intérieur : jeunesse désabusée, santé mentale fragilisée, mais aussi résilience, cette obstination à transformer la douleur en art. C’est une chanson qui ne romantise pas la rue mais l’expose dans toute sa complexité – un lieu où se perdre, mais aussi un terrain où s’inventer.
Avec ce single, Ruby Elizia et Rizzyserino offrent une fresque intime et collective, un instantané de la capitale britannique vue depuis ses ombres. Un titre où la drill devient bien plus qu’un genre : une matière pour dire l’incendie intérieur d’une génération.
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septembre 11, 2025Il y a dans African Beauty cette impression d’espace ouvert : une chanson qui respire à la fois Lagos et Berlin, la soul des origines et la modernité des clubs européens. DammyDaas, artiste nigérian installé en Allemagne, transforme l’afrobeats et le R&B en un langage universel, une musique qui ne se contente pas de divertir mais qui fédère, raconte, relie. C’est une déclaration à la beauté africaine, certes, mais aussi une ode à l’identité, à la mémoire et au pouvoir d’incarner une culture à travers le son.
Le morceau est construit comme une danse douce : percussions chaudes, guitares qui filent comme des caresses, nappes électroniques discrètes mais enveloppantes. La voix de DammyDaas glisse dessus avec élégance, oscillant entre l’intimité feutrée du R&B et la ferveur solaire de l’afropop. Ce mélange subtil donne à African Beauty une aura à la fois intemporelle et moderne, comme si Marvin Gaye rencontrait Wizkid dans un studio cosmopolite.
Ce qui rend le titre singulier, c’est sa double lecture. À la surface, un hymne séduisant, construit pour résonner dans les playlists globales et séduire les foules. Mais en profondeur, un geste identitaire : celui d’un artiste qui revendique ses racines africaines tout en incarnant la fluidité culturelle d’un parcours migratoire. On sent derrière la chanson l’écho de ses voyages, de ses rencontres, et la volonté de bâtir une passerelle musicale qui transcende les frontières.
DammyDaas ne se contente pas de publier un single : il inscrit sa musique dans une démarche plus vaste. Le lancement de Jiggy Fest, son festival berlinois célébrant 10 ans de carrière, en est la preuve : une volonté d’unir les cultures par la musique, de créer une scène indépendante où la diaspora et les artistes locaux se rencontrent.
Avec African Beauty, il confirme qu’il n’est pas seulement un nom à suivre mais déjà une voix singulière dans la cartographie mondiale. Une voix qui chante la beauté, mais qui, au fond, parle d’unité, de mémoire et d’avenir.
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septembre 11, 2025Avec YOU, Moe Abdo transforme la pop et le R&B en une matière mouvante, traversée de pulsations afro et d’élans soul. Le chanteur soudanais, héritier spirituel d’Usher et de Marvin Gaye autant que marqué par l’esthétique plus contemporaine de l’afro-pop, livre une pièce qui sonne comme une lettre ouverte : une adresse directe, vibrante, où chaque mot semble flotter dans l’air comme une image de cinéma.
La production est à la fois riche et mesurée. Des cordes s’invitent par touches discrètes, un piano se glisse sous la surface, et les synthés nappent l’ensemble d’une lumière tamisée. La rythmique afro, souple mais ferme, garde le morceau ancré dans un groove charnel, tandis que les arrangements électroniques apportent une modernité qui fait respirer l’ensemble. C’est une musique hybride, consciente de ses racines mais tournée vers le futur, qui rappelle que la fusion peut être un langage universel.
La voix de Moe Abdo en est le cœur battant. Elle oscille entre la sensualité feutrée du R&B et la ferveur d’un chant plus soul, capable d’effleurer l’émotion brute sans tomber dans l’excès. On y entend un vécu, une expérience intime transposée en mélodie, mais aussi une capacité à transformer cette fragilité en force. YOU ne se contente pas d’exprimer un sentiment amoureux : il explore ce que signifie s’abandonner, laisser l’autre pénétrer dans ses failles et dans ses rêves.
À travers ce titre, Moe Abdo impose un univers singulier : à la fois personnel et cinématographique, nourri d’arrangements live et d’ambiances électroniques, comme si chaque chanson devait être la bande originale d’un moment de vie. YOU est un morceau qui dépasse les codes de l’afrobeats ou du R&B pour devenir une expérience sensorielle, intime et universelle à la fois.
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septembre 11, 2025Kenny Sharp n’écrit pas des chansons, il déploie des ambiances. Avec Amy, le natif de D.C. livre un titre qui semble sorti d’un vinyle Motown oublié, mais réinjecté dans un corps alt-pop lumineux, vibrant, calibré pour les foules autant que pour l’intime. C’est l’ADN de son projet Brown Liquor Music : une soul ivre de groove, mais toujours assez souple pour se métisser de funk, de rock et d’élans pop modernes.
Dès l’introduction, la couleur est donnée : cuivres rétro, basse ronde, un rythme qui chaloupe comme une marche de séduction. Sharp ne se contente pas de chanter, il performe. Sa voix – chaude, expansive, capable de murmurer comme de rugir – convoque à la fois James Brown et Morris Day, mais toujours avec ce twist contemporain qui l’empêche de sonner pastiche. Amy fonctionne comme une déclaration, à la fois amoureuse et musicale, où l’objet du désir devient prétexte à un déferlement de style et de charisme.
Ce qui rend le morceau irrésistible, c’est son double visage : d’un côté la nostalgie Motown, ses harmonies satinées et son groove chaleureux, de l’autre une patine alt-pop qui l’arrime au présent. On imagine ce titre résonner aussi bien dans un club intimiste que dans une grande salle où les refrains deviennent incantations collectives.
Sharp incarne à merveille ce pont générationnel : ex-rappeur conscient devenu entertainer flamboyant, il s’autorise désormais la flamboyance sans renier la profondeur. Amy est un morceau séducteur, certes, mais c’est aussi une leçon de style : la preuve que la soul, loin d’être figée dans ses mythes, peut se réinventer en 2025 sous des formes nouvelles, hybrides et universelles.
Avec Amy, Kenny Sharp ne signe pas qu’un single : il rappelle que la musique, quand elle est bien dosée, peut être à la fois rétro, moderne, et viscéralement humaine. Une invitation à céder au groove, sans condition.
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septembre 11, 2025Dans Motel Kid, Lil T ouvre une porte rarement franchie dans le rap et le R&B : celle des motels bon marché, des chambres partagées à six, des nuits où l’instabilité devient une seconde peau. Le morceau, mi-ballade R&B, mi-confession rap, raconte une enfance marquée par le chaos et la pauvreté, et montre comment ces cicatrices se prolongent dans les relations intimes de l’âge adulte. Ce n’est pas seulement une histoire personnelle : c’est le portrait d’une Amérique des marges, souvent invisible, où grandir rime avec survivre.
La production, sobre mais précise, s’appuie sur des accords mineurs qui évoquent la mélancolie sans jamais tomber dans le misérabilisme. Un beat pop-rap accessible garde le morceau fluide, presque lumineux, contrastant avec la gravité du propos. C’est ce décalage qui touche : une chanson qu’on pourrait chanter en chœur, tout en sentant la douleur réelle qui l’habite. La voix de Lil T navigue entre douceur fragile et éclats de rap plus âpres, comme si chaque couplet oscillait entre confession intime et cri de résistance.
Ce qui marque dans Motel Kid, c’est la lucidité avec laquelle Lil T relie ses souvenirs d’enfance à ses amours d’adulte. Le manque de stabilité, l’impossibilité de se sentir “chez soi”, rejaillit dans ses relations : peur de l’abandon, besoin de contrôle, incapacité à se livrer totalement. En transformant ces traumas en musique, il signe un morceau cathartique, à la fois personnel et universel, qui parlera à tous ceux qui ont grandi dans des foyers fracturés.
Avec Motel Kid, Lil T s’affirme comme un narrateur sensible, capable de sublimer la dureté de son vécu sans la travestir. C’est un titre qui dit tout : la douleur, la résilience, mais aussi la beauté fragile qui peut naître même dans les endroits les plus improbables. Un morceau qui fait de la chambre de motel un symbole : précaire, bancal, mais rempli d’humanité.
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septembre 11, 2025Un Rhodes qui s’étire comme une prière, une ligne de basse moelleuse, et puis la voix de Marcus Coates qui entre, pleine de feu mais teintée d’une douceur inattendue. Locked in a Vision n’a rien d’une simple ballade néo-soul : c’est une confession, un manifeste, un chant d’endurance né d’un tunnel vision où l’on refuse de se détourner de son but malgré les nuits blanches, les sacrifices et les doutes qui bourdonnent.
La production s’ancre dans un rétro-soul assumé, avec des arrangements feutrés qui rappellent la chaleur Motown, mais traversés d’une sensibilité R&B contemporaine. C’est cette fusion qui donne au morceau son équilibre : la nostalgie d’un temps où la soul servait d’arme pour traverser la douleur, et la modernité d’une écriture qui parle à une génération obsédée par la réussite autant que par l’authenticité.
Marcus Coates ne rappe pas, il ne sermonne pas : il raconte. Son phrasé, nuancé, traduit l’ambivalence d’un homme écartelé entre la dureté de la route vers le sommet et la tendresse d’un amour qui n’interrompt pas cette ascension mais l’alimente. Dans ce sens, Locked in a Vision est autant une chanson de grind qu’une chanson de cœur. L’un nourrit l’autre, comme si la passion créative et la passion amoureuse provenaient de la même source.
Au-delà du propos, ce titre fonctionne comme une incantation. On l’écoute en fermant les yeux, et chaque note semble encourager à tenir, à ne pas lâcher. C’est une soul de combat, à la fois intime et universelle, qui prend la sueur comme matière première et en fait quelque chose de beau.
Avec Locked in a Vision, Marcus Coates ne signe pas qu’un morceau : il érige une philosophie. Celle d’une ambition qui ne se dilue pas dans l’ego, mais qui trouve sa force dans la foi et l’amour. Une vision, certes, mais habitée, lumineuse, et terriblement humaine.
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septembre 11, 2025Un titre qui porte bien son nom. The Groove est ce type de morceau qui attrape l’auditeur dès les premières mesures et l’installe dans un balancement souple, quelque part entre la chaleur d’un R&B old school et l’acuité d’un hip-hop conscient. Amp Melo, épaulé par le vétéran Dizzy Wright, tisse une pièce où réflexion et sensualité se répondent, où l’on pense autant qu’on ressent.
La prod déroule un tapis feutré : basse ronde, touches jazzy, rythme organique qui respire comme un live band. Ce n’est pas un hasard : Amp Melo, anciennement connu sous le nom d’Amplified, vient de la scène scénique, de ces shows à haute intensité où guitare électrique et flûte jazz s’invitent au côté des DJ sets. On retrouve ici cette énergie hybride, capable de faire bouger sans perdre en profondeur.
Son flow, ciselé mais chaleureux, rappelle les héritages de Mos Def ou Blu & Exile : un hip-hop qui ne se coupe jamais de la soul. Dizzy Wright, en featuring, ajoute une couche d’authenticité west coast, plus directe, plus rugueuse, qui équilibre la fluidité d’Amp. Ensemble, ils construisent un dialogue cohérent : deux générations, deux styles, mais une même volonté d’ancrer le groove dans un propos.
Ce qui rend The Groove précieux, c’est sa manière de transcender les cases. À la fois accessible et exigeant, il se glisse aussi bien dans une playlist chill que dans une écoute attentive. Le morceau annonce surtout la montée en puissance d’Amp Melo, qui s’apprête à sortir Off The Bench en 2024.
Avec ce titre, il ne se contente pas de surfer sur des influences : il confirme une identité. Celle d’un artiste qui comprend que la musique est à la fois un espace de fête et de réflexion, un lieu où l’on danse et où l’on pense. The Groove s’inscrit dans cette tradition : un pont entre le corps et l’esprit.
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septembre 11, 2025Sous le soleil de Northampton, la rencontre semblait improbable : Great Adamz, messager afrobeats à l’énergie vibrante, et Maddox Jones, artisan R&B à la voix fragile et nuancée. Pourtant, Body And Soul les réunit dans un duo qui fonctionne comme une équation parfaite : chaleur et intensité, séduction et tendresse, groove et émotion.
Dès les premières secondes, le morceau déploie une atmosphère enivrante. Les percussions afrobeat s’installent comme une pulsation organique, irrésistible, pendant que la ligne mélodique R&B apporte une douceur charnelle. Adamz pose sa voix comme un appel solaire, Maddox répond avec des harmonies feutrées, et le refrain éclate comme une vague d’été : simple, immédiat, fait pour être repris en chœur.
Ce qui distingue Body And Soul, c’est son équilibre. Là où beaucoup de fusions afrobeat/R&B sombrent dans le cliché tropical house ou dans l’excès sucré, le duo choisit la justesse : une production claire, précise, qui garde l’énergie du dancefloor sans sacrifier la profondeur. On sent que la chanson a été écrite et produite à quatre mains : chaque détail – des textures percussives aux respirations vocales – semble pensé pour relier deux univers sans les lisser.
Le texte, lui, joue sur l’intemporalité : une ode à l’amour neuf, à l’ivresse des débuts où tout paraît possible. Mais chantée par ces deux voix si différentes, elle prend une dimension plus ample, presque universelle : une déclaration faite autant au corps qu’à l’esprit, où la passion se conjugue avec la promesse d’un lien durable.
Avec Body And Soul, Great Adamz et Maddox Jones livrent un titre qui ne cherche pas seulement à séduire : il enveloppe, il capte, il transporte. Une chanson qui a l’allure d’un tube d’été, mais qui garde en elle une sincérité intemporelle, capable de résonner bien au-delà de la saison.
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septembre 11, 2025Une guitare en boucle, ronde et apaisante, puis une basse qui s’installe avec souplesse : l’ambiance est trompeuse, presque douce. Car Lose My Mind, nouvelle rencontre entre Maka et Phlow produite par Teck-Zilla, n’a rien d’une love song tranquille. Ici, il est question de fatigue, de profils mensongers, de textos interminables qui finissent en queue de poisson, bref, de ce marécage qu’est devenu le dating à l’ère des applis et des réseaux sociaux.
Ce qui frappe, c’est la légèreté avec laquelle le duo transforme ces déboires en matière musicale. Maka ouvre le bal avec un chant nourri d’inflexions gospel, à la fois lumineux et ironique, donnant une dimension presque spirituelle à des anecdotes qui relèvent du quotidien le plus banal. Puis Phlow entre avec un flow souple, nerveux, qui croque des images criantes de vérité : pseudos ridicules, photos retouchées, égos démesurés. Leurs voix se répondent comme deux facettes d’un même récit collectif, celui de femmes qui naviguent dans une mer pleine de promesses vides.
La production de Teck-Zilla, fidèle compagnon de route, est une réussite en soi : un beat qui oscille entre hip-hop old-school et néo-soul moderne, relevé de textures soyeuses, avec ces guitares qui caressent et contrastent avec le réalisme grinçant des paroles. L’ensemble garde une vibe feel-good, presque ludique, alors que le propos touche une corde sensible : la lassitude de chercher l’amour dans un marché saturé d’illusions.
Lose My Mind n’est pas qu’un single malin, c’est une chronique générationnelle. Phlow et Maka captent l’air du temps avec humour et acuité, rappelant que la musique peut être à la fois miroir social et exutoire. À l’approche de leur projet Hard Shell, Soft Center, elles signent un morceau qui amuse autant qu’il libère, donnant une voix aux frustrations silencieuses de toute une époque.
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septembre 11, 2025On pourrait croire à une ballade simple, un souffle doux taillé pour les heures tardives. Mais Easy de Cosima Olu refuse la facilité que son titre suggère. Derrière l’élégance des accords et la fluidité de la mélodie, il y a une tension sourde : ce que les autres perçoivent comme naturel, léger, ne l’est jamais vraiment. L’effort, les blessures et la discipline restent en coulisses, dissimulés derrière un sourire ou une voix qui semble flotter sans effort.
Musicalement, le morceau glisse entre néo-soul et R&B contemporain, avec des inflexions jazz qui agissent comme des clins d’œil discrets aux grands standards. La production se fait minimaliste mais raffinée : une ligne de basse chaude, des touches de piano suspendues, une batterie feutrée qui pulse comme un cœur au ralenti. L’espace sonore est pensé pour respirer, pour laisser passer la voix de Cosima Olu – veloutée, vibrante, capable d’effleurer la fragilité tout en conservant une maîtrise impeccable.
Easy n’est pas qu’une chanson sur l’apparence. C’est une réflexion sur la perception et l’invisible : tout ce qu’on cache derrière l’illusion de l’aisance, toutes les heures de lutte et d’angoisse transformées en quelques minutes de grâce. Cosima Olu traduit cette ambiguïté avec une subtilité rare, refusant le pathos au profit d’une sincérité retenue.
Dans le paysage alt-pop et R&B actuel, saturé de productions lisses, Easy se distingue par sa justesse. Il ne cherche pas à impressionner mais à dire une vérité universelle : la beauté est souvent construite sur un terrain instable. Et si l’on se laisse bercer par la douceur de sa forme, on en sort aussi avec un poids au cœur – celui de savoir que derrière chaque évidence se cache une lutte invisible.
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septembre 11, 2025Une guitare douce, presque timide, ouvre home comme on entrouvre une porte restée trop longtemps fermée. Max Pope ne cherche pas l’effet immédiat : il installe une atmosphère fragile, faite de silences et de vibrations retenues, avant de laisser sa voix se poser, emplie d’une mélancolie lumineuse. Le morceau n’est pas simplement une chanson d’amour ou de souvenirs : c’est une quête, celle d’un jeune homme qui tente de redéfinir ce que le mot “maison” peut bien vouloir dire quand on a grandi entre plusieurs foyers et qu’on porte sur les épaules l’histoire douloureuse des générations passées.
La force de home, c’est son entremêlement de récits personnels et historiques. Pope convoque le destin de sa grand-mère, marquée par l’exil, la guerre et la perte, pour mieux éclairer son propre sentiment de fragmentation. À travers cette filiation, l’artiste de South London relie le passé et le présent, montrant que la notion de foyer ne se limite pas à des murs mais se tisse de chair, de mémoire et de rencontres. En filigrane, l’histoire devient aussi politique : que signifie appartenir, quand l’Histoire elle-même vous a déraciné ?
Musicalement, on retrouve ce mélange d’indie pop sensible et de folk moderne qui avait déjà marqué son premier album Counting Sheep. Mais ici, la production de Riley Macintyre (Arlo Parks, Glass Animals) ajoute une gravité nouvelle : des arrangements sobres, des textures aériennes, qui laissent la place à une voix au bord de la cassure. C’est une chanson qui ne se pavane pas mais qui hante longtemps après écoute, comme une conversation intérieure impossible à éteindre.
Avec home, Max Pope signe une pièce maîtresse de son prochain album Praise Animal, où l’intime et l’universel se confondent. Une chanson qui refuse de donner des réponses mais invite chacun à questionner sa propre définition du mot. Peut-être que le foyer n’est pas un lieu fixe mais une sensation, un visage, une mémoire floue. Et si cette chanson nous bouleverse, c’est parce qu’elle résonne comme un miroir : chacun y cherche, à sa manière, la route du retour.
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septembre 11, 2025Imagine l’écran d’un téléphone éclairant une chambre plongée dans le noir, les écouteurs vissés aux oreilles et ces messages vocaux qui reprennent vie comme des fantômes familiers. C’est précisément là que Sam Wills a placé Voicenotes, l’un des sommets fragiles de son prochain album Speak. Plus qu’une simple ballade, le morceau ressemble à un instant suspendu : une archive intime réinventée en jazz contemporain, un souffle de nostalgie où la douleur de la séparation se marie à une élégance intemporelle.
Écrit avec son collaborateur de longue date Phairo, le titre s’impose par son dépouillement. La production, fine comme du papier de riz, laisse tout l’espace aux harmonies et à cette voix d’une précision troublante. Sam Wills y flirte avec la tradition des grands standards, convoquant des échos de Nat King Cole ou Billie Holiday, tout en s’autorisant des clins d’œil modernes, entre la sensualité d’un Prince et la douceur sophistiquée d’un Bobby Caldwell. Ce mélange crée un paradoxe délicieux : une chanson à la fois hors du temps et ancrée dans notre quotidien hyperconnecté.
Car derrière la délicatesse de l’arrangement, Voicenotes parle d’un geste terriblement actuel : rester éveillé à relire, réécouter, ressasser ce qui a déjà disparu. Le morceau prend la forme d’un dialogue avorté, d’un attachement qui persiste malgré la rupture. Une confession qui s’inscrit dans la trajectoire de Speak, disque pensé comme un récit de l’amour dans tous ses états : passion, désespoir, perte, puis réconciliation avec soi-même.
Après l’élan viral de Traingazing et les millions de streams de son premier album, Sam Wills s’offre avec Voicenotes une nouvelle respiration, plus intime, plus risquée aussi. C’est une chanson qui préfère la fragilité à l’esbroufe, et qui, justement pour cela, s’impose comme une pièce précieuse : un rappel que parfois, il suffit d’une voix enregistrée pour tout faire remonter.
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septembre 11, 2025Une vieille démo oubliée dans un dossier d’ordinateur. Une chanson griffonnée à l’époque où l’amour n’était encore qu’un rêve, une promesse à soi-même. Sept ans plus tard, Una Rams l’ouvre de nouveau, la polit, la réinvente, et voilà priceless possession : deuxième éclat de son premier album attendu, meet me at the altar. L’histoire d’un morceau qui a patienté, mûri, et qui trouve enfin sa peau définitive.
La production, signée C-Tea, J-Smash et Raven, injecte à la chanson une densité nouvelle : nappes chaleureuses, détails organiques, rythmiques souples qui battent comme un cœur au ralenti. On entend le passé et le présent se répondre. La première esquisse contenait l’intuition d’un amour inconditionnel, la version actuelle y ajoute la maturité d’un homme qui a appris que l’attente et la fidélité forgent la profondeur des sentiments.
Ce qui frappe dans priceless possession, c’est cette tension entre la tendresse et le sacré. Una Rams chante en anglais et en tshivenda comme pour unir deux mondes, deux cultures, deux intimités. Son message est limpide : l’amour qui compte n’a pas de prix, il se construit par le choix répété, quotidien, de se tenir aux côtés de l’autre.
À l’heure où la pop globale use de la romance comme d’un packaging, Una Rams choisit l’authenticité. Il dessine une nouvelle grammaire du love song africain : ni mièvre, ni naïf, mais enraciné dans la gratitude et le sacré. Après ndi a mufuna, il poursuit sa quête d’un répertoire pour les vœux et pour la vie entière.
Avec priceless possession, il ne livre pas qu’un titre : il offre une cérémonie intime, une invitation à croire qu’aimer, vraiment aimer, reste l’acte le plus radical de notre temps.
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septembre 11, 2025À seulement 20 ans, Money Mo jongle déjà avec plusieurs vies : pop-star en devenir, joueur de fútbol américain universitaire à Loyola Marymount, étudiant, et désormais rappeur qui s’attaque à l’un des classiques R&B des années 2000. Truth In The Lies Freestyle reprend le célèbre So Sick de Ne-Yo, mais le propulse dans un univers pop-rap commercial, saturé de confiance et d’énergie neuve. C’est un pari risqué – revisiter une madeleine de la culture R&B – mais Mo en sort grandi, imposant son swag et sa signature sonore.
Le morceau se déploie comme une hybridation assumée : d’un côté, la nostalgie d’une mélodie que tout le monde connaît, de l’autre, une production plus trap-pop, rythmée par des basses bondissantes et un flow souple qui joue entre chant et rap. Mo ne cherche pas à imiter Ne-Yo, il détourne, il redessine, il injecte une désinvolture californienne et une spontanéité qui font basculer la chanson vers une génération TikTok habituée aux réinventions.
Son timbre, encore juvénile mais déjà charismatique, porte cette insouciance maîtrisée qui caractérise les artistes capables de séduire au-delà des frontières d’un seul genre. Derrière l’exercice de style, il y a une ambition claire : prouver qu’il peut transformer une référence incontournable en terrain de jeu personnel. Et ça fonctionne, parce qu’on entend à la fois le respect de l’original et la volonté de ne pas s’y enfermer.
Avec Truth In The Lies Freestyle, Money Mo signe un premier geste fort : il se place dans la lignée d’une pop-rap accessible et commerciale, prête à plaire au grand public, tout en posant les bases d’une identité hybride. Étudiant, sportif, passionné d’anime et de musique, il incarne déjà une nouvelle génération d’artistes pour qui l’authenticité et la polyvalence comptent autant que les hits. Un freestyle qui ressemble à une carte de visite brillante et pleine de promesses.
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septembre 11, 2025Une chambre, des cahiers ouverts, une pression sourde qui vient autant de l’intérieur que de l’extérieur : Expectations est le récit d’une adolescente qui refuse d’être simplement définie par les attentes du monde. À 17 ans, Imani-J transforme cette lutte intime en une chanson d’une maturité déconcertante, où le contemporary R&B se teinte de l’élan solaire de l’afrobeat et de la fluidité afro-pop. C’est à la fois un autoportrait et un manifeste : le témoignage d’une jeune femme qui choisit de ne pas plier sous le poids des regards.
Dès les premières mesures, le morceau installe une sensualité rythmique qui respire l’afro-fusion contemporaine. La production, subtilement polie, laisse s’épanouir des percussions chaudes et des lignes mélodiques qui ondulent comme une respiration. Mais ce qui marque, c’est la voix d’Imani-J : souple, vibrante, capable de passer de l’intime murmuré à l’affirmation pleine et entière. On sent qu’elle ne chante pas seulement une idée : elle l’incarne, elle l’habite avec une intensité qui dépasse son âge.
Expectations ne se contente pas de dénoncer la pression des autres. Il explore aussi le dialogue intérieur, cette lutte contre soi-même qui peut être plus lourde encore que les injonctions extérieures. En transformant ce chaos en un morceau dansant, lumineux et fédérateur, Imani-J réussit à faire de la vulnérabilité une force, et de l’aveu un moteur.
Son métissage – Kiwi et Haïtienne – irrigue sa musique d’une richesse identitaire et culturelle rare, comme une double appartenance qui se traduit en textures sonores. Là où d’autres chercheraient à imiter des modèles, elle affirme déjà une singularité, portée par l’élégance pop et l’introspection R&B.
Avec Expectations, Imani-J prouve qu’elle n’est pas seulement une promesse mais déjà une artiste à part entière. À 17 ans, elle fait de ses doutes un tremplin, et de ses contradictions un langage universel. On a la sensation d’assister aux premiers battements d’ailes d’une voix qui pourrait bien marquer l’avenir de la scène R&B et afro-fusion en Nouvelle-Zélande et au-delà.
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septembre 11, 2025Il y a parfois des trajectoires qui donnent l’impression de tracer des constellations : des points éloignés qui, reliés entre eux, composent une carte du futur. Endo Collinz est de cette génération d’artistes qui incarnent un pont entre deux mondes. Né à Curaçao, bercé par les rythmes insulaires, il vit aujourd’hui à Los Angeles, au cœur de l’industrie mondiale. Sa musique est précisément cela : une tension magnétique entre racines et horizon. Avec Billie Jean, il signe un morceau de contemporary R&B contaminé par l’énergie brute du trap et l’efficacité mélodique du pop rap, une œuvre qui résonne comme une déclaration d’intention.
Dès ses premières mesures, Billie Jean installe une atmosphère moite, presque cinématographique. La production superpose des nappes R&B satinées à des basses qui claquent sèchement, pendant que les hi-hats tracent une ligne de fuite vers l’urgence du trap. On sent dans chaque détail le soin d’un producteur qui connaît les codes mais refuse de s’y enfermer. Collinz glisse sa voix dans cet écrin sonore avec une aisance désarmante : un phrasé tantôt chanté, tantôt rappé, qui caresse et percute en même temps.
Ce qui frappe, c’est l’intensité émotionnelle. Billie Jean n’est pas une simple démonstration de style : c’est une plongée dans l’intimité d’un artiste qui explore la fragilité des relations, la tentation, le désenchantement. Ses paroles, habitées d’une sincérité brute, trouvent leur force dans cette capacité à transformer des expériences personnelles en refrains universels.
Endo Collinz avait déjà attiré l’attention en 2023 avec Save Me, single inaugural dont le clip avait accumulé des centaines de milliers de vues en quelques semaines. Avec Billie Jean, il confirme qu’il n’est pas une étoile filante, mais un nom qui s’installe durablement. Sa musique porte en elle le souffle d’un futur où l’hybridation est la règle : les Caraïbes dans le cœur, Los Angeles dans la voix, et l’ambition planétaire comme moteur.
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septembre 11, 2025Il y a des morceaux qui s’installent dans vos oreilles comme une évidence, qui semblent avoir toujours existé et qui pourtant arrivent à transformer le paysage sonore d’un seul battement de basse. Guarantee de Setapart x Karice est de ceux-là. Une offrande néo-soul irriguée de racines africaines et caribéennes, un morceau incandescent qui parle des creux et des crêtes de la vie, mais surtout de cette foi inébranlable dans le Très-Haut, présentée comme l’unique garantie au milieu du chaos.
Dès les premières secondes, la production dévoile une mélodie obsédante, presque solaire, portée par une ligne de basse ferme, solide comme une colonne vertébrale. Les percussions, elles, s’habillent de polyrythmies africaines, tandis que des échos caraïbéens soufflent un parfum de danse et de sueur nocturne. Ce n’est pas qu’un titre à écouter : c’est une expérience qui pulse dans la poitrine, une vibration qui convoque l’ancestral et l’avenir dans un même souffle.
La voix de Karice, souple et lumineuse, agit comme une boussole intime. Elle ne raconte pas seulement les hauts et les bas de l’existence ; elle les incarne, elle les fait résonner en chacun de nous. Face à la fragilité du quotidien, son chant trouve refuge dans la transcendance, dans cette foi proclamée non pas comme dogme mais comme force d’équilibre. Setapart, en contrepoint, apporte une dimension plus brute, une gravité qui enracine le morceau et l’empêche de flotter trop haut.
Guarantee s’écoute comme un mantra moderne. À la croisée des genres, il offre une vision résolument tournée vers demain : la Neo-Soul, loin de se figer dans ses codes classiques, s’ouvre à des horizons plus larges, embrassant les continents, réconciliant l’intime et l’universel. On en ressort avec l’impression d’avoir voyagé sans quitter sa chambre, et la conviction que la musique, quand elle touche juste, est aussi une forme de foi.
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septembre 3, 2025Pépite du jour, et gros coup de cœur même. Il y a dans Ma beauté quelque chose de rare, presque anachronique dans une époque où le rap et le RnB courent souvent après l’effet immédiat : ici, l’émotion prend son temps. Le morceau s’installe avec une douceur trompeuse, comme une confidence glissée à voix basse, mais derrière cette apparente simplicité se cache une tension — celle d’un homme qui, après avoir traversé la mélancolie (Toxic) et les exaltations charnelles (Baby Boy, Besos), trouve enfin les mots justes pour célébrer sans détour ce qui le touche profondément.
Ce qui rend le morceau unique, c’est sa pudeur. Le beat est volontairement minimaliste, avec une rythmique RnB chaloupée et des notes de piano enveloppantes qui laissent la voix respirer. Pas d’artifice, pas de surenchère : DVSN choisit l’économie pour mieux mettre en avant ce qu’il dit. Le refrain, d’une limpidité désarmante, agit comme une incantation amoureuse. Et c’est précisément dans cette simplicité qu’il touche droit au cœur : à rebours des codes virilistes encore trop présents dans le rap français, il offre une déclaration où l’ego s’efface devant l’autre.
Mais Ma beauté n’est pas forcément qu’une déclaration d’amour à proprement dit. C’est aussi une étape dans l’itinéraire artistique de DVSN. Après avoir exploré différentes facettes de son identité sonore comme le reggaeton solaire avec Paquita, l’afro-dancehall entraînant avec Baby Boy, ou encore l’introspection sombre avec Toxic; il livre ici une pièce fondatrice, presque manifeste : dire que la beauté peut être moteur, que l’attachement n’est pas une faiblesse mais une force créatrice. Plus encore, DSVN prouve que ce n’est pas toujours le stéréotype de l’homme rappeur qui fait capoter la relation avec une femme et qu’il peut lui-même souffrir de cette relation. Les 15 000 écoutes en quatre jours ne sont pas qu’un chiffre, elles sont le signe que le public a perçu cette sincérité et s’y reconnaît.
Il faut aussi replacer Ma beauté dans une filiation. La culture hip-hop française a donné des classiques de l’amour désarmé — on pense à certains morceaux de La Fouine ou même aux instants de fragilité de Booba — mais rarement avec une telle transparence émotionnelle. DVSN n’imite pas, il prolonge cette veine à sa manière, avec sa voix légèrement voilée, ses intonations qui oscillent entre confidence et ferveur.
Au fond, Ma beauté n’est pas seulement une chanson dédiée à une femme aimée, mais une profession de foi. Celle d’un artiste qui veut rappeler que le rap, dans sa force narrative, peut aussi être un lieu de tendresse et de reconnaissance. Une tendresse brute, dépouillée, qui, loin d’affaiblir, rend plus fort. Et c’est ce paradoxe-là qui donne au titre sa puissance : une ballade amoureuse qui sonne comme un acte de résistance.
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septembre 3, 2025Ce n’est pas une ballade d’amour, mais une ballade d’après. chapter IV: solo (tough love), dernier volet du cycle unspoken words to past lovers, sonne comme le journal intime d’une renaissance. Luminiah y déploie une force tranquille, une voix qui n’explose jamais mais qui, dans sa retenue, tranche plus fort qu’un cri.
Le morceau explore ce moment de bascule où l’on choisit de marcher seul plutôt que de continuer à s’accrocher à des liens usés. Pas de drame, pas d’apitoiement : seulement une lucidité crue, celle du tough love appliqué à soi-même. Refuser de se trahir, accepter le vide comme une preuve de solidité. La production, minimaliste et enveloppante, marie des textures néo-soul et des inflexions downtempo jazz, laissant à la voix tout l’espace pour respirer et se déployer.
Il y a quelque chose d’ancestral et de moderne dans ce titre. Ancestral, parce qu’on sent derrière les mots la mémoire des femmes qui ont transmis leurs blessures et leur force ; moderne, parce que Luminiah manie les codes du R&B alternatif avec une élégance rare, à mi-chemin entre une poésie intime et une clarté presque clinique. On pense à Cleo Sol ou à Pip Millett, mais la comparaison s’arrête vite : ici, c’est une empreinte singulière, un style qui n’imite pas mais qui s’affirme dans l’économie et la justesse.
chapter IV: solo (tough love) n’est pas une chanson qu’on consomme, c’est un miroir qu’on accepte d’affronter. Elle ne vous accompagne pas dans la nostalgie, elle vous force à avancer. À comprendre qu’aimer, parfois, c’est savoir dire non. À l’autre, mais surtout à soi-même, quand la tentation du retour s’invite.
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septembre 3, 2025Certains titres s’écoutent comme des confidences murmurées au creux de l’oreille, d’autres comme des incantations capables de transformer le poids du passé en lumière neuve. Khadijat de Kukie brwn fait partie de cette seconde catégorie. Derrière son rythme afro-fusion au balancement solaire, se cache un manifeste intime : celui de ne pas laisser les cicatrices d’hier gouverner le lendemain, de se relever, d’avancer malgré tout.
Kukie brwn, voix d’Edo State enracinée dans la soul et nourrie de la vibration afrobeat, déploie ici une écriture à la fois simple et universelle. Pas de faux-semblants, pas de grandiloquence : juste des mots qui serrent le cœur et redonnent souffle, portés par une interprétation viscérale. Sa voix se pose comme un baume, oscillant entre gravité et tendresse, et vient rappeler que la vulnérabilité est aussi une force.
La production de Khadijat épouse cette intention : lignes mélodiques souples, percussions discrètes mais fermes, textures qui rappellent autant la chaleur d’une soirée nigériane que l’introspection d’un matin solitaire. C’est une chanson qui n’exige pas l’euphorie, mais propose un espace de guérison, un moment suspendu où la douleur peut se transmuer en énergie.
Ce qui distingue Kukie brwn, c’est cette manière d’habiter son art comme une mission. Elle ne chante pas seulement pour séduire l’oreille, mais pour déclencher quelque chose en celui ou celle qui écoute — un sursaut, un rappel que la dignité réside dans la persistance à se tenir debout. Khadijat n’est pas un simple morceau, c’est une main tendue, une promesse murmurée : ton passé ne décide pas de ton avenir.
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septembre 3, 2025Certains morceaux ne cherchent pas à moraliser ni à complexifier, ils se contentent d’ouvrir un espace où le désir danse librement. Tonight de J. Santonio appartient à cette catégorie : une pulsation funk traversée de nappes R&B et d’éclats nu-disco, construite comme un écrin pour un récit de liberté féminine assumée. Ici, la femme n’est ni fantasmée ni domestiquée, mais célébrée dans son envie d’explorer sans entraves, dans son droit à la frivolité comme revendication d’autonomie. Et Santonio, loin de jouer les gardiens de vertu, choisit l’attitude la plus rare dans la pop masculine : encourager, soutenir, amplifier cette énergie sans l’étouffer.
Musicalement, le morceau se nourrit des fantômes dorés des pistes de danse — le groove effervescent des années disco, les syncopes héritées du funk, les scintillements pop calibrés pour la radio. Mais J. Santonio y glisse sa propre patte : un timbre râpeux, chaud, capable de basculer en un instant de la tendresse à la suggestion. Sa voix agit comme un phare dans cette nuit où tout semble possible, oscillant entre la séduction feutrée et l’appel à l’abandon joyeux.
Ce qui frappe dans Tonight, c’est son équilibre entre légèreté et affirmation. On pourrait s’arrêter à la surface festive — un track parfait pour la voiture, les clubs, ou les soirées d’été — mais en filigrane, on y lit une vraie prise de position : l’idée que le plaisir féminin n’a pas à s’excuser ni à se cacher. Dans un paysage pop encore saturé de récits masculins centrés sur la conquête, J. Santonio retourne le script et devient témoin complice plutôt que protagoniste dominateur.
En un peu plus de trois minutes, Tonight réussit le pari d’être à la fois hédoniste et politique, radio-friendly et profondément contemporain. Une invitation à se laisser aller, mais aussi à se réapproprier son propre corps et son propre récit.
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septembre 3, 2025Une basse étouffée comme un cœur qui cogne dans le noir, une voix qui cherche la lumière en oscillant entre fragilité et puissance, et au loin une silhouette venue de France qui murmure son espoir dans un flow abrasif. I SEE de Taquirah et Lutshi n’est pas une simple collaboration transatlantique, c’est un appel à soi-même, une tentative de forcer le regard vers l’horizon quand tout pousse à rester figé dans l’ombre.
Taquirah, performeuse originaire de l’Illinois, porte dans son corps la mémoire du jazz et du gospel. Chaque syllabe qu’elle délivre semble jaillir d’une danse invisible, comme si sa voix dessinait des gestes suspendus dans l’air. On devine l’influence des grandes divas néo-soul, mais jamais dans l’imitation : chez elle, l’émotion se déploie avec un naturel désarmant, entre chant clair et grain brisé, comme une prière qui refuse de se taire. Lutshi, lui, vient offrir la rugosité du français, une langue qui se heurte aux beats downtempo, qui résiste et complète l’élan aérien de Taquirah.
La production se situe sur une ligne de crête fragile : nappes R&B éthérées, rythmes empruntés au grime, atmosphère downtempo qui flirte avec l’apesanteur. L’ensemble respire la tension d’une métropole la nuit, entre les doutes qui alourdissent et les rêves qui persistent. I SEE réussit à capturer cette bascule intime entre désespoir et foi — non pas la foi religieuse, mais celle, profondément humaine, qui consiste à se dire qu’il existe encore un chemin possible, un futur respirable.
Dans un paysage saturé de morceaux calibrés pour les playlists, ce titre ose la sincérité brute. C’est un fragment de vie transformé en matière sonore, une main tendue aux âmes qui trébuchent mais continuent malgré tout d’avancer. Et c’est peut-être là sa victoire : rappeler que parfois, voir mieux pour soi commence par écouter quelqu’un d’autre croire à voix haute.
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septembre 1, 2025Dans Lonely, Lil Pak ose ce que peu de rappeurs de sa génération acceptent : mettre en suspens l’attitude, le masque, le bruit des rues pour tendre un morceau de chair nue. Là où son écriture s’est souvent déployée sur le terrain du storytelling brut, il choisit ici une économie de mots au profit d’une charge émotionnelle frontale. La prod, dépouillée mais précise, laisse vibrer des accords et des respirations qui flirtent avec la soul contemporaine — on pense à certains crescendos minimalistes de Rod Wave ou à la fragilité assumée d’un Giveon, mais filtrée par la rugosité d’un rappeur qui ne renonce pas à sa densité.
Ce qui frappe, ce n’est pas tant l’histoire racontée — l’hommage à une partenaire restée loyale malgré les chaos — que la manière dont Lil Pak la livre. Pas de mise en scène ostentatoire, pas de refrains calibrés pour TikTok. Le flow ralentit, se fragmente, parfois même s’effrite, comme si chaque syllabe portait le poids de nuits d’errance et de reconstructions silencieuses. Le titre n’est pas une ballade sucrée mais un espace où la vulnérabilité s’affirme comme une force, où la loyauté devient un geste politique dans un monde où tout incite à la trahison et au recommencement rapide.
Lonely s’inscrit ainsi dans cette frange du rap contemporain qui refuse le manichéisme. C’est à la fois une love song et une réflexion sur le collectif : garder près de soi ceux qui ne lâchent pas, même quand la tempête gronde. Dans son articulation entre intimité et universalité, le morceau résonne comme un manifeste discret mais radical. Lil Pak ne signe pas seulement un single, il installe une nouvelle facette de son identité artistique — celle d’un rappeur capable de transformer sa propre fragilité en matière esthétique.
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septembre 1, 2025On n’entre pas dans Dreamland comme dans un morceau classique : on y glisse, presque à reculons, happé par une atmosphère qui ne ressemble à rien d’autre. Ebubé n’offre pas une chanson, il déploie un paysage intérieur, un territoire intime où la néo-soul se teinte d’indie R&B, de mélancolie vaporeuse et d’une sensualité qui frôle l’apesanteur. C’est une traversée de nuit, un rêve éveillé qui refuse de se dissiper au matin.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette voix — pas une voix qui cherche l’emphase ou le spectaculaire, mais une voix qui s’impose par sa fragilité assumée, comme si chaque note contenait un secret confié à demi-mot. Ebubé la laisse flotter au-dessus d’une production minimaliste : synthés caressants, rythmes étouffés, textures qui semblent venir de loin, comme filtrées par une vitre embuée. Rien de trop, rien de démonstratif. L’espace sonore est pensé comme un écrin de silence où chaque vibration prend un relief singulier.
L’originalité de Dreamland réside dans sa manière de concilier la douceur et le vertige. Le morceau ne se contente pas d’évoquer un état d’âme, il le fabrique, il l’impose à celui qui l’écoute. On est emporté dans une sorte de clair-obscur émotionnel où la vulnérabilité devient puissance, où l’absence se transforme en refuge. À la manière de Solange ou de James Blake, Ebubé déconstruit les codes de la soul pour en extraire une matière nouvelle, fragile mais infiniment moderne.
Ce morceau n’est pas seulement une ballade nocturne, c’est une expérience sensorielle : il agit comme un miroir liquide où chacun projette ses propres désirs, ses propres blessures. Dreamland n’est pas un simple titre, c’est un sanctuaire flottant, un espace suspendu qui confirme qu’Ebubé a déjà trouvé une langue qui n’appartient qu’à lui.
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septembre 1, 2025Lundi de rentrée, la pluie a remplacé les rayons de soleil, laissant sur nous un sentiment morose au goût amer de fin de vacances. Mais, rien ne sert de déprimer avant l’heure, on vous a concocté une playlist qui va vous remonter le moral et occuper vos tympans le temps des trajets jusqu’au travail. Voici la La Monday Playlist #5, à déguster sans modération :
daklaoma – collation
Chymzz x Rivo – Chose Me
Rize Michael – things you wouldn’t say
BlankX DUSÉ – Lft U Bhnd
JayWood – PISTACHIOS
Dreamland -Ebubé
AI SONGZ – Mad House
Yestrdy – Hell Yeah!
Moulod – Kitsune
YIN WISE – DEJA VU
NiCE. B – Si loin !
Hey Choppi – Fly Away
SAJYE – My Guy
0sb0rne – ON ONE
LIfeSizeDoll – Heaven on Earth
O.G. Soul + B. Griff – Lemonade (Bentley Coupe)
Nicoletta de Lira – MOSTRANDO LOS DIENTES
Dumomi the Jig – Not the same (NTS)
Teko Baby – When Can I Hold You
Tsharna – Stay
GoodBadUgly – diference.
Indietronica – Callen
Gawz – LOYER
Queen Ife – Savory
Katchafire – Collie Herb Man (Revival 2.0) (Remix by Katchafire )
Rose – Massé
Diallo Brutherz – Eh God
Signed XO – Flip The Switch
>aRRO – Limitless
Rauw Alejandro – Buenos Términos
Alessiah – boy toy
Maargueritt – En été
Joe Buck, Roxane Tessier : Am Stram Gram
Monolink – In My Place
ATHEN – Condamné
S*WITCHES – BRAVO LES LESBIENNES
oXni ~ HARD CORPS
KIDSØ – Permafrost
Habits – RETRO
Mang – Don’t Leave
Biggie Fresh – With You
Wen’Dee – Je m’attends au pire 💔 |Clip version court métrage
Logan Brown – SOMTIMES!
Karl Nasty – Presse La Détente (feat. Keywone)
Mugen SK – Faut Comprendre
Bullet Brak x Dizzy Dizasta – Please Understand
ray rogerss – Paul Frank Hat
Planky x Harry Shotta x Genesis Elijah x Backsy – One Life, One Soul
Glane x – Silencer
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septembre 1, 2025Un battement sourd, comme un cœur qu’on étouffe, ouvre le morceau. Pas besoin de mode d’emploi : on sait déjà que Vergessen? Totgeschwiegen ne cherche pas à plaire d’emblée, mais à gratter là où ça dérange. Sanina avance sans masque, ses mots frappent comme des projecteurs braqués sur l’ombre, et l’on comprend que cette chanson n’est pas un divertissement mais une mise à nu.
La texture sonore, hybride et élégante, s’inscrit dans une veine R&B-pop contemporaine qui a le goût du clair-obscur. Les nappes synthétiques s’enlacent aux basses souples, sculptant un espace à la fois fragile et imposant, où la voix de Sanina se fait guide et confession. On retrouve une tension presque cinématographique : tout est écrit comme une montée dramatique, jusqu’à ce refrain qui explose, comme si les mots tus depuis trop longtemps ne pouvaient plus tenir.
Mais au-delà des choix de production — modernes, précis, impeccablement calibrés pour flotter entre la radio et l’intime —, ce qui fascine ici, c’est l’angle choisi. Sanina ne raconte pas une rupture banale ni une histoire d’amour standardisée. Elle se confronte au silence, au poids du non-dit, à ces vérités qui s’enfouissent et qui finissent par ronger de l’intérieur. Dans un monde saturé de discours, elle ose donner une voix à ce qui n’en a pas.
On pense à une Alicia Keys pour la sincérité, à une Joy Denalane pour la force d’incarner en allemand des émotions universelles, mais Sanina trace sa propre diagonale : celle d’une artiste qui ne se contente pas d’écrire des chansons, mais qui transforme les silences en manifestes sonores. Vergessen? Totgeschwiegen n’est pas seulement un titre R&B-pop : c’est un uppercut doux-amer, un rappel que les vérités tues laissent toujours une cicatrice musicale.
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septembre 1, 2025On dirait un murmure chuchoté au creux d’une nuit moite, une confidence qui hésite entre caresse et supplication. Avec Mess With Me, Silky Vibe signe un titre qui tient davantage du journal intime chanté que du single calibré. Pas de machines rutilantes, pas de studio clinique : ici tout est bricolé dans une chambre de Fort Lauderdale, entre câbles qui traînent et guitare posée au bord du lit. C’est précisément cette fragilité qui donne à la chanson son magnétisme — un sentiment d’être invité dans l’espace privé de l’artiste, presque voyeur malgré soi.
Inspiré par la sensualité intemporelle de Marvin Gaye, le morceau réactualise le fantasme d’une Sexual Healing version bedroom pop. La guitare acoustique y croise des inflexions électriques, les percussions résonnent comme des battements de cœur fébriles, et la voix, nappée de réverbération, flotte dans l’air comme une buée de désir. On entend la solitude, l’attente, la brûlure d’un corps qui réclame sans oser. Silky Vibe transforme la frustration en mélodie, la vulnérabilité en force.
Ce qui frappe, c’est l’absence d’artifice. Chaque instrument est joué en direct, chaque choix sonore pensé pour prolonger l’intimité de l’instant. La production, si elle garde sa patine artisanale, cultive une élégance discrète qui évoque la soul contemporaine de Giveon ou Brent Faiyaz, mais avec une tendresse moins glacée, plus tactile.
Avec ce deuxième extrait de son Moody EP, Silky Vibe confirme une direction où l’introspection et le désir se frottent dans un même geste créatif. Mess With Me n’est pas qu’une chanson d’amour, c’est un huis clos érotico-mélancolique, une pièce sonore où l’on entend le froissement des draps et le silence après l’aveu. Loin des grandes messes R&B actuelles, Silky Vibe avance à pas feutrés, mais avec une sincérité brute qui touche plus sûrement que n’importe quel effet spectaculaire.
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août 28, 2025Certain·e·s artistes arrivent en imposant une esthétique d’ensemble, un univers déjà ficelé. Kruthikaa, elle, choisit l’éclatement. Deux morceaux qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre et pourtant se répondent comme deux facettes d’un même miroir. This That est une claque dansante, trap teintée de R&B, pensée comme une fête sans hiérarchie ni exclusion. La prod tape droit dans le ventre, saturée d’énergie, avec ce groove insolent qui rappelle la désinvolture dorée des grandes années Missy Elliott. Kruthikaa y joue les maîtresses de cérémonie : voix percutante, flow souple, attitude décomplexée. Tout appelle à la sueur, au rire, au lâcher-prise.
À l’opposé, Girls Like Me se déploie dans l’intime, avec une délicatesse presque désarmante. Ici, pas de trap frénétique : le tempo ralentit, le R&B se fait indie, presque alternatif, et la voix se rapproche de l’oreille, comme si Kru chuchotait une confession qu’on n’a pas le droit de répéter. C’est la fragilité après l’émeute, le repli intérieur qui répond au besoin de parade.
Ce contraste n’est pas un hasard mais une déclaration d’intention. En juxtaposant ces deux singles, Kruthikaa affirme que son EP Purr n’est pas une simple collection de morceaux mais une cartographie de soi : la fête et l’introspection, le masque et le cœur, la provocation et la tendresse. Ces “quatre sons” qui s’emboîtent comme des pièces de puzzle deviennent une signature : impossible de l’enfermer dans une case.
Ce qui frappe, c’est sa capacité à naviguer entre deux pôles sans rien perdre en cohérence. On sent une artiste qui a grandi avec les codes du hip-hop global mais qui ne les applique jamais tels quels : elle les filtre, les plie, les rompt pour construire un langage hybride, profondément personnel. Kruthikaa n’imite pas, elle convoque — et c’est cette tension, ce refus de choisir entre la fête et la mélancolie, qui rend sa proposition irrésistible.
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août 28, 2025Certaines chansons ne s’écoutent pas, elles se ressentent dans la cage thoracique, comme un vertige qu’on n’avait pas vu venir. Jazzy Dale, avec I Get It Now, signe l’un de ces morceaux qui n’expliquent rien mais qui traduisent tout : le moment exact où l’amour cesse d’être une idée abstraite pour devenir une collision réelle, presque violente, entre deux corps, deux mondes, deux vulnérabilités.
La production oscille entre la moiteur d’un R&B contemporain et la clarté cristalline d’une pop dansante. Les beats, fluides mais nerveux, créent cette sensation paradoxale de contrôle et de perte totale, comme si l’on avançait en équilibre sur une corde tendue au-dessus du vide. Par-dessus, la voix de Jazzy Dale déroule son grain chaleureux, fragile et assuré à la fois, qui donne au morceau son ancrage humain. On la sent vaciller entre euphorie et peur, exactement ce que raconte le texte : ce moment où l’on comprend que tomber amoureux, c’est aussi accepter de se briser.
L’écriture reste volontairement simple, presque conversationnelle — “I get it now” résonne comme la confession la plus brute possible, l’aveu d’un déclic que chacun redoute et espère. C’est précisément cette simplicité qui fait la force du morceau : pas de grandes déclarations, juste une vérité nue qui vient frapper l’auditeur en plein cœur.
Avec ce titre, Jazzy Dale s’inscrit dans une tradition où la pop et le R&B ne sont pas seulement des genres mais des états émotionnels, capables de condenser l’ivresse, la peur et la beauté du sentiment amoureux en trois minutes de musique. Une chanson à écouter comme on saute sans parachute, pour sentir le vent dans les poumons et le vide sous les pieds.
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août 28, 2025Il arrive parfois qu’un morceau ne cherche pas à s’imposer par la force, mais qu’il s’installe en douceur, comme une brise tiède qui soulève les rideaux au petit matin. kimaRA, avec son univers flottant entre R&B contemporain et effluves tropicales, compose précisément cette sensation : une musique qui ne se contente pas de séduire l’oreille mais qui transforme l’espace autour de soi.
Sa voix est le premier choc. Un timbre souple et habité, capable de glisser avec tendresse avant de se briser dans une intensité brûlante. On y entend autant la nostalgie des grandes voix soul que la sensualité des chanteuses du sud global, avec cette manière singulière de convoquer l’intime et le sacré dans la même respiration. Chaque inflexion semble tenir en équilibre entre vulnérabilité et puissance, comme si kimaRA chantait autant pour elle que pour ceux qui l’écoutent à distance.
Musicalement, ses textures s’aventurent dans une hybridation rare : une base R&B élégante qui s’entrelace avec des percussions chaudes, presque tribales, et des motifs sonores venus d’ailleurs — fragments de world music, échos de tropiques, reflets d’une mémoire diasporique. Le résultat n’est pas un patchwork mais une écriture cohérente, où chaque élément nourrit l’autre, comme les différentes couleurs d’un même coucher de soleil.
Ce qui frappe surtout, c’est la dimension narrative. kimaRA ne compose pas des chansons au sens classique, elle dessine des tableaux mouvants. Ses morceaux parlent autant de désir et de perte que de réconciliation intérieure, toujours baignés d’une lumière crépusculaire. Elle réussit à faire du R&B non pas un simple langage amoureux, mais une véritable cartographie de l’âme, traversée de paysages tropicaux et de souvenirs enfouis.
Avec cette approche singulière, kimaRA s’impose comme une artiste rare : capable de plier un genre codifié pour en extraire une matière poétique, personnelle, et universelle. Sa musique n’est pas une simple écoute, c’est une immersion, un rituel, une façon de rappeler qu’on peut danser même au bord de ses blessures.
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août 28, 2025Certains morceaux ne frappent pas comme des évidences, mais se glissent d’abord dans les failles, là où les souvenirs et les obsessions murmurent encore. Call Me Crazy d’ARTHEUS et Arianne Winter est de ceux qui ne cherchent pas à séduire immédiatement : il s’infiltre, serpente dans les veines, et laisse au passage des traces de feu et de sel. C’est un morceau qui ressemble à une lutte intime, une danse fragile entre la tentation de se perdre et l’élan de se reconstruire.
Sur le plan sonore, la production d’ARTHEUS dessine un décor mouvant, tendu entre douceur et vertige. Les mélodies soul se posent comme des caresses écorchées, avant d’être secouées par des beats trap au grain rugueux, comme des rappels incessants à la réalité brute. Cette tension, loin d’être un simple effet de style, devient le moteur de l’expérience : chaque mesure incarne la contradiction de vouloir céder à l’appel du poison tout en cherchant une échappée vers la lumière.
La voix d’Arianne Winter, vibrante et quasi viscérale, est la pièce maîtresse de ce voyage. Elle ne chante pas vraiment : elle confesse, elle implore, elle se cabre et se libère tout à la fois. On croit entendre les restes d’un cri retenu trop longtemps, transformé en mélodie. Son interprétation apporte une profondeur organique, presque charnelle, à l’architecture électronique façonnée par ARTHEUS.
Call Me Crazy n’est pas seulement une chanson d’amour ou de dépendance, c’est une cartographie de l’excès et de la rédemption. On y retrouve le parfum nocturne d’une ville encore humide de pluie, des néons qui tremblent, une silhouette qui vacille mais qui avance quand même. Le morceau se vit comme un miroir tendu : il parle autant des obsessions qui nous consument que de la capacité à les transcender. Un R&B contemporain qui prend la forme d’une confession dramatique, au croisement d’une messe intime et d’un exorcisme sonore.
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août 28, 2025Un morceau écrit au front, pensé entre deux silences de guerre, ne peut pas sonner comme les autres. Built Different n’est pas un simple track de R&B contemporain traversé de rap lo-fi : c’est un fragment de vie arraché à l’ombre, une confession murmurée depuis les terrains d’Afghanistan, aujourd’hui retransmise avec la distance fragile du retour. Marcus Coates ne se contente pas de rapper ou chanter, il dépose une mémoire, une tension, une gratitude brute : être encore là pour la raconter.
Le morceau s’avance sur un pas feutré, nappes R&B soyeuses mêlées à une rythmique lo-fi qui semble flotter dans l’air, comme suspendue. Mais derrière cette douceur apparente, il y a le poids des images, la dureté de ce qui n’est pas dit. Le flow, discret mais ferme, épouse les blessures qu’il ne prononce qu’à demi, donnant à la track cette impression d’intimité coupée au couteau : on y entre comme dans un journal intime que l’on n’aurait pas forcément dû lire, mais dont on ne décroche plus.
Ce qui frappe, c’est le paradoxe. Built Different est à la fois une chanson de survie et un hymne à la renaissance. Marcus Coates ne se contente pas de dresser le tableau d’un passé lourd, il le transcende en groove, prouvant que l’art peut absorber l’indicible et le rendre partageable. Là où tant d’artistes fabriquent du storytelling, lui vit littéralement dans ses mots.
On ressort de ce titre avec la sensation que la musique a sauvé une vie, et qu’elle continue de battre dans chaque note, comme un rappel humble et puissant : parfois, être built different, c’est simplement rester debout.
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août 28, 2025Deux heures du matin. Le monde extérieur s’éteint, mais l’esprit tourne encore. All Alone In My Bed, le premier geste signé Genesiskhode, capture ce moment précis : le corps immobile, l’âme agitée, et l’ivresse d’un souvenir qui refuse de se dissoudre. Là où d’autres rempliraient le vide par une voix charnelle, Genesiskhode choisit la sienne… artificielle. Une voix forgée par la technologie, presque spectrale, qui réinvente le rôle de l’interprète dans la soul moderne.
Le morceau oscille entre contemporary R&B et indie électronique, nappes synthétiques en apesanteur, pulsations douces comme un battement ralenti par l’alcool. Cette esthétique lo-fi mais léchée rappelle les confessions désarmées de Frank Ocean ou James Blake, mais avec une étrangeté supplémentaire : une voix qui ne semble pas tout à fait humaine, comme si la mélancolie avait trouvé un nouveau vaisseau.
Ce choix radical rend All Alone In My Bed fascinant. Là où beaucoup voient dans l’intelligence artificielle une froideur, Genesiskhode parvient à lui injecter une chaleur paradoxale, une tendresse désincarnée qui met en lumière l’isolement numérique de notre époque. Ce n’est plus seulement une chanson : c’est une mise en scène de la solitude 2.0, ce moment où l’on se noie dans des pensées obsédantes, éclairé par la lueur bleutée d’un écran.
Ce premier chapitre ressemble à une bouteille jetée à la mer depuis un lit vide, entre désir et vertige, entre rêve et vertige synthétique. Genesiskhode ne chante pas seulement la solitude, il l’incarne jusque dans sa matière sonore. Et si All Alone In My Bed est une confession nocturne, elle ouvre surtout une réflexion troublante : et si nos fantômes les plus intimes, demain, avaient déjà une voix qui n’est plus la nôtre ?
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août 28, 2025Dès les premières notes de Streets, une impression de terrain connu et pourtant réinventé s’impose : le bitume devient une scène, les néons un halo sacré, et Lady OFLO s’avance comme une prédatrice douce, prête à transformer le chaos urbain en rituel sonore. Produite et écrite par elle-même, la track respire une indépendance farouche, une affirmation féminine qui ne s’excuse jamais de prendre toute la place.
La production balance entre une sensualité R&B moite et une rudesse alternative hip-hop. Le beat tape comme une pulsation nocturne, minimaliste mais irrésistible, pendant que des synthés nappent l’air d’une lueur presque cinématographique. Lady OFLO occupe le centre avec une présence magnétique : chaque ligne, chaque intonation a la précision d’une gifle et la douceur d’un souffle. À ses côtés, ASH ajoute une densité brute, une énergie qui renforce la dramaturgie du morceau, comme un contrepoint nécessaire à cette mise en scène du pouvoir et de la vulnérabilité féminine.
Mais Streets dépasse le simple clash de flows : c’est un hymne pop féministe qui s’invente dans l’ombre des façades vitrées, une ode aux femmes qui naviguent entre tendresse et rage, désir et contrôle. On y retrouve des réminiscences de Kehlani dans la délicatesse des harmonies, de Doja Cat dans la désinvolture sexy, mais toujours avec ce grain singulier, ce timbre qui fait de Lady OFLO une voix à part dans le paysage de la Bay Area.
Plus qu’un single, Streets est une déclaration d’intention : celle d’une artiste qui connaît son territoire et choisit de l’habiter sans concessions, en pleine possession de ses codes et de ses armes. Un son fait pour cruiser vitres baissées à travers les artères illuminées, où chaque refrain se vit comme un rappel que les rues appartiennent aussi aux femmes qui les chantent.
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août 28, 2025Les premières secondes de SHE BAD glissent comme un satin sombre, puis tout s’embrase : la basse vibre, la voix s’étire, et soudain on se retrouve projeté dans un club moite où le temps se dilate entre deux battements de cœur. Prince Hakim ne compose pas une simple chanson, il fabrique une atmosphère, un décor sensuel où chaque détail sonore est pensé pour caresser plutôt que bousculer.
La production respire ce R&B contemporain qui sait être à la fois nocturne et incandescent. La guitare étouffée agit comme un fil tendu, tandis que les nappes électroniques distillent une tension presque cinématographique. Hakim pose sa voix avec l’assurance d’un conteur urbain, mi-séducteur mi-prédicateur, et Georges vient compléter cette énergie avec une suavité plus feutrée, comme si l’un soufflait les flammes quand l’autre les attisait. Ensemble, ils installent une dualité magnétique, à la frontière entre désir charnel et élégance retenue.
On sent dans SHE BAD l’écho des grands slow jams du début des années 2000, mais réinventés dans une esthétique actuelle, plus minimaliste, où chaque silence devient une arme et chaque respiration un geste chorégraphique. Le morceau semble pensé pour les moments suspendus : une piste de danse réduite au ralenti, des verres abandonnés sur le comptoir, des ombres qui se frôlent sans jamais se lâcher.
Hakim ne cherche pas la démonstration mais la connexion viscérale. Tout sonne comme une confidence murmurée à l’oreille, mais avec une intensité assez forte pour remplir une salle entière. SHE BAD n’est pas qu’un hymne à la sensualité : c’est une affirmation de style, une manière de rappeler que le R&B, lorsqu’il ose rester cru, direct et tactile, garde un pouvoir d’attraction presque animal.
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août 28, 2025On tombe parfois sur une chanson comme sur une lettre oubliée dans un tiroir, froissée mais intacte, où chaque mot semble encore tiède de l’émotion qui l’a fait naître. Ain’t Nobody d’ABSYTE appartient à cette catégorie rare : un morceau qui ne se contente pas de parler d’amour, mais qui le respire, le tremble, le murmure dans une sincérité désarmante.
La production, volontairement épurée, joue sur la fragilité. Pas de fioritures, pas d’excès — juste ce qu’il faut de groove pour porter la confession, un squelette rythmique discret qui se fond dans une atmosphère à la croisée du néo-soul et du hip-hop intime. La voix d’ABSYTE, pleine de grain et de tendresse, avance comme un aveu hésitant, oscillant entre gratitude et nécessité de dire : oui, malgré les failles et les blessures, personne ne m’aime comme toi.
David Givens ne se contente pas d’apporter une simple présence vocale : il devient le contrechamp, l’autre partie du miroir. Sa voix grave, rassurante, s’emboîte dans celle d’ABSYTE comme un écho qui rend le récit tangible. L’alchimie entre eux n’est pas fabriquée : elle transpire de naturel, comme si le morceau avait été écrit dans un salon à la lueur d’une lampe, plutôt qu’en studio.
Ce qui fascine dans Ain’t Nobody, c’est son refus du spectaculaire. ABSYTE ne cherche pas à impressionner, mais à capturer ce qui échappe toujours : l’instant où l’on comprend que l’amour n’est pas une fête permanente mais un travail, un lien façonné par l’épreuve. On pense à Jill Scott pour la chaleur, à Lauryn Hill pour l’authenticité brute, mais ABSYTE trace déjà une route singulière. Dans un paysage saturé de récits interchangeables, cette chanson agit comme un serment chuchoté : fragile, éternel et terriblement humain.
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août 28, 2025Sur la scène tamisée d’un live qui respire l’authenticité, Josh Gluck apparaît comme un funambule entre douleur et délivrance. Sa voix, profonde et charnelle, s’élève au-dessus de l’ombre pour porter Down No More comme une confession transformée en renaissance. On y entend le poids des nuits passées à douter, mais surtout la force inouïe de celui qui choisit, enfin, de se tenir debout.
Avec son groove néo-soul qui coule comme une rivière épaisse et chaude, le morceau ne triche jamais. Les accords se posent avec justesse, chaque note respire, chaque silence compte. On croirait presque que Josh Gluck, derrière ses instruments et son micro, nous murmure une prière intime, une promesse de ne plus jamais se laisser engloutir. Sa soul n’a rien de policée : elle est brute, organique, traversée d’aspérités qui la rendent humaine.
Le live vidéo donne une dimension supplémentaire à cette intensité. Pas d’artifice, pas de maquillage sonore : seulement la vérité nue d’un musicien qui sait transformer ses cicatrices en puissance sonore. Le regard plongé dans l’instant, Gluck ne joue pas pour séduire, il joue pour survivre, pour transmettre cette énergie de résilience qui traverse la salle et s’accroche à chaque spectateur.
On pense à D’Angelo pour la moiteur, à John Mayer pour l’élégance des lignes de guitare, mais Gluck garde sa singularité : un mélange d’intime et de flamboyant, de douceur et de feu. Down No More n’est pas un simple titre, c’est un manifeste discret, une main tendue à ceux qui ploient sous le poids des jours.
Et c’est peut-être là sa plus grande force : rendre la soul à ce qu’elle a toujours été au fond — un cri de vie, incandescent et nécessaire.
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août 28, 2025Un piano qui s’allonge comme une main posée sur la peau, une rythmique afrobeat qui pulse au ralenti comme un souffle impatient, et la voix de Carlos Llanes qui ne cherche pas à séduire mais à s’approcher, tout près, jusqu’à devenir presque une pensée. Aqui Contigo est moins une chanson qu’une confidence suspendue, une invitation à se perdre dans la douceur d’un moment qui refuse de s’éteindre.
Llanes, que l’on connaissait surtout pour ses talents de producteur et d’auteur sur des succès latins massifs, s’avance ici à découvert. Son chant n’a rien de démonstratif : il avance avec retenue, presque timide, mais chargé d’une intensité qui coule sous la surface. Chaque mot est porté avec la précision d’un murmure qui cherche à durer, qui s’imprime dans la mémoire comme une chaleur lente.
La production, polie mais jamais glaciale, déploie une élégance rare : les percussions sont charnelles, les synthés créent un halo moderne, et l’ensemble balance entre l’épure et la moiteur. On pense à Rels B, à Latin Mafia ou à Humbe, mais Carlos Llanes ne cherche pas la copie : il choisit la suggestion, l’art de la retenue.
Aqui Contigo n’est pas fait pour remplir les clubs, mais pour hanter les interstices — ces trajets de nuit où l’on refait le monde à deux, ces silences où l’on se rapproche sans parler. C’est une chanson qui s’inscrit dans le corps plus que dans la tête, une pop sensuelle qui prouve qu’on peut encore, dans un marché saturé, faire simple, vrai et magnétique.
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août 28, 2025Dans l’océan saturé du cloud hop, certains artistes cherchent l’accroche immédiate, d’autres creusent la blessure. Eidon, lui, agit comme un alchimiste : il transforme chaque morceau en rituel sonore, chaque beat en mantra. Never Give Up n’est pas seulement un titre motivant plaqué sur un instrumental vaporeux, c’est une véritable invocation, un sort jeté pour que la persistance survive aux nuits les plus sombres.
Ce qui frappe en premier, c’est la densité des couches. Derrière l’apparente légèreté d’un beat aux contours brumeux, on entend une architecture méticuleuse : nappes éthérées qui s’ouvrent comme des halos, percussions étouffées qui avancent à pas feutrés, basses qui vibrent comme un sol instable. Tout est calculé pour que la voix — fragile mais résolue — surgisse comme un cri dans la nuit. Elle n’explose pas : elle résiste.
Là où beaucoup d’emo hip-hopers s’abandonnent dans la confession brute, Eidon injecte une dose de mysticisme. Il ne raconte pas seulement une histoire de douleur et de survie, il cherche à manipuler les fréquences, à tendre une main invisible vers l’auditeur. L’expérience relève presque du chamanisme numérique : écouter Never Give Up, c’est accepter de se laisser traverser par une onde qui résonne bien au-delà des mots.
Le morceau s’inscrit dans une lignée où XXXTentacion et Juice WRLD ont ouvert la brèche, mais il s’en détache par son approche quasi-ésotérique. Plus qu’un exutoire adolescent, Eidon livre une pièce de résistance intérieure, un témoignage qui touche à l’universel : la ténacité, la foi dans la continuité, même quand tout semble voué à s’effondrer.
Never Give Up se vit comme une transe douce-amère. Une promesse soufflée dans l’ombre : tant que la musique existe, l’abandon n’est pas une option.
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août 28, 2025Amma Hit You Up n’est pas une simple bluette pop taillée pour les playlists : c’est un coup de fil en pleine nuit, la vibration d’un écran qui brise le silence, la voix qui hésite entre confidence et appel à l’aide. Juliera y injecte cette urgence délicate, ce besoin d’être entendue tout de suite, comme si attendre devenait insoutenable.
Si la base est bien pop — synthés lumineux, rythmique fluide, refrains instantanément familiers — une subtile veine RnB traverse le morceau. Elle ne se contente pas d’ajouter une couleur : elle lui insuffle de la chair, une sensualité feutrée qui adoucit les arêtes électroniques. Dans ses intonations, Juliera ne se pose pas en diva mais en narratrice vulnérable, et c’est là que réside toute la force de son chant. La mélodie danse avec la respiration, l’émotion affleure sans jamais se figer dans la démonstration.
Cette hybridation — entre dance pop, indie pop et touches RnB — reflète parfaitement son parcours. Nigériane aux racines ardentes, Américaine par la trajectoire, Juliera construit ici une passerelle entre continents et états d’âme. Le morceau respire la légèreté estivale mais porte aussi la gravité d’une femme façonnée par ses expériences, de l’exil à la maternité, de la quête intime à la soif d’expression.
Amma Hit You Up, c’est la preuve qu’un titre peut être à la fois un hymne solaire et une confession nocturne. Juliera ne se contente pas de livrer un tube : elle tisse un récit, une voix qui se faufile entre les codes du RnB et l’énergie pop, rappelant que la vraie force d’une chanson réside dans sa capacité à tendre un fil invisible entre celui qui chante et celui qui écoute.
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août 28, 2025On pourrait croire que Brandon Mitchell surfe sur une esthétique déjà saturée — les ponts entre R&B contemporain et trap ont été traversés mille fois — mais son Highest Wave 2 fait figure de houle singulière, d’élan viscéral. Ce n’est pas un morceau pensé pour les algorithmes ou les playlists prémâchées : c’est une déferlante intime, un flux où la mélodie douce-amer du R&B se laisse entraîner par les pulsations sombres et hypnotiques du trap.
Derrière ce titre, il y a une tension presque physique. La voix de Mitchell, claire mais chargée de fêlures, plane au-dessus des basses abyssales comme une planche sur l’écume. Chaque note sonne comme un équilibre fragile entre apaisement et naufrage, comme si l’artiste cherchait à dompter une vague trop haute pour être complètement apprivoisée. L’instru, elle, oscille entre nappes éthérées et beats claquants, rappelant cette sensation de vertige quand on plonge dans l’inconnu : l’amour, l’ambition, ou la solitude.
Mitchell n’en est pas à sa première vague — le “2” inscrit au fronton annonce une suite, une persistance, comme si son odyssée sonore s’écrivait en plusieurs marées. On y retrouve l’obsession d’un créateur qui refuse les demi-mesures : trop trap pour être rangé dans le R&B classique, trop sensuel pour se laisser enfermer dans le carcan hip-hop.
Highest Wave 2, au fond, est moins un single qu’une métaphore en mouvement : celle d’un artiste qui choisit d’affronter ses propres tempêtes et de transformer leur chaos en beauté rythmée. Une plongée où la gravité du beat n’écrase pas la voix, mais lui offre au contraire une rampe de lancement vers des sommets inattendus.
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août 28, 2025Il y a des chansons qui ne s’écoutent pas comme un divertissement mais comme un miroir, parfois cruel, parfois lumineux. Dopamine de Jordan Corey appartient à cette famille rare : un morceau qui dissèque avec élégance le vertige d’aimer ce qui nous détruit. L’artiste californienne, déjà connue pour sa plume viscérale et ses textures néo-soul soyeuses, s’aventure ici dans une confession brute, comme un journal intime chanté à voix haute.
La force de Dopamine, c’est sa lucidité. Jordan Corey n’enrobe rien : elle raconte cette attraction malsaine pour les situations qui n’apportent rien de bon, mais dont le court frisson — cette décharge chimique dans le cerveau — devient irrésistible. Sa voix, à la fois sensuelle et éraillée, porte cette contradiction. Elle séduit autant qu’elle alerte. Les arrangements, minimalistes mais ciselés, empruntent autant au R&B alternatif qu’à l’esthétique indie, avec une production qui respire l’air du soir : basse souple, nappes chaudes, quelques percussions retenues, comme si la musique elle-même hésitait à céder à l’excès.
On sent dans ce morceau une énergie paradoxale, à la fois douce et rageuse. C’est le chant d’une femme qui reconnaît son erreur, mais qui n’a pas peur de dire qu’elle l’a aimée. Un aveu addictif, où le plaisir et la douleur deviennent indissociables, où la lucidité arrive trop tard mais avec la grâce d’une évidence.
Dopamine n’est pas qu’une chanson : c’est une plongée dans la spirale humaine la plus banale et la plus tragique, celle de recommencer ce que l’on sait toxique. Mais Jordan Corey la transforme en œuvre d’art, en groove sensuel qui se danse autant qu’il se rumine. On en sort troublé, un peu honteux, mais terriblement vivant.
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août 28, 2025Un battement nerveux, une montée d’adrénaline, et soudain la tête tourne comme après un shot avalé trop vite : Crazy de Gillem s’ouvre comme une décharge. C’est une chanson qui ne se présente pas, elle surgit, elle prend la place et impose son tempo. L’instant d’après, le corps suit déjà, happé par ce mélange à la fois solaire et trouble, quelque part entre R&B sensuel et pop-rap euphorique, avec ces éclats de cloud hop qui planent comme des néons au-dessus d’une nuit sans fin.
Le morceau ne se contente pas de faire bouger, il joue sur l’ivresse du moment. Les couches électroniques s’entrelacent avec des beats nerveux, les voix se posent puis s’élancent, oscillant entre confidence et provocation. On y perçoit une tension, comme si la fête masquait autre chose : une urgence à se sentir vivant, un besoin de fuir l’ennui ou la douleur par l’excès de lumière. Crazy n’est pas qu’un titre dansant, c’est un manifeste du trop-plein, de l’instant qu’on veut retenir parce qu’on sait qu’il va filer.
On pense à une collision entre les envolées d’un Bryson Tiller et l’énergie d’un Juice WRLD, mais Gillem trace son propre sillon : un endroit où l’émotion brute se maquille d’arrangements pop, où le R&B n’est plus juste caresse mais carburant. L’efficacité est immédiate, presque redoutable.
Au fond, Crazy ne cherche pas à inventer une nouvelle grammaire, mais à écrire un alphabet viscéral pour la nuit. Une chanson qui colle à la peau comme la sueur après un dernier refrain crié trop fort, trop tard, mais avec le sourire aux lèvres.
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août 28, 2025Ce qui frappe avec KeepVibesNear, ce n’est pas seulement sa voix — ce grain intime qui semble vous parler depuis la pièce d’à côté — mais la façon dont il dépose ses chansons comme on pose un souvenir sur la table, fragile, un peu lumineux, prêt à disparaître. Avec Glad To Be With You, son nouveau single paru chez Local Tone, le musicien londonien réussit une prouesse rare : capturer l’ivresse légère d’une fin d’été et la transformer en mélodie persistante, entre guitare cristalline et refrain contagieux.
Ce morceau, sous ses airs de douceur immédiate, raconte bien plus qu’une simple romance estivale. KeepVibesNear y glisse toute sa mission d’artiste : revisiter l’identité masculine, la gratter jusqu’à sa vulnérabilité, et prouver que l’émotion n’est pas une faiblesse mais une force. C’est un coming-of-age en musique, une traversée de ces moments suspendus où l’on comprend qu’aimer — et se laisser aimer — est une révolution intime.
Romford dans le corps, East London dans le cœur, KVN incarne cette génération d’artistes qui refusent les étiquettes, naviguant entre alt-R&B, soul moderne et songwriting indie. On pense à la chaleur de Stevie Wonder, à l’âpreté de King Krule, aux confessions de Frank Ocean. Mais ce qui fait sa singularité, c’est cette balance fragile entre nostalgie et mouvement, entre légèreté et gravité.
Le morceau arrive dans la continuité de VIBELAND, son événement auto-curaté qui a affiché complet et réuni Jords, Kwoli Black, ESLA et Musenverse. Et il confirme ce que ses passages à KOKO, Cross The Tracks ou We Out Here avaient déjà installé : KeepVibesNear est en train de devenir l’une des voix indépendantes les plus essentielles de Londres.
Avec Glad To Be With You, il signe un hymne lumineux, intime et fédérateur, qui donne envie d’ouvrir grand les fenêtres, de ralentir le temps et de se rappeler que parfois, le simple fait d’être ensemble suffit.
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août 25, 2025Certaines chansons ne cherchent pas à remplir l’espace mais à le suspendre. Le Calme, premier titre en français d’Olena Nosalii, appartient à cette catégorie rare : il ne hurle rien, il suggère tout. Adapté de son morceau ukrainien Штиль, ce n’est pas une simple traduction mais une réécriture intime, une respiration nouvelle. Là où d’autres saturent la séparation de cris et de drames, Nosalii choisit le silence comme ultime complicité, la tendresse comme forme de libération.
Sa voix, posée sur une architecture soul-pop à la texture jazz, prend des allures de confession. Chaque mot glisse comme une main qui se retire, chaque pause contient un monde. Le piano respire, la basse soutient sans contraindre, les arrangements évitent toute emphase : c’est le dépouillement qui fait ici la grandeur. Dans ce minimalisme maîtrisé, Olena Nosalii ne cherche pas la consolation mais une vérité nue — celle qui survient quand les corps se touchent une dernière fois, non pour retenir mais pour laisser aller.
Le choix du français, langue du murmure amoureux mais aussi de la poésie du détachement, est hautement symbolique. C’est la langue qui dit « je t’aime » mais qui, ici, apprend à dire « je te rends ta liberté ». Et c’est précisément cette bascule qu’Olena capte : l’instant fragile où l’adieu se transforme en calme intérieur.
Le clip de la version originale, tourné sur une plage où l’horizon semble avaler les gestes, prolonge ce sentiment : un espace de sable et de vent où le mouvement devient rituel d’acceptation. La mer y joue le rôle d’une mémoire qui efface sans juger, un lieu où chaque vague ressemble à une étreinte qui se défait.
Le Calme est une chanson-méditation, un fragment de vérité universelle glissé dans une forme pop élégante. Elle ne dit pas comment aimer, elle montre comment se détacher avec grâce. Une rareté dans le paysage actuel, où même les ruptures doivent être spectaculaires. Ici, tout est retenu, presque chuchoté — et c’est précisément ce qui bouleverse.
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août 25, 2025Je mets le casque et tout devient liquide. Yáágo Dootlizh est un courant, une marée qui te déplace sans prévenir, un geste collectif Navajo qui fait du bleu un verbe et du verbe un mouvement. Earth Surface People ne fusionne pas les genres, iels les rendent poreux : jazz qui respire large, soul et R&B en capillarité, éclats fusion et hip-hop qui s’écoulent comme des affluents. On entend une bande de huit musicien·ne·s se chercher, s’attraper, s’éprouver — improvisation captée à chaud, alchimie de studio et contraintes érigées en boussole. Plus qu’un son, une méthode.
La carte est précise. Nanibaah mène la houle, voix à la palette folle — grain voluptueux, attaque souple, contrôle des harmoniques — capable de passer du satin des sultry reprieves à l’uppercut clair des anthems. Ken Chavez et Lawrence Bailon tiennent une section rythmique amphibie, groove élastique qui sait laisser de l’air ; Chochise Yazzie sculpte les synthés comme des ondes de surface ; Mike Gutierrez fait serpenter le sax, ligne de fuite et d’appel ; Zachary Dominguez installe un piano textural qui colle au rivage ; Dakota Yazzie orchestre, pivote, relie, pousse l’eau vers l’aval.
Piste par piste, la dramaturgie se déplie comme un rite. 2001 ouvre en rituel bref, signal de plongée. Dance Me Outside arrache le corps à la rive : batterie en pas chassés, voix conquérante, hook qui attrape l’épaule. Benz or Beemer et White Peach rallongent la respiration, tempos chaloupés, chaleur latente, sensualité tenue. Santa Fe Girl casse le décor : arrangement dénudé, timbre à nu, beauté qui sidère sans appuyer. Burnt Orchards (bring me home) brûle à basse flamme, souvenir en cendres fines. P.a.r.r., convoquant Welby June, Mato Wayuhi, Sage Nizhoni, densifie le spectre et rappelle la dimension communautaire, polyphonique, politique du projet. Never Born Again feuillette l’identité comme un carnet trempé. island queen se love en motif circulaire. yaago dootlizh pt. 2 agit en intertitre, micro-ripples qui recadrent la trajectoire. Datura (u need love) a ce goût de poison-médecine, court et puissant. Born For Water scelle la thèse : nous sommes faits de ce qui nous traverse.
Ce qui frappe techniquement, c’est l’architecture d’écoute. Stéréo respirée, bas du spectre tenu pour la mobilité, médiums généreux où la voix s’aimante, choix d’arrangements qui privilégient la dynamique au clinquant. Les transitions se font par gradients plutôt que par césures ; les improvisations sont canalisées sans domestication. Le collectif a trouvé la ligne de crête rare où l’exigence formelle n’étouffe jamais l’émotion.
Yáágo Dootlizh n’explique rien, il démontre. L’eau y est langage, mémoire, soin, conflit, passage. Le bleu n’est pas une couleur, c’est une action : se colorer, se laisser teindre, devenir autre en restant soi. On sort de cette traversée avec des sels sur la peau et l’impression que la musique a servi de delta — zone où les histoires intimes et ancestrales se recombinent, où l’Indigenous futurism dialogue avec la grande tradition Black américaine sans hiérarchie ni folklore. Un second album-système, irrigué par le vivant, qui prouve qu’un superband peut être un organisme et non une vitrine. Hypnotique, fluide, nécessaire.
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août 20, 2025Premier contact : une sensation d’air neuf dans les poumons, comme après un orage. Reborn ne cherche pas l’approbation, il réclame la place qui lui revient. Amara Fe ne sort pas d’une école de styles, elle descend d’une lignée : salon familial, jam d’oncles à Tulsa, carnet de grand-mère qui écrivait pour Minnie Riperton. L’héritage n’est pas une vitrine, c’est un outil. On entend cette transmission dans la façon dont la voix attaque la matière, avec un vibrato court, une assise médium et des attaques qui préfèrent la franchise à l’esbroufe.
Sur le plan sonore, Reborn respire la décision. Production centrée sur la voix, architectures claires, percussions à la main qui se frottent aux drums digitaux, basses arrondies mais nerveuses, synthés qui ouvrent des fenêtres plutôt que de colmater. Pas de mur du son inutile : l’espace est pensé, la stéréo raconte. On devine des choix nets au mix — un bas du spectre tenu pour laisser le kick parler, des médiums soyeux qui portent l’émotion, des aigus polis pour le replay value. C’est de la soul contemporaine qui flirte avec la pop et le R&B sans se dissoudre, une écriture qui assume la mélodie comme vecteur principal et l’harmonie comme mémoire.
La narration, elle, épouse la trajectoire d’une songwriteuse qui cesse d’attendre qu’une industrie l’adopte. Le passage en mode “je fais tout” se traduit par une cohérence rare : métriques qui varient sans perdre le corps, hooks discrets qui ne forcent jamais, ponts utilisés comme révélateurs et non comme gadgets. Les morceaux avancent par scènes : portraits intimes, instantanés d’observation, micro-fictions sociales. La lumière vient souvent d’un détail de timbre ou d’un contrechant discret qui bascule l’atmosphère de la confidence au manifeste.
Ce disque se distingue par son rapport au temps. Reborn ne court pas après une tendance, il installe un tempo existentiel : pas trop rapide pour laisser l’émotion s’écrire, pas trop lent pour perdre la chair. On pense à la soul des années soyeuses, à des textures synthétiques qui caressent plutôt qu’elles n’engloutissent, à une écriture frontale qui préfère la vérité des contours à la pose dramatique. Amara Fe transforme ses influences en topographie personnelle : pas de citation, des réinventions.
Au bout du voyage, l’impression persiste que l’artiste a réussi une opération délicate : reconnecter l’héritage et la modernité sans nostalgie ni cynisme. Reborn porte bien son nom : renaissance contrôlée, chaleur tenue, groove habité. Un premier long qui ne joue pas la carte de l’introduction polie, mais celle de l’identité affirmée. On sort avec la conviction que la suite exigera des systèmes audio honnêtes, des scènes à taille humaine et une écoute qui ne triche pas. Exactement ce que la pop-soul devrait viser en 2025 : la justesse avant la vitesse, la peau avant la posture.
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août 20, 2025Je rentre chez moi avec cette sensation de lumière qui décroît lentement, et j’appuie play. Fade ne cherche pas l’ascenseur émotionnel, elle préfère l’escalier mécanique : mouvement continu, vitesse calme, horizon mobile. Je m’y installe comme dans un wagon nocturne. La voix de Shelita déplie un espace intime et futuriste à la fois, tandis qu’un pouls régulier tient la porte entre présence et disparition. C’est une chanson-cinéma : panoramique sur les souvenirs, gros plan sur la peau.
Techniquement, le morceau respire la précision. Les synthés, superposés en fines strates aérées, évitent soigneusement les fréquences encombrées ; l’arrangement privilégie la verticalité (hauteurs, résonances, reflets) plutôt que la surcharge. Le beat avance en ligne claire, sans esbroufe, avec ce dosage de tension qui laisse la voix respirer. La co-signature de Bellringer et Lamar Van Sciver s’entend dans l’architecture : minimalisme fonctionnel, textures propres, transitions filées plutôt que coupées. On sent des décisions de mix assumées — bas du spectre resserré, médiums polis, aigus délicats — au service d’une sensation : tenir l’émotion juste avant qu’elle ne déborde.
Shelita maîtrise l’ambiguïté comme d’autres collectionnent les hooks. Pop globale, oui, mais pas interchangeable : ses chansons s’attachent par capillarité. Fade s’attaque à la matière la plus capricieuse — le moment — et la rend palpable. On perçoit une dramaturgie feutrée dans la façon dont chaque couche entre et sort du cadre, comme des silhouettes sous un réverbère. C’est sensuel sans devenir sirupeux, mélancolique sans s’effondrer.
Sur le papier, l’artiste coche déjà toutes les cases de la crédibilité — dizaines de millions de streams, passages chez les grands médias, un précédent disque classé — mais ce qui compte ici, c’est la manière. Elle transforme des évidences émotionnelles en design sonore. La pop comme architecture d’air : tenir par la forme ce que les mots ne contiennent plus.
Je pense à ces rencontres qui changent la densité de l’air puis s’effacent de la pièce, et je me dis que Fade a trouvé la bonne vitesse de disparition. Tu ne te sens pas abandonné·e ; tu te sens accompagné·e jusqu’au seuil. Et quand le morceau finit par se dissoudre, tu réalises qu’il a laissé un sillage, discret mais persistant, exactement là où bat le tempo de ta journée.
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août 20, 2025Il y a des voix qu’on pensait presque effacées, des silhouettes artistiques qu’on range au rayon des belles promesses inachevées, et puis soudain elles reviennent, chargées d’une nouvelle gravité. Avec Miracle, Ady Suleiman brise sept ans de mutisme discographique et prouve que certains silences ne sont pas des absences mais des respirations. Le Nottingham singer-songwriter réapparaît à 33 ans, moins comme un revenant que comme un homme qui a traversé ses ombres pour mieux en distiller la lumière.
Le morceau prend racine dans une folk trempée d’angoisse et de gratitude, une matière acoustique rugueuse mais claire où l’on sent les années de repli, de portes fermées, de battements de cœur retenus. La voix, toujours aussi singulière, ne cherche plus l’effet immédiat mais la confession subtile, cette manière de dire la peur sociale tout en laissant filtrer la promesse de guérison. On reconnaît l’influence des racines swahilies dans le grain rythmique et dans une certaine spiritualité diffuse, comme un fil conducteur reliant l’intime à une mémoire plus vaste, collective.
Ce retour n’est pas celui d’un prodige égaré mais d’un artisan patient, qui a reconstruit son souffle à l’écart du vacarme. Derrière chaque accord de guitare flotte le souvenir d’Hendrix, figure tutélaire qui continue d’habiter ses harmonies. Mais Miracle refuse le simple hommage ou le pastiche nostalgique : il capte le dilemme universel entre l’isolement et le désir d’être au monde, en dialogue avec ses fantômes et ses alliés.
Là où beaucoup auraient joué la carte du comeback tapageur, Ady Suleiman choisit l’intime et le fragile. Miracle n’est pas une clameur de victoire, mais une respiration rare, presque fragile, qui prend tout son poids dans la sincérité. À l’heure où la scène anglaise regorge de fulgurances éphémères, ce retour se lit comme une déclaration d’endurance : l’art n’est pas une course mais un chemin sinueux, semé de replis et de résurgences.
Avec Miracle, Suleiman ne revient pas pour séduire à nouveau, mais pour témoigner de ce qui reste quand les projecteurs s’éteignent : un besoin vital de créer, d’habiter ses doutes et d’en faire une musique poreuse, où chacun peut se reconnaître. Et c’est peut-être ça, le vrai miracle.
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août 20, 2025Le rendez-vous avait tout pour basculer du bon côté : mood tamisé, groove soyeux, verres qui transpirent. Mais dès les premières mesures de Side Eye, Alexandros Sarafis transforme la scène en mini-film : la personne en face répète qu’elle en a fini avec son ex, sauf que chaque phrase ramène au fantôme. Et c’est là que le morceau trouve sa force : narrer avec une ironie douce-amère le décalage entre l’intention et la réalité, entre l’envie d’ouvrir une nouvelle page et le poids du passé qui colle au verre.
La production, signée Wizzy Wow (Grammy-nominé) et RXR (platinum sculptor de hits), replonge dans un R&B qui aurait pu tourner en radio au milieu des années 2000 — nappes satinées, basse ronde qui avance sans presser, batterie syncopée qui respire plus qu’elle ne frappe. L’instrumental ne force rien : il laisse la place au storytelling, comme une soirée qui s’étire malgré les faux pas.
Alexandros Sarafis se glisse dans le rôle de l’observateur à moitié amusé, à moitié désabusé, oscillant entre séduction et perplexité. Jazz Montell, déjà remarqué avec Bees & Honey, arrive en contrepoint, ajoutant une texture plus rugueuse, presque complice dans le constat. Ensemble, ils créent une alchimie particulière : pas l’amour flamboyant, mais cette étrange complicité qui naît dans les rendez-vous qui partent en vrille.
Side Eye ne cherche pas l’hymne dramatique, il préfère la finesse : un sourire en coin, un beat nostalgique, et ce constat universel que parfois, les premiers rendez-vous se résument à un long monologue sur quelqu’un d’absent. Un R&B à la fois drôle, élégant et terriblement humain.
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août 19, 2025*scroll to bottom for english*
“If you wanna be brave, first you gotta be afraid, nigga” – Yaya Bey
(« Si tu veux être courageux, faut d’abord que t’aies peur, mec. »)
Quelle ouverture, franchement ! Yaya Bey débarque avec un album unique qui ne donne pas d’autre choix que de danser/kiffer, peu importe ce qui se passe autour de toi. Yaya Bey a réalisé un projet intemporel qui a atteint tous ses objectifs et plus encore, grâce à des paroles pleines d’âme, à un mix d’R&B, de jazz, d’hip-hop et même à un peu de soca.
Dès la première écoute, je me suis imaginé l’ambiance que ça mettrait en fond à une réunion de famille.
Quand on parle de “family get-togethers” dans la culture afro-américaine, on pense à ces grands moments de partage où plusieurs générations se retrouvent autour de la musique, des jeux, de la bouffe maison, de la danse et des moments où on parle de tout et de rien. Le genre d’événement où ça rigole, ça chante, ça débat et ça se lance dans des pas de danse sans chichi, entre tantes, grands-pères et petits cousins. C’est dans cette ambiance-là que l’album de Yaya Bey prend tout son sens.
J’ai déjà écouté cet album au moins dix fois, et j’ai aussi regardé ses vidéos où elle explique le sens de ses morceaux; à chaque écoute, je découvre de nouvelles choses. Plus de chaleur, plus de paroles sur l’amour et l’envie d’être ensemble, plus de percussions… C’est presque incroyable tout ce qu’on peut découvrir dans cet album.
« In a Circle » sort vraiment du lot — pour moi, c’est toute l’essence de l’album, concentrée dans une seule chanson.
Un groove tout en douceur qui donne envie de bouger, avec des vibes positives du style « garde la tête haute et profite de cette belle vie ».
“It’s a new day… feeling brand new… now I’m throwing that ass around” (« C’est un nouveau jour… je me sens tout neuf… et maintenant je me lâche complètement »). Jamais j’aurais cru qu’un morceau sur le fait de « bouger son boule » puisse plaire à tout le monde, des mamies aux petits-enfants… et pourtant, on y est !
Le clip de “Raisins” prolonge vraiment l’esprit de l’album : passer du bon temps en famille, entre coiffures, pas de danse et discussions sur les rêves/ kiffer avec la famille et faire de tout, des cheveux à la danse, en passant par parler de rêves.
Une belle salve d’applaudissements pour Yaya Bey ! J’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter cet album que moi.
Les réunions de famille viennent de trouver une nouvelle bande-son… Et vous, vous commencez par quel morceau ?
Chansons préférées:
in a Circle
no for real, wtf
dream girl
“If you wanna be brave, first you gotta be afraid, nigga” – Yaya Bey
What an opening line, damn. Yaya Bey comes in with a stamp on an album that you have no choice but to dance/vibe to, no matter what is going on around you. Yaya Bey put together a timeless project that achieved everything it was created to do and more through soulful lyrics, R&B, jazz, hip-hop, and she even threw in a lil bit of soca.
On my first listen all I could picture was how good the vibes would be with this playing at a get together with the fam. I’ve played this album at least ten times, and also have been watching her videos describing what that songs are about and each listen I discover more. More warmth, more lyrics about love and wanting to come together, more drums, its kind of unbelievable how much there is to find in this album
“In a Circle” stands out, to me its everything that this album is, compiled into one song. A smooth vibe to bounce to coupled with positive keep ya head up and enjoy this beautiful life vibes. « It’s a new day…feeling brand new… now I’m throwing that ass around ». I never thought the day would come that a song about throwing that ass around could be enjoyed by everyone from the grandmas to the grandkids but here we are! The “Raisins” video extends the message of the album, vibing with the fam and just doing everything from hair, to dancing, to talking about dreams.
Round of applause Yaya Bey, I hope you all enjoy this album as much as I did.
Family get togethers just found another set of anthems, which song are you putting on?
Favorite songs:
in a Circle
no for real, wtf
dream girl
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août 18, 2025Avec Hot, le duo RYBE s’allume comme une allumette qu’on craque dans l’obscurité : une étincelle qui ne demande qu’à embraser la piste et les écrans. Regan Aliyah et Ryan Asher, sœurs dans la vie comme dans le groove, signent un hymne incandescent où le dance pop flirte avec le rap vitaminé et un RnB diablement accrocheur. L’énergie est immédiate, faite pour les corps qui s’inventent des chorés TikTok dans leur chambre et pour les clubs où la sueur devient manifeste.
La prod pulse comme une invitation à la démesure : beat massif, basses élastiques, hook imparable. RYBE ne se contente pas de célébrer l’indépendance et la confiance en soi, elles l’incarnent, le crachent au visage du monde avec une insolence brillante. Regan Aliyah, déjà visage familier des écrans entre Netflix et Marvel, s’impose ici en rappeuse charismatique, tandis que Ryan Asher colore le morceau de ses lignes mélodiques qui flottent comme des éclats de néon.
Hot est plus qu’un single taillé pour les playlists pop mondiales : c’est la démonstration que le duo veut occuper toutes les sphères – musique, mode, culture – sans jamais s’excuser de leur ambition. Les visuels, flamboyants, jouent la carte de l’audace esthétique, confirmant que RYBE cherche à imposer un univers global où la musique est le point d’entrée d’une attitude plus large.
En somme, Hot est un brûlot générationnel : fun, sexy, impertinent, calibré pour devenir viral mais assez sincère pour dépasser l’effet de mode. Dans un paysage saturé d’images et de sons interchangeables, RYBE signe un morceau qui a le goût du feu et le parfum de l’avenir. Les sœurs sont prêtes à devenir ce qu’elles annoncent : une voix, un style, une vibe, une brûlure.
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août 18, 2025Baby Please sonne comme une cassette oubliée des années 90 qui aurait traversé un vortex pour revenir, intacte mais dopée à l’énergie d’aujourd’hui. Sofia Eleni, héritière spirituelle des Janet Jackson et Mariah Carey qu’elle cite en influences, s’empare de la pop-RnB avec une désinvolture qui frôle l’insolence. Son morceau est une petite bombe ludique : une claque sucrée-salée, entre mélancolie camouflée et légèreté assumée.
La production convoque l’âge d’or du RnB pré-millénaire : boîtes à rythmes soyeuses, synthés satinés, ligne de basse bondissante. Mais tout est dépoussiéré, saturé de modernité, avec un groove qui ne cherche pas à singer le passé mais à le réinventer. Ce n’est pas un hommage figé, c’est une réappropriation joyeuse, presque ironique, d’un langage musical qui se fait ici arme d’émancipation.
Sofia Eleni, de sa voix claire et piquante, distille le désarroi amoureux sans s’effondrer dedans. Elle rit de ses blessures, danse sur ses colères, transforme les rancunes intimes en refrains contagieux. Il y a dans son interprétation une sincérité adolescente et une maturité tranquille, un mélange rare qui fait de Baby Please bien plus qu’un simple tube rétro. C’est un manifeste générationnel : l’art de tout dire, mais en le criant à travers des pas de danse et des refrains légers.
Ce titre a la légèreté des pyjamas parties où l’on chante devant le miroir, brosse à cheveux en guise de micro, mais aussi l’acidité d’une punchline murmurée à minuit après une trahison. Sofia Eleni réussit à faire du RnB un terrain de jeu ironique et libérateur. Avec Baby Please, elle signe un morceau qui brille autant pour sa nostalgie maîtrisée que pour son irrévérence, confirmant qu’elle ne veut pas seulement revisiter le passé : elle veut en écrire un nouveau chapitre, plus pop, plus sincère, plus libre.
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août 18, 2025Mannat est un vœu jeté dans l’air moite, une offrande murmurée entre trap ralentie et RnB drapé de soie. INLUVWITHKAI ose un territoire encore peu exploré : un Indian Trap RnB qui respire la ferveur et la langueur, mélange de beat urbain et de spiritualité feutrée. On n’écoute pas Mannat comme un single jetable, on le reçoit comme un secret confié à la nuit.
La production construit un écrin intimiste : nappes flottantes comme de l’encens, percussions digitalisées aux frappes feutrées, basses épaisses qui se déplacent lentement, presque religieusement. On sent l’hybridation instinctive : l’énergie du trap dans les kicks lourds, la chaleur du RnB dans les harmonies aérées, et, par endroits, une touche modale qui semble convoquer des couleurs indiennes, comme un fantôme de sitar ou une réminiscence vocale. C’est subtil, mais c’est cette subtilité qui ancre Mannat dans un imaginaire bien à lui.
La voix, elle, fait tout basculer. INLUVWITHKAI chante comme on confesse un désir impossible à contenir : phrasés doux, intonations blessées, retenues soudaines qui laissent passer une fêlure. On n’est pas dans la démonstration vocale mais dans la sincérité absolue – ce timbre qui accroche la lumière et retombe dans l’ombre en un souffle. Le refrain, circulaire, a ce pouvoir de mantra : répétition hypnotique qui colle à l’esprit, comme si le souhait d’amour formulé dans le titre se matérialisait par l’incantation.
Mannat, c’est la collision entre deux mondes : celui du club ralenti, codé par la trap, et celui de la dévotion intime, héritée d’une tradition de chants presque mystiques. Résultat : un morceau qui s’écoute autant les yeux fermés, seul dans sa chambre, que dans la pénombre d’une salle saturée de basses, où les cœurs battent à l’unisson. Avec ce single, INLUVWITHKAI ouvre une brèche rare, un espace où la modernité urbaine se laisse traverser par une spiritualité sensuelle. Un premier jalon qui, si la trajectoire se confirme, pourrait bien redessiner une cartographie émotionnelle de la trap contemporaine.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme on entrouvre une fenêtre sur la nuit, laissant l’air chaud entrer avec sa dose d’électricité. You So P (soft) de B.Deshey appartient à cette catégorie : une pièce de R&B contemporain qui se love entre séduction affirmée et vulnérabilité assumée, moite comme une chambre après minuit, mais jamais artificielle.
La production s’étire dans une langueur satinée : nappes élégantes, batterie trap subtilement ralentie, mélodie souple qui épouse les respirations de la voix. Pas de surenchère — juste ce qu’il faut de texture pour donner l’impression d’une caresse prolongée. Là où d’autres saturent leurs refrains d’effets, Deshey joue la retenue, et c’est cette économie qui rend l’ensemble irrésistible.
Au micro, elle convoque l’énergie magnétique de Summer Walker, l’introspection de Jhené Aiko, et cette manière d’osciller entre fragilité et puissance qui fait la force de SZA. Mais You So P n’est pas une imitation : c’est une affirmation. Le “P” du titre s’entend comme un mantra de confiance — l’évidence de reconnaître une fréquence commune chez l’autre, ce moment rare où les corps et les esprits vibrent au même diapason.
On imagine ce morceau tourner en boucle sur des playlists nocturnes, glissant entre une coupe de vin rouge et un sourire retenu. Un titre qui séduit sans forcer, qui électrise sans brûler, et qui laisse en suspens la possibilité d’un prolongement, hors de la musique.
B.Deshey réussit ici une alchimie rare : transformer une expérience intime en hymne universel pour toutes celles et ceux qui savent quand une rencontre change l’air autour de soi.
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août 18, 2025Le morceau s’ouvre comme un numéro qu’on compose au creux de la nuit, lampe de chevet encore tiède, cœur en haut-parleur. Giga Beat pioche dans trois alphabets du désir — l’afrobeats pour le balancement, le merengue pour la taille qui tourne, le reggaeton pour la persistance — et en fait un dialecte intime : celui des couples qui savent danser avant même de parler. L’idée naît dans une chambre de Boston, traverse l’Atlantique jusqu’au Ghana, revient avec du soleil dans les poches, et s’accroche au corps avec cette douceur insistante des tubes qui ne forcent jamais, mais ne lâchent pas.
La production est une cartographie de la peau. Kick rond, basse qui ronronne en demi-teintes, congas en ponctuation moelleuse, guitares qui filent des reflets d’ambre autour des voix. On entend le soin du producteur dominicain dans la façon de faire respirer chaque élément : pas d’empilement, plutôt des zones de vide où le groove s’installe comme un parfum. La rythmique reste souple, presque coulée, calibrée pour les playlists tardives, ces instants où l’on choisit de rappeler — ou d’oublier.
Au micro, Leeks (Rashid Malik) joue la romance en plan rapproché. Sa plume transforme un coup de fil en petit concert privé : pas de grandiloquence, juste la mémoire des gestes partagés, les raisons de rester ensemble dites à mi-voix. Le timbre, chaleureux, glisse entre caresse afropop et assurance reggaetonera ; il construit une proximité qui fait écran noir autour des écouteurs. On perçoit ce sourire qui s’entend sans se voir, signe des chanteurs qui savent tenir la promesse sans la vendre.
Oh Girlie Come réussit surtout son tissage culturel. Le merengue n’est pas un clin d’œil exotique, il sert de colonne vertébrale aux déhanchés ; le reggaeton n’est pas une étiquette, c’est l’obstination sensuelle du beat ; l’afrobeats n’est pas décor, c’est l’élasticité vitale qui rend la chanson réécoutable à l’infini. Résultat : un slow-burn élégant, ni banger tapageur ni ballade mielleuse, mais une zone médiane où l’on se parle avec le corps. Le genre de titre qui ne cherche pas à conquérir la piste ; il l’apprivoise, doucement, et quand la lumière remonte, on réalise qu’on danse encore.
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août 18, 2025Plan-séquence nocturne : pluie tiède sur bitume, néon fuchsia qui fuit sur capot mouillé, portière qui claque en syncopes de hi-hats. Fatale déboule comme un film noir tourné au smartphone, un R&B charbonneux qui a troqué la lampe à lave pour une clope froide et une coupe droite. Anarr ne joue pas à coller un sax au refrain pour “faire jazz” : il refond l’alliage. Dark jazz au cœur, trap aux tendons, pop rap au vernis. Résultat : une chanson qui marche talons aiguilles sur une 808 et ne trébuche jamais.
La prod raconte le décor à elle seule. Rhodes feutré en accords mineurs étirés, une ligne de contrebasse (ou son fantôme synthétique) qui remue sous la peau, souffles de sax en halos granuleux, ride brossé qui se cale sur un métronome intérieur à 82 BPM. Les hats swinguent légèrement, comme un bartender qui compte en double. Par instants, un accord casse la symétrie — petite tritonalité à la Monk, chromatisme qui mord — et la tension grimpe d’un étage avant de retomber dans le velours. L’808 glisse en portamento discret, ouvre des cavités dans lesquelles la voix peut s’asseoir. On devine des reverbs courtes, collées à la gorge, et un souffle laissé volontairement au montage pour garder le sang chaud.
Anarr, au micro, choisit la retenue magnétique. Timbre mat, articulation nette, phrasés qui flirtent avec le parlé-chanté puis claquent en métrique rap quand il faut planter un clou. “Fatale” n’est pas seulement un titre : c’est un mode opératoire. Il séduit sans forcer, promet sans jurer, s’éclipse une demi-mesure avant l’attendu. Le hook, minimal, s’incruste par répétition hypnotique ; les couplets ouvrent des pièces attenantes — confidences, feintes, aveux en pointillés — où la lumière reste basse. On entend l’école R&B, oui, mais dépouillée des clichés de spa playlist : ici, l’érotisme tient au danger, pas au satin.
Ce qui frappe, c’est la cohérence d’architecte. Le dark jazz n’est pas un décor vintage ; c’est l’ossature harmonique qui autorise l’ambiguïté, le flou moral, l’entre-deux qu’affectionne la nuit. La trap n’est pas l’alibi “moderne” ; c’est la charpente qui donne le pas, le coup de hanche, la sueur. La pop rap n’est pas un compromis ; c’est l’art de l’hameçon propre, de la hookline qui colle sans colleries.
Fatale pose la carte de visite d’un R&B à venir : cinématographique, urbain, lettré, qui préfère les angles aux filtres. Anarr signe un morceau de possession consentie : tu sais que ça te perd un peu, tu y retournes pourtant. Et quand le fade-out s’éteint, tu gardes cette odeur de pluie et de danger au col — preuve qu’un bon single, au fond, n’est qu’une scène coupée d’un film que tu vas vouloir revoir en boucle.
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août 18, 2025Il existe des blessures qui ne crient pas mais qui rongent, lentes et profondes. Ain’t My Name (You’ve Been Callin’) s’installe dans cet espace fragile, celui d’un lit partagé où l’on entend plus qu’on ne voudrait. Alfreda y déroule une confession soul-blues d’une intensité rare, capturant ce moment intime où le cœur se fissure sans éclat, juste au son d’un prénom qui n’est pas le vôtre.
La production joue sur la retenue et l’explosion, comme un orage qui hésite avant de crever le ciel. Une ligne instrumentale tendue, d’abord discrète, sert de tremplin à une écriture vocale qui oscille entre le murmure et la révolte. Puis surgit ce hook en trois parties, une harmonie chorale qui gonfle comme une vague et retombe sèche, laissant place au silence – ce vide qui claque plus fort que n’importe quel cri. On comprend pourquoi les publics réagissent en live : ce n’est pas seulement un effet musical, c’est une gifle émotionnelle partagée collectivement.
La modernité d’Alfreda se niche dans sa manière de marier le langage cru du blues à une sensibilité soul contemporaine, débarrassée du vernis nostalgique. On entend la rugosité des clubs enfumés, mais aussi la vulnérabilité d’une génération qui choisit de dire les choses frontalement. C’est nu, presque brut, mais travaillé avec une précision dramaturgique qui refuse le pathos.
Ain’t My Name (You’ve Been Callin’) n’est pas une simple ballade de chagrin. C’est une radiographie sonore du doute amoureux, une chanson qui plante ses griffes là où l’intime rencontre le spectre de l’autre. Et Alfreda, avec sa voix éraflée mais déterminée, nous rappelle que le silence d’un rêve peut parfois faire plus de ravages qu’une dispute à ciel ouvert.
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août 18, 2025Je ne m’attendais pas à ce que trois voix réaménagent ma chambre. Une lampe basse, la ville étouffée derrière la vitre, et soudain la distance devient un meuble que l’on déplace de quelques centimètres pour respirer. Away from You n’exagère rien : il ajuste. D.N.T., Lil Xay et Jack DeNicola ne jouent ni la grandiloquence, ni la “sad playlist” en automate ; ils composent une topographie du manque, millimétrée, sensuelle, où chaque silence sert d’argument.
Techniquement, c’est un R&B contemporain cousu à la main. Kick souple qui pousse sans baver, snare satinée au snap feutré, hi-hats pointillistes qui dessinent la marche intérieure. La basse est un coussin d’air qui se lève à chaque mesure, arrimée autour des 80–100 Hz ; un Rhodes crème déplie des voicings qui respirent, pendant qu’un pad “verre fumé” ouvre l’horizon en arrière-plan. Le mix garde la peau : voix prises proche, sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique pour coller le timbre au tissu instrumental, doubles latéraux qui élargissent le hook sans le boursoufler. Rien ne sature, tout tient.
La dramaturgie se joue à trois. D.N.T. trace la ligne claire — timbre chaud, diction lente, cette gravité tendre qui pose le décor. Lil Xay injecte la rue en sourdine : flow feutré, syncopes qui caressent la grille, images nettes comme des photos jetables développées à 3 h du mat’. Jack DeNicola, lui, sert la charpente mélodique, harmonies fines qui agrandissent la pièce au moment précis où l’émotion voudrait se refermer. L’écriture, sans slogan ni pose martyr, privilégie l’utile : comment tenir quand on n’a que des notifs pour tout poème.
Structure exemplaire : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route par retrait de bas, hook qui ne crie jamais mais s’infiltre — mémoire lente assurée. Un pont retire la moitié du décor (basse/voix quasi seules), puis la relance gagne en largeur via tambourin furtif, chœurs fantômes, Rhodes plus ample. C’est l’art de monter sans hausser le ton.
Verdict personnel : Away from You est une méthode de survie sentimentale à BPM raisonnable. Un morceau d’alignement où la douceur ne cache pas la précision, compatible avec les retours de nuit, les écrans en visio, les lits à une place qui n’attendent que d’être deux. Tu relances, et les kilomètres, soudain, respirent moins fort.
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août 18, 2025Je ferme la porte derrière moi, le monde reste dehors et la pièce change de densité. just like me n’essaie pas de t’impressionner, il t’approche. Ruqqiyah avance sans maquillage inutile, timbre chaud posé à hauteur de regard, et laisse la prod dessiner une rampe de velours : batterie sèche, snap boisé, hi-hats micro-accentués, basse ronde qui respire en coussin d’air. Contemporary R&B dans l’intention, boom bap dans l’ossature, une élégance sans surcharge — le genre de mise qui tient jusqu’au petit matin.
La fabrication est millimétrée. Kick court qui tape au sternum mais refuse l’emphase, snare mate au grain papier, ghost notes qui polissent le rebond ; la basse mord légèrement le médium pour rester lisible sur petits systèmes tandis qu’un Rhodes crème ouvre la perspective en voicings souples. Quelques traits de guitare propre, une nappe “verre fumé” qui se dilate par automations fines : la dynamique reste vivante, rien ne colle au plafond. La voix est prise proche-peau, sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique pour l’adhérence et des doubles latéraux qui élargissent sans boursoufler. On sent la main d’artisans qui préfèrent le détail utile au tape-à-l’œil.
Ruqqiyah raconte en gestes. Phrasé souple, placements qui flirtent avec la syncope sans lâcher l’assise, glissandos discrets qui tracent la topographie émotionnelle. L’écriture vise la lucidité — ce miroir qu’on ose enfin regarder — et la structure suit : couplets ramassés, pré-refrain en pente douce où la rythmique se resserre, hook qui ne hurle pas mais s’imprime en mémoire lente. Un pont retire la moitié du décor (basse/voix quasi seules), laisse apparaître la charpente, puis la reprise gagne en largeur par densité plutôt que par décibels : tambourin furtif, halos de chœurs fantômes, Rhodes plus ample.
Références ? On pense à l’épure de la nu-soul qui a appris à marcher avec le rap sans perdre sa dignité — tradition Erykah/clef R&B 2000s passée au tamis d’un mix moderne. Mais just like me reste très Ruqqiyah : une diplomatie des sentiments, précision avant posture. Verdict personnel : single durable, fait pour les fenêtres entrouvertes, les trajets qui remettent d’équerre et les nuits où l’on se retrouve. Tu relances ; cette fois, c’est toi qui respires mieux.
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août 18, 2025C’est le moment précis où la soirée bascule du “ça va” au “ok, on vit”. Hell Yeah! arrive comme un sourire carnassier, dance pop sous stéroïdes mélodiques, pop-rap huilée pour glisser sans déraper. Yestrdy pense le club comme une scène mobile : kicks compacts, sub qui pousse l’air sans baver, charleys en peigne serré, claps secs qui tamponnent la nuque. Les synthés jouent la chromé-thérapie — arpèges en lévitation, stabs sucrés qui clignotent au bon endroit — tandis que la structure serre le plan : intro DJ-friendly, drop en ricochet, break qui retire juste assez de décor pour que tout remonte plus haut ensuite.
Le casting fait le reste. Watr déboule avec un grain brut et une science du placement qui griffe la grille : débit lacé, appuis milimétrés, ego en rayons laser. Christina Dahl lisse l’ensemble sans l’édulcorer : hook chanté qui aimante la mémoire lente, timbre clair posé pile dans la fenêtre des médiums, lignes qui élargissent le panoramique sans surjouer. Le mix laisse respirer : haut-médium poli, aigus domestiqués, sidechain millimétré — on n’est pas dans le “plus fort”, on est dans le “mieux tenu”.
Ce single vit aussi par son cadre : premier volet de 2 Up Top, diptyque yin/yang où deux énergies racontent le même film sous angles contraires. Ici, c’est l’hémisphère solaire : hédonisme assumé, chorégraphie d’épaules, verres qui tintent et trottoirs qui deviennent des pistes. Et pourtant, la chanson résiste à la caricature : les micro-variations du motif, les mutes en demi-temps, le pont qui descend en demi-vitesse avant la relance prouvent qu’on a affaire à des architectes, pas à des pyromanes.
Ce que je retiens après plusieurs tours : Hell Yeah! ne simule pas la fête, il l’organise. C’est “movement music” au sens strict — pensée pour les nuits tièdes, les amitiés bruyantes, les minutes où l’on se choisit héros principal. Tu appuies, la pièce gagne deux degrés ; tu relances, la soirée trouve son scénario. Yestrdy signe un banger élégant, contagieux et précis, du genre qui s’impose au centre de la playlist et refuse d’en bouger.
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août 18, 2025Je coupe les notifications, j’ouvre le fader : une pulsation feutrée, un piano comme un store à demi baissé, et cette voix qui entre sans frapper. On reconnaît tout de suite la souveraine du séisme doux : Tiwa Savage pose la ligne de flottaison, réglée au millimètre, pendant que Skepta arrive en contrechamp — débit mesuré, timbre qui griffe juste assez pour laisser une marque. On The Low honore son titre : c’est une cartographie de la clandestinité affective, une conversation tenue au ras de la peau où chaque silence devient un argument.
Rymez signe une production d’orfèvre qui refuse la quincaillerie. Kick court, sub discipliné qui dépense ses calories avec parcimonie, claps ciselés, hi-hats en pointillé qui déplacent l’appui d’un cheveu. Quelques accords en rideau de perles et un pad “verre fumé” suffisent à installer la chambre noire ; la dynamique respire, la pièce vit, on n’est pas dans le mur de son mais dans l’architecture précise. Le hook ne s’impose pas par le volume : il se dépose. Mémoire lente garantie.
Ce duo fonctionne parce qu’il joue la dissymétrie avec élégance. Tiwa conduit la lumière — diction satinée, vibrato minimal, autorité calme — là où Skepta apporte la densité narrative, un flux qui fait tenir le cadre sans voler la scène. Leur alchimie évite l’attendu “refrain sucré/couplet rugueux” : ici, les deux voix partagent la même éthique de retenue. On touche à l’intime sans voyeurisme, à la tension sans surlignage.
Le sous-texte est limpide : l’amour sous embargo, la vitrine éteinte, la vérité qui réclame son droit d’asile. Tiwa a toujours excellé dans cette dramaturgie de l’entre-deux — désir et discrétion, puissance et pudeur —, mais On The Low la pousse vers un minimalisme encore plus souverain. Et parce que l’histoire ne s’arrête pas au single, la toile de fond annonce un chapitre où elle recentre son nom, son récit, son trône. L’imagerie du matelas empilé revient en tête : chaque couche comme un carnet de route, chaque couture comme une cicatrice élégante.
Verdict personnel : pièce maîtresse crépusculaire, calibrée pour la rotation tardive et les matins qui se recomposent. On The Low ne cherche pas la place, elle l’invente — un carré de velours où l’Afrobeats se fait confident, Skepta témoin, et Tiwa reine de la demi-lumière. Tu relances, et le monde baisse la voix pour te laisser passer.
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août 18, 2025Je coupe le vacarme mental, j’appuie play, et le morceau s’installe comme une lumière neuve sur la peau. Living In n’oppose pas foi et fièvre : il les cale sur la même mesure. Hischzn arrive par la porte Contemporary R&B, dégaine un accent UK rap propre et laisse la trap tenir la charpente. Pas d’ostentation, pas de sermon plaqué : un texte d’alignement, une DA précise, l’éthique d’un artiste qui préfère l’exactitude à la fanfare.
Côté fabrication, c’est chirurgical. Kick court qui tape au sternum, sub en ruban tendu, hi-hats micro-accentués qui décalent l’appui d’un millimètre et font respirer la grille. La snare, mate et boisée, évite la stridence ; la basse griffe légèrement le médium pour rester lisible sur petits systèmes. Les nappes synthé sont “verre fumé” : filtres animés par petites automations, pas d’effets à la masse. Quelques stabs choraux passent en arrière-plan, discrets, comme un vitrail découpé dans le mix. Le sidechain est dosé fin : le bas bouge sans aspirer la voix. Master propre, dynamique encore vivante — club-ready et casque-friendly.
Au micro, Hischzn choisit le nerf contenu. Flow qui caresse la syncope sans renoncer à l’assise, transitions parlé/chanté qui ouvrent des fenêtres mélodiques, timbre clair qui refuse la grimace. L’écriture place des jalons spirituels — appel, discipline, redevabilité — sans posture martiale. On sent le “born again” vécu comme pratique et non comme badge : l’angle, c’est la tenue quotidienne, pas l’extraordinaire. Le hook n’explose pas ; il s’infiltre, mémoire lente, très “replay value”.
L’architecture privilégie l’aimantation. Couplets compacts, pré-refrain qui incline la route en resserrant le spectre (retrait de sub, filtre doux sur les tops), drop en largeur plutôt qu’en décibels : doubles latéraux, tambourin furtif, petite ouverture de cutoff qui agrandit la pièce. Un pont dégraissé — basse/voix presque seules — laisse apparaître la charpente éthique avant la relance finale, plus haute mais jamais boursouflée.
Ce qui emporte, c’est la cohérence du geste : un rap de Londres qui ne renie ni la rue ni la chapelle, un R&B qui brille sans sirop, une trap qui garde la foi en rythme. Living In ne brandit pas un étendard ; il propose une méthode pour tenir debout. Résultat : un single d’alignement, magnétique et propre, calibré pour les playlists de nuit claire et les matins où l’on remet le monde d’équerre.
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août 18, 2025Dip d’Eidon pulse comme un miroir de nuit saturé de néons, un morceau pensé pour transpirer le luxe et l’adrénaline. Entre pop rap scintillant et cloud hop narcotisé, l’artiste balance un hymne hédoniste, calibré pour les clubs enfumés, les afters trop longs et les vacances vécues comme une succession de plans Instagram. L’énergie est immédiate : percussions AfroRnb-groovy qui claquent, beat rebondissant, autotune tordu jusqu’à devenir presque organique, renforcé par ces strates vocales trafiquées à l’IA qui donnent à la voix une aura spectrale, comme si l’ego d’Eidon se démultipliait pour mieux occuper l’espace.
La force de Dip tient dans son mantra répétitif, un hook qui se grave dans la mémoire au premier passage, mi-chant mi-incantation, conçu pour s’infiltrer aussi bien dans les enceintes des strip clubs que dans les boucles virales des réseaux. C’est une musique de flex, de sueur et de mise en scène, mais elle ne tombe jamais dans le cliché grâce à ce mélange d’autodérision et de flamboyance futuriste. Eidon performe son personnage comme une créature hybride : un pied dans l’ego-trip, l’autre dans une sensibilité emo-rap plus trouble, plus fragile qu’il ne le laisse entendre.
Au-delà de la surface dorée, Dip traduit surtout une obsession contemporaine : l’ivresse d’exister dans le flux, d’occuper l’instant, de transformer chaque seconde en matière spectaculaire. Un banger vénéneux, où l’excès devient une esthétique et où l’on se surprend à replonger, hypnotisé par ce groove brillant comme un diamant sous une lumière artificielle.
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août 18, 2025Je lance Our Game et tout se calme comme un salon feutré après l’averse : basse qui respire, batterie au gant de velours, claviers en lumière rasante, et cette voix qui te regarde sans hausser le ton. SV et Alyssa Jane n’essaient pas de rejouer la carte postale vintage ; ils pratiquent l’élégance utile, ce classicisme moderne qui sait dire adieu sans théâtraliser la scène. L’ombre portée de Sade plane, oui, mais comme une éthique : peu de mots, beaucoup d’air, la précision des gestes.
Sur le plan sonore, c’est une leçon d’architecture douce. Kick amorti, snare satinée, charley en ciselures fines ; la basse glisse en arabesques discrètes, juste ce qu’il faut pour tenir le buste. Les Rhodes arrondissent les angles, une guitare proprette ponctue à la seconde près, et de minuscules nappes laissent deviner un horizon plus large. Le mix est poli sans être lisse : haut-médium dompté pour les voix, bas tenu mais respirant, reverbs courtes qui murmurent plus qu’elles n’expliquent. On entend la main d’artisans qui connaissent la différence entre enrober et étouffer.
Au micro, le duo joue la diplomatie des sentiments. Timbres complémentaires, dialogues en clair-obscur : elle trace la ligne claire, lui en soigne les bordures, et l’ensemble raconte la mue tranquille d’un lien qui cesse d’être un bras de fer pour devenir un pacte de sortie. L’écriture ne cherche pas la formule-choc ; elle préfère la topographie émotionnelle, ces demi-teintes où l’on range l’amour sans le dévaluer. Le hook n’explose pas — il s’infiltre, il colle à la mémoire lente.
Our Game est une chanson de seuil : on y apprend à refermer une porte, puis à marcher droit dans le couloir sans se retourner bruyamment. Neo-soul, contemporaine, portable partout — casque, voiture, cuisine tardive —, elle prouve surtout ceci : le futur de la douceur n’est pas mièvre, il est précis. SV x Alyssa Jane signent un morceau de tenue, qui polit le cœur sans l’anesthésier. Tu appuies à nouveau, tu respires mieux, et curieusement… tu gagnes.
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août 15, 2025Je l’ai écoutée comme on ouvre une fenêtre après l’orage : en laissant l’air trier la poussière. DAMN GENESIS n’est pas un CV sonore, c’est une mue documentée en temps réel où BRIEL embrase l’ancien costume pour tailler sa peau neuve. Appelons les choses : c’est une mixtape de survie émotionnelle — alternative R&B, hip-hop, une pointe indie — où la dramaturgie intime sert d’ossature à la fête intérieure. BRIEL the Artist signe un manifeste pour celles et ceux qui ont tenu trop longtemps la mâchoire serrée : on dépose, on nomme, on respire.
Tracklist en main, on voit la colonne vertébrale. Le titre-seuil DAMN GENESIS agit comme prologue en flammes, clair et frontal. THE BLINDS ouvre le décor en clair-obscur, voicings serrés et basse qui maintient la température. CHEQUE joue le nerf social, rythmique nerveuse, ironie assumée. ATTENTION! claque comme une affiche néon : ad-libs dosés, hook tendu. NAH NAH NAH choisit l’esquive élégante plutôt que la punchline lourde, progression qui glisse sans lâcher.
Point d’orgue émotionnel, SITUATIONSHIP cadre la grammaire du “non” lucide : arrangements aérés, topline tenue, architecture qui refuse la victimisation pour préférer la sortie par le haut. LADIES SONG aligne l’énergie de scène avec une écriture qui respire, pendant que SHOT ON ME durcit les angles, kicks compacts, mix proche peau. DANGEROUS laisse le cœur courir mais garde les mains sur le volant. BLUR brouille volontairement la mise au point — delays courts, voix au ras — pour dire l’entre-deux. Et PRETTY, moment-miroir, déplace la question de la beauté vers la dignité : douceur sans mièvrerie, exactitude du geste.
Ce qui électrise, c’est la cohérence : storytelling sans fard, production sobre mais précise, refus des caricatures de genre. BRIEL pense en scènes, pas en poses ; la voix reste à hauteur d’œil, mixée pour la confidence active plus que pour l’esbroufe. On entend le Bronx et l’intime, la rage polie et l’apaisement stratégique. Mixtape, donc, au sens noble : laboratoire maîtrisé, lieu d’assemblage et de vérité. Ici, l’injonction n’est pas de “tenir bon” ; c’est de s’autoriser à sentir, réfléchir, puis guérir. Message reçu, amplifié.
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août 14, 2025Je n’avais pas prévu de tomber dedans. Et pourtant, deux mesures suffisent : une chaleur précise, une pièce qui s’ouvre, la sensation neuve d’un regard posé sans peser. Either Way n’est pas un slow de circonstance, c’est une méthode douce, un art d’aligner la nuque et d’éclaircir l’air autour. Tamera King pratique un R&B contemporain qui refuse la mièvrerie et joue la coupe nette : sensualité rationnelle, élégance sans surcharge, justesse des gestes. On entend une productrice de sensations plus qu’une chaseuse d’effets.
Techniquement, ça tient debout par l’économie et la science du détail. Kick amorti au millimètre, enveloppe courte ; snare satinée qui claque dans le médium sans avaler la voix ; hi-hats en dentelle, micro-retards programmés qui laissent la grille respirer. La basse, ronde mais volontaire, flirte avec la saturation harmonique, colle au sidechain juste assez pour pousser le souffle. Claviers feutrés — un Rhodes au grain poli ou son émulateur très haut de gamme — doublés par une guitare proprette qui ponctue, jamais ne bavarde. Les nappes planent en arrière-plan, cut-off animé par petites respirations, histoire d’ouvrir l’horizon sans planter une tente au milieu du mix.
La prise de voix est exemplaire : proximité contrôlée, sibilantes domptées, un poil de parallel compression pour maintenir le velours quand le murmure se fait filigrane. Doubles latéraux si fins qu’on les devine plus qu’on ne les entend ; adlibs en transparence, utilisés comme ponctuation, pas comme décor. Le songwriting privilégie la courbe plutôt que le surlignage : couplets compacts, pré-refrain qui soulève le plancher, hook magnétique qui refuse l’uppercut. Un pont introduce une tension harmonique légère, le time-stretch émotionnel d’une seconde qui s’étire avant de retomber nette — aucune grandiloquence, seulement la bonne altitude.
Ce que j’aime ici, c’est la maturité sans épaules rentrées. Tamera King n’érige pas un totem d’intentions : elle met les meubles à leur place et te laisse circuler. Either Way fonctionne casque sur la tempe comme système club discret, playlist cuisine ou volant de nuit : la polyvalence des titres bien calibrés, pensés pour durer. On sort avec ce sentiment rare — avoir été choisi sans être capturé. Et c’est précisément là que le morceau gagne : pas en plus fort, mais en plus juste.
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août 14, 2025Tu connais ce moment où la ville baisse le volume sans prévenir et où ton pouls prend la direction artistique ? Be Kind s’y faufile en copilote pragmatique : pas de trompettes, juste l’angle parfait pour réaligner les épaules. Nelz ne court plus après le chrono, il le regarde dans les yeux comme on calme un chien nerveux. Ce morceau n’implore rien, ne parade pas ; il s’installe comme un mode d’emploi discret pour traverser la nuit sans se trahir.
Sous la peau, le mécanisme est chirurgical. Autour de 120 BPM tenus court, la rythmique tranche net : kick à l’attaque sèche, charley platine en pointillés, caisse claire qui claque sans bavure. La basse, légèrement mordante, respire dans le creux du sidechain, tissant des sinusoïdes mémorisables sans fluo. Les synthés ouvrent un horizon ventilé — pads à grain fin, réverb maîtrisée, stéréophonie large mais sans décor inutile. Le mix pense en architecture : voix centrée, micro-doubles latéraux qui élargissent aux moments charnières, automation sobre pour éviter la pompe. Rien ne force, tout tient par la tension et l’économie.
Ce qui élève Be Kind, c’est son rapport au Temps, traité comme un interlocuteur avec qui on négocie les règles de cohabitation. Pas de dramaturgie pesante, plutôt une mélancolie utilitaire : accepter l’usure, refuser l’abdication. On danse droit, colonne alignée, regard franc. Chaque break apporte d’air, de la micro-poussière rythmique qui réoxygène le groove sans hausser le ton. C’est la signature des producteurs qui privilégient la finition au spectaculaire : détails qui s’attrapent à la troisième écoute, textures qui se dévoilent en lumière rasante.
La voix de Nelz garde le grain humain tout en ciselant l’intention : placement précis, attaques propres, souffle à l’économie. Zéro surjeu, maximum d’aimantation. Le titre n’a pas vocation d’hymne, et c’est sa force : une pièce de tenue, wearable, compatible casque solitaire comme système club. On y entend l’avenir non comme explosion, mais comme ligne claire.
Verdict personnel : Be Kind n’essaie pas de gagner la soirée, il la met d’équerre. C’est un futur classique de basse intensité, un compagnon de trottoir pour nuits rapides et pensées lentes, la preuve que maturité et groove peuvent signer la paix sans perdre le feu.
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août 14, 2025Je pensais connaître la trajectoire d’un banger afropop avant même la première mesure. Puis Back Up Dat a vrillé la boussole. Jiddan Grim n’appuie pas sur le bouton fête, il le sculpte. Le morceau ouvre comme un souffle sur la nuque : guitare en palm-mute qui cligne de l’œil, sub qui ronronne au plancher, shakers posés en poussière d’étoiles sur une batterie mi-afrobeats mi-R&B. Ça ondule sans se presser, ça respire large, et déjà la pièce rétrécit — signe que le groove a pris ses quartiers.
La voix arrive en diagonale, velours qui tranche, phrasés souples et placements millimétrés. Jiddan ne force jamais, il sait cette économie qui rend les refrains irrésistibles : une mélodie en pente douce, un accent jeté au bon endroit, un sourire dans la syllabe. Le hook ne braille pas, il s’infiltre, et l’on se retrouve à le murmurer en marchant, tête haute, tempo calé sur le balancier des hanches. Derrière, la prod joue le dosage fin : kicks tendus, claps serrés, contrechants vocaux en échos feutrés, nappes tièdes qui montent puis s’arrêtent juste avant l’emphase. L’afrofusion sert ici d’architecture, le RnB fait l’ameublement — tout est à sa place, tout invite.
Ce qui frappe, c’est la science du détail. Une syncope de hi-hat qui ouvre une fenêtre, un break de percussions qui déplace la perspective, un glissé de basse qui recolle le corps à la mesure. On pense aux clubs de Lagos et aux rooftops de Paris, à ces lieux où la nuit choisit les morceaux qui gagnent du terrain sans jamais hausser la voix. Back Up Dat parle ce langage-là : la douceur qui commande, la sensualité qui rythme, le charisme sans costume.
Au-delà du tube évident, Jiddan Grim signe un manifeste d’intention. Pas de tape-à-l’œil, pas de gadgets, une vision : faire tenir un monde dans un battement. Back Up Dat, c’est la preuve qu’un single peut être à la fois immédiat et lettré, calibré pour la chaleur collective et poli pour l’écoute au casque. Quand la dernière note s’éteint, on n’a pas seulement dansé : on a déplacé sa manière de marcher. Et c’est souvent ainsi que commencent les vraies histoires.
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août 13, 2025J’éteins la lampe, je laisse la ville bruire derrière les stores, et le kick arrive comme un battement posé à l’oreille. Touch Me n’est pas un track, c’est un thermostat émotionnel : deux degrés de plus et tout devient souple. Robo The Chemist y pratique une alchimie de draps froissés et de circuits imprimés, où l’IA ne remplace rien mais révèle le grain, comme une loupe sur la peau. Bedroom house old-school, R&B contemporain, dance-pop qui n’a pas honte de respirer lentement : tout se tient, tout glisse.
La production parle bas. Grosse caisse satinée, clap discret, hi-hats au pinceau, basse ronde qui remonte par capillarité jusqu’aux omoplates. Ce sont les détails qui fixent la mémoire : un accord de synthé à la Larry Heard, une voicing R&B qui flirte avec la blue note, un micro-break qui suspend la pièce au-dessus du sol. Pas un gros drop, pas de jurons pour jouer les grands, juste des transitions qui se souviennent des vinyles de garage-house et des mixtapes du petit matin. Le morceau promet “chocolate sauce and a companion” ; il tient parole avec un groove nappé de cacao, jamais sucré, toujours fondant.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Robo marie l’algorithmique et le tactile. Les séquences génératives donnent l’ossature, l’humain s’incruste dans les nuances : swing millimétré, reverb courte sur le lead pour garder la bouche proche, delays fantômes qui reviennent hanter les silences comme un parfum oublié sur une manche. L’écriture évite le clinquant : mélodie insinuante, hook chuchoté plutôt que crié, progression qui préfère la spirale à la ligne droite. C’est de la musique d’after heures, mais polie au chiffon doux — pour que rien ne heurte, tout invite.
Robo The Chemist, “purple-chocolate-cyborg” autoproclamé, confirme une intuition : l’avenir de la house sensuelle ne se joue pas dans le volume, mais dans l’attention. Touch Me s’écoute près, se danse court, se partage sans posture. On pense aux clubs de quartier de DC-Maryland-Virginia quand ils baissent la lumière, à ces minutes où l’on choisit la proximité plutôt que l’éclat. Résultat, un single de présence, calibré pour le replay et les confidences, qui redonne au mot “se toucher” son relief premier : ni slogan, ni performance, une simple vérité portée par un beat qui sait attendre.
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août 13, 2025Avec All In, James Vickery signe un morceau qui a la chaleur d’un rayon de soleil traversant une fenêtre en fin d’après-midi, mais qui pulse au rythme d’un club londonien en pleine effervescence. Sud-Londoner jusqu’au bout du souffle, Vickery n’a jamais caché son goût pour une soul moderne qui respire à la fois la tradition et l’audace — et ici, il mélange l’élégance du R&B contemporain à une énergie quasi tactile, celle qui donne envie de se lever, même si la pièce est vide.
La prod joue sur un terrain souple mais précis : basse ronde et caressante, batterie soyeuse, touches de claviers qui scintillent comme des reflets sur une coupe de champagne, le tout encadré par un mix limpide où chaque instrument trouve sa place sans se marcher dessus. Au-dessus, la voix de Vickery n’est pas juste un guide, c’est un corps à corps — il module, s’étire, ricoche entre les notes avec cette aisance qui n’appartient qu’aux vrais conteurs d’histoires.
Ce qui frappe, c’est le contraste volontaire entre le personnage des couplets — un Vickery cabotin, presque insolent dans son jeu de séduction — et le cœur nu du refrain, où la bravade tombe pour laisser place à la tendresse brute : “I’m all in, I’m not going anywhere.” On passe du clin d’œil complice au regard qui s’ancre, comme si la fête prenait soudain des allures d’engagement.
All In n’est pas seulement une track de plus dans le répertoire de James Vickery. C’est un rappel qu’au milieu de la virtuosité vocale et des arrangements léchés, le R&B garde toujours son essence : une affaire de peau, d’âme, et d’instants où la musique ne se contente pas de séduire — elle s’installe, elle reste.
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août 13, 2025Premier contact, une chaleur basse lumière. Kep.Lockhart ne pousse pas la porte, il glisse un pied entre battant et huis, sourit, laisse le silence travailler. Contemporary R&B au grain velours, regard adulte et nerfs indie, ses trois nouveaux titres fonctionnent comme un triptyque intime où l’on revoit les règles de l’attraction sans perdre la pudeur. Tout est affaire de placement, d’espace entre les notes, d’air laissé aux corps.
Chocolate City déroule en panoramique. Déclaration d’amour à ces femmes-métropole, peau contre skyline, la production caresse sans sirop, basses profondes à la D’Angelo tardif, Rhodes qui steame la vitre, drums feutrées qui ne cherchent jamais la démonstration. Kep ne surjoue pas : voix centrée, grain proche, diction nette qui préfère le détail aux grands effets. Le morceau a le goût d’un dimanche qui s’éternise, quand la ville se fait chambre et que le monde passe en mode ralenti.
Spin joue la réconciliation en mouvement. Riffs de guitare électrique filés comme un ruban, clap discret, kick rond, tout tourne autour d’un mantra : mettre l’orgueil en veilleuse et retrouver la danse perdue. La topline est une spirale maîtrisée, le hook n’explose pas, il aimante. On pense aux mixages modernes qui laissent respirer la stéréo, à ces choruses subtils sur la six-cordes qui teintent l’ensemble d’une lumière bleutée. Résultat : un mid-tempo qui oxygène la mémoire et muscle le pas.
Groupie renverse le miroir avec élégance. Ici, c’est l’artiste qui sue la muse, et non l’inverse. Le texte s’avance sans armure, timbre plus nu, réverbe courte qui met la peau à portée de main. La prod, minimaliste et précise, laisse s’ébrécher l’assurance R&B au profit d’un vertige assumé. On entend les respirations, les micro-glissés de voix, cette fragilité qui fait la différence entre posture et aveu. C’est le morceau le plus risqué, donc le plus mémorable.
Ce qui relie ces trois pièces, c’est une science du tempo émotionnel. Kep.Lockhart sait où placer le silence pour qu’il pèse, sait quand lever le pied pour que le groove avance seul. Pas de clinquant, pas de sucre de synthé inutile : une écriture de la proximité, adulte, tactile, qui pratique la suggestion plutôt que le slogan. Trois titres, trois angles, une même promesse tenue : rappeler que le R&B ne se juge pas au décibel mais à la fièvre qu’il laisse après.
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août 12, 2025On dirait un carnet de route écrit sur la sueur et l’adrénaline, mais Zov.yay préfère parler d’album. Wait Lifting, Vol. 1 est de ces disques qui ne s’écoutent pas d’un trait comme on avale un shot, mais qui se vivent comme un entraînement au monde : chaque morceau est une série, chaque couplet une respiration qu’on tient un peu plus longtemps que prévu, chaque silence une contraction invisible. L’artiste ne pose pas seulement des rimes ; il sculpte un corps invisible, celui de son authenticité, jusqu’à en faire un monument fragile mais debout.
I’m Weird Too, ouverture manifeste, est moins un morceau qu’un tatouage sonore : la revendication d’être inclassable, posée comme une évidence. Transportation s’élance sur l’autoroute mentale, mêlant bitume et pensées vagabondes. Risk Dancing, c’est l’ivresse de se jeter au milieu de la piste quand on n’a rien d’autre à perdre que sa peur. Decorated Requests joue sur l’artifice des sourires bien polis, la tension entre ce qu’on offre et ce qu’on retient.
Puis vient Cpr, battement d’urgence, tentative de réanimation d’un soi qu’on pensait irréversible. Future Ave. ouvre la perspective comme on entrouvre une fenêtre sur une ville inconnue. Sneaky Angel flirte avec l’ambivalence des présences qui semblent nous protéger mais testent nos limites. Recollect resserre la focale sur les éclats de mémoire, et Gratitude Outro ferme le rideau avec un merci qui claque comme un dernier souffle après l’effort.
Dans un paysage saturé de façades léchées, Zov.yay déploie ici un hip-hop de l’endurance et de la lucidité, où chaque beat pèse, chaque mesure respire, et où la sueur devient une forme d’écriture. C’est un disque qu’on ne range pas : on le garde sur soi, comme un poids bienveillant.
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août 12, 2025Dans My Eyes Only, Agatchu ne cherche pas à séduire par la démonstration, mais par l’évidence. Tout, dans ce duo avec la légende angolaise Cef Tanzy, respire la fluidité d’un moment qui ne se force pas : une ligne de basse chaude, un groove qui pulse comme un cœur amoureux, des voix qui se frôlent en plusieurs langues sans jamais se marcher dessus. C’est un morceau qui ne se contente pas de parler d’intimité, il la fabrique autour de l’auditeur, comme si chaque note refermait un rideau sur le monde extérieur.
La force d’Agatchu, c’est cette manière de tisser ses racines et ses influences multiples — afrobeats, R&B, bossa nova, semba — en un tissu sonore qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui. Ici, la production respire, laisse de l’espace au silence comme à la mélodie, joue avec les textures comme on joue avec la lumière au crépuscule. On retrouve cette science du détail qui a marqué ses précédents titres, mais aussi une assurance nouvelle : la sensation qu’il sait exactement où il veut aller, et qu’il y va à son rythme.
Cef Tanzy apporte à ce tableau une profondeur supplémentaire, un grain de voix patiné par l’expérience et chargé d’émotion brute. Ensemble, ils signent une ballade qui n’est ni mièvre ni ostentatoire, mais qui frappe par sa sincérité. My Eyes Only donne envie de ralentir, de savourer, de s’accrocher à l’instant présent — et c’est là tout l’art d’Agatchu : transformer une chanson en espace-temps où l’on se sent bien, où l’on se sent vu.
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août 12, 2025Certaines ruptures s’oublient. D’autres restent, tapies derrière chaque sourire forcé, prêtes à ressurgir au détour d’un refrain. Dreaming de David Morin se situe quelque part entre les deux : un morceau qui groove assez pour vous faire lever de votre chaise, mais qui porte dans ses lignes mélodiques ce poids presque imperceptible du doute — et si on s’était trompé ?
Morin, artiste métis et indonésien basé à Vancouver, a toujours eu ce talent rare de faire cohabiter la chaleur du funk et la vulnérabilité de la soul. Ici, les guitares claquent avec l’aisance d’un samedi soir disco, la basse roule comme une confidence qu’on ne veut pas lâcher, et sa voix, veloutée mais légèrement éraillée par l’émotion, devient le fil rouge entre euphorie et mélancolie. On se surprend à chanter le refrain comme si c’était le nôtre, tout en sachant que sous la lumière stroboscopique, c’est un cœur fissuré qui parle.
Ce single annonce Light Waves, son nouvel album à paraître en fin d’été, où l’artiste — connu pour ses performances de rue hypnotiques et son mélange subtil de soul, jazz et disco — semble vouloir pousser encore plus loin le dialogue entre introspection et groove contagieux. On retrouve dans Dreaming la patte du musicien complet, celui qui joue, compose et arrange avec un instinct presque chorégraphique, donnant à chaque instrument sa propre petite histoire dans le morceau.
En moins de quatre minutes, David Morin signe un hymne paradoxal : une chanson qui vous invite à danser sur vos propres incertitudes. Et c’est peut-être là que réside toute sa force.
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août 12, 2025Certaines chansons n’entrent pas dans une pièce. Elles se glissent à l’intérieur, comme la lumière diffuse d’un matin humide, et avant même qu’on ait compris, elles ont changé la température. Rainy Day, première offrande de hot beige et baegal, a cette manière discrète de s’installer : une pulsation ronde, un groove feutré, une ligne de basse qui se balance comme une silhouette sur un trottoir mouillé.
On pourrait croire à une simple bluette nu-soul, mais ici chaque élément respire la précision et la retenue. La batterie, légère mais sûre d’elle, avance comme si elle savait déjà que le soleil finira par percer. Les claviers, vaporeux, déposent leurs nappes avec la lenteur d’une pluie fine, pendant que les inflexions vocales caressent plus qu’elles ne frappent. Rien n’est démonstratif, tout est insinué — et c’est précisément cette modestie qui donne à Rainy Day son pouvoir d’addiction.
C’est un morceau pensé pour ces heures suspendues où l’on n’a pas encore décidé si la journée sera mélancolique ou radieuse. Le genre de titre qu’on met en fond et qui finit par dicter l’humeur, comme un parfum qu’on ne remarque qu’après qu’il ait imprégné la pièce. On y sent des influences neo-soul et indie R&B, mais filtrées par une esthétique électronique minimaliste, presque tactile.
Pour un premier geste, hot beige et baegal signent un morceau qui ne cherche pas à impressionner par la force, mais par l’élégance d’un détail, la justesse d’une atmosphère. Un Rainy Day qui, ironiquement, donne envie que la pluie dure un peu plus longtemps.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui arrivent comme un mojito en fin de mois : inattendus, frais, et foutrement bien balancés. Boujee de Brooke August, c’est ça. Un hymne au plaisir sans prétention, à la classe sans carte gold, à la joie qui s’invite même quand le compte est dans le rouge. Ni sermon, ni cynisme ici — juste un groove qui flirte avec le rétro et des punchlines sucrées salées comme un verre de rosé sur le capot d’une vieille décapotable.
La production, signée Brandon Meagher, fait swinguer le tout sur un lit de claviers veloutés, de lignes de basse feutrées, et ce saxophone… mon Dieu ce saxophone. Il débarque à mi-parcours comme un invité imprévu à une fête sur le toit, celui qui ne dit pas grand-chose mais fout tout le monde d’accord. Brooke, elle, slalome entre néo-soul et pop contemporaine avec un timbre à mi-chemin entre Corinne Bailey Rae et RAYE, et ce quelque chose de désarmant dans la voix, comme une copine qui t’explique que le bonheur se trouve plus facilement dans un snack que dans un sac à main.
Les paroles — co-écrites avec Noah Barlass — ne cherchent pas l’effet de manche, elles tapent juste. “We can be boujee in thrift store jeans,” chante-t-elle, et tout est dit. C’est léger mais jamais vide, drôle mais jamais ridicule. Une réussite d’équilibriste où la mélodie fait le sourire et les sous-entendus la tendresse.
Boujee a ce pouvoir rare d’être à la fois playlistable et sincère, comme un clin d’œil à celles et ceux qui transforment les petits moyens en grandes évasions. Une ode à la débrouille stylée, une carte postale d’un bonheur pas cher mais inestimable. À écouter les fenêtres ouvertes, direction nulle part.
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juillet 28, 2025Il y a ces chansons qui ne cherchent pas à trancher entre le cœur et le corps, entre ce que l’on ressent et ce que l’on tait. Love Like This de Kané est de celles-là : une plongée moelleuse dans le désordre affectif, cette zone grise entre passion et abandon, où le désir se conjugue au flou. Ce n’est pas une ballade triste, ni un hymne à la dépendance — c’est un instant suspendu, entre deux silences.
Sur une prod sensuelle signée Stevie & ITSJAZCO, Kané murmure ses doutes et ses élans, portée par une ligne de basse qui ondule comme une confidence à demi-mot. Il y a quelque chose de moite et feutré dans les arrangements : claviers soul à peine effleurés, kicks assourdis, touches de reverb qui rappellent les nuits sans fin où l’on espère un message, un signe, une suite.
Sa voix, à la fois pleine et fragile, oscille entre H.E.R. et Kehlani, mais sans copier. Kané y déploie son propre souffle — chaud, direct, sans effets de style — pour raconter ces liens sans définition, ces amours sans contrats. « Love Like This » ne cherche pas à expliquer, mais à faire ressentir : le trouble, le manque, le magnétisme d’un regard qu’on ne sait plus fuir ni suivre.
Dans la continuité de Rules, et après son apparition aux côtés de Stormzy dans Big Man, Kané confirme qu’elle écrit des chansons qui s’écoutent autant qu’elles s’éprouvent. Un titre de fin de soirée, quand les corps s’arrêtent mais que les sentiments, eux, continuent de danser.
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juillet 28, 2025Tu n’es pas tout à fait en chute libre, mais tu n’as plus pied non plus. Acrophobia, le nouveau morceau d’Apollo Jones, t’embarque dans ce no man’s land affectif où l’amour ressemble plus à une corniche qu’à un refuge. Le titre, littéralement « peur des hauteurs », est un aveu masqué : celui d’un cœur qui veut s’élever mais qui flippe de tomber. Et cette tension sourde, Apollo la décline en textures, en groove étiré, en nappes cotonneuses qui vibrent comme un souffle retenu.
Sur une prod minimaliste mais méticuleuse — quelque part entre Brent Faiyaz et serpentwithfeet — Apollo Jones laisse traîner sa voix comme un funambule sur une ligne mélodique volontairement fragile. La basse est chaude mais distante, les synthés flottent comme des halos urbains à l’heure bleue, et les chœurs, à peine murmurés, arrivent comme des échos de pensées qu’on n’ose pas prononcer tout haut.
Il ne s’agit pas ici de hurler son mal ou de surjouer la vulnérabilité. Acrophobia fonctionne justement parce qu’il refuse l’exagération. Chaque silence pèse. Chaque accord suspend le temps. Apollo construit une ballade sensuelle et anxieuse, qui ne cherche pas à résoudre le vertige, mais à l’habiter avec grâce.
Ce morceau, c’est une nuit d’été passée à fixer un plafond inconnu, allongé à côté de quelqu’un qu’on aime sans savoir si ça va durer. C’est une confession qu’on fait sans jamais la terminer. Un morceau pour ceux qui, parfois, ont aussi peur d’être aimés que de tomber.
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juillet 28, 2025Sur Heart Breaks & Dollar Signs, Its Mar déroule le film trouble d’une époque où l’intime flirte avec le matériel, où les battements du cœur résonnent dans le même tempo que celui d’un compte bancaire qui vacille. Mais ici, la douleur ne pleure pas en silence — elle groove. Et elle groove avec style, sur des lignes de basse moelleuses, des cuivres timides et une ambiance à mi-chemin entre Lagos et Minneapolis, héritière de Prince, Ebo Taylor et Anderson .Paak.
La production est solaire et suave, mais elle n’essaie pas de masquer les fêlures — au contraire. Derrière ce funk néo-soulé qui fait hocher la tête, Its Mar laisse filtrer les désillusions d’un cœur qui a trop donné, trop cru. Les percussions aux accents afro, discrètes mais nerveuses, insufflent une dynamique organique qui contraste avec la nonchalance de son chant : un spoken soul presque chuchoté, parfois presque blasé, comme s’il murmurait à une ex qu’il n’a jamais vraiment quittée.
Les arrangements, eux, flirtent avec l’élégance d’un jazz-feutré sans basculer dans l’élitisme — c’est accessible, instantané, mais jamais simpliste. Chaque détail compte : les nappes chaudes qui caressent, les silences qui laissent le groove respirer, les petits riffs de guitare funk qui font office de ponctuation émotionnelle.
Mais la vraie réussite de Heart Breaks & Dollar Signs, c’est son équilibre fragile entre douceur et lucidité. Its Mar ne joue pas au lover ni au prophète, il raconte ce que c’est que d’aimer dans un monde où le capitalisme te regarde même au lit. Il n’y a pas de morale ici, juste des constats enveloppés de velours et une basse qui console mieux que mille mots.
Un slow-burner pour danser seul dans sa cuisine à 2h du mat en pensant à ce qu’on a perdu. Ou à ce qu’on n’a jamais vraiment eu.
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juillet 28, 2025Pas de hook catchy. Pas de façade. Juste une voix, des silences, des fêlures qui suintent sous la peau. Avec hated father, Mati livre un titre bouleversant, un cri sourd à hauteur d’homme. Ni héros, ni salaud, juste un père qui doute. Un père qui reste. Un père qui casse.
Sur une production minimaliste, entre nappes R&B éthérées et beat boom bap poussiéreux, Mati construit un espace fragile où chaque mot pèse lourd. Pas d’effet dramatique superflu, pas de pathos artificiel – ici, le storytelling est à fleur d’os. La ligne de basse, chaude mais grave, soutient des notes de piano voilées, comme des souvenirs qu’on n’ose plus convoquer. L’ambiance rappelle les confessions de Mick Jenkins, les introspections de Isaiah Rashad ou encore les ballades décharnées de Navy Blue.
Mati ne cherche pas la rédemption. Il expose. L’échec de la parole. L’ambivalence d’un amour cabossé. Le paradoxe d’un rôle qu’on endosse sans manuel. Le texte s’écoute comme une lettre jamais envoyée, ou peut-être lue trop tard : “I stayed. I fucked up. I didn’t know how to love without disappearing.” On devine entre les lignes les silences de famille, les regards détournés, les absences trop longues, les présences trop courtes.
Le morceau tient en équilibre sur le fil tendu de la masculinité contemporaine. Celle qui vacille entre pression sociale et besoin de tendresse. Entre rester debout et pleurer sans témoin. Mati n’offre pas de réponse, mais il ouvre une brèche — et dans cette brèche, c’est peut-être là que ça commence à guérir.
Un morceau important. Un morceau courageux. Un morceau qui parle à ceux qui n’osent pas.
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juillet 28, 2025Il y a des chansons qui ne crient pas, mais qui hantent. Red to Blue de STRNDED est de celles-là. Une pièce minimaliste, suspendue entre deux états d’âme, qui évoque la transition douce-amère entre la passion brute (le rouge) et la mélancolie bleutée de l’après. Le titre, chromatique autant qu’émotionnel, agit comme une teinte qui se dilue lentement dans l’eau d’un souvenir.
STRNDED joue la carte du dépouillement maîtrisé. La production, à la croisée d’un R&B contemporain à la James Blake et d’une esthétique DIY façon Dijon, repose sur une base feutrée : quelques accords épars de synthé, une ligne de basse chaude et liquide, une rythmique quasi subliminale. Mais c’est justement cette économie de moyens qui donne au morceau toute sa puissance évocatrice. Chaque son semble respirer, comme si l’espace entre les notes comptait autant que les notes elles-mêmes.
La voix, elle, est l’instrument principal. Elle avance en apesanteur, douce mais éraflée, comme un murmure qui se serait perdu dans une chambre vide. STRNDED n’en fait jamais trop — il chuchote plus qu’il ne chante, parle à mi-voix aux fantômes de ses sentiments. Il y a dans son interprétation quelque chose de l’ordre du journal intime : brut, non filtré, authentique.
Musicalement, Red to Blue s’inscrit dans cette nouvelle vague de l’Alternative R&B qui préfère l’introspection au spectacle, l’ombre à la lumière crue. On pense à Frank Ocean pour la pudeur, à Steve Lacy pour les textures lo-fi, à Sampha pour la douleur contenue. Mais STRNDED n’imite pas : il distille. Son univers est plus spectral, presque cinématographique, comme un traveling arrière sur une scène de rupture qu’on rejouerait en boucle dans sa tête.
Red to Blue, ce n’est pas une chanson d’amour. C’est une chanson de déclin amoureux, de teintes qui pâlissent, de souvenirs qui s’effacent avec lenteur et beauté. C’est aussi une démonstration sobre mais précise de ce que peut être l’Indie R&B aujourd’hui : un art du silence, du presque rien, de l’émotion retenue. Un morceau à écouter seul, tard, quand la lumière tombe et que les couleurs commencent à changer.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas juste une collaboration, c’est une conversation à trois voix. Une bulle de sensualité cousue main entre Ottawa, Lagos et l’invisible. Avec Call On Me, Chrissy Spratt s’aventure sur un territoire gorgé de soleil et d’incertitude — celui de l’amour incertain mais tenace, dans la langue vibrante des corps qui dansent pour ne pas s’effondrer.
Le morceau est construit comme une ligne de confiance tendue entre les continents. Une base Amapiano à la pulsation enivrante, des nappes R&B liquides comme du miel noir, et des percussions dancehall qui frappent doucement, comme des battements de cœur hésitants. Le groove est minimaliste, presque discret, mais jamais effacé — il laisse la place à l’émotion, il crée le vide pour mieux faire vibrer les silences.
Nonso Amadi ouvre le bal avec une tendresse grave : sa voix glisse, flirte avec l’ombre sans jamais s’y perdre. Il improvise, on le sent : c’est du premier jet, de l’organique, de l’instinct. Chrissy Spratt lui répond sans effort, sa voix douce mais décidée, comme une promesse qu’on se répète dans le noir. Il y a chez elle une lucidité lumineuse, une mélancolie apaisée qui ne cherche pas à masquer la faille. Et puis, dans le dernier virage, Serøtonin surgit : voix nébuleuse, quasi éthérée, il ne pose pas juste un couplet, il dessine un climat. Son timbre flotte, en suspension, et termine de faire du morceau un objet rare — hybride, sans genre fixe, mais à la cohérence instinctive.
La force de Call On Me, c’est son refus du spectaculaire. C’est une déclaration murmurée à demi-mot, un chant pour ceux qui aiment avec les mains tremblantes mais le cœur entier. Pas besoin d’artifice quand le groove est juste et que les voix racontent vrai. C’est une chanson à écouter la fenêtre ouverte, en pensant à celle ou celui qu’on n’ose plus appeler. Une bande-son pour les messages jamais envoyés.
Avec Call On Me, Chrissy Spratt signe son morceau le plus transcontinental et le plus intime. Une ode à l’attachement malgré la tempête, quelque part entre amapiano thérapeutique, slow jam digital et confession 2.0.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas une louange. Ce n’est pas un sermon. Ce n’est pas non plus une simple chanson de R&B contemporain. I Need Faith de Will Ngonga se tient ailleurs, dans ce territoire fragile entre un cœur brisé et une main tendue vers le ciel, entre l’ombre du doute et la lueur obstinée de la confiance.
Sur une production douce et cristalline, bercée par des influences Afrobeats à peine effleurées — quelques percussions percolantes, un groove qui respire — Will tisse une supplique intime, presque murmurée. On ne frappe pas à la porte du ciel ici, on la caresse. Il n’y a ni colère, ni triomphe. Juste la sincérité nue d’un homme qui vacille, mais refuse de tomber sans espérer.
La voix de Will Ngonga est habitée. Elle n’explose jamais, mais elle pulse d’émotion retenue, de larmes étouffées par la pudeur. Il y a dans sa façon de chanter une forme de respect pour le silence, comme si chaque note était une prière soufflée entre deux soupirs. On pense aux échos délicats de DOE ou à la ferveur minimaliste de Sam Rivera : ce sont les silences qui chantent, ici. Les creux. Les fissures.
Musicalement, I Need Faith fait le pont entre le gospel introspectif et les textures suaves du R&B alternatif, avec des arrangements sobres mais pleins de grâce. L’instru ne cherche jamais à séduire par l’esbroufe : elle accompagne, soutient, entoure. Comme une main sur l’épaule, comme un souffle divin.
Et puis il y a les mots. Simples, presque anodins, mais chargés de ce qu’on ne dit qu’à Dieu. Des mots de fatigue, d’attente, de confiance éreintée. C’est cette honnêteté qui bouleverse. Car au fond, I Need Faith parle de nous tous. De cette lutte secrète entre croire et céder, entre la foi comme lumière et la foi comme combat.
Un morceau pour les nuits sans sommeil, pour les matins sans réponses. Un morceau qui ne promet pas de miracle, mais qui en est peut-être un.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui pleurent à l’intérieur tout en dansant. Passion d’Elon en fait partie — un slow désarticulé, tissé de cicatrices digitales, où le cœur bat sous une nappe de brume synthétique. On ne sait pas si c’est une confession, une hallucination ou juste un rêve lucide passé sous les filtres d’un 4h du matin solitaire. Mais ce qui est sûr, c’est que ce morceau flotte. Et il laisse des traces.
Le beat s’installe doucement, sur un tempo suspendu, presque ralenti volontairement, comme si le temps refusait d’avancer. Les nappes ambient embrassent les drums avec tendresse, pendant qu’un nuage de hi-hats s’évapore en fond de décor. C’est du cloud hop dans sa version la plus intime — une esthétique à la fois lo-fi et chirurgicale, pensée pour ceux qui écoutent avec les nerfs, pas juste les oreilles.
Elon murmure plus qu’il ne rappe. Sa voix glisse, autotunée à l’extrême, à mi-chemin entre un chant qui vacille et un monologue intérieur. Mais au lieu d’effacer l’émotion, ce traitement l’exacerbe. Chaque ligne suinte le doute, l’attachement, l’envie de ressentir encore — malgré les coups, malgré le vide.
On pense à les vrais débuts d’XXXtentacion, au spleen romantique de Joji, ou aux textures brisées d’un James Blake version SoundCloud. Mais Elon ne copie pas. Il digère ces influences pour fabriquer une matière sensible, oscillante, à la frontière du R&B, de l’emo-rap et d’une sorte de soul algorithmique.
Passion n’est pas une déclaration. C’est un vertige. Une chute douce dans un espace flou, où l’amour n’est jamais simple, mais toujours brûlant. Un morceau pour ceux qui n’arrivent pas à dire « je t’aime », mais qui le ressentent trop fort.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas seulement avec les oreilles. 99 en fait partie. C’est un battement intérieur, une marche invisible qu’on entame sans même le vouloir, comme si le tempo réveillait un souvenir enfoui dans le corps.
Fraesh ne signe pas simplement une chanson d’afro-fusion de plus, il ouvre un espace : celui des failles, des luttes, des silences qu’on traverse à bas bruit. 99 se construit dans cette tension douce entre fragilité et puissance, entre le souffle de la douleur et le grondement sourd de la volonté. La production, élégamment rugueuse, épouse les formes mouvantes d’un beat percussif et viscéral, sur lequel viennent se greffer des nappes mélodiques presque célestes. On croit y entendre l’écho lointain d’un griot numérique, chantant la résilience de ceux qu’on n’a pas vus tomber.
Ce n’est ni solaire, ni triste : c’est réel. Le morceau ne cherche pas à enjoliver la lutte, mais à l’habiter. Il y a dans 99 cette forme de spiritualité profane propre à la world music quand elle ne cherche pas l’exotisme, mais l’ancrage. Une transe maîtrisée, dont la voix de Fraesh devient la boussole, vibrante et déterminée, entre appel et incantation.
Il y a quelque chose d’ancien dans ce titre. Comme si 99 portait le souvenir d’un village qu’on n’a jamais connu, mais qu’on reconnaît. C’est un chant de l’intérieur, pour ceux qui continuent malgré tout. Pour ceux qui marchent dans l’ombre avec l’espoir collé au talon. Un mantra sans fin pour corps fatigués mais cœurs debout.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas — ils s’inhalent, comme une vapeur chaude remontant des trottoirs encore fumants de Los Angeles après un après-midi de juillet. Love You Like That, nouveau single des Altons, appartient à cette famille d’instants suspendus : ni tube estival forcé, ni revival collé au passé, mais une chanson entre chien et soleil, douce comme une fin de journée sur le siège passager d’une décapotable.
Le groove est midtempo, mais jamais paresseux. Une basse feutrée déroule un tapis velours sous les doigts dansants d’un piano façon Motown pastel. Les percussions, discrètes, effleurent les syncopes avec tendresse. Et puis cette voix — sucrée mais pas sirupeuse — qui glisse sur le refrain comme un baiser déposé à la volée dans le cou d’un amour retrouvé. On pense aux Delphonics, à Mayer Hawthorne, ou à la face la plus lumineuse de Charles Bradley, mais sans nostalgie muséale. Les Altons n’impriment pas une époque, ils la rejouent comme on rêve d’un souvenir inventé.
Ce titre est une carte postale sonore trempée dans le jus d’un Los Angeles rêvé. Il sent la vanille, la peau chauffée, les vinyles poussiéreux qu’on déniche dans une brocante de Highland Park, et les films super 8 tournés à l’arrière d’un bus en direction de nulle part.
Ce qui rend Love You Like That si attachant, c’est cette capacité à raconter une romance sans surcharge : le morceau ne surjoue rien, il cueille un moment. Deux regards échangés, une main sur une épaule, une envie de danser sans raison. C’est une chanson à fredonner fenêtres ouvertes, cœur entrouvert, entre hier et demain.
Et si l’amour n’était rien d’autre qu’un groove simple, ensoleillé, qu’on peut enfin s’offrir sans demander la permission ? Les Altons semblent l’avoir compris mieux que quiconque.
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juillet 28, 2025Il ne faut parfois qu’un souffle pour qu’un battement d’ailes devienne une prière. Avec When Doves Fly, Apollo Vizion ne chante pas, il libère. Dans cette ballade R&B éthérée, lentement suspendue entre ciel et cendre, il murmure l’adieu universel, celui qu’on évite, qu’on retarde, qu’on rêve de repousser. C’est un chant sur la fin de tout — la douleur, la joie, la vie elle-même — et pourtant, dans cette dislocation douce, il y a une beauté souveraine.
La production suit ce fil d’effacement progressif. Les nappes ambient s’étirent comme des souvenirs flous, portées par des textures lo-fi et des touches de piano granuleuses. Le beat, discret mais ferme, agit comme un rappel au sol, une pulsation cardiaque qui bat sous la torpeur. On est quelque part entre James Blake et Frank Ocean période Blonde, mais en plus dépouillé, presque spectral.
La voix d’Apollo Vizion, elle, flotte à la lisière de l’intime et de l’universel. Elle semble sortie d’un rêve, ou d’un souvenir trop ancien pour être restitué. Chaque mot semble trembler sous le poids de l’acceptation. Pas de colère ici, pas de nostalgie vengeresse. Juste la reconnaissance douce-amère que tout finit — et que dans cette fin, il y a peut-être un début invisible.
When Doves Fly ne cherche pas à raconter une histoire. Il la laisse s’effacer. Comme un dernier regard échangé dans un aéroport désert, comme une plume tombée sans bruit. Une méditation mélancolique sur l’impermanence, offerte avec pudeur, comme un secret confié au vent.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas un cri. Ce n’est pas une plainte. C’est un souffle. Un battement. Une confession murmurée entre deux syncopes. Sur “Needamoment.”, Hardbody Jones opère une alchimie aussi subtile que frontale : mêler l’élan brut du Jersey Club à l’intimité opaque du R&B noir, là où les basses tordent les tripes pendant que la voix s’insinue sous la peau.
Le track démarre sur une boucle nerveuse, syncopée, où les kicks claquent comme des portes qu’on aurait trop longtemps gardées ouvertes. Pas d’esbroufe dans la prod — Jones fait tout lui-même, et ça s’entend : chaque son est ciselé à l’os, chaque reverb est pesée comme un silence entre deux phrases trop chargées. Le beat clubby sert ici de contrepoint à une tension émotionnelle à peine contenue. C’est le paradoxe : faire danser sur l’envie de fuir.
Ce morceau, c’est le moment exact où tu fermes la porte, mais tu la laisses entrouverte. L’espace entre “j’ai besoin d’air” et “reste quand même”. Les couplets déroulent une dramaturgie urbaine, minimaliste, sans surjeu. Pas de drame. Juste cette vérité nue : parfois, l’orgueil floute l’amour, et il ne reste qu’un loop et une voix pour recoller les morceaux.
La vraie force de “Needamoment.”, c’est de capter le flottement. L’espace liminal entre les émotions, entre les gestes. Là où peu d’artistes osent s’arrêter. Là où Hardbody Jones, lui, choisit de planter ses clous.
À écouter seul, de nuit, ou en boucle dans un club où les lumières ne s’éteignent jamais vraiment.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui n’entrent pas dans une case, parce qu’ils ont déjà compris que le tiroir est trop petit. “Complacent” d’Igimèjí, c’est ce genre de chanson : une rêverie alternative R&B, flottante et inclassable, qui murmure à l’oreille des âmes sensibles avec la nonchalance magnétique d’un slow cosmique. On pense à Frank Ocean pour l’élégance trouble, à Solange pour l’art du flottement, mais ici, tout semble filtré à travers un prisme plus nu, plus brut, presque domestique.
La production, elle, est toute en équilibre déséquilibré : percussions aériennes, claviers laiteux, basses liquides, et cette façon de construire le morceau comme un escalier de nuages, où chaque marche semble prête à s’effondrer. Le mix est volontairement feutré, comme si l’ensemble était chanté à travers un rêve humide, dans une chambre à peine éclairée par la lumière bleue d’un écran oublié. La voix, elle, glisse plus qu’elle ne s’impose. Elle flotte, s’évapore, s’arrête parfois comme une pensée en suspens.
“Complacent” parle peut-être d’un amour qui s’étiole, d’un confort qui devient prison, ou de l’étrange torpeur qui s’installe quand on cesse de se battre. Mais le morceau ne donne pas de réponses claires. Il préfère s’enrouler autour de ses silences, laisser deviner dans les vides ce qu’il ne dit pas. C’est ce refus du spectaculaire, ce goût pour l’ambigu et le suggéré, qui fait tout le sel (et le spleen) de la proposition d’Igimèjí.
Pas un tube. Pas un manifeste. Une sensation, trouble et douce. Et si “Complacent” est une zone grise, alors c’est l’une des plus belles de 2025.
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juillet 27, 2025Sous une lune moite, entre soupirs retenus et frissons assumés, Gyrate d’ADT s’impose comme une caresse mélodique au groove lent et lascif. Loin des excès dancehall ou des envolées club, ce titre afro-R&B distille un charme plus subtil, plus intime — celui des corps qui s’effleurent, des regards qui dansent, des nuits qui n’en finissent pas.
ADT chante comme on susurre à l’oreille : doucement, mais avec assurance. Sa voix glisse sur les textures avec un velours fragile, entre prière et promesse. Les percussions, elles, n’ont rien de frontal. Elles ondulent avec élégance, nappées de guitares palmées et de nappes éthérées, dans une production minimale mais savamment construite — un écrin taillé pour l’émotion brute.
Il y a dans Gyrate cette tension délicieuse propre aux meilleurs morceaux afro-R&B : une invitation à bouger, oui, mais surtout à ressentir. On pense à Wizkid période Made in Lagos, à Tems, à Oxlade… Ces artistes qui n’ont pas besoin de surjouer la chaleur, parce qu’elle transpire naturellement de chaque note, de chaque silence bien placé.
Mais ADT, lui, ne copie personne. Il avance avec une sensibilité qui n’appartient qu’à lui, un sens du rythme doux-amer qui parle d’attachement, de pulsion, de lente dérive vers l’autre. Gyrate, ce n’est pas juste un hit d’été. C’est un moment suspendu, une boucle de désir sous-mixée pour frapper plus fort au creux du ventre.
À écouter seul.e, à deux, ou en boucle. Parce que certaines chansons n’ont pas besoin de crier pour faire chavirer.
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juillet 27, 2025Elle ne chante pas, elle chuchote à l’âme. Avec “Twenty”, Jones signe un morceau qui ne cherche pas à impressionner — il se contente d’entrer en vous par effraction. Un souffle de néo-soul suspendu entre doute et puissance tranquille, un instant d’apesanteur dans la confusion douce de ses vingt ans. Car ce titre-là ne parle pas d’un âge : il le performe. Comme si chaque note avançait à tâtons, entre promesse et vertige.
“Twenty” s’ouvre comme un rideau tiré au ralenti. Quelques accords discrets, presque fantomatiques, viennent poser le décor : un lit défait, une lumière de fin d’après-midi, un téléphone muet depuis trop longtemps. La production, minimaliste et atmosphérique, convoque les échos de Solange ou de Cleo Sol, avec cette manière si rare d’enrober la fragilité dans du satin au lieu de l’étouffer sous le vernis. Le beat, discret mais obstiné, donne juste assez d’élan pour que Jones flotte sans s’envoler. Et sa voix — myope, chaude, parfois fêlée — incarne cette tension entre maturité précoce et candeur blessée.
Mais ce qui frappe surtout, c’est le calme. Une sorte de lucidité douce, comme si Jones acceptait enfin de ne pas tout comprendre. Chaque phrase semble chercher sa place, comme on cherche l’équilibre à la lisière de l’âge adulte : là où l’on pense tout savoir, mais où tout vacille encore. Ce n’est pas une chanson qui explose : c’est une mèche lente qui s’enfonce sous la peau.
“Twenty” est ce genre de morceau qu’on écoute à minuit, le casque bien vissé, en fixant le plafond. Une chanson qui ne cherche pas le hit, mais qui frappe plus fort que beaucoup de refrains clinquants. Une confession feutrée pour toutes celles et ceux qui avancent, la peur au ventre et le cœur ouvert, vers cette décennie où l’on prétend devenir quelqu’un — sans savoir encore qui.
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juillet 27, 2025Ce n’est pas un morceau. C’est une odyssée infusée de sève, de soleil et de groove. “coming back” n’entre pas dans la pièce, il émerge comme une chaleur d’août qui glisse lentement sur la peau. Avec ce deuxième single estival, Gavrielle confirme ce que “Petals” avait déjà murmuré : elle est de ces artistes qui cultivent leurs chansons comme on cultive un jardin, à la main, au souffle, à la lumière.
Le morceau s’ouvre sur un ukulélé tendre, presque timide, et des bribes de nature domestique — ses oiseaux, sa voix nue, un coin de ciel californien capturé dans une note. Et puis, sans prévenir, le décor change. Les battements s’épaississent, les textures s’entrelacent. On glisse peu à peu vers quelque chose de cinématographique, de viscéral. Un saxophone s’allume au loin, la basse se cambre, les cuivres dessinent un horizon à la Quincy Jones et l’ombre dansante d’un Michael Jackson période Off The Wall s’invite à la table.
Mais ici, pas de nostalgie servile. “coming back” joue avec les codes du funk, du R&B et de la disco pour mieux les déplier. Le track s’étire sur cinq minutes comme une soirée qu’on refuse de voir finir. Chaque passage est une variation, une réinvention. Il y a cette montée langoureuse, cette fausse fin, ce fade-out feutré et virtuose — comme une descente d’escalier en talons, maîtrisée jusqu’à la dernière marche.
Ce n’est pas une chanson à consommer. C’est une chanson à vivre, à danser, à ressentir avec les pores. Une fête intime, en clair-obscur, qui pourrait bien devenir l’hymne de celles et ceux qui préfèrent l’ivresse élégante aux beats prémâchés.
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juillet 27, 2025Il y a dans THORN cette sensation rare d’entendre une pensée devenir son, comme si la musique avait décidé d’épouser la forme d’un frisson intérieur. C’est une chanson qui ne se dévoile pas, elle s’infiltre. Un souffle d’âme recouvert de velours synthétique, une prière murmurée à travers un miroir fissuré.
Leona Berlin ne compose pas, elle sculpte l’intime. Chaque note, chaque silence semble soulevé à la pince fine d’une introspection chirurgicale. La prod, à la frontière du néo-soul, de l’electronica éthérée et de la confession spoken word, évoque les laboratoires sonores de James Blake, les pulsations fantomatiques de FKA twigs, ou encore les vœux nocturnes de Frank Ocean quand il parle à demi-voix à ses fantômes.
Mais ce n’est pas une imitation. C’est une extension. Un territoire parallèle où les textures synthétiques dessinent des paysages mentaux, où l’on marche pieds nus sur des pétales piqués d’épines. L’élégance est là, toujours, mais jamais gratuite : tout est habité, creusé, tendu vers une seule chose — la vérité.
On entend l’empathie comme un poids, une charge qu’on porte dans le creux du dos, et l’on sent le besoin d’élever malgré tout. Cette douleur, Berlin ne l’expose pas comme une blessure, mais comme une matière première. Elle y puise de la force, pas de la pitié. Et c’est là que THORN touche juste : dans sa capacité à faire vibrer le fragile sans jamais le casser.
Le morceau s’inscrit dans le sillage d’un album à venir, ELEVATE, et tout dans sa construction le laisse entendre : c’est un pas avant l’ascension, un moment suspendu entre chute et élévation. Pas une plainte, mais une rémanence. Un fil de soie tendu entre la solitude et la lucidité.
Leona Berlin ne cherche pas à séduire. Elle s’adresse à ceux qui écoutent vraiment. À ceux qui savent que parfois, le plus grand courage, c’est de rester perméable. Et dans THORN, elle signe un manifeste de vulnérabilité digne des plus grands. Un morceau qui n’a pas besoin de crier pour rester en vous.
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juillet 22, 2025Il suffit de quelques secondes pour que la température monte. Un beat rond, des hi-hats qui crépitent comme des braises sous une grille, et une ligne mélodique qui se déploie comme une route ouverte en plein mois d’août. What I Want est une bouffée d’air chaud, un track pensé pour les barbecues, les virées nocturnes, les fenêtres ouvertes et les rires qui se perdent dans le vent.
Après quelques mois de silence, Sean Purnell revient avec un morceau qui refuse la gravité. Ici, pas de storytelling sombre ni de flows agressifs : l’autotune caresse chaque note, lisse les angles et transforme la voix en instrument moelleux, parfait pour se fondre dans les basses et les synthés cotonneux. On pense à Post Malone pour la nonchalance mélodique, à Ty Dolla $ign pour le groove ensoleillé, mais avec une signature plus épurée, presque minimaliste dans ses intentions.
La production mise sur la légèreté. Pas de drops tapageurs ni de gimmicks éreintants : juste un équilibre parfait entre basses chaudes, percussions effervescentes et nappes qui s’étirent comme un horizon sans fin. Le morceau se glisse sans effort dans une playlist estivale, mais il a aussi ce quelque chose de contemplatif qui le rend idéal pour les trajets en solo.
What I Want n’est pas seulement un comeback, c’est une réaffirmation. Sean Purnell y rappelle que la simplicité est parfois la plus grande des audaces : un morceau qui ne cherche pas à bouleverser les codes mais qui réussit, en trois minutes, à redonner le sourire. Et dans un été saturé de bangers interchangeables, c’est peut-être ce qu’on attendait le plus.
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juillet 21, 2025Dans la lumière bleutée d’un écran de téléphone, un message non envoyé clignote. Autour, la nuit respire au rythme d’un 808 qui vibre comme un pouls trop rapide. You Been On My Mind n’est pas une ballade classique. C’est un R&B vaporeux, imbibé de trap et de mélancolie numérique, un morceau qui se consume à la frontière du désir et du doute.
Dès les premières secondes, la voix de Yung Ikon flotte au-dessus des basses profondes et des hi-hats pointillés. Elle ne cherche pas à percer, elle enveloppe, comme un parfum persistant. Son timbre, éraillé et sensible, se mêle à une production minimaliste : synthés liquides, percussions étouffées, silences bien placés qui donnent autant de poids aux mots qu’aux non-dits.
On pense aux nappes moelleuses d’un Brent Faiyaz, aux atmosphères troubles d’un 6LACK, à cette école alt-R&B qui transforme les morceaux en chambres closes où chaque son devient une confession. Mais Yung Ikon y injecte une chaleur particulière, une urgence discrète qui évite la posture. Ce n’est pas du R&B qui se regarde dans le miroir, c’est un appel, un monologue fragile envoyé dans le vide.
You Been On My Mind oscille entre groove hypnotique et vulnérabilité assumée. Pas de refrains spectaculaires, pas de drops fracassants. Juste un flux continu, une boucle sonore qui berce et inquiète à la fois, comme ces pensées qui tournent en rond à 3 heures du matin.
Dans un paysage saturé de hits interchangeables, Yung Ikon livre ici un titre sincère, une pièce d’ambiance qui refuse le clinquant. Et dans ce refus de l’esbroufe se cache sa force : un morceau qui ne crie jamais mais qui reste, longtemps, dans la tête comme une phrase qu’on n’a pas osé prononcer.
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juillet 21, 2025Quelque part entre Port Harcourt et les collines d’Enugu, une voix s’est forgée dans la friction du monde et du sacré. Miracle Obianuju Moses, alias MOSES., ne chante pas : elle transmute. Dans son premier EP, Phoenix Rising, elle pose cinq balises sonores qui racontent une trajectoire de cendres, de feu et de renaissance. Une œuvre qui se tient à la croisée de l’Afrobeats, du Neo-Soul et d’une spiritualité viscérale, celle qui ne prêche pas mais qui brûle doucement sous la peau.
https://open.spotify.com/album/3PNaMwmxD3THY8oyc2Iukh
L’ouverture MOSES. sonne comme une déclaration d’existence. Une montée en puissance où gratitude, prophétie et street wisdom fusionnent. Les percussions frémissent comme une procession qui s’ouvre, les voix s’entrelacent dans une psalmodie sensuelle, et très vite, l’on comprend : il s’agit ici d’un appel, d’un ancrage, d’une élévation. MOSES. ne se contente pas d’écrire des chansons, elle érige des autels où la douleur se transforme en lumière.
Avec Highly Spiritual, elle joue la carte du flirt mystique. Une confession mi-taquine, mi-incendiaire où la sensualité se pare d’une confiance désarmante. Les textures Afro Neo-Soul se font moelleuses, presque liquides, idéales pour ces heures de nuit où le corps et l’esprit se confondent. MOSES. y manie la langue comme une arme tendre, entre pidgin, Igbo et poésie de ruelle.
Puis vient Incantations. Ici, la lumière vacille. Les rythmes se font plus âpres, la voix plus rugueuse, comme imbibée des ruelles d’Enugu et de leurs leçons de survie. C’est un chant de protection, une prière de guerrière urbaine qui avance, déterminée, sous un ciel lourd. Chaque ligne est une armure forgée à coups d’épreuves, chaque note un rappel : ne jamais laisser le monde éteindre son feu intérieur.
Avec Story O.M.L., MOSES. descend dans les abysses de sa mémoire. L’intensité y est à couper le souffle. Entre murmures et montées déchirantes, elle exhume les douleurs d’enfance, les répressions enfouies, les miracles qui l’ont maintenue debout. Ce titre est le cœur battant de l’EP, la plaie vive qui devient offrande. On y sent la poussière des villages, le silence des traumas, la douceur de la foi retrouvée.
Enfin, No Stress ferme la marche avec une sérénité presque inattendue. Après la tempête, le calme. C’est une ode au retrait, à l’art de choisir la paix et de dire non sans trembler. La production, subtile, enveloppe la voix dans des nappes chaudes d’Afrobeats feutré. Une respiration. Un manifeste discret pour la préservation de l’âme.
Phoenix Rising est un acte de courage autant qu’un objet sonore. MOSES. y livre un travail brut, sensible et stratifié où chaque rythme, chaque phrase est un fragment de résilience. Elle chante pour elle-même et pour tous ceux qui n’ont jamais trouvé les mots. C’est une naissance musicale qui brûle d’honnêteté, belle et inconfortable comme une vérité qu’on ne peut plus taire.
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juillet 21, 2025Il ne s’écoute pas d’une oreille distraite. Chapter I: If Love Coulda Saved You est un disque qui s’ouvre comme une plaie et qui se referme lentement, chanson après chanson. On le traverse comme une nuit d’insomnie dans la Bay Area, avec ce mélange d’air tiède et d’étreinte froide qui accompagne les souvenirs qu’on ne peut pas chasser.
Where You Been plante le décor : beats souples, voix feutrée, groove minimaliste qui palpite comme un cœur trop fragile. On y sent déjà cette obsession de Twodahh Bugg pour la sincérité brute, pour les arrangements épurés qui laissent la voix respirer. Rien n’est forcé, rien n’est crié, et c’est précisément ce qui frappe.
Sur 304 Flange, les basses se font plus épaisses, presque hypnotiques. C’est un morceau qui avance comme une marche lente dans une ruelle éclairée par des néons, un RnB hanté qui parle d’exclusion et de beauté malgré tout. Puis At The Wrong Time arrive comme un uppercut émotionnel, voix éraillée, nappes soyeuses, une production qui reste minimaliste mais trahit une précision chirurgicale dans l’équilibre des textures.
Lost in Yesterday est peut-être le cœur battant de l’album. La nostalgie y est assumée, luxuriante, avec des claviers vaporeux et des percussions discrètes qui évoquent les regrets murmurés au téléphone à 3 heures du matin. Vient ensuite Two AM, qui reprend ce thème de la nuit mais dans une ambiance plus moite, presque sensuelle, comme si la douleur pouvait se sublimer en désir.
It’s Complicated et Hunnit Bodies montrent un Twodahh Bugg plus incisif. Le premier explore les nœuds des relations modernes, tandis que le second surprend avec un beat plus marqué, flirtant avec le hip-hop sans jamais perdre la douceur du RnB qui irrigue l’album.
Not a Love Song est une respiration, presque une ironie, mais la mélancolie perce entre les lignes. Tears On My Pillow referme le cercle intime : la voix est au bord de la rupture, les synthés créent une chambre sonore où l’on a l’impression d’entendre quelqu’un chanter pour lui-même, pour ne pas sombrer.
Puis il y a Ciao!, hommage frontal au père disparu. La chanson, sobre, presque nue, est une lettre non envoyée. On y sent la perte, le poids de ce qui n’a pas été dit, et en même temps la gratitude. C’est une sortie de scène digne et bouleversante.
Avec Chapter I: If Love Coulda Saved You, Twodahh Bugg signe un album qui ressemble à un journal de bord écrit entre deux mondes : celui des vivants et celui des absents. Entre RnB, soul et touches pop, il bâtit une œuvre où chaque silence est aussi important que chaque mot. C’est un disque qui tend la main, pour que ceux qui l’écoutent sachent qu’ils ne sont pas seuls.
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juillet 17, 2025À la première écoute, Lonely donne l’impression d’une confession nocturne. Les nappes électroniques se posent comme une bruine sur une ville endormie, les beats sourds battent comme un cœur qui hésite entre fuite et abandon. Monro y dévoile une facette introspective, presque douloureuse, qui ferait croire à un hymne à la solitude. Mais très vite, quelque chose affleure : sous la mélancolie se cache un sourire en coin, une tension plus physique, plus charnelle.
C’est un morceau à double fond. Si l’on gratte la surface brumeuse, on découvre une énergie subtilement coquette, comme si l’isolement revendiqué n’était qu’un prétexte à tendre la main, à provoquer l’autre. Le mantra hypnotique qui ponctue le titre agit comme un aimant : impossible de ne pas s’y perdre, de ne pas y lire une invitation à combler ce vide suggéré.
La production est une réussite totale. Hantée et minimaliste, elle se construit sur des strates sonores qui se chevauchent comme des souvenirs flous, créant un écrin cinématographique pour la voix de Monro. Impossible de ne pas penser aux paysages sonores de James Blake, à la sensualité vaporeuse d’un Zayn ou à l’élégance feutrée de Wesley Joseph. Pourtant, Monro parvient à garder une singularité : une chaleur ténue qui transperce la froideur de l’arrangement, un battement humain qui refuse de disparaître.
Lonely est moins un cri de détresse qu’un piège délicat, tendu à celles et ceux qui croient avoir trouvé un refuge dans la distance. Ce n’est pas une chanson qui se contente de s’écouter : elle s’immisce, elle enveloppe, elle fait naître un manque. Monro signe ici une œuvre qui brouille les pistes, entre confession intime et pick-up line sous sédatif, et c’est précisément dans ce flou qu’elle trouve sa beauté.
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à une grande goulée d’air chaud, à une eau chlorée éclaboussant en plein midi, à un rire qui s’échappe sans retenue. Do The Thing de Jordan Corey est de cette trempe : un hymne hédoniste et bienveillant, taillé pour les étés où l’on danse pieds nus au bord d’une piscine et où chaque rayon de soleil semble un encouragement à oser plus.
Sur une production effervescente qui mêle grooves funky et pop radieuse, Corey chante le courage d’essayer. Pas le perfectionnisme, pas la performance, mais ce moment brut où l’on décide d’agir — de “faire la chose” — même sans filet. La voix, souple et souriante, flotte au-dessus d’un beat moelleux et d’arrangements qui sentent la citronnade et la crème solaire. C’est une ode à la vulnérabilité joyeuse : laisser tomber la peur de l’échec, parce qu’en vérité, “il n’y a pas d’échec”, seulement des détours qui ramènent toujours, d’une manière ou d’une autre, à soi.
Ce titre trouve sa puissance dans cette philosophie désarmante. Corey ne cherche pas à édifier un monument de sérieux : Do The Thing est une invitation à lâcher le contrôle, à se mouvoir, à rire de ses hésitations. On l’imagine déjà sur toutes les playlists de road trips, de garden-parties, ou sur repeat dans un casque quand il faut un petit coup de pouce pour passer à l’action.
Dans un monde obsédé par les résultats, Do The Thing remet la joie dans le processus. C’est une chanson-manifeste pour celles et ceux qui doutent, pour celles et ceux qui hésitent à plonger. Elle dit : on s’en fout de la perfection, fais-le, et fais-le avec amour. Parce qu’au fond, c’est la tentative qui compte, pas le tableau final.
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juillet 17, 2025Sous un soleil de plomb, Sun Baby brille comme un mirage sonore. Le nouveau single de JayWood, extrait de son futur album Leo Negro, semble naître à la croisée des époques : un trip psychédélique des années 60 propulsé dans l’esthétique douce-amère d’un R&B moderne et liquide.
Dès les premières notes, la production de JayWood enrobe l’auditeur d’une chaleur organique. Les nappes de mellotron évoquent les Beatles période Sgt. Pepper ou les songwriters baroques des 60’s, tandis que des échantillons symphoniques surgissent en contrepoint, comme des éclats de verre dans une lumière dorée. Mais très vite, cette nostalgie se fissure : le morceau glisse vers des syncopes plus chaotiques, des changements de rythmes inattendus, des mélodies qui se vrillent et se dédoublent. Cette dualité — la sérénité qui vacille vers l’orage intérieur — devient le cœur battant de Sun Baby.
JayWood, déjà reconnu pour sa capacité à naviguer entre les genres, confirme ici un virage plus ambitieux, presque cinématographique. Sur ce titre, les influences de Toro y Moi, Frank Ocean et Nick Hakim se font sentir : la sensualité cotonneuse, les harmonies en clair-obscur, et ce talent à mélanger douceur et urgence dans une même phrase musicale. Mais Sun Baby porte aussi une tension propre à Tyler The Creator — cette manière de rendre le chaos séduisant, presque nécessaire.
Avec Sun Baby, JayWood ne se contente pas de teaser Leo Negro, il en dévoile l’ADN : un disque qui promet d’explorer le désordre du cœur humain à travers des textures riches, des arrangements luxuriants et une écriture toujours plus affutée. C’est à la fois un hommage aux sons analogiques d’hier et un manifeste pour une soul futuriste, imprévisible et profondément émotive.
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juillet 17, 2025Il y a des chansons qui ne se contentent pas de raconter une histoire, elles sont le reflet d’un instant suspendu, d’une révélation intime capturée dans une mélodie. Sweeter, le nouveau single d’ASHY, en fait partie. Avec ce titre, la pop/R&B artist venue d’Aotearoa (Nouvelle-Zélande) s’entoure du rappeur de Nashville Jarrod Gipson pour tisser un dialogue à deux voix sur l’ouverture à soi et aux autres, même quand on doute de sa propre lumière.
Écrite lors d’un séjour à Nashville après SXSW Austin 2024, Sweeter est infusée de la moiteur des nuits du Tennessee et de l’énergie bienveillante des rencontres imprévues. ASHY y transpose une expérience très personnelle : celle d’une soirée où, malgré la fatigue et le manque de confiance, elle s’est laissée surprendre par l’attention et la connexion humaine. Cette vulnérabilité, elle la transforme en un groove chaud et soyeux qui évoque à la fois SZA et Kali Uchis, mais sans jamais perdre sa signature néo-zélandaise, cette sincérité presque candide qui traverse ses précédents singles (Ottoman, Gucci & Louis).
La production minimaliste, signée Aaron (via son “kiwi connect” Geoff), déploie une base R&B lascive ponctuée de synthés veloutés et d’une basse ronde qui fait pulser le morceau comme un cœur qui bat plus vite sous l’effet du désir. ASHY y pose une voix aérienne, d’abord fragile puis plus assurée, comme une fleur qui s’ouvre. À mi-chemin, Jarrod Gipson entre en scène, son flow velouté apportant la perspective masculine avec une élégance nonchalante qui complète parfaitement la sensualité d’ASHY. Ce jeu de call and response entre les deux artistes devient la clef de voûte du morceau, donnant à Sweeter un air de conversation murmurée à la nuit tombée.
Avec Sweeter, ASHY poursuit son ascension en s’aventurant pleinement dans ses influences R&B (Victoria Monét, Ariana Grande), sans renier ses racines pop. Après le succès de son premier EP Status (#1 en Nouvelle-Zélande) et des scènes internationales prestigieuses (SXSW, The Great Escape, Electric Avenue), elle confirme qu’elle est plus qu’une étoile montante : une auteure-compositrice capable de transformer les doutes et les petites victoires en hymnes universels.
Ce titre est une ode à l’audace d’aimer – soi-même, l’autre, la vie – même lorsque l’on se sent éteint. Car parfois, il suffit d’un sourire échangé ou d’une danse inattendue pour rallumer la flamme. Sweeter n’est pas seulement un titre : c’est un rappel que la douceur naît souvent là où l’on s’y attend le moins.
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juillet 17, 2025Parfois, un morceau ne se contente pas d’être une chanson : il devient un témoignage. Dans Your Love, Jake Knox raconte sans détour le vertige d’un retour à la vie. Après deux expériences de mort imminente et une rupture qui aurait pu tout consumer, le chanteur et producteur californien nous offre un hymne à la renaissance émotionnelle. Ici, la douleur passée n’est pas effacée, mais elle devient le terreau d’une flamme neuve.
La production, tout en élégance, porte la marque d’un R&B contemporain infusé de touches rétro soul et d’accents alt-pop. Les synthés, moelleux comme une caresse, se mêlent à une ligne de basse qui vibre comme un cœur amoureux. La voix de Knox, légèrement rauque, oscille entre fragilité et assurance, capturant cet instant unique où l’on se surprend à sourire à nouveau.
Puis vient Alexi Blue. Sa voix, pure et lumineuse, s’invite sur le second couplet comme un rayon de soleil traversant des rideaux fermés depuis trop longtemps. Son phrasé à la fois mélodique et incisif apporte un contrepoint parfait, transformant Your Love en véritable dialogue amoureux. C’est une alchimie qui fonctionne sans forcer, comme deux âmes qui se trouvent.
En filigrane, on sent le nouveau chapitre qui s’ouvre pour Jake Knox. L’artiste, qui a toujours dirigé ses clips et soigné son esthétique visuelle, annonce un virage pour cet album à venir : plus intimiste, plus sensuel, plus tourné vers des “vibes” taillées pour les cœurs qui battent la nuit. Il l’avoue lui-même : il rêve que ce morceau “trouve sa place dans les chambres et les cœurs du monde”. Et à l’écoute, il y a fort à parier que ce souhait se réalise.
Your Love n’est pas un simple slow jam : c’est une confession sur la résilience, un souffle chaud dans le creux d’un hiver intérieur. C’est le genre de morceau qui s’écoute la lumière éteinte, où chaque note semble vous chuchoter : « tu peux aimer encore ».
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juillet 11, 2025Avec “I’m Ready (Bare)”, Taquirah livre une performance à fleur de peau qui capte l’essence même de la néo-soul contemporaine. Sans fioritures, la chanteuse nous invite dans un espace d’intimité rare, où chaque note et chaque respiration semblent suspendues dans l’air. La production minimaliste — quelques accords de piano, des textures presque imperceptibles — laisse toute la place à sa voix, puissante et douce à la fois, pour explorer le désir d’ouverture, de renaissance, et cette peur douce-amère qui accompagne toujours le fait d’être “prête”.
Taquirah, auteure-compositrice au style déjà reconnaissable, puise ici dans la tradition des grandes voix soul tout en y insufflant une sensibilité moderne. Ses racines singer-songwriter transparaissent dans la sincérité de ses paroles et dans cette manière de poser sa voix comme une confession murmurée à l’oreille. “I’m Ready (Bare)” n’est pas qu’un morceau : c’est un moment suspendu, une caresse sonore qui invite à la réflexion et au lâcher-prise.
Parfait pour les playlists de fin de soirée, les moments de solitude assumée ou les longs trajets introspectifs, ce titre confirme que Taquirah est une artiste à suivre de près sur la scène neo-soul et R&B alternative. Elle réussit à transformer la simplicité en force, et le dépouillement en pure émotion.
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juillet 10, 2025Avec “Nobody Else”, Nellie Drené confirme son talent pour tisser des paysages sonores où la tendresse et l’audace cohabitent. Porté par une ligne de basse ronde et des accords soyeux au Rhodes, le morceau s’inscrit dans la meilleure tradition du neo-soul moderne, à la croisée des chemins entre SZA, Cleo Sol et l’élégance feutrée de Snoh Aalegra. Mais là où Nellie se distingue, c’est dans sa capacité à injecter des éléments d’alt-pop et d’indie R&B : des chœurs vaporeux, des synthés scintillants et un groove délicatement déséquilibré qui rend le morceau presque hypnotique.
Sa voix, douce mais résolue, glisse sur la production comme une confidence chuchotée à minuit. “Nobody Else” parle de cet espace fragile entre la solitude choisie et le besoin brûlant de connexion. L’écriture est minimaliste, chaque phrase pesée comme une caresse ou une blessure. Résultat : un titre qui semble suspendu dans le temps, fait pour les écouteurs sur une ligne de métro tardive, ou pour accompagner une pluie d’été qui tombe sur les vitres.
Nellie Drené n’essaie pas de crier son art, elle le susurre, et c’est peut-être pour ça qu’il résonne si fort.
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juillet 10, 2025Sur “COMPASS”, Jade Fields avance en équilibre entre mélancolie et groove, comme si Erykah Badu prenait un virage à la Saba. C’est un morceau de néo-soul qui se love dans des teintes hip-hop conscientes et des inflexions R&B, une confession douce-amère sur le terrain mouvant des relations humaines.
Dès les premières secondes, une ligne de basse veloutée et un beat feutré installent un climat introspectif. Les accords de Rhodes flottent comme un brouillard matinal tandis que la voix de Fields, légèrement éraillée et pleine de chaleur, navigue entre murmures et élans chantés. Sa plume est précise, évocatrice sans jamais trop en dire, traduisant l’incertitude universelle face à l’amour : « I wish I had a compass, tell me where to go and I’ll go. »
Cette métaphore du compas, à la fois simple et percutante, incarne l’essence du morceau. Il n’y a pas de carte pour le cœur des autres, juste des tentatives, des erreurs, des silences à combler. Fields réussit à transformer cette idée en un refrain qui s’insinue doucement dans l’esprit, comme une vérité qu’on connaissait déjà mais qu’il fallait entendre chanter.
La production reste minimaliste mais riche : des percussions organiques, des touches de guitare jazzy presque imperceptibles, et un sample vocal filtré qui tourne en arrière-plan comme une pensée obsédante. On y retrouve une esthétique DIY assumée qui renforce le caractère intime et brut de la chanson.
Avec “COMPASS”, Jade Fields ne réinvente pas les codes mais les agence avec une sincérité désarmante. C’est une chanson qui s’écoute en solitaire, casque vissé sur les oreilles, dans ces moments de flottement où l’on se demande si l’on avance ou si l’on tourne en rond. Elle nous rappelle que la recherche de l’autre est aussi un voyage vers soi.
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juillet 10, 2025Avec “Away”, Jo Jordan poursuit son ascension dans la sphère néo-soul et R&B contemporain, en livrant un morceau qui oscille entre vulnérabilité crue et sophistication soyeuse. La chanteuse, originaire de la scène underground qui fusionne jazz, gospel et R&B alternatif, signe ici une ballade éthérée où la voix devient confession, presque prière.
Dès les premières notes, une ligne de basse ronde et caressante accueille l’auditeur, bientôt rejointe par des claviers liquides et des percussions minimalistes qui battent comme un cœur en apesanteur. Jordan s’y déploie avec une maîtrise rare : un timbre chaud, parfois à la limite du murmure, capable de s’envoler dans des falsettos fragiles qui rappellent le raffinement de H.E.R ou la douceur onirique de Snoh Aalegra.
Le morceau parle d’évasion — physique, émotionnelle, spirituelle. Jo Jordan y explore ce désir universel de tout laisser derrière soi, d’effacer le bruit et les attentes pour retrouver un espace où l’on peut enfin respirer. Ce sentiment est amplifié par une production aérienne qui donne l’impression d’écouter la chanson à travers un voile de soie, comme si chaque note était suspendue dans le temps.
Là où certains artistes se contenteraient d’un classicisme néo-soul, Jordan ose des textures plus modernes : une batterie trap discrète, des synthés aux accents lo-fi et une reverb généreuse qui enveloppe le tout d’un halo introspectif. Cette hybridation confère à “Away” une qualité cinématographique, presque méditative.
Jo Jordan confirme ici sa capacité à créer des chansons qui ne se contentent pas d’être écoutées, mais qui se vivent comme des expériences sensorielles. “Away” n’est pas seulement une piste de plus dans une playlist R&B, c’est un moment suspendu, un souffle qui invite à ralentir et à se reconnecter à soi.
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juillet 10, 2025Avec Anyway, Blendi signe une ballade R&B aussi fragile qu’un souffle dans l’obscurité, où le trap-soul se mêle à des textures cinématiques pour habiller l’intimité d’une rupture qu’on n’a jamais vraiment voulu. La production est minimaliste et élégante : des nappes de synthés brumeuses, une rythmique tout en retenue, et ces harmonies vocales qui enveloppent l’auditeur comme une couverture trop légère pour protéger d’un froid intérieur.
Blendi y déverse une vulnérabilité à fleur de peau, entre murmures et éclats, laissant flotter ses mots comme des confessions de minuit. C’est doux, mais sans concession : un aveu que parfois aimer ne suffit pas pour rester, et qu’il faut savoir se détacher, même si chaque cellule de votre corps hurle le contraire.
Pour les fans de Coco Jones, de PARTYNEXTDOOR ou de la mélancolie assumée de SZA, Anyway sera un refuge. Ce n’est pas seulement une chanson, c’est une ambiance — celle d’un téléphone posé face contre table, d’un regard perdu au plafond, et d’un cœur qui apprend à battre seul. Blendi réussit à capturer l’espace entre la tendresse et la douleur, entre ce qu’on voulait dire et ce qu’on laisse enfoui.
Une masterclass de sobriété où chaque silence compte autant que chaque note.
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juillet 10, 2025Avec It’s Complicated, Ainjo tisse un morceau qui se savoure comme une lettre d’amour jamais envoyée. Entre néo-soul contemporaine et rétro soul des années 70, l’artiste déploie une sensibilité à fleur de peau et une élégance musicale qui résonne immédiatement. C’est un titre qui respire la douceur mais cache aussi une tension, celle des relations à la fois fragiles et complexes qui donnent leurs plus belles couleurs à la soul.
Les arrangements, d’une chaleur organique, s’appuient sur une section rythmique souple et groovy, une basse ronde qui se love sous des accords de Rhodes moelleux, et des lignes de guitare qui effleurent l’espace sonore comme des caresses. Le tout est enveloppé d’un subtil parfum vintage grâce à une production qui ne cède jamais à l’excès, préférant laisser l’espace aux silences et aux respirations.
La voix d’Ainjo, quant à elle, est un délice de retenue et de sincérité. Elle oscille entre la pureté cristalline d’une H.E.R. et la profondeur veloutée d’une Jill Scott, avec cette capacité rare à rendre chaque mot terriblement présent. Les harmonies vocales, travaillées comme des échos intérieurs, renforcent la sensation d’intimité, presque comme si l’auditeur était convié à une confession nocturne.
It’s Complicated porte bien son nom : c’est une chanson sur l’ambiguïté des sentiments, sur les allers-retours du cœur, sur ce fil tendu entre désir et peur de s’engager. Ainjo y trouve un équilibre parfait entre modernité et héritage soul, livrant un morceau à la fois intemporel et profondément ancré dans son époque. Le genre de titre qui donne envie d’éteindre les lumières, de laisser tourner le vinyle, et de se perdre dans ses propres souvenirs.
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juillet 10, 2025Dans WWD4LOVE, Brooke August ne cherche pas à faire du bruit. Elle préfère chuchoter ses vérités dans une atmosphère où le R&B contemporain flirte avec une pop alternative élégante, presque éthérée. La chanteuse, originaire d’un coin d’Amérique qui sent à la fois la nuit et la chaleur des lumières urbaines, tisse ici une ballade sensuelle et réfléchie, qui explore ce qu’on est prêt à sacrifier pour aimer et être aimé.
La production, minimaliste mais gorgée de détails, repose sur des claviers liquides, des basses qui vibrent en douceur et des percussions aériennes. C’est une texture qui rappelle la sensibilité de SZA ou de Snoh Aalegra, mais avec une approche encore plus intimiste, presque lo-fi par moments. Brooke laisse la mélodie respirer, créant des silences qui en disent parfois plus long que les mots.
Sa voix, tout en nuance, oscille entre fragilité et assurance. Elle effleure des refrains accrocheurs, sans jamais tomber dans le piège du spectaculaire. WWD4LOVE séduit par sa pudeur, par ce sentiment que chaque note est le fruit d’une réflexion nocturne, griffonnée dans un journal intime.
En à peine trois minutes, Brooke August réussit à condenser des émotions complexes : le désir, le doute, la peur de se perdre en voulant trop donner. Ce morceau n’est pas seulement une chanson, c’est une question laissée en suspens, un miroir tendu à celles et ceux qui ont déjà aimé jusqu’à l’excès.
Avec WWD4LOVE, Brooke confirme son statut d’artiste à suivre : une alchimiste des sons qui sait transformer les tourments du cœur en un écrin sonore doux-amer.
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juillet 9, 2025Dans le vaste paysage du hip-hop indépendant, peu d’artistes parviennent à faire transparaître autant de vulnérabilité et de foi dans leur travail que JAiMS. Avec Moonlight, le rappeur originaire de Sayreville, New Jersey, désormais basé dans le DMV (District of Columbia, Maryland, Virginia), signe un morceau qui n’est pas seulement une chanson, mais le fruit d’une bataille intérieure – un dialogue entre lui, ses rêves, et ce Dieu qu’il place toujours en premier.
L’histoire de Moonlight est profondément enracinée dans une année de doutes. Après plus de dix ans à écrire, enregistrer, investir du temps et de l’argent sans voir les résultats espérés, JAiMS s’est retrouvé au bord du précipice créatif. L’envie de tout arrêter le guettait. Mais ce moment de rupture est devenu un moment de prière, puis un tournant. Il a choisi de donner une dernière chance à sa musique. De ce renouveau est née Moonlight, un morceau qui capte l’essence même de ce qu’est poursuivre un rêve face à l’adversité.
Dès les premières notes, Moonlight enveloppe l’auditeur d’une douceur presque cinématographique. Les accords, légers comme une nuit d’été, servent de toile de fond à la voix de JAiMS, tour à tour apaisée et déterminée. Il y a dans sa cadence un mélange de mélancolie et d’espoir, comme une confession murmurée sous un ciel étoilé. Le refrain, aérien, porte ce sentiment universel d’essayer de trouver sa place dans un monde qui semble parfois nous laisser de côté.
Ce qui distingue JAiMS, c’est sa capacité à tisser des fils entre les moments de doute et les éclats de foi. Son style — un mélange de flows mélodiques, d’images introspectives et de production soul — ne cherche pas la flamboyance, mais la vérité. Il rappelle la vulnérabilité de Chance the Rapper dans Coloring Book ou la sensibilité de Logic dans ses premiers projets, tout en restant résolument ancré dans sa propre histoire.
Avec six projets déjà à son actif et un deuxième album complet, God or Nothing, en cours, JAiMS fait partie de cette génération d’artistes qui refusent de séparer l’art de la spiritualité. Pour lui, la musique n’est pas un simple exutoire : c’est une mission, un acte de foi. Le fait qu’il poursuive cette mission tout en gérant une carrière à temps plein dans le bâtiment témoigne d’une éthique de travail et d’un engagement rares dans l’industrie actuelle.
Moonlight n’est pas seulement une étape de plus dans sa discographie ; c’est une renaissance. C’est le son d’un artiste qui a frôlé l’abandon mais qui, au lieu de cela, a choisi de réaffirmer son appel. Chaque mesure, chaque mot porte la trace de ce combat intérieur et offre à l’auditeur une invitation à embrasser ses propres hauts et bas.
Dans une époque où le hip-hop est souvent associé à l’excès ou au cynisme, Moonlight apparaît comme un contrepoint apaisant et sincère. C’est un morceau pour les moments où l’on doute, pour les soirs solitaires, pour ces instants où l’on cherche la lumière dans l’obscurité. En fin de compte, JAiMS ne se contente pas de rapper : il raconte, il console, il inspire.
Et à l’écoute de Moonlight, une certitude se dégage : parfois, il suffit d’un seul pas sous la lumière de la lune pour se rappeler pourquoi on continue à avancer.
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juillet 9, 2025Il y a des morceaux qui, dès les premières notes, évoquent une soirée parfaite – le genre où les visages sont familiers, la musique s’écoule comme une évidence et chaque instant semble suspendu dans une douce euphorie. Avec So Much Sense, Gabzy signe un retour flamboyant et offre exactement cela : une immersion sonore dans la légèreté, l’énergie et la sensualité d’un moment où tout s’aligne. Aux côtés de Fireboy DML, l’une des figures les plus électriques de l’Afropop moderne, il tisse un hymne vibrant qui marque une rencontre attendue entre deux voix majeures de la scène afro-fusion.
Sorti via EMPIRE, So Much Sense est bien plus qu’un simple single d’été. Il incarne une certaine vision de l’afrofusion actuelle : des log-drums grondants, des synthés moelleux et une ligne de basse hypnotique, le tout soutenu par la production raffinée d’AoD et The Elements. La chanson semble flotter, invitant l’auditeur à lâcher prise. Gabzy déploie ses textures vocales suaves, naviguant entre mélancolie et sensualité avec une aisance désarmante, tandis que Fireboy vient y injecter sa signature : des phrasés au groove irrésistible, une voix au grain immédiatement reconnaissable, parfaitement à l’aise dans cette atmosphère cotonneuse et luxuriante.
La collaboration est d’autant plus percutante qu’elle émane de deux trajectoires profondément enracinées dans des expériences diasporiques. Gabzy, enfant de Peckham, a grandi dans un foyer nigérian avant de passer deux années formatrices à New York. Cette double culture se retrouve dans son approche de la musique : une hybridation fluide entre R&B, Alté, Afrobeats et soul américaine. Depuis Summers, son EP collaboratif avec Melvitto, jusqu’à son solo Malone, il a construit un univers sonore où l’intime se mêle à l’hymnique, et où chaque morceau sonne comme une confession chuchotée au cœur de la nuit. Sa capacité à transformer des émotions brutes en mélodies entêtantes lui a valu un public fidèle – 2,8 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify – et des salles londoniennes comme KOKO ou Somerset House sold-out en quelques minutes.
Face à lui, Fireboy DML apporte une autre forme d’assurance, celle d’un artiste qui a fait exploser les frontières du continent africain pour s’imposer comme une voix globale de l’Afropop. Depuis son premier album Laughter, Tears & Goosebumps en 2019, Fireboy n’a cessé de franchir les paliers : Apollo en 2020, puis le raz-de-marée Peru et sa version avec Ed Sheeran, qui a dominé les charts internationaux et cumulé plus de 500 millions de streams. Sa capacité à marier des textes introspectifs avec des productions audacieuses a confirmé son statut de “futur de l’Afrobeats”. Sur So Much Sense, il ne se contente pas d’être un invité : il complète et magnifie la vision de Gabzy, créant une véritable alchimie.
Il est rare de voir une collaboration où deux univers si distincts s’imbriquent avec autant de naturel. Le morceau dégage une chaleur organique, comme si les deux artistes avaient passé des nuits entières à jammer ensemble, à peaufiner chaque détail. Pourtant, le titre a été enregistré entre East London et Lagos, prouvant une fois de plus que l’afrofusion est une affaire transcontinentale.
Avec So Much Sense, Gabzy confirme sa capacité à évoluer tout en restant fidèle à son essence afro-influencée. Ce single arrive à un moment clé de sa carrière, alors qu’il s’apprête à enflammer Afronation et à lancer une tournée qui le mènera à travers l’Ouganda, la Zambie, le Kenya, l’Europe et l’Amérique du Nord – des dates dont plusieurs sont déjà sold-out, notamment deux shows à The Roundhouse à Londres.
Ce titre n’est pas seulement une ode à l’instant présent. C’est aussi un rappel que malgré les turbulences culturelles et sociales, la musique peut encore être un lieu de communion, de joie et d’espérance. So Much Sense a la légèreté d’une soirée d’été et la profondeur d’une confession, un équilibre rare qui témoigne de la maturité artistique des deux chanteurs. Gabzy et Fireboy DML nous offrent ici une bande-son pour les nuits d’insomnie comme pour les dancefloors à ciel ouvert.
Ce qui commence comme une escapade sonore se termine en une douce invitation : à relâcher nos défenses, à vivre pleinement, et à se rappeler que parfois, la simplicité d’un groove bien senti peut suffire à réparer un monde trop complexe.
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juillet 9, 2025Exodus Murphy ne cherche pas à impressionner. Il ne court pas après des refrains calibrés pour TikTok ni des productions clinquantes qui claquent comme des néons. Avec Memories, il prend le chemin inverse : celui de la sincérité brute, celui d’un R&B à visage humain qui respire la douleur, la tendresse et l’espoir.
Écrit en une heure pendant la pandémie, le morceau sonne comme une prière captée au bord de l’épuisement. Le jeune artiste, originaire de Pennsylvanie et désormais basé en Caroline du Nord, a grandi dans les bancs d’église, façonné par les harmonies d’une chorale gospel. Cette empreinte spirituelle traverse chaque seconde de Memories, comme un fil conducteur entre l’enfance et l’adulte marqué par les désillusions. Mais ici, la foi ne s’exprime pas dans le dogme : elle réside dans la capacité de la musique à transformer des blessures personnelles en un espace de partage universel.
La production minimaliste – quelques accords de clavier éthérés, une ligne de basse qui bat comme un cœur inquiet, des percussions discrètes – laisse toute la place à la voix d’Exodus. Son timbre légèrement éraillé, vibrant de fragilité, rappelle les grandes heures du neo-soul à la D’Angelo ou Maxwell. Mais il y a aussi une proximité dans son interprétation, une manière de s’adresser directement à l’auditeur, qui évoque Giveon ou Sampha. Chaque syllabe semble arrachée à la poitrine, et l’on devine le poids des souvenirs qu’il exhume : l’amour perdu, la solitude, l’espoir qui renaît timidement.
Memories est un titre sur la résilience. On y entend la douleur de la perte, mais aussi la possibilité d’un après, d’un pardon, d’une reconstruction. Murphy ne s’embarrasse pas de fioritures : il préfère la vérité d’un enregistrement fait maison, un micro entre les mains et le cœur en vrac. Cela donne un morceau imparfait dans sa texture – mais c’est cette imperfection qui lui confère son humanité.
Dans un paysage R&B saturé de productions léchées et d’émotions aseptisées, Memories est une respiration. Exodus Murphy y propose une alternative : un retour à l’essence du soul, où l’on ose se montrer vulnérable, où chaque note devient un pas vers la guérison. C’est une entrée en matière prometteuse pour un artiste qui ne joue pas un rôle, mais qui raconte une histoire – la sienne, la nôtre.
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juillet 9, 2025Imagine un instant : une ville plongée dans une lumière bleutée de fin de soirée, le métro file comme une pulsation cardiaque, et dans tes écouteurs Scroll Fatal d’Electrance tourne en boucle. Ce n’est pas seulement une chanson, c’est une expérience : le parfum suave d’un R&B contemporain, caressé par des synthés éthérés, qui capture l’intimité et la perdition dans un monde obsédé par l’écran.
Derrière ce titre se cache un constat acide mais terriblement sensuel : nos relations deviennent des flux de notifications, des scrolls sans fin où le désir se dilue. Electrance joue de cette tension avec une production à la fois minimaliste et charnelle. Les basses sont profondes, presque organiques, les beats claquent comme des doigts sur une peau, et des nappes électroniques enveloppent le tout d’une brume hypnotique. C’est à la croisée d’un Frank Ocean en mode french touch et de l’élégance sombre d’un The Weeknd époque Trilogy.
Mais là où Scroll Fatal frappe, c’est dans sa capacité à être à la fois critique et immersif. On s’y perd volontairement, comme on le fait sur les réseaux, piégé dans une boucle où les likes et les DM remplacent les battements d’un cœur réel. Electrance semble murmurer à l’oreille : “regarde-moi, pas ton écran”.
Ce titre est une démonstration de force pour la scène R&B française encore en quête d’icônes. Avec Scroll Fatal, Electrance ne propose pas seulement un banger nocturne ; il tend un miroir à notre époque et transforme le doomscrolling en un geste de séduction.
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juillet 9, 2025Il y a des morceaux qui sentent la rupture avant même la première note, qui suintent l’absence comme une chambre où flottent encore des t-shirts oubliés. Come Back de Babé Sila fait partie de ceux-là, mais au lieu d’exploser en lamentations, il s’installe doucement, avec cette pudeur désarmante des blessures qu’on n’a pas encore osé gratter.
Babé Sila ne cherche pas à plaire ici, elle se livre. Ce n’est pas une ballade amoureuse générique, c’est une autopsie de son propre cœur. Le titre se nourrit d’une idée presque délirante : « s’il est partout autour de moi, alors il n’est jamais vraiment parti ». Comme une main tendue dans le vide, un mantra pour ne pas sombrer, un jeu d’esprit pour retenir les fantômes. Et puis, au fil du morceau, ce déni se fissure. La voix se fait plus urgente, presque une supplique : please come back to me. La mélancolie devient prière.
La production, tout en retenue, est une bulle de néo-soul minimaliste. Un groove discret, des nappes cotonneuses, des beats qui laissent respirer la voix – Babé Sila est ici au centre, nue dans sa fragilité. On pense à Jorja Smith pour la vulnérabilité, à Cleo Sol pour cette lumière douce qui traverse même les textes les plus sombres. Mais il y a chez Sila un accent presque journal intime qui rend le tout encore plus brut, plus vrai. Les références, avoue-t-elle, ne parleront qu’à elle et cet ancien amour. Mais paradoxalement, c’est ce qui donne à Come Back une force universelle. Chacun y retrouvera ses propres échos, ses propres absences.
Dans un EP où chaque piste semble être un polaroïd d’émotions passées, Come Back est celle qu’on garde pliée dans un portefeuille, un talisman contre l’oubli. C’est un titre qui ne cherche pas à guérir la douleur, mais à lui donner une forme, à l’apprivoiser. Et c’est peut-être ça, la vraie beauté.
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juillet 9, 2025Il y a des morceaux qui frappent comme une révélation nocturne, entre le souffle d’un groove et la brûlure d’une confession. Le remix de “Crashing & Burning” par Koyla porte la signature de ces instants suspendus où tout semble s’effondrer, mais où le vertige devient paradoxalement un point d’ancrage. Ici, la voix de David Morin, déjà familière pour sa chaleur néo-soul, s’enveloppe d’un halo électronique plus dense et texturé. Les lignes de basse profondes grondent comme des vagues souterraines, tandis que les synthés, parfois caressants, parfois tranchants, dessinent un paysage sonore qui oscille entre apaisement et chaos.
Koyla ne trahit pas l’essence du titre original : il l’amplifie. Là où “Crashing & Burning” se contentait de parler de perte de contrôle, ce remix vous y plonge tête la première. On pense à James Blake pour la vulnérabilité assumée, à D’Angelo pour l’intensité organique, mais aussi à ces hybridations soul/electronica qui habitent les projets de Moses Sumney ou Jordan Rakei. C’est un morceau qui colle à la peau, qui se vit comme une confession à huis clos, où la douleur devient étrangement belle.
Dans un monde qui valorise l’assurance permanente, Morin ose montrer les fissures. Et c’est précisément dans ces brisures que le titre trouve sa force : une main tendue vers celles et ceux qui vacillent. Un remix qui ne se contente pas de faire bouger les corps – il touche là où ça fait mal, là où ça guérit aussi.
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juillet 9, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de séduire l’oreille. Ils vous attrapent par la nuque et vous invitent à vous perdre dans une bulle suspendue, un espace-temps où le monde extérieur n’a plus d’importance. “Daydream” de Jabriel est exactement cela : un écrin de néo-soul rêveuse et de R&B alternatif aux contours soyeux, où la nostalgie rencontre la sensualité contemporaine.
Sur ce titre, Jabriel déploie toute la richesse de sa palette vocale – ce timbre légèrement rauque, comme patiné par les émotions, qui évoque un croisement entre D’Angelo et Daniel Caesar. La production, elle, convoque des échos de Marvin Gaye et de Leon Bridges, avec ses accords de guitare feutrés, ses lignes de basse chaudes et cette batterie discrète mais irrésistiblement groovy qui vous fait hocher la tête sans même vous en rendre compte.
“Daydream” raconte cet état de flottement où l’on idéalise l’amour, où l’on se laisse emporter par le fantasme d’une connexion parfaite. Mais sous la douceur se cache une écriture nuancée, témoin d’un artiste qui a appris à transformer ses épreuves personnelles en art universel. Après des années passées à écrire pour d’autres (Omarion, Tiffany Evans) et à ouvrir pour des légendes comme Keith Sweat, Jabriel semble avoir trouvé sa propre voix : celle d’un crooner moderne qui redonne ses lettres de noblesse à la soul avec une sensibilité résolument actuelle.
On tient peut-être ici l’un des futurs grands noms du R&B alternatif des Carolinas. Et si “Daydream” n’était que le prélude à un éveil artistique beaucoup plus vaste ?
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juillet 9, 2025Imaginez une jam session sous le soleil couchant où un Afroman hilare, un Edo. G au flow affûté, et Roots of Creation balancent riffs acoustiques et 808’s comme des cocktails tropicaux. C’est exactement ce que propose “Ride or Die Chick (Remix)”, un hymne mi-loyaliste mi-déglingué qui célèbre l’amour version stoner, les tentations et les liens indestructibles.
Sur une production soyeuse signée Nox Beatz (déjà derrière Joyner Lucas et Eminem), les lignes de guitare acoustique se mêlent à des basses rondes et des beats dansants qui flirtent avec le reggae-dancehall et un pop-rap chill. Les harmonies aériennes de Greg Shields (Kash’d Out) ajoutent une douceur qui contraste avec l’humour volontairement potache d’Afroman et la gravité d’Edo. G.
Afroman ramène l’énergie absurde et décontractée qui l’a rendu culte (“Because I Got High” n’est jamais loin), tandis qu’Edo. G insuffle des couplets au storytelling plus conscient, qui viennent ancrer le morceau dans une vibe East Coast plus dense. Ensemble, ils créent un pont générationnel et géographique inattendu, entre weed culture, sensualité solaire et réflexions sur la loyauté.
Roots of Creation réussit à transformer ce remix en un ovni musical : reggae, pop-country et boom bap s’y croisent avec naturel. Résultat ? Un titre qui s’écoute aussi bien en road trip fenêtres ouvertes qu’au fond d’un hamac, bière en main et fumée dans l’air.
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juillet 9, 2025C’est le genre de rework qui ne sonne pas comme un simple remix, mais comme une renaissance. Avec Ever Since You Said I’m Leaving , Monro revisite son propre titre et le propulse dans une autre dimension : celle d’un indie R&B gorgé d’électronica, flirtant avec le glitch hop et taillé pour devenir un summer bop.
Dès l’intro, on sent le virage. Là où l’original se lovait dans une mélancolie délicate, la version ose la rupture esthétique : synthés liquides qui se déforment comme des souvenirs flous, percussions claquantes aux accents breakbeat et basses qui grondent à la frontière du dancefloor. Le chant, traité avec une subtile distorsion, flotte au-dessus de ce patchwork sonore comme une confession cybernétique. Monro transforme la douleur de l’abandon en énergie cinétique, presque euphorique.
Multi-instrumentiste et producteur insaisissable, l’artiste puise dans un spectre musical vaste – du hip-hop à l’électronica en passant par le R&B alternatif – et en fait une signature sonore impossible à étiqueter. Ici, on devine des échos de James Blake, des textures proches de Flume, et cette vibe introspective qui rappelle les premiers travaux de FKA Twigs.
Mais là où Monro surprend, c’est dans sa capacité à insuffler de la chaleur humaine dans une production résolument digitale. Ever Since You Said I’m Leaving n’est pas qu’un morceau à écouter en soirée d’été : c’est un compagnon pour ces moments suspendus entre nostalgie et libération, quand l’envie de danser se mêle à celle de tout oublier.
Monro signe ici l’un de ses travaux les plus aboutis, prouvant qu’il n’est pas seulement un faiseur de beats mais un sculpteur d’émotions. Ce remix pourrait bien supplanter l’original et s’imposer comme la bande-son de vos nuits les plus électriques.
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juillet 9, 2025Dès les premières notes, Are You Gonna Ride Or Die dégage ce magnétisme typique des classiques R&B des années 2000, remis au goût du jour par une production moderne où les synthés vaporeux flirtent avec des basses charnues. Author Bryant y injecte une tension émotionnelle qui transcende le simple banger de fin de soirée : c’est une déclaration, une mise à nu, une question brûlante lancée dans la nuit.
Avec une voix aussi douce qu’elle est assurée, Bryant joue les équilibristes entre le chant soulful et des passages rap plus tranchants, rappelant les influences de Bryson Tiller et PARTYNEXTDOOR tout en laissant entrevoir une touche de vulnérabilité digne de Giveon. L’écriture, à la fois directe et poétique, dépeint une relation en suspens où la loyauté est mise à l’épreuve. On retrouve dans chaque ligne l’urgence des moments où tout peut basculer : rester ou partir, s’accrocher ou lâcher prise.
La production, elle, se fait sensuelle et minimaliste. Les percussions syncopées, les nappes de synthé éthérées et les sub-basses profondes construisent une atmosphère moite, presque cinématographique. Le morceau semble fait pour accompagner les néons d’une ville endormie, les conversations à voix basse et les silences lourds de sens.
Mais ce qui rend Are You Gonna Ride Or Die si captivant, c’est la manière dont Bryant réussit à capter l’intimité tout en gardant une énergie de club discrète. C’est un morceau qui se danse autant qu’il se vit, parfait pour une playlist « late-night drive » ou ce moment où la fête s’estompe et que les vraies conversations commencent.
Dans un paysage où le R&B flirte constamment avec le trap et le pop-rap, Author Bryant signe une proposition sincère et racée. Une ballade moderne où le cœur et le flow se livrent bataille, et où la question du titre devient un écho qui résonne longtemps après la dernière note.
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juillet 9, 2025Il suffit de quelques secondes pour comprendre où veut nous emmener AY01 avec NewBestFriend : un endroit où le soleil ne se couche jamais vraiment, où les refrains collent au cœur et où les rythmes afropop se mêlent à des touches hip-hop ultra contemporaines. Né de cette rencontre entre la légèreté des productions afrobeats et la lucidité d’un flow rap presque confessionnel, NewBestFriend est un hymne à la renaissance émotionnelle, au lâcher-prise et à ces amitiés qui guérissent plus que l’amour.
Sur une production soyeuse qui oscille entre percussions dansantes et basses rondes, AY01 déroule une mélodie vocale qui rappelle à la fois la douceur de Fireboy DML et l’assurance de Blaqbonez. Chaque couplet est une célébration de la vie après le chaos, une main tendue vers le futur. Ici, l’afrofusion devient un espace de réinvention, un terrain de jeu pour les influences : afrobeat nigérian, hip-hop sud-africain, touches de dancehall caribéen. Le tout enveloppé dans une production cristalline qui donne autant envie de danser en soirée que de rouler seul sous les étoiles.
Mais NewBestFriend est plus qu’un simple banger estival. C’est un manifeste pour ceux qui reconstruisent leur cercle intime, qui apprennent à se choisir, à tourner la page avec grâce. “This isn’t about love, this is about freedom” semble susurrer AY01 entre les lignes, et c’est cette sincérité qui rend le morceau si magnétique.
Dans une scène afrofusion de plus en plus saturée, AY01 se démarque en injectant une dose d’intimité et d’authenticité. NewBestFriend est le genre de morceau qui se glisse dans tes playlists sans prévenir… et refuse d’en sortir.
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juillet 9, 2025Dans le clair-obscur de Prevail, LA NUCCI tisse un fil entre la douleur et la guérison. Plus qu’un simple morceau, c’est une incantation moderne, une confession intime servie sur une production douce-amère où se mêlent nappes néo-soul, percussions caressantes et basses qui vibrent au creux de la poitrine.
Le morceau s’ouvre comme une respiration, un espace suspendu où piano velouté et accords jazzy semblent flotter dans l’air, avant qu’un beat à la fois fragile et organique ne vienne ancrer le tout. LA NUCCI pose sa voix avec une élégance brute : entre spoken word et mélodie, il navigue dans les blessures ouvertes, celles qu’on porte en silence quand le monde nous regarde comme si rien n’était brisé.
Prevail parle de survie. Celle qui n’a rien de glorieux, qui se joue dans les détails – un regard, une étreinte, un matin où l’on choisit de rester debout. LA NUCCI ne cherche pas à être flamboyant ; il est sincère, vulnérable, presque chuchotant par moments, puis montant en puissance pour offrir un refrain qui caresse autant qu’il libère.
À la croisée d’un Anderson .Paak et d’un Snoh Aalegra, LA NUCCI signe ici une soul urbaine qui réchauffe et secoue à la fois. Un titre fait pour les trajets nocturnes, les amours compliqués, et les cœurs en reconstruction. Avec Prevail, il ne s’agit plus seulement de survivre, mais d’apprendre à se réinventer.
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juillet 1, 2025Il y a des morceaux qui s’imposent doucement, comme un feu de cheminée dans une maison trop froide. Ten Feet Tall de Cosima Olu en fait partie. Un titre à l’élégance calme, mais au souffle puissant. Une déclaration d’identité posée avec douceur, comme une main ferme mais bienveillante sur l’épaule.
Sur une instrumentation néo-soul teintée de volutes jazz, Cosima ne crie rien. Elle suggère, elle insuffle. Sa voix, souple et ronde comme du velours humidifié, se déploie avec une sérénité rare, comme si chaque note portait le poids apaisé d’un chemin déjà parcouru. Pas de démonstration. Juste une certitude tranquille : je suis là, et c’est assez.
La production — qu’elle signe elle-même — est fine comme un fil d’or. Des accords de Rhodes qui se baladent à contre-temps, des lignes de basse paresseuses mais profondes, une batterie qui swingue en sourdine. On sent la maîtrise, mais surtout le refus de la surenchère. Cosima ne cherche pas à briller, elle cherche à exister pleinement.
Dans Ten Feet Tall, il est autant question de racines que d’élan. C’est une chanson qui pousse depuis le sol jusqu’à la lumière, portée par une foi intime : celle de ne plus avoir à se rapetisser pour être aimée, acceptée, ou simplement entendue. Et en cela, le titre s’annonce comme l’une des pierres angulaires de son prochain album In Between, prévu pour l’automne. Un album qu’on devine déjà comme un manifeste doux, mais vital, pour les âmes discrètes qui refusent de se faire petites.
Cosima Olu ne cherche pas la hype. Elle cherche juste la justesse. Et c’est sans doute pour ça qu’elle frappe si fort.
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juillet 1, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à convaincre, encore moins à séduire. Ils existent, posés là, intègres et intimes, avec cette aura tranquille qui ne fait pas de bruit mais s’impose comme une évidence. Bitch I’m Alright de YAWNYBLEW, amir. et Alibi Music fait exactement ça : c’est une déclaration post-tempête, un R&B alternative à fleur de peau qui se tient droit sans avoir besoin de crier.
Ressuscité de la compile Bouncy ‘n’ Pretty sur le très personnel Yawny & Friends Vol. 1, le morceau revient avec la force d’un mantra que le temps n’a pas affaibli. Ce n’est pas une renaissance, c’est une continuité. Une respiration longue, profonde, après avoir trop longtemps retenu l’air. Une façon de dire : je suis toujours là, et c’est déjà énorme.
Lo-fi précis, guitare qui traîne comme un souvenir encore tiède, beat feutré mais jamais fade : la prod est épurée, mais chaque son semble pesé avec la grâce d’un geste chorégraphié. C’est beau sans ostentation, doux sans mièvrerie.
Puis il y a amir., qui entre sans fracas mais laisse des traces. Son couplet est d’une justesse désarmante : pas de posture, juste des phrases qui tombent comme des certitudes calmes. Ensemble, les deux voix racontent une forme de résilience non spectaculaire, celle du quotidien, de la survie émotionnelle élégante.
Le timing de cette réédition n’est pas anodin : Pride, Black Music Month… Bitch I’m Alright incarne à merveille ces instants où identité et vérité se conjuguent sans concession. Ce n’est pas un hymne, c’est mieux : c’est un espace de répit, de beauté discrète, un groove pour panser sans maquiller.
Et si être “alright”, c’était précisément refuser de se définir autrement que par sa propre paix ?
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juillet 1, 2025Il suffit de quelques secondes pour sentir que Make You Say ne cherche pas à impressionner. Elle vous enveloppe. Comme une brume chaude à la sortie d’un rêve ou une caresse qu’on pensait oubliée. Alexie, avec sa voix satinée et affirmée, fait renaître le souffle des années 90 et 2000 sans jamais verser dans la nostalgie creuse. Elle ne copie pas Aaliyah ou Sade — elle les convoque, les infuse, pour mieux affirmer son propre style, entre tendresse désarmante et désir maîtrisé.
Le morceau est une slow jam assumée, un mid-tempo baigné de reverb et de minimalisme digital, porté par une ligne de basse ronde et des claviers liquides qui glissent sous la peau. Mais c’est la voix d’Alexie, surtout, qui suspend le temps. Non pas parce qu’elle en fait trop, mais parce qu’elle sait précisément où poser chaque mot, chaque soupir, chaque intention. Elle ne séduit pas : elle magnétise.
Il y a dans Make You Say quelque chose de très personnel, presque thérapeutique. Une douceur entêtante, un appel au lâcher-prise, mais aussi un rappel que le pouvoir peut être chuchoté. Alexie ne parle pas d’amour comme d’un feu incontrôlable, mais comme d’une danse lente où chaque geste compte. C’est sensuel, oui — mais jamais gratuit. C’est précis, ciselé, écrit et produit avec la sobriété élégante de celles qui n’ont rien à prouver, juste quelque chose à transmettre.
Avec ce titre, Alexie ne court pas après les tendances. Elle les devance, tranquillement, en peaufinant une signature sonore où la complexité des émotions s’exprime dans la simplicité des formes. Make You Say est ce genre de morceau qu’on garde en boucle, non pas parce qu’il explose, mais parce qu’il enveloppe — et qu’on s’y sent bien.
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juillet 1, 2025Il y a des titres qui sonnent comme des confessions, et puis il y a Algorithm, une chanson qui ressemble à un virus doux glissé dans la matrice de notre époque. Avec ce morceau, KJ.exe ne chante pas seulement une émotion : il l’encode, la fragmente, la transmet comme une suite de pulsations binaires mêlées à une sensualité presque clandestine. On entre ici dans une R&B digitale, désincarnée juste ce qu’il faut, où l’on devine des battements humains derrière le vernis synthétique.
Tout, dans Algorithm, semble évoquer cette tension entre organique et mécanique. Les nappes de synthés flottent comme des vapeurs de bitume au crépuscule, tandis que les drums claquent en cadence, réglés au millimètre près comme un cœur qui aurait appris à battre selon un programme. La voix de KJ.exe, suave mais retenue, joue le funambule entre proximité et abstraction, entre caresse et écho — elle nous parle, mais comme à travers un miroir sans tain.
Ce n’est pas un slow, ce n’est pas un banger. C’est une incantation pour celles et ceux qui aiment à la vitesse des flux, qui scrollent leurs sentiments sur des timelines silencieuses. Le morceau ne s’écoute pas, il s’absorbe. Il laisse des traces comme un cookie émotionnel, une empreinte digitale sur l’écran noir de nos désirs connectés.
KJ.exe, derrière ce pseudonyme à la froideur volontaire, façonne un univers où les sentiments s’expriment en latence, où les affects prennent la forme d’algorithmes imparfaits. Une chanson comme un bug amoureux dans le système. Une déclaration d’errance affective post-cloud. Et peut-être bien un futur classique pour nos amours en ligne de code.
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juillet 1, 2025Il y a des morceaux qui dansent, et d’autres qui ondulent. Wanna See, le nouveau single de Sandra Rose, est de ceux-là. Ça glisse, ça chuchote, ça chauffe sans jamais brûler. C’est une invitation cambrée, une démonstration sensuelle de pouvoir dans un écrin dancehall-pop qui mêle avec une finesse rare l’attitude jamaïcaine et le glamour de la pop la plus soyeuse.
Issue de St. Ann, cœur battant du reggae et terre natale des légendes, Sandra Rose n’a pas choisi la facilité. Là où beaucoup se contenteraient d’imiter les codes de genre, elle les tord avec grâce. Sur Wanna See, elle infuse chaque ligne d’un magnétisme tranquille — pas de surjeu, pas d’excès. Juste cette manière d’être là, de faire de la présence une arme douce et tranchante.
La production, subtilement tropicale, s’appuie sur un beat moelleux mais précis, tout en syncopes retenues et basses bien placées. Chaque élément semble calibré pour faire monter la température sans jamais la faire exploser. Pas de surenchère, seulement une montée lente et maîtrisée du désir — une tension quasi cinématographique, comme si Sade avait croisé Jorja Smith dans un club de Kingston.
Mais le plus remarquable, c’est cette manière qu’a Sandra Rose d’habiter sa voix. Ni posture ni distance, juste une souveraineté naturelle, une assurance nue qui transforme un morceau calibré pour les nuits moites en manifeste de sensualité contrôlée. Elle ne chante pas pour plaire, elle chante pour se faire voir — et ce regard-là, on n’est pas près de l’oublier.
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juillet 1, 2025Il y a chez Brandon Mitchell une rare capacité à conjuguer le corps et la voix, le rythme du mouvement et celui du cœur. D’abord repéré comme danseur virtuose sur So You Think You Can Dance ou dans Step Up Revolution, c’est aujourd’hui dans la musique qu’il déploie sa sincérité la plus vibrante. Avec Untitled Love, morceau intime et lumineux partagé avec Irv Da PHENOM, Mitchell prouve que sa force réside autant dans la souplesse de ses pas que dans la profondeur de ses mots.
Untitled Love n’est pas une simple ballade romantique. C’est un témoignage, une confession en forme de mantra néo-soul trempée dans le R&B contemporain. La production, à la fois soyeuse et dépouillée, laisse place à l’émotion brute : nappes chaudes, groove subtil, un refrain qui enveloppe, et cette alternance chant/rap qui creuse le relief du morceau.
Brandon chante ici l’amour comme une matière vivante, mouvante — non idéalisée, mais habitée, pleine de doutes et de lumière. Irv Da PHENOM entre comme un contrepoint juste, son flow précis et doux amenant une intensité supplémentaire sans casser l’équilibre du morceau. Il y a dans cette collaboration quelque chose d’évident, presque organique.
Ce qui frappe, c’est à quel point l’artiste semble ne jamais tricher. Qu’il s’agisse de sa musique, de sa carrière d’acteur (Insecure, The Rookie, Blindspotting, entre autres), ou de son engagement philanthropique, Mitchell incarne un idéal : celui d’un art total, traversé par la gratitude, la foi, et l’expérience.
Untitled Love est la bande-son d’un cœur qui s’ouvre sans masque. Un morceau à écouter au lever du jour ou dans le calme d’un trajet nocturne — quand on a besoin d’une voix qui murmure, avec douceur mais fermeté, que l’amour mérite toujours d’être vécu pleinement.
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juillet 1, 2025Et si, au lieu de courir après des affirmations brandies comme des slogans vides, on choisissait simplement d’écouter ? Savorie, nouvelle voix venue de New York, propose avec Flows to Me un éveil tout en douceur, mais sans mollesse : une méditation chantée, produite avec soin, qui agit comme un rituel intime. Une chanson pour se reconnecter à soi dès les premières lumières du jour, avant que le chaos ne frappe à la porte.
Flows to Me est une caresse néo-soul, aux inflexions R&B contemporaines, où la voix de Savorie se fait à la fois confidentielle et souveraine. Elle plane au-dessus d’une instrumentation minimaliste et feutrée, construite autour de textures MIDI qui évoquent les années 80 sans jamais tomber dans le pastiche. C’est épuré, élégant, mais jamais aseptisé : une palette chaleureuse, dans laquelle l’électronique sert l’émotion sans la figer.
Ce qui rend cette chanson si singulière, c’est son intention. Elle ne cherche pas à impressionner — elle propose. Elle offre un souffle à celles et ceux qui se lèvent, parfois fragiles, parfois éteints, et qui ont besoin d’un rappel : tu es légitime, ta créativité est une offrande, pas une marchandise. Il y a dans cette proposition quelque chose d’à la fois mystique et profondément pragmatique : un “Get Ready With Me” spirituel, à écouter entre une gorgée de café et un regard dans le miroir.
Savorie, avec ce premier morceau, fait preuve d’une maturité rare pour un·e artiste émergent·e. Elle ne suit pas une tendance — elle l’habite. Le groove est discret, la mélodie serpentine, mais ce qui accroche, c’est la justesse du propos. En quelques minutes, Flows to Me installe une atmosphère bien à elle, entre Motown filtrée à travers une brume de jazz new-yorkais et éclats synthétiques à la Solange.
Un morceau pour prendre soin de soi sans s’excuser. À glisser d’urgence dans la playlist du matin, entre Lianne La Havas et Cleo Sol.
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juin 27, 2025Parfois, c’est dans le silence des pièces sans fenêtres que naissent les chansons les plus lumineuses. Lady, nouveau titre de Silky Vibe, n’a pas été conçu dans un studio californien glacé à la clim, ni poli par les mains de producteurs interchangeables. Il a vu le jour dans une chambre de Fort Lauderdale, entre câbles emmêlés, riffs bricolés et un amour viscéral pour la soul qui colle à la peau.
Silky Vibe, c’est un nom qui évoque déjà la texture. Un artiste qui prend le temps de sculpter ses morceaux comme on écrit une lettre intime. Lady n’est pas une ode générique. C’est une confession, une offrande, un murmure sur coussin. L’influence de D’Angelo affleure dans la respiration de la voix, Michael Jackson rôde dans les intonations haut perchées, mais il y a ici une retenue, une pudeur qui éloigne le pastiche. C’est du fait main, du fait cœur.
Les textures sont minimales, presque fragiles. Une guitare électrique captée à cru, branchée à l’ampli sans passer par les filtres modernes. Un beat simple, feutré, comme un battement qui refuse de s’imposer. Et puis, surtout, cette voix, à la fois caressante et tremblée, qui ne surjoue jamais mais qui touche juste. L’écriture ne déborde pas. Elle effleure. Elle suggère. Elle raconte la joie de tomber amoureux de quelqu’un qui vous relève au moment où plus rien ne tient debout.
Dans un monde saturé de relations jetables et de ballades R&B calibrées à la chaîne, Lady trace sa route sans fracas, mais avec ce magnétisme lent des morceaux qui prennent le temps d’exister. On imagine volontiers l’écouter en fin d’après-midi, fenêtre ouverte, quand la lumière baisse et que l’on pense à quelqu’un. Ce genre de chanson qui ne fait pas de bruit mais qui s’imprime. Longtemps.
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juin 23, 2025Il y a dans la voix d’Ana ce timbre grave et feutré, comme un frisson contenu dans un souffle, qui évoque à la fois le jazz moite des clubs enfumés et l’intimité crue des confessions nocturnes. Avec Des heures, son tout premier titre en français, la chanteuse nous plonge dans un vertige délicat : celui d’un amour persistant, de ceux qu’on tente d’éteindre en vain, qui se rallument à la moindre étincelle de souvenir ou de peau.
La production, tout en velours néo-soul et battements funk discrets, suit une courbe sinueuse — ni vraiment montante, ni complètement descendante — à l’image de cet amour qui refuse de se faire passé. On est dans l’entre-deux : celui des sentiments qui se contredisent, des pulsions qu’on déguise en détachement, des silences où la voix d’Ana se fraie un chemin, douce mais sûre.
La trompette de Ludovic Louis, connue pour avoir accompagné les plus grands, plane comme une vapeur au-dessus de cette tension charnelle. Chaque note semble soupirer un nom qu’on n’ose plus dire à voix haute. C’est une présence discrète mais essentielle, comme le souvenir d’un parfum qu’on ne porte plus mais qui hante encore les draps.
Il y a dans Des heures une maîtrise rare pour un premier titre dans la langue de l’intime. Ana n’explique pas, elle suggère ; elle ne crie pas, elle retient. Et c’est dans ce non-dit musical que la magie opère. La chanson ne cherche pas la catharsis, elle épouse l’ambiguïté avec élégance.
Avec cette pièce sensuelle et suspendue, Ana affirme une signature : celle d’une artiste qui sait que l’amour, comme la musique, vit souvent mieux dans les creux que dans les sommets. Et qu’on peut danser même quand le cœur vacille.
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juin 23, 2025Il y a dans Conflicted ce genre de chaleur que seul le R&B londonien peut décliner avec autant d’ambiguïté : moite sans être lascif, solaire mais sous une pluie fine d’hésitation. Teanna Bianca, nouvelle voix venue du sud de Londres, enveloppe ses dilemmes sentimentaux dans une production qui ne tranche jamais tout à fait entre la caresse et la fuite. C’est tout le charme de ce single : une oscillation permanente, comme une danse retenue au bord du précipice.
Sur une boucle R&B délicatement infusée de touches dancehall, la chanteuse impose son genre auto-proclamé – Tropical R&B – comme une évidence. Les nappes sont tièdes, les beats chaloupés, mais sous la légèreté apparente, c’est une vraie lutte intérieure qui se joue. Teanna Bianca ne cherche pas à trancher entre raison et pulsion, elle documente l’allée et venue de ses propres contradictions. Et elle le fait sans surjouer, sans forcer la pose : sa voix effleure plus qu’elle n’éclate, avec une sincérité douce qui désarme.
Le morceau semble taillé pour les soirs d’été où l’on ne sait plus très bien si l’on veut rentrer ou rester sur le pas de la porte, suspendu à un SMS jamais envoyé. Conflicted est ce moment-là : un entre-deux, une sueur qui hésite entre le soulagement et la tentation. Et Teanna, comme une conteuse urbaine d’une époque post-Aaliyah, y fait briller le doute comme un diamant sous les néons.
Pas besoin de grand fracas pour faire vibrer. Teanna Bianca le sait, et avec Conflicted, elle s’impose comme l’une des nouvelles voix les plus intrigantes de la soul britannique contemporaine. Une voix qui ne choisit pas toujours, mais qui sent toujours juste.
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juin 23, 2025Il entre dans l’arène sans fracas, comme on pose une vérité sur la table. LUUKHANYO, figure déjà bien ancrée dans le paysage créatif de Cape Town, dévoile Open Casket, une ballade moite et cérébrale, nappée de funk discret, de soul brisée et d’un rap qui respire l’authenticité. Plus qu’un single, c’est une confession qui groove.
Produit avec la précision d’un artisan par Lordkeyyz et Fleur, Open Casket est un piège à premières écoutes. Le rythme est séduisant, presque lascif, taillé pour les trajets nocturnes et les têtes qui hochent par réflexe. Mais sous la surface, LUUKHANYO creuse. Il met en lumière les zones grises de la réussite, les faux-semblants du rêve matérialiste, les mirages qui séduisent autant qu’ils vident. Ce n’est pas un refus de briller, c’est un refus de brûler pour les mauvaises raisons.
La plume est lucide sans être cynique. Il n’y a pas de rage, juste un détachement élégant. Le genre de désillusion qui ne se crie pas, qui se chante dans un souffle. LUUKHANYO n’est pas là pour éblouir, mais pour éveiller. Sa voix, enveloppée dans les textures satinées de la prod, glisse sur la conscience comme un murmure qu’on n’oublie pas.
Open Casket, c’est la bande-son d’un deuil : celui des illusions trop longtemps portées comme des couronnes. Et paradoxalement, c’est aussi un acte de renaissance. LUUKHANYO n’enterre pas son ambition — il l’élève, loin du tumulte, vers une forme de sagesse.
Une première pierre d’un récit plus vaste, plus lent, plus vrai. Et si c’était ça, la vraie victoire ?
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juin 23, 2025Quand Tiwa Savage et Maleek Berry s’alignent sur un même morceau, il ne s’agit plus de featuring, mais d’alchimie pure. 4 My Body, c’est une montée en température pensée pour le crépuscule moite d’un Lagos bouillonnant, un échange feutré entre deux artistes qui n’ont plus rien à prouver, sinon leur capacité à nous faire fondre sans élever la voix.
Maleek Berry retrouve ici son terrain de prédilection : une production épurée mais texturée, entre R&B satin et afro-fusion au groove suggestif. Les percussions s’infiltrent comme un battement de cœur qu’on tente de dissimuler, pendant que les nappes synthétiques caressent les hanches avec un tact chirurgical. Et au centre de ce décor, les voix.
Tiwa Savage, en diva discrète mais affirmée, chuchote plus qu’elle ne chante. Elle ne demande pas : elle indique. Maleek lui répond en miroir, avec cette nonchalance charmeuse qui l’a toujours distingué. Le duo ne flirte pas, il écrit un dialogue corporel. Il y a dans 4 My Body quelque chose d’un R&B africain réinventé : plus tactile que mélodique, plus atmosphérique que narratif.
Pas besoin de clip pour visualiser ce morceau. Il suffit de fermer les yeux. Les textures sonores dessinent déjà la scène : néons rouges, silences qui disent beaucoup, sueurs discrètes. 4 My Body n’a pas pour but de séduire, il veut envoûter — lentement, sûrement, jusqu’à faire oublier l’heure.
Et c’est là sa vraie force : faire du minimalisme un terrain de sensualité maximale.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui s’incrustent en toi comme un mantra de survie douce, un sourire planté dans la voix, une gifle donnée avec bienveillance. throwing a fit d’Emmitt Dupree en fait partie. Une berceuse pour les insomniaques du doute, un hymne pour les sensibles qui ont appris à ne plus se laisser marcher sur les pieds, même avec des sneakers de luxe.
Depuis l’Arizona, ce faiseur de vers agiles et de vibes liquides transforme l’encre de ses pensées en clairières musicales, toujours entre chant R&B velouté et rap confessionnel. Ici, il ne s’énerve pas vraiment — il transcende. Il observe le poison lent de la comparaison, ce venin moderne que les réseaux injectent à chaque scroll, puis le transforme en une potion revigorante, uptempo et fluide. Le message est clair : concentre-toi sur ta propre course. Et tant pis si les autres crient.
La prod’ flotte entre nuages soyeux et basses bien ancrées, parfaite pour rouler vers un avenir que l’on reconstruit seul, avec patience et aplomb. C’est lumineux sans être naïf, humble mais terriblement affirmé. Le clip, lui, pousse encore plus loin ce sentiment d’autodétermination douce, d’une vie menée selon ses propres règles, ses couleurs, son tempo.
Avec throwing a fit, Emmitt Dupree ne cherche pas à plaire — il cherche à être en paix. Et dans une époque où tout le monde performe, ça sonne comme une révolution feutrée.
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juin 23, 2025Un piano électrique qui caresse, une basse qui ronronne doucement, et cette voix, pleine de compassion et de lumière, qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais à réparer quelque chose. Smile de Steven Thad ne se pavane pas, il s’adresse à toi comme un ami qui t’attrape au bord du découragement pour te dire : « tiens bon, je suis là. »
Ce n’est pas une chanson de plus sur l’amour. C’est une offrande à ceux qui n’attendent plus rien de la musique, et qui tombent, par hasard, sur ce morceau comme on tombe sur une vieille lettre qu’on pensait perdue. La production est signée Dana Soréy (multi-nommé aux Grammy, excusez du peu), mais Steven Thad garde les rênes émotionnelles : c’est lui qui raconte, lui qui apaise, lui qui élève. On est dans un croisement subtil entre soul artisanale, gospel moderne et sensualité R&B millésimée, avec un falsetto précis comme une prière murmurée.
Rien ici n’est forcé. Chaque note tombe juste, chaque harmonie sert la même idée : apaiser sans édulcorer. Steven ne fait pas semblant de comprendre, il comprend. Il a grandi dans les choeurs, dans les harmonies faites maison avec ses sœurs, dans cette tradition où la voix est un baume, pas un cri.
Smile ne va pas changer le monde. Mais il peut changer une soirée. Et parfois, ça suffit.
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juin 23, 2025Il y a dans la voix de Shiroy quelque chose d’à peine éclos, et pourtant déjà abîmé. Un genre de spleen précoce qui ne joue pas à l’adulte mais capte, avec une acuité déroutante, les cycles sentimentaux les plus universels. À seulement 16 ans, l’artiste australo-mauricien livre avec « On And On » une confession suave et déchirée, comme un baiser qui durerait trop longtemps pour être innocent, mais trop court pour être rassurant.
Le morceau s’ouvre sur un message vocal – cet écho intime et un peu lâche d’une relation à la dérive – avant que ne déferlent guitares en arpèges, claviers moelleux sortis d’un slow 90s et batteries trap aux syncopes élégantes. On pense à Brent Faiyaz ou à Giveon, mais sans le vernis amer : ici, la vulnérabilité est nue, offerte, presque naïve – et c’est justement là que réside toute sa beauté.
Shiroy parle d’un amour qui ne sait pas s’arrêter, et il le fait sans détour : « You know you should move on, but you don’t. » Ce n’est pas une pose mélancolique, c’est un aveu. Ce n’est pas une chanson sur la rupture, c’est une chanson sur l’habitude du retour. Sur les signaux brouillés qui deviennent le seul langage qu’on comprend encore.
Avec une voix fluide et sans fioritures, il redonne au R&B cette fraîcheur adolescente qui ose encore dire qu’aimer, c’est compliqué, et que la douleur, parfois, fait danser. « On And On » n’est pas un cri, c’est un souffle. Mais un souffle chaud, lourd, entêtant, comme un été qui s’éternise alors qu’on aurait dû rentrer depuis longtemps.
Et si ce gamin écrit comme ça à 16 ans, c’est que la suite ne pourra qu’aller très loin.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui brillent comme des bijoux. Et puis il y a ceux qui brûlent. Qui laissent des traces de cendres sous les ongles et dans les poumons. “Compro Tiempo” de TLZZ appartient à cette seconde espèce, celle des hymnes faits pour ceux qui n’ont jamais eu le privilège du luxe, encore moins celui du temps.
Ici, la drill devient un langage de résistance. Le beat est sec, sans fioritures. Il claque comme une porte trop longtemps restée ouverte sur la misère. TLZZ rappe à vif, sans posture. Pas de glorification des liasses, ni de fantasmes de réussite bling-bling : il parle de survie, d’une enfance où l’on rêve moins de Rolex que d’un toit stable pour sa mère, d’un repas chaud le soir, d’une école où aller sans avoir honte de ses chaussures.
Ce n’est pas un storytelling. C’est un témoignage. La voix de TLZZ ne cherche pas la pitié, elle réclame la dignité. Il achète du temps, dit-il, parce que le sien a toujours été compté. Parce que dans certains quartiers, vieillir est déjà une victoire.
“Compro Tiempo” est une gifle donnée avec amour à ceux qui oublient que le rap naît là où le monde ferme les yeux. TLZZ, lui, les garde grands ouverts. Et il ne rappe pas pour les charts. Il rappe pour les siens. Pour que les enfants qui l’écoutent sachent que même sans rien, on peut se dresser. Qu’on peut faire de la rage une mélodie. Et du manque, une arme.
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juin 23, 2025Ce n’est pas une chanson. C’est une lettre qu’on n’a jamais osé envoyer. Un mot griffonné à 3h du matin sur un miroir embué. “How Dare U!” de Lady OFLO est de ces morceaux qui ne s’écoutent pas : ils s’absorbent, comme un poison lent, comme un vieux parfum qui ressurgit sans prévenir et vous replonge dans un souvenir que vous aviez maquillé depuis longtemps.
À San Francisco, quelque part entre les collines électriques et les boucles salées du Pacifique, Lady OFLO façonne une pop-rnb qui n’a plus besoin de hurler pour faire trembler. Épure chirurgicale. Silences pensés. Chaque synthé semble exhaler l’écho d’un non-dit, chaque note est un geste retenu, une pulsation à peine dissimulée sous la peau. C’est minimal, oui, mais d’une densité émotionnelle étouffante.
On pense parfois à FKA twigs, pour la vulnérabilité dans l’architecture sonore. Parfois à Banks, pour la sensualité contenue dans le feu. Mais Lady OFLO ne cherche pas à être comparée. Elle avance à contre-courant de tout, dans un sillage doux-amer qui ne se laisse pas capturer. Elle fait de la mélodie un théâtre, de la production un lieu hanté, de la pop un terrain sacré où les blessures deviennent des bijoux.
“How Dare U!” est une élégie contemporaine, une déclaration sans ponctuation, un cri qui a pris le temps de devenir murmure. C’est ce qu’on écoute quand le monde a été trop bruyant, trop dur, trop rapide. C’est le son d’une femme qui n’attend plus rien mais qui dit tout, à sa manière : douce, floue, implacable.
Et si c’était ça, la vraie révolution ? Ne plus avoir besoin de crier pour qu’on vous entende.
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juin 23, 2025Yung Ikon n’a pas besoin d’un trône pour briller — il lui suffit d’un BPM moelleux, d’un kick bien placé et d’un spleen bien dosé. Avec “Golden”, le jeune artiste trace une ligne directe entre ses cicatrices et les étoiles, livrant un R&B contemporain gorgé de lumière tamisée et de doutes voilés.
Ce morceau-là n’a rien de clinquant malgré son titre. “Golden”, c’est l’or du cœur qui bat trop fort, du garçon qui veut encore croire en l’amour mais ne fait plus semblant. Sur une prod mi-pop mi-trap, Yung Ikon entonne un refrain qui suinte l’obsession douce, porté par une voix noyée dans des nappes d’autotune qui rappellent les états flottants de PARTYNEXTDOOR ou Brent Faiyaz. C’est à la fois fluide, fragile, et furieusement honnête.
Pas de storytelling à rallonge ici. C’est un instant figé dans une nuit trop longue, une confession murmurée dans le creux d’un coussin. Yung Ikon y mélange sa nostalgie à une assurance nouvelle : celle d’un artiste qui ne force pas son époque, mais qui l’absorbe pour mieux la refléter.
“Golden” ne cherche pas à épater — il cherche à ressentir. Et dans une scène saturée de hits formatés, cette sincérité-là brille avec une intensité rare. Un morceau pour ceux qui savent que même les armures dorées cachent parfois des cœurs cabossés.
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juin 23, 2025La nuit tombe sur New Jersey comme une promesse moite. Dans ce halo entre R&B contemporain et pop rap charnelle, « Enticing » glisse comme une confidence au creux de l’oreille. Signé par J Nuller, Mindoffstage et Really M.E., ce titre ne cherche pas à convaincre : il séduit en silence, s’impose par ses non-dits, par cette tension douce entre invitation et résistance.
Ici, le groove est une ligne de désir. Les basses pulsent sans insister, les voix s’échangent comme des regards appuyés dans une pièce à peine éclairée. Chaque artiste apporte sa couleur : J Nuller, natif du New Jersey, traverse les genres comme on traverse des langues, avec une aisance qui rappelle les pulsations croisées de l’urban latin et du hip-hop US. Mindoffstage injecte une dimension introspective, là où Really M.E. plante des mots comme des crochets doux-amer dans la mémoire.
Là où certains tracks cherchent la performance, Enticing opte pour la suggestion. Ce n’est pas une démonstration — c’est un frisson. Un jeu de clair-obscur, quelque part entre la moiteur d’un slow jam et l’ivresse d’une rencontre de minuit. On y décèle les échos de Bryson Tiller ou de PARTYNEXTDOOR, mais avec une teinte plus cosmopolite, un ADN plus hybride.
C’est ce genre de morceau qui ne crie pas son importance, mais qu’on relance encore une fois sans s’en rendre compte. Un track qui n’a pas besoin d’éclater pour s’imprimer. Car parfois, le plus entêtant, c’est ce qui s’insinue.
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juin 23, 2025Certains morceaux caressent la peau comme une onde familière. Swim Through de BE est de ceux-là : un hymne tactile, flottant, viscéralement féminin, qui trace des lignes de grâce entre le corps et l’eau, entre la musique et le mouvement, entre les femmes et la liberté. Ancré dans un néo-soul à la fois doux et résistant, ce morceau épouse l’idée d’un monde aquatique où l’on ne lutte plus — on glisse, on glane, on se laisse porter.
C’est un manifeste fluide. Une pulsation lente, consciente, qui coule au rythme des bras qui fendent l’eau froide, des bassins de silence, des étangs de sororité. À travers le chant limpide d’un chœur exclusivement féminin, Swim Through invoque la force collective, celle des femmes qui nagent, bravent, résistent. Pas à contre-courant — en harmonie. Un murmure qui dit : « on est là, ensemble, on avance. »
L’intention dépasse l’esthétique. BE s’est entourée de nageuses de tous horizons : wild swimmers, nageuses de mer, athlètes paralympiques, amatrices de l’extrême ou fidèles des étangs de Hampstead. De cette mosaïque d’expériences naît un portrait en creux de ce que peut la musique quand elle épouse un mouvement. Quand elle devient elle-même une nage.
Au fil de ce titre, on ne sait plus très bien si l’on entend une voix ou si l’on flotte à ses côtés. On devine, en tout cas, une beauté calme, une résistance douce, une forme de spiritualité sensuelle. Swim Through n’a pas besoin de vague pour faire sensation — sa force est celle d’un frisson partagé, d’un souffle commun. Comme si, entre chaque note, l’on entendait le monde reprendre haleine.
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juin 23, 2025Ce n’est pas une chanson. C’est une fissure dans le plafond blanc d’un studio londonien, une lumière douce qui tombe sur un clavier muet, une solitude qui devient rythme. Avec Loser, BVDHI transforme l’impasse créative en vertige maîtrisé. La mélancolie s’y déploie comme un souffle retenu, porté par des nappes de guitare R&B jouées du bout des doigts et une voix cristalline, presque timide, qui hésite avant de s’élancer. Puis vient la bascule : un groove syncopé, comme une résolution douce-amère, un corps qui se remet en mouvement.
BVDHI n’écrit pas des chansons pour faire danser les foules. Elle les écrit pour rester en vie. Loser est née d’un de ces jours sans : plus de mots, plus d’envie, personne pour décrocher au téléphone, et cette spirale bien connue des artistes où l’on se demande si ce que l’on crée sert encore à quelque chose. Et puis, au fond du silence, une idée, un accord, un chant. L’échappée. “La chose qui est censée te faire du bien peut aussi te rendre folle”, dit-elle. C’est peut-être ça, le cœur battant de Loser : cette contradiction intime, poignante, entre le besoin de créer et le poids de ne plus y arriver.
Sur une prod minimale mais pleine de relief, BVDHI trouve son équilibre entre classicisme néo-soul et expérimentation pop. Pas d’effet de manche ici : juste une sincérité nue, presque fragile, qui rappelle les premières démos de Cleo Sol ou le spleen digital de Tirzah. Un titre à écouter seul, en boucle, les yeux mi-clos, jusqu’à ce que le groove devienne un refuge.
Avec Loser, BVDHI ne cherche pas à gagner. Elle cherche à s’en sortir. Et c’est infiniment plus fort.
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juin 19, 2025Ce n’est pas un morceau, c’est une offrande. Avec Fashion Me A Drum, Girl Is The New Boy signe un manifeste en creux, un titre à la fois murmuré et viscéral, qui renverse les codes du hip-hop alternatif pour faire éclore une néo-soul de chambre, moite, élégante, profondément organique. Ici, la musique n’est pas qu’un vecteur, c’est un territoire à façonner, un refuge où chaque beat résonne comme un battement du cœur trop longtemps contenu.
La voix est d’abord l’élément magnétique : douce, rugueuse, introspective, elle avance à pas feutrés, comme si elle ne voulait pas déranger, mais finit par hanter. Elle évoque à la fois l’élégance vaporeuse de Lianne La Havas et l’assurance désabusée d’Anderson .Paak — sauf qu’ici, l’émotion n’est jamais surjouée, elle s’infiltre lentement, au détour d’un souffle ou d’un silence bien placé.
Le morceau, tout en textures feutrées, semble écrit pour une fin de nuit, quand les corps ne dansent plus mais dérivent, quand les vérités qu’on retient finissent par suinter dans les syncopes. La prod minimaliste — mi-analogique, mi-éthérée — mêle percussions boisées et basses liquides, tandis qu’un groove suspendu au bord du vide maintient une tension sourde. On entend autant le jazz que le R&B, le spoken word que le trip-hop, sans que jamais le morceau ne cède à la citation facile.
Ce qui fascine surtout dans Fashion Me A Drum, c’est son refus du spectaculaire. Girl Is The New Boy compose dans les marges, à rebours du tumulte digital, une musique intime, politique sans slogan, sensuelle sans posture. Une musique qui écoute autant qu’elle parle.
À l’heure où l’on vend du faux frisson à la chaîne, ce morceau est une respiration réelle, trouble et magnifique. Un contre-chant à l’uniformité ambiante. Une pulsation qui n’a pas besoin de crier pour être entendue.
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juin 19, 2025Il y a chez CatchTwentyTwo cette douceur tragique qu’on reconnaît d’instinct — la voix qui ne force jamais, qui préfère chuchoter des vérités plutôt que d’imposer un refrain. Avec “At All Times”, il livre un titre suspendu, en équilibre instable entre R&B d’alcôve et disco embrumée, comme si Toro y Moi s’était égaré dans une slow jam de Prince sous xanax.
Produit, composé, interprété par ses soins, ce morceau est le troisième volet de Exxxtreme Disco, un EP à paraître qui avance masqué, comme un film d’auteur feuilletant un vieux Rolling Stone trempé dans le champagne. Ici, l’artiste originaire de Floride (via l’Arkansas, le Texas, l’Oklahoma — autant dire une cartographie sensible) convoque ses fantômes : Michael Jackson, Pharrell, Tame Impala, Roosevelt… mais sans jamais singer. Il transforme l’héritage en matière émotionnelle, façonne une pop sensuelle où les rythmiques funk se frottent aux silences, aux regards baissés, aux amours qui fuient.
Tout dans “At All Times” respire la retenue et le détail : les drums claquent avec tendresse, les nappes vibrent comme un souvenir mal rangé, la basse nous promène dans une langueur moite. C’est un slow qui n’en est pas un, une déclaration qui n’ose pas s’avouer, une nostalgie futuriste.
Et CatchTwentyTwo de le murmurer, sans jamais hausser le ton : ici, on ne cherche pas à séduire tout le monde, mais à toucher quelqu’un. Juste un. Celui ou celle qui, à minuit passé, écoutera “At All Times” et comprendra que c’est aussi sa vie qu’il est en train d’entendre se jouer.
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juin 19, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à impressionner. Pas de performance vocale spectaculaire, pas d’effets de manche ni de drop ultra-produit. Juste une sensation. Une main tendue. Un souffle. “For You” de 80won appartient à cette race rare de titres qui s’écoutent comme on laisse couler une larme — lentement, doucement, sans bruit.
Derrière ce pseudonyme numérique, 80won dessine une R&B de chambre, contemporaine et fluide, où la sincérité prend le pas sur la démonstration. For You est une chanson de peu — quelques nappes éthérées, un groove discret qui bat comme un cœur amoureux, et une voix qui chuchote plus qu’elle ne chante. Une voix qui ne joue pas à être quelqu’un d’autre. Elle est là, nue, humble, viscéralement présente.
La force de ce morceau, c’est sa capacité à créer un espace. Une bulle de tendresse. Un endroit dans lequel on se love avec un.e autre, ou peut-être seul.e, face à ses souvenirs. On y entend les silences, les doutes, les gestes minuscules qui disent “je t’aime” sans le dire. Ce n’est pas un slow à l’ancienne, ni une ballade lacrymale — c’est un instant suspendu, comme un regard tenu un peu trop longtemps.
Dans un paysage R&B parfois saturé de postures et de surproduction, 80won choisit l’ellipse, le détail, l’ombre douce. Et ça fonctionne. Parce que For You ne veut pas conquérir les charts. Il veut simplement toucher. Il veut juste être là, pour vous.
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juin 19, 2025Il y a des artistes qui samplent des disques. Jay Infinity, lui, sample l’enfance. Pas celle idéalisée ou marketée, non — celle passée les yeux embués devant un écran cathodique, un stick à la main, une pile de devoirs non faits sur le bureau, et une mère en fond sonore qui crie d’éteindre “ce truc débile”. “Lvl 4: KEYS TO THE CITY OF LOST TIME” est la dernière piste de son projet JayStation, hommage ludique et mélancolique à l’ère PlayStation 1, mais surtout à ces instants suspendus entre l’ennui et la magie.
Ce morceau, qui clôt ce faux-jeu vidéo mais vrai voyage intérieur, est construit comme un générique de fin onirique. Les nappes synthétiques flottent comme des nuages au-dessus d’une ville imaginaire, où le bitume serait fait de pixels et les lampadaires clignoteraient en MIDI. Le beat, downtempo et légèrement flouté, rappelle ces moments où le jeu laggait, où la console surchauffait, où le temps semblait littéralement s’étirer — et c’est précisément là que Jay Infinity frappe juste.
Entouré d’un casting parfaitement dosé (AZ The Alpha, Nelia et Kamal Morales), il évoque les vices modernes avec une lucidité désarmante. L’amour qui fane, la luxure qui dévie, les substances qui brouillent : autant de “clefs” offertes par cette cité perdue dans le temps, qui n’ouvrent aucune porte mais nous enferment à double tour. Une ville qui, derrière ses néons et ses illusions, n’a plus rien d’utopique.
Et puis il y a cette fin — ou plutôt cette fausse fin — qui brouille la narration. La voix qui casse le quatrième mur, le “freeze” soudain, le souvenir d’un game over forcé par la réalité. On pense à Yume Nikki, à FFVII, à ces jeux où la frontière entre l’intime et le virtuel s’efface. Et dans ce trou noir temporel, Jay Infinity ne nous offre pas une sortie, mais un loop. Relancez la première piste après la dernière : vous voilà reparti. Un cercle parfait, comme la mémoire.
“Lvl 4: KEYS TO THE CITY OF LOST TIME” n’est pas qu’une chanson. C’est un checkpoint émotionnel. Un moment où le hip-hop devient une console hantée, un miroir à glitchs, un refuge. Jay Infinity n’appuie pas seulement sur Start. Il réécrit les règles du jeu.
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juin 18, 2025Il y a des chansons qui brûlent vite, et d’autres qui couvent lentement dans un coin de votre âme. Stand By You, le nouveau single de Riah, fait partie de ces dernières. Une flamme douce, mais têtue. Loin des ardeurs synthétiques de son dark-pop habituel, Riah s’engouffre ici dans un sillon plus organique, presque viscéral : celui du blues et du R&B à fleur de peau. Et ce virage, c’est tout sauf une coquetterie de production. C’est une déclaration.
Captée live dans l’intimité du studio Conway Sound à Wheat Ridge, Colorado, entourée de musiciens brillants — El Javi à la guitare, Dominick Williams au piano — la chanson déploie un espace de retenue et de puissance rare. Pas de surcharge, pas de fioriture. Riah murmure, suggère, laisse la place au silence, à l’écho, au doute. Sa voix, toujours à la frontière du tremblement, semble peser chaque mot comme une décision.
Le titre agit comme une réponse inversée à tous les hymnes d’amour sacrificiel. Ici, aimer, c’est rester, oui, mais sans se nier. C’est accompagner l’autre dans sa douleur sans tenter de l’effacer. La force tranquille du morceau repose justement sur ce paradoxe : être là sans s’effacer, soutenir sans se noyer. Et c’est bouleversant.
Tourné dans les conditions mêmes de l’enregistrement, le clip réalisé par Chris Rasmussen appuie cette idée d’authenticité radicale. Pas de décor surfait, juste la musique, les regards, et une tension palpable dans l’air.
Avec Stand By You, Riah ne se contente pas de publier un single : elle livre un manifeste sur l’amour adulte, celui qui ne cherche ni à réparer ni à fuir. Un tournant à la fois sonore et narratif qui laisse présager un album, The Fourth Wall, à l’ambition bien plus grande qu’une simple rupture pop. C’est un morceau pour ceux qui restent. Pas par faiblesse, mais par choix.
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juin 17, 2025C’est un pas de côté. Un écart discret dans le flux des hits trop lisses. James Vickery n’a jamais été du genre à hurler plus fort que les autres pour qu’on l’écoute. Et pourtant, le voilà à nouveau au centre de toutes les attentions, avec “Right Side”, troisième extrait de son prochain album sobrement intitulé JAMES. — un disque qui promet d’être aussi introspectif que solaire, aussi pop que radicalement personnel.
Sur “Right Side”, le chanteur britannique fait danser ses cicatrices sur un tapis de groove ciselé. C’est addictif, bien produit, immédiat — mais ça raconte surtout autre chose. Car derrière cette pop séductrice aux reflets de chrome et de satin, Vickery glisse une confidence rare : son besoin de toujours se placer à gauche d’une personne pour pouvoir la comprendre. Une habitude liée à sa surdité unilatérale, diagnostiquée après une opération lourde dans l’enfance. L’amour ici devient espace de vulnérabilité. Et la mélodie, un prétexte pour dire le vrai.
La vidéo réalisée par Cully Wright appuie cette dualité : tout commence par une simulation de son altéré, comme si l’on entrait dans l’univers de James avec son propre filtre sensoriel. Puis les corps, les regards et la musique reprennent leur place, dans une chorégraphie douce et dense, où chaque geste semble dire : voilà comment j’existe.
Loin des clichés R&B, James Vickery trace sa ligne. Avec l’aide de JD Reid, Larrance Dopson et Jonah Christian, il assemble un disque qui mêle les textures funk des années 70, l’élégance désabusée du début 2000 et les confidences à fleur de voix qui font les artistes rares. Il ne cherche plus à plaire, juste à être. Et c’est pour ça qu’on l’écoute. Fort.
Avec JAMES., à paraître en septembre, Vickery livre sans doute son œuvre la plus aboutie. Un autoportrait en 12 titres, où chaque morceau explore une facette intime de son identité — amoureuse, familiale, musicale. De “Hotel Lobby” à “Fall In Your Arms”, c’est une odyssée intérieure qui s’offre à nous, portée par une voix qui connaît la douleur du silence.
James Vickery ne crie pas. Il chuchote des vérités qu’on n’entend nulle part ailleurs.
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juin 9, 2025Ce n’est ni un banger de club, ni une ballade triste. LDL de SOLAI flotte entre les deux, dans cet interstice incertain où les émotions s’entrelacent et se contredisent. Ce morceau n’essaie pas de trancher entre l’amour, le désir ou la simple attirance. Au contraire, il s’y vautre, comme on s’allonge dans des draps encore chauds d’une nuit qu’on ne sait pas encore nommer.
SOLAI, voix grave et grain soyeux, ne chante pas tant qu’elle susurre, elle chuchote au creux de l’oreille. On pense à Jorja Smith, à Snoh Aalegra, mais avec quelque chose de plus rêche, de moins lisse. Un refus du parfait, comme si chaque soupir était laissé volontairement brut pour mieux faire sentir le trouble. La production, subtile et capiteuse, mixe des nappes R&B modernes à des percussions presque orientales, clin d’œil discret à ses racines afghanes. Un beat lent, mais charnel. Une basse profonde qui fait battre le ventre plus que le cœur.
LDL — pour “lust, desire, love” — n’offre aucune réponse. C’est un labyrinthe de sensations. Le texte est elliptique, volontairement ambigu. On sent la tension d’un corps qui se demande s’il veut être touché ou compris. Et SOLAI ne tranche jamais, elle laisse la question ouverte, magnifiquement dérangeante.
Il y a dans ce morceau quelque chose de profondément générationnel : ce refus de définir, de classer, de prétendre. Une exploration sensuelle et sincère de l’instant, sans promesse ni regret. Un titre à écouter seul·e, de préférence la nuit, quand les frontières entre le cœur et le corps deviennent floues.
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juin 4, 2025Il suffit de quelques secondes pour s’y croire. Un soupir de synthé nappé de stardust, une ligne de basse chaude comme une nuit d’été à Malmö, et la voix de John Soul qui entre en scène comme si le slow n’avait jamais quitté les charts. Avec Under The Stars, Sophia Bolinder signe une déclaration d’amour au R&B tel qu’on l’aimait à l’époque de Toni Braxton, Usher ou Brandy – sensuel, dialogué, luxuriant.
Et pourtant, ce n’est pas une réplique nostalgique. C’est une relecture précise, moderne, intime. Sophia Bolinder, qu’on connaissait pour ses productions pop nuancées, se jette ici corps et âme dans un groove moelleux, teinté de soul, en duo avec la voix suave de John Soul, déjà son complice sur une précédente collaboration. Ensemble, ils construisent une véritable scène sonore : celle d’un couple séparé par la distance mais relié par une certitude amoureuse inébranlable. Un « call and response » enivrant, porté par une production minimaliste mais impeccable.
Ce qui frappe, c’est la douceur du morceau, son tempo feutré, mais aussi la sensualité discrète qui affleure à chaque mot, chaque note. Pas de clinquant, pas d’effets faciles. Juste deux voix qui se cherchent, se trouvent, se répondent — et une atmosphère presque suspendue, comme une nuit étoilée qui n’en finirait pas. L’intro et l’outro, subtilement identiques, encadrent le titre comme un rêve auquel on aimerait revenir.
Enregistré à Falkenberg mais taillé pour n’importe quel cœur battant à l’unisson, Under The Stars s’écoute comme une confidence chuchotée au creux de l’oreille. C’est un morceau pour danser lentement, aimer doucement, et se souvenir qu’en musique, le romantisme a toujours une voix. Ici, il en a deux.
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juin 4, 2025Certains disques se dégustent comme une coupe de fruits frais en plein été, sucrés, juteux, aux arômes nostalgiques et audacieux. Premium Vibes Vol. 1, premier album de Boy Maj, en est un. Ce crooner du groove made in Chicago assume pleinement ses racines R’n’B-pop des années 90/2000, tout en injectant une fraîcheur narrative et une production soyeuse qui le placent d’emblée dans la cour des artisans pop à suivre.
Derrière chaque titre se dessine un chapitre de l’intimité sentimentale, tantôt dans la légèreté consentie d’une idylle estivale (MISS LEAD, POOLSIDE), tantôt dans le flou émotionnel d’un amour qui doute (BEFORE), ou d’un couple qui tangue (SUGAR). Le sommet romantique arrive avec FOR LIFE, sorte d’hymne de mariage rétrofuturiste porté par une écriture simple mais bouleversante, presque gospel dans son intention.
Vocalement, Boy Maj flirte avec les hauteurs d’un Bruno Mars ou d’un Ne-Yo, avec ce petit supplément de sincérité qui fait la différence. Ses lignes sont sculptées avec soin, en mode lead-central et harmonies panoramiques à la Devvon Terrell, donnant au mix une ampleur cinématographique, même quand l’instru s’efface.
La production home-made brille par son élégance : on sent les quinze ans d’expérience à tout peaufiner soi-même. Chaque piste devient un petit théâtre pop, où les voix se répondent, s’empilent, se croisent, dans un subtil équilibre entre spontanéité de l’écriture et technicité du mix.
Boy Maj ne cherche pas à impressionner — il cherche à faire danser les émotions, à offrir un vocabulaire sensible aux instants flous de nos amours modernes. Avec Premium Vibes Vol. 1, il signe une carte de visite audacieuse et suave, pensée pour durer bien après les couchers de soleil.
À noter : son live intimiste à Lincoln Hall prévu le 21 juin promet d’être une extension charnelle de cet univers, entre énergie de bande et sensualité partagée.
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juin 4, 2025On pense comprendre ce qu’on vit — jusqu’à ce qu’un morceau comme Nonsense nous ramène à la réalité. Signée par l’explosive et indisciplinée Luan Luan, cette chanson sonne comme un éclat de lumière dans le tunnel toxique d’un amour trop brûlant pour être vrai. Et pourtant, ce n’est pas un morceau triste. Nonsense danse, frappe, se tord, mais jamais ne s’effondre. Il sourit, même les yeux embués.
Enregistrée à Brighton mais née entre deux villes, deux âges, et deux vérités — celle de Madrid et celle d’un avenir en devenir — Nonsense est un condensé de chaos émotionnel arrangé avec un groove diablement précis. C’est dans ce paradoxe que Luan Luan excelle : transformer le trauma en hymne à soi-même, en chanson à crier dans sa chambre comme à fredonner dans la rue. Le saxophone, entrant pour la première fois dans leur signature sonore, ne fait qu’amplifier cette urgence douce : on n’attend plus l’amour parfait, on reconquiert son espace intérieur.
Luan ne joue pas à l’artiste torturé·e : iels tracent une ligne entre la douleur vécue et la clarté retrouvée. Le morceau, bâti sur une instrumentation organique qui flirte avec la soul et le funk, impose son tempo à la tristesse. Ça groove, ça tape, et surtout, ça questionne : « Are you gonna sing that song? Be that wrong? Are you gonna let it through the night? ». Cette ritournelle poignante devient mantra de rupture, chant d’exorcisme élégant contre les discours empoisonnés de l’autre.
Nonsense est le premier acte d’un EP qui s’annonce aussi percutant que poétique. Avec ce titre, Luan Luan n’offre pas seulement une chanson : iels tendent un miroir à toutes celles et ceux qui ont confondu passion et possession. Et le reflet est beau, même s’il pique un peu.
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juin 4, 2025Il y a des voix qui ne s’oublient pas, qui collent à l’âme comme une promesse chuchotée. Skyler Reed en fait partie. Avec Boomerang, l’artiste R&B contemporaine originaire d’Atlanta prouve qu’elle n’a pas seulement une voix — elle a une mission, un cœur battant à chaque syllabe, et une capacité rare à tisser l’intime dans des contours soyeux.
Classiquement formée mais viscéralement moderne, Skyler Reed joue ici les équilibristes : entre maîtrise vocale limpide et émotion brute, entre élégance soul et vulnérabilité assumée. Boomerang est une déclaration tout en retenue, une confession sous forme de caresse : celle d’un amour qui, malgré les distances, malgré les failles, finit toujours par revenir. Inévitable. Magnétique. Incontrôlable.
La production est minimaliste, feutrée comme une chambre encore habitée par les échos d’une dispute. Quelques notes suffisent à créer un écrin pour cette voix claire, ancrée dans les douleurs et les douceurs d’une relation cyclique. On entend presque les battements du cœur dans les silences entre les couplets. On sent les regards échangés au bord du renoncement. Et pourtant, toujours ce retour — comme un boomerang lancé en plein doute qui finit par revenir à la main qui tremble.
Skyler Reed chante l’amour non pas idéalisé, mais vécu, usé parfois, et pourtant tenace. Elle ne crie pas, elle ne surjoue pas. Elle suggère, elle effleure. Et c’est peut-être là que réside sa force : dans cette capacité à faire de la simplicité une forme de grandeur.
Boomerang, c’est la bande-son d’un amour que l’on croyait perdu, mais qui retrouve toujours le chemin de la maison.
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juin 4, 2025Pas besoin de beat hyper-produit ni de topline surchargée pour faire trembler les corps et éveiller les esprits. Avec “Everyday”, Luna Grey déploie une énergie charnelle et affirmée sur une base minimaliste, presque organique. Guitare acoustique, souffle de percussions discrètes, groove subtilement dosé : le morceau respire, transpire, s’insinue. C’est du pop-hip-hop en équilibre, entre caresse et affirmation, sensualité et lucidité.
Luna Grey n’est pas de celles qui hurlent leur indépendance — elle la murmure avec confiance. Sa voix, douce mais décidée, tisse des harmonies qui planent au-dessus du rythme avec une aisance rare. Chaque mot semble pesé, chaque ligne d’abord chantée, puis rappée, glisse dans un flow souple et hypnotique. Elle parle de désir, oui, mais aussi de constance, de choix, de puissance personnelle. “Everyday”, c’est l’envie d’être désirée sans s’effacer, d’être aimée sans se diluer.
Ce qui frappe, au-delà de la production volontairement épurée, c’est la sincérité. On sent que Luna Grey ne joue pas un rôle. Elle fait de la musique pour s’ancrer, pour inspirer — une prêtresse contemporaine à la croisée du R&B conscient, du spoken word et de la pop solaire. Loin des clichés, elle construit un territoire singulier, quelque part entre les vibrations acoustiques de Lauryn Hill et l’introspection mystique de FKA twigs, version unplugged.
“Everyday” est un appel à vivre avec intensité et intégrité. Un chant de soi pour celles et ceux qui avancent chaque jour avec intention, même les lundis gris.
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juin 4, 2025Imagine un été dont tu te souviens à travers un filtre Instagram usé, saturation au max, mélancolie subtile. Ajoute une volonté un peu candide mais totalement assumée de revivre la chaleur de 2018, année totem d’un âge d’or pop où l’Afrobeats flirtait joyeusement avec les refrains catchy des vacances sans fin. Et tu obtiens “Love, Lavish” de P!ntooo, une pépite pop-rap afro-fusionnée qui ne cherche pas à réinventer la roue, mais à la faire tourner à plein régime sous un soleil scandinave.
Derrière ses airs de feel good track calibrée pour les playlists barbecue et balcons en sueur, le morceau cache un vrai sens de la mélodie. Chaque phrase semble pensée pour être chantée en chœur, verre à la main, peau salée, cœurs légers. Le groove est là, précis sans forcer, et la voix de P!ntooo, oscillant entre chant doux et spoken word presque narquois, donne une texture intime à cette déclaration d’amour en mode grandiloquence assumée.
Mais ce qui frappe surtout, c’est cette vibe de générosité : le son est riche, le message aussi. “Love, Lavish”, c’est aimer sans compter, offrir plus que nécessaire, se noyer dans l’excès d’affection comme dans un cocktail trop sucré au bord d’une piscine fictive. Ce n’est pas une chanson, c’est une invitation : à s’aimer trop, à danser jusqu’à ce que les souvenirs reviennent.
Et si ce n’est pas encore le tube de l’été, ça en a déjà l’odeur, le goût, et surtout l’envie.
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juin 4, 2025Pas de préface, pas d’échauffement — juste un souffle, une idée qui fuse, une rythmique qui claque. Sur “truthful improv”, Mati débarque comme on entre dans une pièce déjà en feu : avec urgence, vulnérabilité, et cette précision désinvolte qui trahit les artistes plus lucides qu’ils ne veulent bien l’admettre. Pas besoin de grime, de noirceur artificielle, ni de storytelling surjoué : ici, tout est brut, tout est vrai — ou en tout cas, suffisamment vrai pour sonner juste.
La guitare électrique, à peine éraflée, boucle au-dessus d’un beat R&B lo-fi qui n’a l’air de rien mais agit comme une spirale douce-amère. Mati s’en empare comme s’il parlait à voix haute dans une cuisine vide, quelque part entre confession et improvisation, entre le chant haut perché et le flow dense qui rappelle les premiers élans de Frank Ocean ou même Saba. Son timbre flotte, puis frappe. Il ne suit pas un plan, il suit une émotion.
Le morceau a l’élégance de ceux qui ne cherchent pas à en faire trop : quelques vers égarés dans le désordre d’une journée, des pensées qui s’entrechoquent, l’impression de tout dire sans vraiment expliquer. Il y a quelque chose de très actuel dans cette manière de rapper les nerfs à vif, tout en laissant planer des harmonies lumineuses comme des échappées.
Avec “truthful improv”, Mati signe plus qu’un titre : un moment suspendu, mi freestyle mi prière, qui capte parfaitement cette génération tiraillée entre pression et intériorité, entre l’envie d’exister fort et celle de ne pas trop s’exposer. C’est un morceau qui ne fait pas semblant. Et dans un monde saturé de narrations lissées, ça fait toute la différence.
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juin 4, 2025Imagine une boule disco solitaire, suspendue au plafond d’un club vide, dont les reflets colorés balaient lentement des souvenirs flous. C’est dans cet entre-deux que s’épanouit “Looking for Love” de Ciel Prince : un hymne dansant aux allures de cœur brisé, pulsé par une production électro-pop aux larmes synthétiques et des éclats R&B qui glissent sur la peau comme un souffle chaud.
Il y a chez Ciel Prince quelque chose d’immédiatement attachant, une vulnérabilité assumée qui ne cherche pas à plaire mais qui touche juste. Sa voix — posée avec une fausse désinvolture sur des nappes mélodiques qui évoquent aussi bien The Weeknd que Troye Sivan — s’ouvre sur un vide doux-amer : celui de la quête amoureuse dans un monde ultra-connecté où l’on se frôle sans jamais vraiment se rencontrer. Chaque mot semble à la fois intime et universel, murmuré pour soi mais hurlé dans l’espace numérique.
La force du morceau ne réside pas dans son originalité formelle — le beat électro-pop/R&B est calibré, les transitions efficaces, la structure limpide — mais dans son authenticité émotionnelle. Ciel Prince parle d’amour avec une franchise qui désarme, sans poser de filtre. Il y a quelque chose d’adolescent et d’éternel dans cette recherche, comme si “Looking for Love” condensait à lui seul une nuit entière à scroller, espérer, danser seul dans sa chambre.
Ce n’est pas un banger pour les clubs, mais plutôt une bande-son pour ceux qui rentrent seuls après, le cœur plein d’espoir et d’échos numériques. Ciel Prince ne réinvente pas la pop, il lui rend sa candeur. Et dans ce geste simple, presque naïf, il trouve une forme de vérité.
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juin 3, 2025Il ne chante pas. Il respire. Il laisse couler les mots comme on relâche la pression d’une saison trop longue, trop grise, trop chargée de silence. London Summers, c’est ce souffle chaud et inattendu, cette percée lumineuse au milieu du béton fatigué. Ce n’est pas un tube de l’été. C’est un instant suspendu. Une carte postale sonique envoyée d’un Londres qui ne dure jamais assez longtemps.
Odeal ne fait pas de la musique pour distraire. Il construit des atmosphères. Son timbre, toujours à mi-chemin entre la confidence R&B et la prière Alte, danse ici sur une prod veloutée signée Shae Jacobs et Jack Dine, qui capte le spleen discret d’une ville qui s’éveille tard, mais intensément. London Summers, c’est l’hymne des retours de soirée où la lumière bleue du matin lave les excès. C’est un souvenir déjà nostalgique d’un bonheur trop fragile.
Il y a quelque chose de solaire et mélancolique dans cette façon de poser sa voix. Une gravité douce, forgée dans les cicatrices de son histoire personnelle. Ce n’est pas juste un autre morceau d’un artiste en ascension — c’est une page d’un journal intime, celui d’un survivant, d’un poète moderne, d’un être multiple dont les racines s’entrelacent entre Lagos, Madrid, Londres et un lit d’hôpital.
Odeal ne force jamais les choses. Il propose, il suggère, il incarne. Et dans London Summers, il offre plus qu’une chanson : une sensation. Celle que tout peut encore basculer. Que la ville peut guérir. Que nos corps aussi. À condition d’écouter, très fort, et de croire, même brièvement, que la lumière peut gagner.
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juin 3, 2025Un rideau de velours rouge, un néon qui grésille, une silhouette au ralenti dans une brume artificielle — Maraschino Cherries pourrait s’ouvrir comme un plan de cinéma. Mais ce n’est pas une scène : c’est une sensation. Celle d’un amour frelaté, sucré jusqu’à l’écœurement, accroché au palais comme une cerise trempée dans l’alcool bon marché d’une passion qu’on n’a jamais su boire à petites gorgées.
Summer Nixon ne raconte pas une histoire, elle plante un climat. Avec ce titre aux allures de confession en clair-obscur, elle navigue entre l’addiction affective et la sensualité déliquescente. On pense à ces amours qu’on confond avec la douleur, ces fixations qui brillent trop fort pour être saines. Le morceau enrobe cette tension d’un écrin alt-R&B brumeux, flirtant avec le lo-fi et les textures synthétiques. Les arrangements sont luxueux sans excès, dramatiques sans emphase — une retenue qui fait mal, juste ce qu’il faut.
Les références cinématographiques, de Blade à Sin City, ne sont pas un décor gratuit : elles prolongent ce flou entre fantasme et mémoire. Ce que Nixon réussit ici, c’est cette délicate alchimie entre forme et fond, où la voix, les paroles et la production racontent la même chose — mais chacune avec son propre langage.
Maraschino Cherries, c’est une nuit blanche dans un verre de cristal. Une caresse qui laisse une trace. Une chanson qui n’a pas besoin de crier pour hanter.
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juin 3, 2025Il y a des chansons qui murmurent. Elles n’ont pas besoin de crier pour s’imposer, elles prennent leur place doucement, comme la lumière qui s’installe dans une pièce au petit matin. “Seasons”, déjà l’un des joyaux feutrés de Good Day, le premier album de Mychelle, se réinvente aujourd’hui en un remix inattendu mais parfaitement organique, avec la voix chaude et posée de Protoje, figure centrale du renouveau reggae.
Le morceau est né d’un moment suspendu – un air fredonné en marchant vers un terrain de basket, capturé ensuite par la plume douce de Mychelle et la production subtile de John Trainum. L’arrivée de Protoje sur cette version remixée agit comme un contrepoint élégant : il ne prend pas le morceau, il le complète, l’ancre un peu plus dans la terre. Son couplet s’insère comme une évidence, glissant sur l’instrumental sans jamais alourdir le propos. Il apporte à cette introspection londonienne un souffle caribéen, entre sagesse tranquille et détermination souterraine.
Mychelle, elle, chante toujours avec cette retenue touchante, cette pudeur pleine de justesse. Sa voix ne cherche pas à impressionner, mais à dire vrai — et c’est là qu’elle percute. Avec “Seasons”, elle offre un morceau sur la lente acceptation, sur le temps qui passe et les liens qui se délitent, sans fracas mais avec dignité.
En invitant Protoje, elle fait de Seasons un pont entre Hackney et Kingston, une passerelle entre soul introspective et reggae spirituel. Ce remix n’est pas une retouche marketing — c’est une conversation entre deux artistes profondément humains, qui savent que la force peut être tranquille, et que la sincérité, elle, ne se remix pas : elle s’approfondit.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à t’apprendre quelque chose. Ils ne jouent pas les profs de morale, ils ne cherchent pas de happy end. Ils t’attrapent doucement par le col, te regardent dans les yeux et disent : “Moi aussi, j’y suis passé.” Lost In You de Y.V., c’est ça. Un titre né d’une rupture, mais qui évite tous les pièges du pathos. C’est un murmure de douleur mis en boucle, une confession chuchotée sur un coussin de soul délavée.
Entre néo-soul, R&B brumeux et lo-fi rap, Y.V. construit une ambiance qui ne veut pas briller — juste être vraie. La prod est volontairement minimale : quelques nappes crépusculaires, une basse ronde qui tremble un peu, des percussions étouffées comme les battements d’un cœur qu’on ne veut plus trop écouter. Et sa voix, posée là, fragile mais décidée, comme quelqu’un qui parle pour la première fois après un long silence.
Lost In You n’est pas juste une chanson de rupture. C’est une autopsie. Celle d’un amour qu’on a laissé grignoter trop de soi, jusqu’à ne plus savoir où s’arrête l’autre et où l’on commence. Y.V. ne dramatise pas, il expose. Il tend ses cicatrices, pas pour faire pitié, mais pour qu’on y reconnaisse les nôtres.
Ce n’est pas un morceau à danser, ni même à pleurer. C’est un morceau à écouter seul, dans une chambre un peu trop grande, un peu trop vide. Parce que parfois, laisser partir, c’est le seul moyen de se retrouver. Et Y.V., dans cet entre-deux suspendu, trouve la note juste.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à être dans la lumière, mais qui la créent d’eux-mêmes. Avec In the Headline, Melody Maestro signe un titre qui groove sans forcer, comme un dimanche après-midi d’été, mais qui cogne doucement là où ça fait encore un peu mal. Entre neo-soul, pop rap sensible et une production boom bap vintage dépoussiérée, l’artiste déroule un flow feutré, à la frontière de la confidence et de l’évidence.
https://music.apple.com/us/song/in-the-headline/1815537638
Le morceau s’ouvre comme une page qu’on tourne. Quelques accords de Rhodes, une ligne de basse souple qui rampe sous la peau, puis cette voix, ronde, sans maquillage, qui glisse avec un naturel troublant. C’est beau, oui, mais c’est surtout juste. Melody Maestro ne cherche pas à impressionner. Il raconte. Des souvenirs flous. Des rêves qui se télescopent à la réalité. Une société qui va trop vite, et un cœur qui essaie de suivre.
Ce In the Headline, c’est une métaphore filée — celle d’une vie qu’on ne choisit pas toujours d’exposer, mais qui finit quand même en une. Il parle de pression, d’ego, de l’œil des autres. D’un monde où tout est mis en vitrine, même les cicatrices. Mais plutôt que de s’en plaindre, Maestro choisit la douceur comme arme. Il groove pour résister. Il chante pour rester debout.
On pense parfois à Anderson .Paak, à Little Simz, à ce croisement rare entre technique et tendresse. Et pourtant, ce morceau n’appartient qu’à lui. Il n’a pas besoin de crier : il s’infiltre, s’imprime, reste. In the Headline ? Non. En bas de page, peut-être. Mais en gras, assurément.
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juin 3, 2025Avec “Big Mouth”, focus track de leur dernier album duh., NADUH revient plus insolent, plus cosmique et plus affûté que jamais. C’est un morceau qui ne demande pas la permission pour exister — il débarque, met les pieds sur la table et fait taire tous les “grands parleurs, petites actions” qui polluent l’énergie d’un bon moment.
Le titre démarre en douceur, sur un intro mélodique presque charmeur — mais ne vous laissez pas berner. Très vite, la vibe bascule dans une afroRnb groovy et mordante, où chaque ligne est une claque élégamment lancée. “Big Mouth” a des allures de diss track, mais dans le style NADUH : sensuelle, espiègle, et diablement empowerée. C’est une chanson pour celles et ceux qui en ont marre des personnes qui monopolisent l’espace, tuent les vibes et parlent pour ne rien dire.
Fidèle à leur ADN mêlant R&B, hip-hop, et astrologie décomplexée, le collectif venu tout droit de Vénus (selon leurs dires) continue de bousculer les codes terriens avec humour, groove et assurance. Chaque morceau de NADUH est une célébration du pouvoir féminin, du lâcher-prise et de l’intuition, et “Big Mouth” en est le parfait exemple : c’est fun, audacieux, mais toujours précis.
Avec cette nouvelle sortie, NADUH confirme qu’elles ne sont pas là pour jouer à la bonne élève. Elles prennent de la place — et elles le font avec style. “Big Mouth” est à ajouter direct à vos playlists afropop, rap-pop et confidence boost. Un son pour marcher dans la rue comme si c’était un runway, en silence… pendant que d’autres parlent trop.
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juin 3, 2025Avec “Ever Since You Said I’m Leaving”, Monro ne se contente pas de chanter la fin d’un amour — il la déconstruit, section par section, émotion par émotion. Le titre agit comme une fresque sonore de la rupture, oscillant entre orage intérieur, nostalgie douce-amère, et résignation lumineuse. Et pour la première fois, l’artiste ne se cache plus derrière la console : il prête lui-même sa voix, dévoilant un pan nouveau, plus intime, de son art.
Dès l’ouverture, la production frappe par sa richesse : textures superposées, ruptures de rythme, nuances électroniques et acoustiques qui se fondent dans une narration émotionnelle précise. Monro a voulu que chaque moment musical reflète un état d’âme — et le pari est réussi. Du chaos initial, presque grinçant, on glisse vers une phase introspective, avant de sombrer dans une outro suspendue, lente, presque cathartique.
Connu pour son travail en coulisses aux côtés de grands noms — et nominé aux Grammys et aux Juno Awards — Monro assume ici une mutation artistique majeure. Plus qu’un producteur de l’ombre, il devient un conteur de l’intérieur. “Ever Since You Said I’m Leaving” marque un tournant : celui d’un créateur qui ne se contente plus de produire, mais qui incarne, expose et ressent.
Influencé par un passé nourri de hip-hop, rock, R&B et pop, Monro livre ici un morceau à la fois personnel et universel. C’est pour celles et ceux qui ont déjà aimé trop fort, trop longtemps. Pour celles et ceux qui doivent maintenant apprendre à vivre avec le silence laissé derrière.
Un single poignant, ambitieux, et parfaitement exécuté — qui donne un premier aperçu bouleversant de l’univers solo que Monro dévoilera tout au long de 2025. À surveiller de très près.
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juin 3, 2025Dès les premières secondes de “It Feels Like…”, Hania Obeah ne vous demande pas la permission — elle vous emporte. Ce n’est pas une chanson, c’est une expérience sensorielle. Une onde douce et magnétique, un souffle hypnotique dans un monde trop bruyant. Ici, l’alternative R&B devient un espace flottant, texturé, profondément intime.
Hania tisse un son néo-soul à la fois éthéré et viscéral, un cocon sonore où chaque élément est à sa place : des synthés discrets comme une respiration, des percussions fines qui glissent sous la peau, et surtout, cette voix… feutrée, hantée, presque chuchotée. Elle ne surjoue rien. Elle laisse l’émotion couler, brute mais élégante, comme une confession faite dans l’obscurité.
“It Feels Like…” ne suit pas de structure classique. Elle vous capte, vous enrobe, vous laisse dériver. On pense à FKA twigs, à JMSN, à cette ligne fine entre soul et abstraction, entre l’intime et l’invisible. La musique ici devient sensation, comme si Hania écrivait directement sur votre système nerveux.
C’est un morceau pour les fins de nuit, pour les moments où le silence fait trop de bruit. Un titre qui ne cherche pas l’approbation mais la connexion — profonde, presque spirituelle. Hania Obeah prouve avec ce morceau qu’elle n’est pas juste une voix de plus dans le paysage R&B alternatif : elle est une présence. Une signature sonore qui murmure plutôt que crier — et c’est précisément ce qui la rend inoubliable.
“It Feels Like…” — à écouter seul·e, les yeux fermés, pour mieux se retrouver.
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juin 3, 2025Avec “GO OUTSIDE”, Shyheim Nwadiei signe un hymne doux-amer, hybride et nécessaire. À mi-chemin entre neo-soul caressante, R&B introspectif et cloud hop contemplatif, ce quatrième single de l’année est une tape sur l’épaule — et une claque bienveillante — adressée à toute une génération coincée derrière les écrans.
Porté par une prod brumeuse et organique, le morceau déroule un groove nonchalant, presque méditatif, où chaque note semble dire prends le temps. Mais attention : sous ses allures chill, GO OUTSIDE n’est pas qu’un mood. C’est aussi un message clair, frontal même. Shyheim parle aux kids, aux scroll addicts, aux rêveurs digitaux : il les invite à ouvrir les rideaux, à mettre un pied dehors, à chercher la vérité ailleurs que dans les filtres.
Sa voix, posée, douce mais ferme, glisse sur l’instrumental comme une conversation à cœur ouvert. Il y a un côté Frank Ocean lo-fi dans l’esthétique, une touche de Steve Lacy dans la liberté, et un soupçon d’emo hip-hop dans l’honnêteté presque naïve du propos.
Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre. Shyheim ne juge pas. Il observe, partage, et propose un autre chemin — celui du réel, du tangible, du vivant. “GO OUTSIDE” devient alors un mantra générationnel, une porte entrouverte vers l’instant présent.
Un morceau à écouter les fenêtres grandes ouvertes, casque sur les oreilles… ou pourquoi pas sans casque du tout. Parce qu’au fond, c’est peut-être juste ça que Shyheim nous dit : la vraie vibe, elle est là, dehors.
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juin 3, 2025Dès les premières mesures de “PRIORITIES”, on sent que ce n’est pas un morceau comme les autres. C’est une zone grise, magnétique, où les émotions flottent entre ombre et lumière, portée par une prod élégamment sombre signée Guy Moses, et la voix mi-chantée, mi-rapée de Shaked Miller, qui livre sa vérité sans détour.
Cette première collaboration entre les deux artistes fonctionne comme une alchimie inattendue : Miller injecte dans le morceau une vulnérabilité brute, presque désarmante, pendant que Moses tisse un paysage sonore dense, où les synthés glacés s’entrechoquent avec des basses lourdes et des rythmiques suspendues. On est quelque part entre The Weeknd, 070 Shake et James Blake, dans un territoire sonore où l’introspection devient terrain de jeu.
“PRIORITIES”, quatrième extrait du très attendu LP de Guy Moses, explore les tiraillements internes : choix, regrets, ambitions qui se frottent à la réalité émotionnelle. Ce n’est pas juste un morceau “conscient”, c’est un aveu mis en musique — une confession emballée dans un écrin de dark pop scintillante.
Le morceau ne cherche pas à plaire à tout prix. Il dérange autant qu’il séduit, avec ses refrains hantés et son flow nonchalant qui cache mal une tension intérieure. Et c’est précisément ce qui rend “PRIORITIES” si addictif : ce mélange entre retenue et intensité, entre esthétique léchée et fêlure à peine dissimulée.
Guy Moses et Shaked Miller viennent de poser une pierre angulaire à un univers sonore qui promet d’être aussi sombrement beau que résolument moderne. À suivre de près, très près.
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juin 3, 2025Il y a des chansons qui n’ont pas besoin d’en faire trop pour vous envelopper. “Foolish”, le dernier single de David Morin, est de celles-là. Ce titre, extrait de son album à venir Light Waves, est une ballade neo-soul contemporaine qui flirte avec le classicisme R&B des années 90 tout en gardant une fraîcheur profondément actuelle. C’est simple, doux, et diablement efficace.
Avec “Foolish”, David Morin ne joue pas la carte de l’égo : il expose sa vulnérabilité avec une sincérité désarmante. La voix est chaude, légèrement éraillée par l’émotion, et glisse sur une production soul minimaliste, portée par une basse ronde, des accords feutrés et un groove lent, presque paresseux — exactement ce qu’il faut pour se laisser happer. C’est le genre de morceau qu’on écoute les yeux fermés, la tête penchée vers le souvenir d’un amour trop fort, trop beau, ou peut-être déjà trop loin.
David Morin n’est pas un inconnu dans le paysage R&B indie : ses précédents projets ont déjà séduit ceux qui aiment quand la soul prend son temps, quand les mots ont du poids et que la mélodie vous serre doucement le cœur. Avec “Foolish”, il signe une ode à l’amour (trop ?) aveugle, au moment où l’on sait qu’on est peut-être en train de se perdre… mais où l’on fonce quand même.
Un bijou approuvé par EXTRAVARNB, à ajouter sans hésiter à votre playlist nocturne. Foolish est une preuve que le R&B authentique, sensible et intemporel est bien vivant — et qu’il a encore beaucoup à dire.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de faire danser — ils racontent, inspirent, élèvent. “Bagpack” de Chechi Sarai est de cette trempe-là : une fusion chatoyante d’afropop, de R&B contemporain et de pop alternative, portée par une production ciselée et une narration profondément personnelle. Derrière ses rythmes envoûtants et ses guitares congolaises en cascade, se cache l’histoire d’une fille de Pontiac, Michigan — Yak Town pour les intimes — qui rêve d’un ailleurs, sac toujours prêt dans le dos.
Dès les premières mesures, “Bagpack” accroche : les basses grondent avec élégance, les percussions cognent avec précision, et les riffs de guitare polyrhythmiques tissent une texture à la fois organique et aérienne. Ce n’est pas juste une ambiance, c’est un paysage sonore — vibrant, mouvant, riche de toutes les influences que Chechi Sarai embrasse avec audace.
Mais c’est dans la voix que réside toute la magie. Douce, déterminée, subtilement mélancolique, elle évoque l’espoir sans naïveté, la résilience sans victimisation. Ce bagpack n’est pas un simple accessoire : c’est un symbole. Celui d’une vie en marche, de rêves qui ne tiennent pas en place, d’une ambition féminine qui refuse d’attendre une permission pour exister.
Chechi Sarai continue ici de tracer une ligne singulière dans le paysage musical actuel : un pont entre la diaspora africaine et les récits nord-américains, entre la puissance de l’intime et la portée universelle. “Bagpack” est une chanson-monde, une main tendue à tous ceux qui rêvent grand depuis un petit coin du globe.
Un hit doux, sincère, et résolument moderne — à écouter avec le cœur, et pourquoi pas, un sac prêt pour demain.
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juin 3, 2025Si vous pensiez que l’afrobeats ne pouvait être que doux, festif ou romantique, Dumomi The Jig est là pour remettre les pendules à l’heure. Avec “Ojoro”, il balance un récit tranchant sur l’amour piégé, la tromperie… et la revanche bien servie. Le tout, évidemment, posé sur une production afro-rnb irrésistible, pleine de swing, de chaleur, et de cette touche piquante qu’on n’oublie pas.
“Ojoro”, en Yoruba, c’est la tricherie, la malhonnêteté. Et ici, Dumomi ne mâche pas ses mots : il raconte l’histoire d’un homme blessé, qui découvre que sa partenaire joue double-jeu — avant de retourner la situation et de “la battre à son propre jeu”. Plutôt que sombrer dans la plainte, il choisit le chemin de la revanche élégante : un autre regard, une autre femme, une autre vie. Deux peuvent jouer, et cette fois, c’est lui qui gagne.
Musicalement, “Ojoro” est une claque douce-amère. Les percussions claquent avec une précision chirurgicale, les guitares dansent à la manière des classiques afrofusion nigérians, et la voix de Dumomi The Jig flotte entre accusation blessée et fierté retrouvée. Il y a du feu sous la nonchalance, de la douleur transformée en groove. Une vibe qui rappelle que même les morceaux les plus dansants peuvent porter des vérités acides.
C’est ça, la magie de Dumomi : dire l’indicible avec style, faire bouger la tête pendant que le cœur cogite. “Ojoro” n’est pas juste un banger afro — c’est un message codé, une leçon de dignité rythmée. À jouer fort, pour celles et ceux qui en ont assez des jeux tordus.
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juin 3, 2025Dans un monde qui tourne trop vite, Bishop Sparks nous offre une pause. Avec “Time”, le musicien et producteur originaire de Flatbush, Brooklyn, déploie toute la palette de son univers intime et raffiné, quelque part entre néo-soul rêveuse, jazz discret et souffle indie R&B. C’est un morceau qui ne cherche pas à impressionner, mais à envelopper, à ralentir les battements, à faire sentir chaque seconde.
Dès les premières notes, on reconnaît la patte de Bishop. Le groove est feutré, les textures organiques : on devine la basse caressée, le saxophone qui plane en arrière-plan comme un murmure lointain. Tout ici respire la maîtrise, l’écoute, la nuance. “Time” n’est pas un simple track, c’est un climat — une bulle hors du bruit.
La voix de Bishop Sparks, douce et posée, glisse entre les accords avec cette fragilité élégante propre aux grandes plumes du genre. Il y parle du temps qui échappe, des instants qu’on voudrait figer, des amours qu’on laisse s’éteindre trop vite ou qu’on tente de retenir. Rien de surjoué, juste une sincérité désarmante, comme un journal intime qu’on aurait mis en musique.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre le fond et la forme : Bishop écrit, compose, produit — tout lui appartient, tout est pensé. Ce contrôle artistique total lui permet de proposer une musique profondément personnelle, sans compromis, où chaque silence a du sens.
Avec “Time”, Bishop Sparks prouve qu’il est l’un des artisans les plus subtils de la scène neo-soul alternative. Un morceau à écouter de nuit, casque vissé, cœur ouvert. Parce que parfois, ralentir, c’est tout ce dont on a besoin.
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juin 3, 2025Chechi Sarai ne se contente pas de chanter — elle fait rayonner. Avec “GEM IN I”, l’artiste livre un hymne vibrant à l’amour, à la vie et à la liberté, fusionnant les textures de l’Afropop, les subtilités du R&B contemporain et une touche d’alt-pop cosmique. C’est une célébration à la fois intime et universelle, portée par une musicalité soignée et une voix qui ensorcelle.
Dès les premières notes, les riffs de guitare congolaise captivent : chaleureux, dynamiques, dansants. Ils s’entrelacent à une basse pulsante et une percussion qui respire la tradition tout en étant résolument moderne. On sent dans “GEM IN I” une volonté claire de connecter les racines africaines à une pop mondialisée — mais sans jamais les diluer. L’équilibre est subtil, maîtrisé, élégant.
Et puis il y a la voix. Chechi Sarai passe des graves pleins de soul aux aigus cristallins avec une facilité presque irréelle. Elle ose même les whistle notes — ces envolées célestes à la Mariah Carey — mais sans jamais tomber dans la démonstration. Chaque variation est au service de l’émotion. Elle ne survole pas son texte : elle l’habite, le danse, le libère.
“GEM IN I” n’est pas juste un titre dans une playlist estivale. C’est un moment suspendu, une échappée belle vers un ailleurs coloré, solaire, réconfortant. Une invitation à danser ses émotions, à célébrer ce qui nous rend vivants, beaux, brillants.
Chechi Sarai signe ici un morceau taillé pour les scènes internationales, sans jamais perdre l’âme de ses influences africaines. Un gem, un vrai.
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juin 3, 2025Parfois, une chanson arrive comme une faille. Une ouverture dans l’ordinaire, un passage secret vers un univers parallèle tissé de textures synthétiques et d’états d’âme lézardés. bad ambition, premier extrait du projet conceptuel de typ.o en collaboration avec amstill, fait exactement cela — une descente lente et obsédante dans l’ombre de Mope, entité fictionnelle mais viscéralement humaine, condensé de nos émotions les plus lourdes.
Dès les premières secondes, le morceau impose son ambiance : nappes cotonneuses, rythme suspendu, voix qui flottent entre spoken word sous Xanax et chant R&B spectral. C’est une langueur parfaitement maîtrisée, presque vénéneuse, comme si Frank Ocean avait décidé d’écrire un dialogue intérieur sous acide. On entre dans un labyrinthe où chaque mot hésite, trébuche, rebondit sur les parois d’un esprit rongé par la dépendance affective.
Ce qui intrigue dans bad ambition, c’est cette dualité narrative entre Mope, protagoniste incarnant les pensées noires, et un narrateur anonyme, témoin impuissant ou conscience ironique — à la fois complice et juge. Le dialogue qui s’installe entre eux donne au morceau une dramaturgie discrète mais puissante, comme un théâtre mental où l’égo et le mal-être dansent un slow toxique.
Production minimaliste, mais riche en micro-détails. Chaque silence pèse. Chaque effet sonore semble venir de l’intérieur, comme un écho de pensées trop longtemps murmurées. Et puis vient l’interjection finale du narrateur, un bris net dans la boucle hypnotique : rappel que le voyage ne fait que commencer, et que ce n’est qu’une première escale dans l’univers trouble de l’album à venir.
Avec bad ambition, typ.o signe une entrée en matière aussi étrange qu’envoutante, un prologue troublé d’un projet qui promet d’être à la fois conceptuel et profondément émotionnel. Si Mope est l’ombre, typ.o est la lumière tamisée qu’on allume pour l’écouter pleurer.
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juin 3, 2025Il rappe comme on se confesse à demi, il chante comme on espère sans trop y croire. Dumomi The Jig, franco-nigérian au groove migrant, ne sort pas des morceaux : il lâche des fragments de lui-même. Et ses deux dernières offrandes, War (avec LAYYAH) et Fantasy, tracent les contours d’un artiste aux émotions bipolaires — moitié feu, moitié velours.
War, c’est la tension dans l’air, trap millimétrée et sirènes intérieures. Sur une prod claquante, froide et millésimée 2025, Dumomi et LAYYAH ne s’affrontent pas, ils s’équilibrent. Elle a la voix vaporeuse d’un reproche qu’on ne veut pas entendre, lui balance ses versets comme on jette ses tripes sur une table. Le morceau respire le conflit amoureux, celui qui n’explose pas en cris mais qui gronde dans le regard, dans l’espace entre deux silences. C’est l’amour en état d’urgence, avec la Trap comme langage premier. Une embuscade sentimentale.
À l’opposé du spectre, Fantasy réchauffe les corps et dilate les pupilles. AfroR&B charnel, caressant, entre caresses vocales et pulsation douce d’un beat au tempo sensuel, ce titre est une lettre d’amour ouverte. La voix de Dumomi y est plus fluide, presque sucrée, comme s’il passait du guerrier au poète sans prévenir. C’est une promesse dansée, une berceuse d’adulte, une façon de dire “je t’aime” sans passer par la case cliché.
Ce diptyque révèle un musicien polymorphe, aussi à l’aise dans l’introspection que dans l’extériorisation. Quelqu’un qui refuse de choisir entre ses racines nigérianes et ses inspirations londoniennes. Entre l’urgence du bitume et l’élégance des émotions.
Dumomi The Jig, ce n’est pas un genre : c’est une tension. Et c’est précisément là que réside sa force.
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juin 2, 2025Ce n’est pas un retour, c’est une reconquête. MonaVeli, la voix qui mord et murmure à la fois, balance “HOME” comme un cri d’alarme devenu chant de victoire. Une boucle qui commence dans les cendres d’un amour vicié et s’achève dans l’affirmation crue d’une identité retrouvée. Ce n’est pas un morceau, c’est un exorcisme – avec 808 en guise de marteau et plume acérée comme dague.
Sur ce track hybride, aux interstices de l’indie R&B et du hip-hop alternatif, la production se plie aux humeurs de l’artiste : aérienne et sinistre, tendue comme un cœur sur le point de craquer, puis brutalement syncopée, comme un sursaut de lucidité. Il y a quelque chose de viscéral dans cette musique, un refus de faire joli. Et tant mieux. “HOME” n’est pas là pour panser. Il est là pour gratter, saigner, puis guérir.
MonaVeli, poétesse devenue rappeuse, injecte dans chaque ligne la rage douce des êtres qui ont trop encaissé. Sa voix flotte, puis frappe, passe de l’éther au bitume sans prévenir. Une sœur d’âme de Sailorr, une cousine rebelle de Beyoncé époque Lemonade, elle trace sa propre lignée : celle des femmes qui refusent de se taire, même quand ça fait mal. Surtout quand ça fait mal.
“HOME” est peut-être le titre, mais le vrai sujet, c’est l’absence : celle d’un lieu sûr dans un amour toxique, celle d’une version de soi qu’on croyait perdue. Et c’est dans cet espace vacant que MonaVeli bâtit. Pas une maison, non. Un royaume. Le sien.
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juin 2, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme on entrouvre une fenêtre sur soi, à l’heure où la ville dort et où les émotions, elles, veillent. “Lavender Moon” de Kora Lei est de cette étoffe rare, cousue dans une nuit violette, douce et électrique, où chaque note semble suspendue dans le souffle du renouveau.
Kora Lei ne cherche pas à briller. Elle luit. D’un éclat sourd, magnétique, un peu brumeux. Son R&B n’a rien de clinquant : c’est une caresse aux contours indie, une matière vivante qui hésite entre rêve éveillé et confession murmurée. Il y a dans ce morceau quelque chose de cérémoniel, presque mystique — comme une pleine lune colorée de lavande, cette rareté céleste qui, dit-on, porte les promesses d’un commencement, d’un effacement des douleurs anciennes.
La production, minimaliste mais vibrante, navigue entre la sensualité satinée d’une Jhené Aiko et l’élégance onirique d’une FKA Twigs en pleine phase lunaire. Les textures électroniques glissent comme de l’eau sur la peau, tandis que la voix de Kora Lei, éthérée mais habitée, se pose comme une incantation de minuit. C’est une chanson qui ne supplie pas, elle enveloppe. Elle fait de la vulnérabilité un refuge, du silence une pulsation.
“Lavender Moon” n’est pas une balade de rupture, ni une prière d’amour — c’est un espace sacré entre les deux. C’est l’instant précis où l’on se regarde, nu·e·s d’attentes, prêt·e·s à redevenir. Kora Lei ne chante pas pour plaire, elle chante pour s’aligner. Et dans cette quête d’équilibre, elle touche à l’universel.
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mai 30, 2025Certains morceaux ne se présentent pas. Ils apparaissent, comme un frisson qu’on n’attendait pas, un souffle chaud dans la nuque. Sure, premier single de Maame, surgit dans ce silence intérieur que l’on garde pour soi. C’est un murmure assumé, une hésitation mise en musique, une promesse qui tremble avant d’être tenue. Et c’est précisément dans cette fragilité-là que naît la force.
Née entre Kent et Leeds, Maame n’a pas la prétention de révolutionner la pop, mais elle en déplace les lignes, avec la grâce de celles qui ne forcent rien. Elle tisse un cocon sonore où chaque détail compte : une boucle vocale qui se replie sur elle-même comme un secret, une production qui respire, des arrangements d’une pudeur rare, hérités tout autant du R&B alternatif de Amber Mark que des délicatesses harmoniques de Janelle Monáe. Mais Maame ne singe personne. Elle pose son empreinte avec une élégance désarmante, comme si elle chantait les yeux fermés, au bord d’un toit, un soir sans vent.
Ce qui frappe, c’est cette manière de faire cohabiter le charnel et l’éthéré. Sure a la texture d’une larme qui ne coule pas. Il y a là-dedans du spleen adolescent, une conscience aiguë du temps qui passe et qui abîme doucement les liens. Le morceau ne cherche pas à convaincre : il touche, comme une lettre qu’on aurait oublié d’envoyer.
Dans un paysage musical saturé de certitudes tonitruantes, Maame choisit l’ombre mouvante du doute. Et c’est là que sa lumière fait le plus de bruit.
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mai 27, 2025Pas besoin de clignotants quand tout coule. Tinz on Tinz, la dernière offrande de Dumomi The Jig, avance en douceur, comme une soirée qui ne se termine jamais, bercée par les conversations feutrées, les corps détendus, les rythmes qui respirent. Afro-pop au groove subtil, ce morceau n’a rien à prouver — il vit sa vibe, et t’invite à t’y lover.
Avec son flow décontracté et ses textures soyeuses, Dumomi livre ici un parfait équilibre entre chaleur estivale et élégance contemporaine. Rien de trop, juste ce qu’il faut : des percussions fines, une ligne de basse ronde comme un sourire, et une voix qui glisse sans effort, mi-chantée, mi-parlée. C’est ce genre de morceau qu’on lance une fois, puis trois, puis quinze, sans s’en rendre compte. Pas d’effet d’annonce, pas de drops explosifs, mais une constance dans la douceur, dans le détail, dans la fluidité.
Derrière cette simplicité apparente, il y a surtout une maîtrise. Celle d’un artiste — né au Nigeria, basé au Royaume-Uni — qui sait d’où il vient et ce qu’il veut transmettre. Dumomi The Jig ne se contente pas de surfer sur l’afrobeats globalisé : il y insuffle une touche personnelle, une forme d’intimité tranquille. Tinz on Tinz ne court pas après le tube de l’été, il s’inscrit dans une temporalité plus large, presque intemporelle.
Le morceau capte ce moment rare où tout est exactement à sa place — le rythme, le sentiment, le tempo intérieur. Une bande-son pour les jours sans stress, les nuits sans fin, les pensées qu’on laisse voguer sans les retenir.
Un seul mot d’ordre ici : feel good, stay smooth. Et Dumomi le décline sans effort, sur un rythme qui fait du bien sans jamais hausser le ton.
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mai 27, 2025Il ne s’agit pas ici d’une chanson qui cherche à séduire à la première écoute. Click to View d’Anzhee se déploie lentement, comme un souvenir que l’on ouvre à contre-cœur, un message vocal jamais effacé, noyé dans la réverbération d’un cœur trop plein. Loin des standards polissés du R&B mainstream, ce morceau s’inscrit dans une veine alternative qui préfère l’intensité au spectaculaire, le malaise doux à la certitude plastique.
Originaire de Kyiv, Anzhee creuse un sillon personnel, intime, sincère. Dans Click to View, tout est affaire de texture et d’atmosphère. Le beat est minimal, mais chargé d’échos, comme s’il avait été enregistré dans une pièce vide — ou pire, pleine de souvenirs. Les nappes sonores flottent, les silences respirent, et la voix, portée par un delay fantomatique, semble à la fois très proche et déjà loin. Ce n’est pas une performance vocale, c’est une confession. À peine chantée. Presque chuchotée.
Le morceau agit comme une immersion émotionnelle. Pas de climax attendu, pas de refrain qui s’impose : juste une montée subtile, un espace où l’on ressent plus qu’on ne comprend. Il parle de manque, de blessures encore ouvertes, mais sans plaintes : avec la retenue et la pudeur de ceux qui savent que l’amour, quand il part, laisse plus que du vide — il laisse une forme. Une silhouette sonore. Et Anzhee en trace les contours avec une finesse rare.
Click to View s’annonce comme une pierre angulaire d’un projet plus vaste, le préambule d’un album à venir. Un album qui, si l’on se fie à cette première offrande, promet une introspection poétique, teintée de soul moderne, de hip-hop spectral et de mélancolie ultra contemporaine. Un album pour ceux qui, dans la nuit, écoutent encore les battements de leurs silences.
Avec cette approche sincère et atmosphérique, Anzhee ne cherche pas à briller : il veut qu’on ressente. Et c’est exactement ce qu’il réussit à faire.
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mai 27, 2025Ce n’est pas un cri, c’est un flottement. Pas un règlement de comptes, mais une dérive élégante, presque clinique. Avec STRANGERS, Jade Fields n’essaie pas de recoller les morceaux du cœur : il les observe, un à un, à la loupe. Et dans cet entre-deux brûlant — ni rupture, ni réconciliation — il érige un titre d’une finesse rare, à la croisée du R&B alternatif, de la pop rap introspective et d’un romantisme spectral qui ne croit plus vraiment à sa propre magie.
Le morceau débute sans urgence, comme un dialogue intérieur qu’on surprendrait par hasard. La production, tout en subtilité, mêle nappes synthétiques cotonneuses, beats discrets mais nerveux, et harmonies vocales qui se superposent avec une précision chirurgicale. C’est à la fois brumeux et tranchant, fragile et déterminé. Jade Fields ne joue pas les écorchés vifs — il prend le temps de détailler l’absurde d’une relation qui s’efface sans bruit. Comment devient-on étranger à celui ou celle qu’on a aimé dans les moindres détails ? STRANGERS ne répond pas. Il regarde. Il ressent. Il laisse l’angoisse faire son œuvre, sans maquillage.
Et c’est là que réside la force du morceau : dans cette capacité à contenir la douleur dans une esthétique millimétrée, à rendre audible ce point de bascule où la tendresse tourne à vide. Pas besoin de hurler. Les harmonies font le travail, le pont s’insinue comme un regret qu’on fredonne sans s’en rendre compte, et la production retient tout ce que les mots ne peuvent plus dire.
Avec STRANGERS, Jade Fields confirme ce qu’on pressentait déjà depuis Blue Yaris : sa musique ne cherche pas à impressionner, mais à exposer. Il travaille la mélancolie comme une matière sonore, manipule les genres avec une aisance déconcertante, et fait de chaque chanson une exploration émotionnelle à fleur de peau. Ce n’est pas juste une chanson de rupture. C’est une élégie moderne pour ceux qui continuent d’aimer en silence.
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mai 27, 2025Un beat s’allume comme une étincelle dans la brume londonienne, un souffle venu du Delta State se glisse dans les interstices, et soudain WYN pulse. Pas besoin d’annoncer la fête : elle commence dès les premières secondes. Le genre de morceau qui ne demande ni explication ni mise en condition. C’est immédiat. Comme si ton corps avait déjà compris avant toi.
Great Adamz et Orode ne jouent pas à assembler les genres — ils les vivent. Afro-fusion, UK flair, soul d’arrière-plan : tout s’enlace sans friction. Ce n’est pas un featuring, c’est une conversation entre deux amis de longue date, qui se passent le micro comme on se lance un regard complice. Leur complicité est palpable, mais jamais pesante. Elle glisse. Elle danse. Elle respire.
À la base de WYN, une boucle vocale samplée, presque nostalgique, qui agit comme un fil d’or dans la production éclatante. Le beat est soigné mais jamais lisse, le hook accroche dès la première écoute et ne lâche plus. C’est maîtrisé, solaire, mais surtout habité par une légèreté qui fait du bien : celle des morceaux qui n’ont rien à prouver.
Pas besoin d’escalade vocale ni d’effets tapageurs. Ce que proposent Great Adamz et Orode ici, c’est de l’élégance en mouvement. Une chaleur moderne, façonnée par les codes de l’afrobeats mais contaminée avec grâce par les vibrations du monde. WYN ne cherche pas à s’imposer — il s’infiltre, et reste.
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mai 23, 2025Certains morceaux arrivent comme un texto que tu n’enverras jamais. Isn’t Over d’Alexa Kate en fait partie. Il touche juste parce qu’il ne cherche pas à panser, mais à prolonger la brûlure. Un morceau indie pop d’apparence lisse, presque lumineux, mais qui laisse entrevoir les ombres d’une rupture jamais digérée. Comme si le cœur, même cabossé, refusait de lâcher prise.
Alexa Kate chante ce moment universel et douloureusement intime : celui où l’on sait que c’est terminé, mais où l’on continue de rejouer les souvenirs en boucle, comme une série qu’on refuse d’arrêter. Les refrains sont accrocheurs sans être clinquants, les arrangements ont cette brillance commerciale maîtrisée, faite pour plaire, mais pas pour trahir. Il y a du Taylor Swift époque All Too Well dans l’intention, du Gracie Abrams dans la pudeur, et un zeste de transparence générationnelle qui rend le tout profondément touchant.
Les harmonies s’enroulent comme un dernier câlin qu’on prolonge un peu trop longtemps. Chaque mot sonne comme une pensée murmurée à quelqu’un qui ne nous écoute plus. Et pourtant, on continue. Parce que tant qu’on pense à eux, it isn’t over. Le titre devient mantra, piège doux-amer, lieu de résidence temporaire pour tous ceux qui n’ont pas encore osé couper le dernier fil.
Avec Isn’t Over, Alexa Kate ne cherche pas la révolution. Elle vise plus dur : le frisson de reconnaissance, celui qui serre la gorge et fait dire “c’est moi, ça”. Et dans cette retenue, elle frappe plus fort qu’un cri.
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mai 23, 2025Pas besoin d’en faire des tonnes pour briser quelque chose en toi. Sani Knight, 19 ans à peine, déboule de Los Angeles avec BRING ME TO UR <3, un slow-burner R&B infusé de trap, qui flâne quelque part entre une mélancolie de fin de nuit et une envie crue d’intimité jamais satisfaite. Une boucle qui te happe. Un spleen digital. Une voix un peu fêlée mais pleine de velours. Et cette question qu’on évite tous : jusqu’où irait-on pour se sentir enfin entier ?
Loin des démonstrations vocales ou des beats surexposés, BRING ME TO UR <3 joue la carte du minimalisme léché. Le morceau se love dans un espace vaporeux, avec un piano qui respire à peine, des drums ronds et feutrés, et cette sensation d’être dans un rêve un peu flou, juste avant que l’aube ne crame tout. Le style de Sani évoque à la fois 6LACK pour la retenue, The Weeknd des débuts pour la noirceur sensuelle, et une forme de vulnérabilité assumée à la Frank Ocean – sauf que chez lui, les blessures sont encore à vif.
C’est une offrande de cœur tremblant, un appel lancé dans la nuit, sans garantie qu’on te réponde. Et c’est précisément ce qui rend BRING ME TO UR <3 si beau : ce romantisme désespéré, presque naïf, qui ose encore croire que l’amour peut nous sauver. Ou au moins nous faire danser à moitié seuls, dans la lumière bleue d’un téléphone qu’on ne lâche jamais vraiment.
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mai 23, 2025Tout commence par une tension. Pas celle qui crispe, mais celle qui caresse, celle qui annonce une collision imminente entre désir et abandon. Right Now, le dernier single de ZAVI, arrive comme une invitation à se déconnecter du bruit ambiant, à s’offrir une parenthèse tactile et moite, baignée de groove et d’envies inavouées.
On retrouve cette élégance instinctive propre aux productions de ZAVI : un beat doux mais insistant, des nappes synthétiques qui évoquent un dancefloor feutré sous les néons d’un club où l’on chuchote plus qu’on ne crie. C’est de la soul millésimée qui flirte avec un disco moderne, une ligne de basse qui glisse comme une main sur une peau chaude, et une voix… cette voix ! Aérienne et proche à la fois, presque chuchotée à ton oreille, comme si elle te prenait à part au beau milieu de la nuit.
Right Now n’est pas seulement une chanson d’amour : c’est un instant suspendu, une pulsation lente et sensuelle qui fait rimer langueur avec urgence. Le morceau déploie une énergie paradoxale, tout en douceur, mais brûlante de l’intérieur, comme si ZAVI chantait depuis le cœur d’un moment qu’on ne veut surtout pas laisser filer.
Et au fond, c’est ça la force du morceau : il ne t’invite pas à t’installer, il t’attrape par la main et te souffle « viens, c’est maintenant ou jamais ». On a rarement autant dansé avec le cœur serré.
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mai 23, 2025Il y a ce moment précis où le beat tombe comme une déclaration de guerre douce, un 808 qui vibre sous la peau comme un rappel de nos colères rentrées. No Estoy Broke, le nouveau missile de Pretty Dealer, c’est exactement ça : une réponse glaciale à un monde qui te regarde de haut, un doigt tendu vers ceux qui confondent manque d’argent et manque de valeur.
Sur fond de trap minimaliste, le morceau s’installe lentement, presque paresseusement, comme un chat qu’on croit endormi mais prêt à bondir. L’autotune, ici, n’est pas un gadget mais une arme. Elle déforme la voix comme un masque de carnaval triste, accentue chaque syllabe comme si elle pesait son poids en douleur contenue et en fierté mordante. Pretty Dealer ne raconte pas : il déverse, il exorcise, il exalte.
Le refrain claque comme une punchline qui n’a pas besoin de majuscules : ce n’est pas l’argent qui définit l’abondance, c’est la manière dont tu portes ta survie. La pauvreté matérielle n’est pas un naufrage, c’est une position de tir. Et dans cette trap qui respire les ruelles, les regrets stylés et l’insolence maîtrisée, il y a tout un art de se tenir debout dans le chaos.
Avec No Estoy Broke, Pretty Dealer ne signe pas un simple banger. Il dessine les contours d’un manifeste générationnel pour les marginaux magnifiques, les esthétiques cassées, les solitaires flamboyants. C’est laid, c’est beau, c’est vivant. Comme un cri murmuré dans l’oreille d’un monde sourd.
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mai 23, 2025C’est un morceau qui ne cherche pas à faire la une, mais qui glisse sous la peau comme une caresse sincère — Stuck On You, de ROESWRLD, déborde d’une douceur qui n’a rien de naïf. Il s’agit ici d’un attachement profond, sans cris, sans boucles toxiques, sans jeu. Juste l’évidence : celle d’un lien qui s’impose par la tendresse et l’alignement des âmes.
ROESWRLD, originaire de Caroline du Sud, ancre son chant dans les bancs d’église mais le propulse dans une esthétique R&B contemporaine où la soul des années 2000 se mêle à la pudeur des silences bien placés. Pas de démonstration superflue : chaque note est posée comme un aveu, chaque vocalise est une main tendue. On sent l’influence de Jill Scott, d’Erykah Badu, de l’âge d’or du néo-soul, mais aussi quelque chose de très personnel — une intimité nue qui rappelle les premières démos de SZA ou H.E.R., mais sans les filtres.
Ce qui rend Stuck On You si singulier, c’est la justesse avec laquelle il évoque l’attachement dans ce qu’il a de plus simple, mais aussi de plus profond. Ce n’est pas une chanson d’obsession ni une supplique, mais un hymne à cet amour serein qui nous cueille au détour de la vie. Celui qu’on n’attendait pas. Celui qui ne fait pas de bruit. Celui qu’on ne veut plus quitter.
Avec ce titre, ROESWRLD confirme qu’elle n’est pas là pour jouer un rôle, mais pour incarner une voix longtemps gardée secrète. Et désormais, impossible de s’en passer.
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mai 23, 2025Les morceaux mythiques ne meurent jamais. Ils dorment. Ils s’imprègnent de silence, de temps, de vécu. Puis ils reviennent, plus puissants, plus profonds. Millennium (DZL Remix) n’est pas juste une réédition nostalgique : c’est une invocation. Une boucle temporelle entre les brumes moites de la Bay Area de 1998 et les pulsations brûlantes du dancehall jamaïcain.
Née à Alameda, dans un studio mythique qui résonne encore des pas de 2Pac ou des cuivres de Tower of Power, la version originale de Millennium avait déjà le goût du mystère et du cuir : basse ronde, groove lascif, voix qui caressait puis griffait. C’était un morceau pour cruiser la nuit, fenêtres baissées et cœur ouvert.
Mais voilà que Sheba88, en sorcière de la mémoire sonore, décide d’y insuffler une nouvelle vie. Elle s’entoure du maestro jamaïcain Dale Virgo à la production et de Charly B pour les vibes caribéennes, et ensemble ils transforment Millennium en une messe dub. C’est nu, sensuel, presque chamanique. La ligne de basse est un battement de cœur, les échos s’étirent comme des souvenirs qu’on n’ose pas effacer. Et la voix de Sheba88 ? Elle glisse, elle plane, elle mord. Elle fait l’amour à l’espace entre les notes.
Ce remix n’est pas un clin d’œil vintage, c’est une déclaration. Une manière de dire que l’intimité n’a pas d’époque, que la chaleur ne vieillit pas, et que certaines chansons trouvent leur véritable peau bien après leur naissance.
Millennium (DZL Remix) est une leçon de réinvention. Une offrande aux sound systems, aux corps en sueur, aux cœurs qui battent encore pour ce qu’on croyait oublié. Et Sheba88 ? Elle ne suit pas la vague. Elle la crée.
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mai 23, 2025C’est une chanson qui te tombe dessus comme une nuit trop longue, comme une notification d’un message qu’on ne recevra plus jamais. THE END, nouveau single d’AMEN CRSN, n’est pas une énième complainte de cœur brisé. C’est un poème déguisé en uppercut, un souffle retenu qui finit par se rompre, en slow motion, dans les recoins les plus gris de la pop rap rnb actuelle.
Avec sa voix qui n’a pas besoin de forcer pour te parler droit dans l’intime, AMEN CRSN pose un chant désabusé sur une prod minimaliste mais percutante, comme un cœur qui bat sans personne pour l’entendre. Entre spleen digital et romantisme lucide, l’artiste livre ici ce qu’il décrit lui-même comme sa préférée du projet — et on comprend pourquoi : THE END est un diamant brut, un cri maîtrisé, une mise à nu pudique mais nécessaire.
Quelque part entre Frank Ocean et SZA, avec un soupçon de Kendrick Lamar dans l’attitude, AMEN CRSN trace sa route hors des autoroutes de l’émotion prémâchée. Chaque mot est pesé, chaque silence est habité. On n’est pas dans la punchline, on est dans la faille. Et ça fait du bien.
Ce n’est pas une fin. C’est un point d’orgue. Une épiphanie sous autotune, une mélodie qu’on fredonne sans s’en rendre compte alors qu’on est censé être passé à autre chose. Mais rien n’est plus beau que ce qu’on n’arrive pas à oublier. THE END le prouve, en moins de trois minutes.
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mai 23, 2025Rien de plus beau que la renaissance d’un artiste qu’on pensait englouti par la vague. Nate Sky, alias Ezekiel Runnion, revient avec Timeless (SMILE B!TCH), un titre aussi frontal qu’émouvant, où l’arrogance stylisée du hip-hop se teinte de blessures muettes et de sagesse acquise trop tôt. Pas une démonstration de force, mais un uppercut doux-amer envoyé à la vie — à celle qui t’arrache tes parents et te pousse à bouger ville après ville, mais qui t’offre, malgré tout, une scène, un micro, et une raison de recommencer.
Dans ce single au groove accrocheur et aux relents R&B sensuels, Nate Sky mêle auto-dérision, authenticité, et lucidité. Il joue avec les codes du banger égotrip, mais sous la surface, chaque sourire forcé cache une morsure. On sent le vécu dans le flow, la route dans les silences, la douleur digérée dans les punchlines. La production, elle, s’autorise des contrastes : synthés soyeux, beats minimalistes, refrains qui claquent comme un slogan publicitaire, mais où perce un spleen mélodique — un souvenir de ce qu’on a perdu.
Ce morceau n’est pas là pour chercher la hype, il est là pour exister, pleinement, pour dire “je suis encore debout” sans mendier l’attention. C’est une déclaration d’intention : Nate Sky n’a pas besoin de revenir, il était toujours là. C’est juste qu’il a dû faire le tri, prendre un souffle, enterrer les fantômes. Maintenant, il est prêt à parler, sourire au bord des lèvres, cicatrices bien visibles. Et Timeless (SMILE B!TCH) en est la preuve vivante.
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mai 23, 2025Il n’y a pas de frontières dans la musique d’Aleeta. Elle glisse entre les genres comme elle a traversé les continents : l’Éthiopie, l’Allemagne, la Virginie, Los Angeles. De ce nomadisme naît un groove en apesanteur, un souffle neuf sur l’Afrobeats et le R&B, comme si Tems avait dansé sur un sample de TLC à Addis Abeba. Son nouveau morceau Endless Cycle en est la preuve : une boucle amoureuse entêtante, où le désir, la déception et l’extase tournent sans fin, mais toujours en rythme.
Le morceau ne cherche pas à séduire de force. Il charme, presque à voix basse. Un beat soyeux, des basses qui chaloupent sans lourdeur, et cette voix, chaude comme un coucher de soleil à Debre Zeit. Aleeta chante l’amour comme on fredonne un secret qu’on n’a jamais osé confier. Derrière la mélodie accrocheuse, il y a l’obsession douce-amère d’un lien qu’on n’arrive pas à rompre — un “endless cycle” qui brise autant qu’il réconforte.
Co-produit par un ingénieur de haut vol, le morceau garde pourtant la fragilité d’une confession chuchotée sur l’oreiller. On y sent l’influence des grands : la sensualité d’un Rema, l’élégance mélodique d’une Tems, mais surtout une patte personnelle, un savoir-faire à fleur de peau.
Aleeta ne cherche pas à entrer dans une case. Elle en crée une nouvelle, à l’intersection des diasporas et des souvenirs, des rythmes africains et des pulsations R&B, du corps et de l’âme. Endless Cycle, c’est la promesse d’une artiste qui fait de sa multiplicité un art. Et si le monde a encore besoin de preuves que la pop africaine est l’avenir, il suffit d’écouter ce morceau — en boucle.
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mai 21, 2025Sous son pseudonyme de chaussette distordue, DBsock (Mingwei Gao) ne fait pas que sortir un premier EP. Elle propose une cosmogonie. Une chute céleste. Une transformation en cinq actes où chaque note, chaque silence, chaque oscillation vocale agit comme un rite. The Journey n’est pas une collection de morceaux : c’est une métaphore vivante. Une fable moderne racontée par une voix qui vient d’ailleurs, mais qui vibre avec une vérité trop humaine.
Dès Swing, l’ouverture trip hop et flottante, la narratrice se tient en observatrice, suspendue, désincarnée. La production, fine comme une dentelle glitchée, installe un monde qui hésite entre ciel et bitume, entre Portishead et une version lo-fi de Grimes. L’émotion semble filtrée à travers une brume mentale. Puis vient Grow Me the Wings, chant d’émancipation hybride, où l’art pop s’envole au rythme d’envolées vocales quasi angéliques. On pense à FKA twigs, mais aussi à une Björk plus cinématographique, moins expérimentale. La structure s’efface, le morceau respire.
Interlude marque une fracture. Tout ralentit. Le beat s’évanouit, le souffle devient tension. La chute commence. Ce n’est plus le temps de voler, mais de tomber. La voix devient matière. Grave. Terrienne. Root, comme son nom l’indique, retourne à la source. C’est là que la puissance renaît, dans la lente reconquête du corps, du sol, de la douleur même. Enfin, Outro invoque les Furies, non pas comme des vengeresses, mais comme des forces d’intégration. L’aura divine devient humaine, fêlée, combattante.
Ce qui impressionne chez DBsock, au-delà de la voix – modulée, texturée, précise comme un scalpel – c’est la conscience absolue de son récit. Rien n’est laissé au hasard. Ni la structure narrative, ni les respirations, ni les placements rythmiques. L’obsession du détail est palpable, presque viscérale. Et pour cause : chaque son semble répondre à une urgence intérieure. Son autisme, revendiqué sans pathos, devient ici un outil poétique d’une rare puissance. L’émotion n’est jamais surjouée, elle est codée, cryptée, mais ô combien présente. Une vulnérabilité à décoder, pas à consommer.
Dans The Journey, on retrouve aussi la double identité de DBsock : d’un côté, la figure divine, abstraite, presque mystique – de l’autre, une voix humaine, lucide, queer, bricolée, résolument contemporaine. Entre ces deux pôles, une tension magnifique se joue. L’articulation entre esthétique et thérapeutique est totale. Chaque piste est un pas dans le noir, mais aussi une tentative de réconciliation entre les parts éparses d’une identité.
Un premier EP radical, habité, sans concession. À la fois ésotérique et hyper-conscient, The Journey est une œuvre totale – un manifeste personnel sous forme de musique de chambre futuriste. Une offrande rare dans un monde où l’on chante souvent pour être vu. DBsock, elle, chante pour se comprendre. Et ça s’entend.
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mai 21, 2025Il y a dans la voix de Monaire Brwn cette patine, cette chaleur granuleuse, presque analogue, qui évoque les dimanches après-midi dans les rues de Paterson ou les nuits moites de Norfolk, quand les enceintes crachent du 112 ou du Jaheim. Mais “We Know”, sa dernière offrande, ne s’inscrit pas dans une simple démarche rétro. C’est un dialogue entre époques, un clin d’œil appuyé à l’âge d’or du R&B/hip-hop des années 2000, remixé à la sauce d’un cœur qui vibre encore avec une lucidité contemporaine.
Posé sur un sample réincarné de “Touch It” de Busta Rhymes, le morceau pulse d’une énergie douce-amère. La caisse claire claque comme une main sur une table en bois, les nappes vocales glissent comme une main sur une peau qu’on connaît trop bien. Ce n’est pas une chanson, c’est un échange de regards dans un coin de soirée, un “on sait ce que c’est” murmuré entre deux soupirs.
Monaire Brwn, avec sa sincérité désarmante et sa plume chargée de vécu, ne surjoue rien. Il chante comme on avoue, comme on retient. Il est là pour celles et ceux qui aiment quand le R&B sait rester lascif sans devenir cliché, romantique sans être mièvre. La production, en finesse, nous ancre dans une réalité texturée : ça sent le cuir des sièges de voiture, la chaleur du bitume, les relents d’un été qui ne veut pas finir.
Avec “We Know”, Monaire ne cherche pas le tube. Il cherche la connexion. Et dans cette quête-là, chaque auditeur devient complice. Un morceau pour celles et ceux qui savent, sans qu’on ait besoin de leur expliquer.
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mai 21, 2025Il y a des morceaux qui arrivent comme des messagers de l’aube, qui frappent non pas parce qu’ils brillent, mais parce qu’ils ont traversé l’obscurité. “Wake Up The Night”, le nouveau single de TR3VON, n’est pas une simple injection d’énergie dans les veines de la pop électro contemporaine, c’est un hymne viscéral à la survie, une danse sur les braises encore chaudes d’une douleur intime.
Basé à Minneapolis, TR3VON est un météore sentimental qui compose avec ses cicatrices comme d’autres alignent des hooks. Cette chanson, née à la suite de la perte de sa mère, évite les oripeaux du pathos pour nous tendre un miroir flamboyant : celui de l’élan vital qui surgit même quand tout vacille. Ce n’est pas une chanson qui cherche la lumière, elle la forge. À coups de beats entraînants et d’envolées mélodiques, le morceau se construit comme une montée — pas seulement musicale, mais spirituelle. On pense à Robyn, à Years & Years, à ces artistes capables de transformer le deuil en extase nocturne.
Ce qui saisit dans “Wake Up The Night”, c’est la façon dont TR3VON sculpte la joie comme une revanche. Le tempo claque, les synthés respirent large, et chaque ligne résonne comme une affirmation : celle de se remettre debout, de choisir la vie, encore. C’est la bande-son idéale pour celles et ceux qui dansent pour survivre, pour transpirer leur peine et la transformer en lumière.
Et cette lumière-là, TR3VON en fait une matière sonore. “Wake Up The Night” est aussi l’annonce d’un projet plus vaste : PHOENIX, un EP à venir qui promet de poursuivre cette mutation entre douleur et délivrance. On y attend une pop cathartique, épidermique, frontale, qui parle à celles et ceux qui savent que renaître, c’est parfois danser jusqu’au vertige.
TR3VON ne cherche pas à séduire. Il cherche à guérir. Et dans cette quête, il nous embarque avec une sincérité rare.
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mai 20, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de s’écouter. Ils rampent sous la peau, s’insinuent dans les recoins du silence et allument une fièvre douce. Harder, nouveau morceau de Kirachii, en fait partie. La chanteuse venue de Detroit, ville aussi mythique que fracturée, livre ici un slow brûlant, moite, où la vulnérabilité et la tension sexuelle se superposent dans un écrin de velours noir.
Pas besoin d’effets superflus : Kirachii mise sur l’épure. Quelques notes lancinantes, une ligne de basse étouffée, des nappes synthétiques qui s’évaporent dans la pénombre, et surtout, cette voix. Une voix qui caresse autant qu’elle mord, qui implore et qui exige, un murmure habité, à la frontière de la confidence et de l’injonction.
Harder n’est pas une ballade, c’est un vertige. Elle transforme la fragilité en pouvoir, le désir en terrain de lutte. Chaque mot suinte le contrôle autant que l’abandon, dans un équilibre rare entre maîtrise et effleurement. Il y a du Sade dans cette manière d’habiter l’intime, du Aaliyah dans l’élégance lascive, mais Kirachii ne copie personne. Elle trace sa propre voie, plus charnelle que romantique, plus instinctive que calculée.
Ce n’est pas juste une chanson d’amour. C’est un sortilège lancé à l’oreille, un appel sans détour. Avec Harder, Kirachii ne cherche pas l’attention : elle la possède déjà.
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mai 20, 2025Il y a dans Wifey-In-The-Making ce quelque chose de trouble et délicieux, comme un message vocal laissé à 2h47 du matin, que Kaieo aurait hésité à envoyer, puis finalement balancé, la gorge nouée et le cœur en roue libre. C’est une ballade en velours néo-soul, cousue de silences gênés et de refrains trop sincères. Une chanson qui ne joue pas les gangsters du love, mais plutôt les naufragés d’un attachement trop rapide, trop intense, trop mal adressé.
Le morceau groove comme un vieux souvenir d’Usher qui aurait été remixé par un producteur fan de Drake et de Smino. La prod est simple, propre, humide – nappes R&B, touches de trap discrètes, ligne de basse qui glisse entre les draps. Mais c’est la voix de Kaieo, douce, légèrement éraillée par le doute, qui tient tout : elle épouse les doutes, les accélérations de cœur, les chutes d’orgueil. Il chante comme on se parle à soi-même, entre lucidité cruelle et fantasmes collants.
Wifey-In-The-Making n’est pas un hymne à l’amour, c’est un slow toxique. Une ode aux emballements mal maîtrisés, aux illusions bienveillantes, aux scénarios qu’on s’écrit seul dans sa tête. Et Kaieo ne cherche pas à se sauver. Il s’écoute tomber, comme nous tous parfois. C’est séduisant, un peu triste, diablement humain.
Un track parfait pour les fins de soirées moites, quand on danse seul, téléphone à la main, à deux doigts d’envoyer un dernier « tu dors ? » à la mauvaise personne.
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mai 20, 2025Il y a dans Before You Say Goodbye un souffle chaud, presque trop. Comme un dernier regard jeté par la fenêtre d’un taxi avant que le feu passe au vert. U.See, qu’on connaissait pour ses élans R&B d’inspiration afro-soul, s’associe ici à CHALE pour livrer un slow burn d’une intensité moite, un Afrobeats taillé pour les soirs sans fin, entre promesses murmurées et départ inévitable.
Le morceau s’ouvre comme une caresse en suspens. Quelques notes suspendues, une rythmique chaloupée, un beat délicatement syncopé — et puis cette voix. U.See n’en fait jamais trop. Il ne cherche pas à conquérir, il invite. Il suggère. Il laisse l’oreille glisser lentement sur le satin d’une mélodie à mi-chemin entre Lagos et Atlanta, entre la nostalgie d’un amour à bout de souffle et l’urgence de retenir ce qui peut encore l’être.
CHALE, en invité, complète le tableau avec justesse. Son flow fluide, sa diction nonchalante, viennent renforcer cette impression d’un dialogue intime entre deux amants qui n’ont plus de temps, mais encore quelques battements de cœur à partager.
Dans Before You Say Goodbye, la fusion des genres est organique, évidente. Le R&B s’enlace à l’Afrofusion sans chercher à séduire l’algorithme. Il y a du Burna Boy dans l’élan, du Wizkid dans l’ombre portée, mais surtout cette sincérité brute qui caractérise U.See : celle d’un artiste qui préfère la sensualité à l’esbroufe, l’émotion à la démonstration.
Ce n’est pas juste un morceau d’Afrobeats. C’est une confession sous la lune, un au revoir en slow motion, un baiser suspendu dans l’air lourd de fin d’été. Une chanson à écouter le cœur entrouvert, dans les instants où tout peut encore basculer — avant qu’il ne soit trop tard.
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mai 19, 2025Ce n’est pas un comeback, c’est une renaissance. Coast in Romance, nouveau single signé Shaun Royal, n’a rien de tapageur. C’est une caresse funk, un slow à l’ancienne, un souvenir qu’on croyait oublié dans la boîte à gants d’un cabriolet R&B. À l’heure où les hits s’enchaînent plus vite qu’ils ne s’écoutent, Shaun et son complice Blaq Thompson appuient sur pause. Et ils ont bien raison.
Tout ici sent la passion artisanale. Le morceau a été mijoté dans “The Kitchen”, leur home studio de Los Angeles, et ça s’entend : les voix sont nues, sans effets superflus, les arrangements précis mais jamais rigides, les émotions brutes. Shaun ne cherche pas à impressionner, il veut toucher — et il y parvient avec une aisance déconcertante. Sa voix, limpide et nuancée, glisse sur la prod comme un vinyle un peu usé, mais toujours fidèle.
Inspiré par les grands maîtres du R&B sentimental — Tevin Campbell, Bobby Brown, MJ en mode The Way You Make Me Feel — Coast in Romance assume son romantisme à l’ancienne, son goût du slow burn, sa foi dans l’amour qui prend son temps. Un amour à l’envers de l’époque, sans scroll ni swipe, un amour qu’on cultive comme une chanson qu’on réécoute, encore et encore.
Mais attention : ce n’est pas de la nostalgie stérile. Shaun Royal injecte dans ce morceau une foi douce, presque mystique, en la puissance du lien humain. “Don’t rush past the bumpy roads, it’s not a race,” souffle-t-il, comme une promesse murmurée à minuit. Et soudain, tout devient simple : ralentir, respirer, ressentir.
Coast in Romance est un morceau qui ne demande rien, si ce n’est qu’on l’écoute avec le cœur ouvert. Une bande-son pour les trajets sans destination, les histoires qui prennent leur temps, les baisers qu’on n’ose pas presser. Dans un monde obsédé par l’instantané, Shaun Royal nous rappelle que le vrai luxe, c’est de coaster… en amour comme en musique.
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mai 19, 2025Quelque chose vacille, puis se pose. Lay It All Down de Rebecca Anderson ne fait pas de bruit en arrivant, mais on comprend vite qu’on est en présence de ces morceaux qui écoutent autant qu’ils se chantent. On l’imagine seule dans une pièce, à mi-chemin entre la prière et l’aveu, posant ses mots comme on pose des pierres sur un autel personnel. Ce n’est pas une chanson de foi au sens dogmatique, c’est une chanson de foi au sens tactile : croire en ce que l’on ne voit pas, mais que l’on ressent, malgré tout.
Rebecca Anderson ne compose pas pour impressionner. Elle creuse. Et dans cette fouille lente, méthodique, elle déterre quelque chose d’universel : ce moment où l’on comprend que continuer, ce n’est plus serrer les poings, mais lâcher prise. Lay It All Down est une offrande sans artifice, une déclaration de faiblesse qui devient paradoxalement une forme de force nue. Sa voix ne cherche pas le spectaculaire, elle cherche juste à atteindre – et elle touche, droit au centre.
Il y a dans cette mélodie quelque chose de l’ordre du seuil. Un entre-deux fragile entre le terrestre et le céleste, comme si le morceau hésitait à s’élever ou à rester là, les pieds dans la poussière, au plus près de ceux qui doutent encore. Les arrangements sont minimalistes, presque timides : une guitare, quelques harmonies retenues, un souffle discret d’ambiance. Et c’est précisément cette pudeur qui fait tout. Le silence entre les notes devient un langage à part entière.
Rebecca cite Dieu, mais elle pourrait tout aussi bien parler de l’amour, de la mémoire, de la tendresse qu’on abandonne trop vite. Cette chanson parle moins de religion que de redéfinir ce que signifie croire, aujourd’hui, dans un monde désorienté où tout vacille, où rien n’est jamais totalement à soi.
Lay It All Down est une réponse à l’agitation, à la performance, à la crispation. C’est un moment suspendu, un repli poétique qui rappelle que parfois, le chemin ne commence qu’après l’abandon. Un morceau à écouter comme on ouvre une fenêtre au petit matin, sans attendre de miracle, juste pour sentir l’air passer à nouveau.
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mai 19, 2025Une voix suspendue dans le vide, un accord de guitare effleuré comme une question qu’on n’ose pas poser. Puis le sol se dérobe. OMEN, le nouveau single de Shy Puma, ne se contente pas d’être beau — il convoque. À mi-chemin entre prière intérieure et hallucination sonore, ce morceau est un écho déchirant à nos moments de doute, quand le silence résonne plus fort que n’importe quelle réponse.
Toujours en équilibre entre le sensible et l’éthéré, Shy Puma poursuit l’écriture d’un répertoire qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher juste. Après un Don’t Rush Me acclamé pour sa vulnérabilité aérienne, OMEN annonce un virage plus dense, plus cinématographique. La production, signée avec Alessandro La Barbera, ajoute une épaisseur quasi-visuelle à ce morceau qui se vit comme un rituel : intro acoustique intime, puis une montée en tension où les basses grondent, les batteries cognent comme des tambours sacrés, et les textures s’enroulent autour de la voix comme un manteau de fumée.
“Tell me it won’t be long / Tell me I will be wrong” : ce refrain devient incantation, mantra anxieux scandé jusqu’à la transe. Au cœur de cette tempête, la structure se brise volontairement : un pont psyché, des voix en spirale, des échos noyés dans la reverb… tout y est pour créer une impression de vertige doux, d’abandon nécessaire.
Ce que Shy Puma réussit ici, c’est à rendre palpable l’espace flou entre foi et panique, entre croyance et lucidité. L’“omen” dont elle parle n’est ni bon ni mauvais — c’est une sensation, une vibration que l’on pressent plus qu’on ne la comprend. Le morceau se termine comme il a commencé : dénudé, presque fragile, mais chargé de tout ce qu’on a traversé.
Avec OMEN, Shy Puma s’impose comme une cartographe de l’intime cosmique, de ces zones où les émotions humaines prennent des proportions célestes. C’est une musique qui parle bas, mais qui hurle à l’intérieur. Une offrande à écouter en pleine nuit, le cœur ouvert, en quête de quelque chose d’indéfinissable — peut-être un signe, peut-être rien. Mais toujours, une sensation.
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mai 10, 2025On pourrait croire qu’on a tout entendu sur les chansons de rupture, mais Alpha Menjoh trouve une manière fraîche et terriblement honnête de ranimer les braises avec Why Would I Go Home. Sous ses airs de morceau dance pop au groove scintillant, le titre cache une confession à cœur ouvert, un dernier message vocal à peine déguisé, adressé à celle qu’il ne peut se résoudre à laisser derrière.
Tout est dans la tension du refrain, cette phrase lancinante — “Why would I go home?” — répétée comme un mantra, ou plutôt comme un refus. Il n’est pas question ici de rentrer, ni de tourner la page, tant que la personne qu’il aime ne l’accompagne pas. Alpha Menjoh habille ses sentiments d’une esthétique hybride : un beat pop rap qui évoque l’insouciance des années 2010, des touches cloud hop à la Joji pour les rêveries solitaires, et un fond d’emo-R&B pour appuyer la mélancolie qui suinte sous les basses scintillantes.
C’est une lettre d’amour chantée sur un tempo qui donne envie de danser pour ne pas pleurer, un morceau qui n’a pas peur d’être vulnérable tout en gardant une attitude. Alpha Menjoh ne supplie pas, il expose simplement ce qu’il ressent, sans filtre ni fioriture. C’est peut-être ça, la plus belle manière de dire “reviens” : en avouant que sans elle, aucun lieu ne ressemble à la maison.
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mai 10, 2025Il y a des morceaux qui, dès les premières secondes, évoquent la moiteur d’une étreinte oubliée, le frisson d’un regard échangé sous une lumière tamisée. Owami, signé du trio Beatsbydannyb, C’funk et Muketo_Produces, fait partie de ceux-là. Le titre — signifiant « tu es à moi » en zoulou — pourrait basculer dans la possession, mais choisit plutôt la tendresse affirmée. Un cri d’amour doux, assumé, qui vient déposer ses mélodies suaves sur les pulsations contagieuses d’un amapiano réchauffé au R&B.
La production, tout en couches subtiles, fait de Owami une caresse sonore : kicks délicatement syncopés, claps élastiques, nappes soul qui se fondent dans des harmonies enveloppantes. La voix — ou plutôt les voix, tant les timbres s’entrelacent avec sensualité — murmure une déclaration pleine de retenue, mais gorgée de désir. C’est à la fois une confession et une promesse, un amour qui bat fort mais sans élever la voix.
Inspiré par la grâce mélodique de Venom & Shishiliza, le morceau annonce l’EP Into Yobuhle (Une chose de beauté), à venir, comme un manifeste sensuel. Ici, tout est question d’élégance : la façon dont l’afrofusion épouse la house sud-africaine, dont les lignes vocales glissent sans jamais heurter, dont la chaleur ne brûle jamais vraiment mais consume doucement.
Owami s’écoute comme on relit une lettre d’amour retrouvée par hasard : avec le cœur serré, le sourire aux lèvres et l’envie irrépressible de répondre « moi aussi ».
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mai 10, 2025Ce n’est pas une chanson, c’est une carte postale oubliée dans une boîte à chaussures, un souvenir sonore qui sent le soleil en déclin et les draps encore humides de sieste. Avec Slightly Out of Focus, jilsky, le multi-instrumentiste polonais exilé volontaire dans la quiétude rurale, livre un morceau qui ressemble à son propre parcours : mouvant, insaisissable, un brin fêlé mais résolument vivant.
On sent dans les premières secondes le sel de l’Atlantique accroché à ses guitares floues, l’écho des ruelles désertes de l’Alentejo dans les silences entre deux boucles de batterie. Loin de la scène berlinoise qu’il a désertée, jilsky compose ici un fantasme d’ailleurs, un délire doux qui tremble entre bedroom pop et néo-soul artisanale. Ce morceau, c’est comme si Mac DeMarco s’était perdu sur la côte portugaise avec un sampler et un micro cassé.
La production, volontairement brumeuse, installe une atmosphère en suspension, presque liquide, où chaque élément semble arriver légèrement en retard, comme un souvenir qui peine à revenir net. Le groove est là, mais alangui. Les voix sont empilées comme des nuages en fin de journée, les paroles planent entre réalité floue et désir d’oubli. On navigue à vue, et c’est ça qui est beau.
Il y a chez jilsky cette grâce des musiciens de l’ombre : ceux qui ne cherchent pas à conquérir, mais à capturer. Un état. Un lieu. Une humeur. Slightly Out of Focus n’a pas besoin d’être parfait, il préfère être vrai. C’est une rêverie texturée, quelque part entre la saudade et le lo-fi. Un morceau qu’on écoute avec les paupières mi-closes, en s’imaginant dériver, lentement, vers rien. Et c’est peut-être ça, justement, la définition du luxe aujourd’hui.
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mai 8, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent ni la révolution sonore ni l’esbroufe émotionnelle — juste une petite place dans l’oreille pour chuchoter l’évidence : « je t’aime ». C’est exactement ce que fait “rien que pour toi” de Zac Celinder, une ballade néo-soul chantée en français, extraite de l’album sweet music. Le titre, comme soufflé au creux d’un oreiller au petit matin, s’impose par sa délicatesse et son absence totale de prétention.
Entièrement jouée à la main par l’artiste danois, excepté les batteries assurées avec subtilité par Brandon Davis, la chanson rayonne de chaleur organique. Pas de samples, pas de programmations à outrance, juste un groove moelleux, des accords qui roulent comme un drap de soie, et une voix qui glisse doucement dans le canal auditif comme un mot d’amour laissé sur un post-it.
Là où beaucoup auraient surchargé d’effets ou de variations superfétatoires, Celinder choisit le dépouillement élégant, ce qui confère à l’ensemble une authenticité précieuse. On pense à Sade, à Corneille à ses débuts, ou à Ben l’Oncle Soul dans ses instants les plus feutrés. C’est du « radio friendly » au sens noble du terme — une chanson qui s’écoute partout, mais surtout à l’intérieur.
Avec “rien que pour toi”, Zac Celinder ne révolutionne rien. Et c’est justement pour cela qu’on y revient. Parce qu’il rappelle, en français dans le texte, que la simplicité reste une forme de luxe.
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mai 8, 2025New York, sueur douce et néons qui s’éteignent lentement sur un dernier refrain. “Yoga”, le nouveau single d’Asha Maclean, n’est pas qu’un clin d’œil à une posture bien tenue : c’est un hymne aux relations qui demandent autant de souplesse que de force, un moment de grâce tendue, où chaque battement de cœur devient un mouvement de bassin.
Avec sa voix qui coule comme du miel infusé au satin des années 90, la native de NYC flirte ici avec l’héritage sensuel du R&B millésimé — les soupirs de Brandy, les syncopes de Aaliyah — tout en y injectant une énergie pop solaire à la Britney première époque. Les beats dansent, les synthés ondulent, mais c’est surtout Asha qui capte l’attention : une voix à la fois souple et tranchante, magnétique comme un regard qu’on évite mais qu’on n’oublie pas.
Là où tant d’artistes hésitent entre nostalgie et nouveauté, elle opte pour la fusion. Et ça fonctionne. “Yoga” est une tension maîtrisée entre attraction et recul, entre euphorie et chute libre, comme si l’on écrivait un poème dans la vapeur d’une salle de danse. Il y a du Janet dans la posture, du Queen dans le panache, et surtout cette volonté d’incarner jusqu’au bout chaque pulsation, chaque rupture de rythme.
Produite avec une précision qui fait penser aux grandes heures de LaFace Records, cette piste pourrait tourner en boucle dans une session de fin de soirée ou se glisser dans une setlist de club sans jamais perdre son mystère. Asha Maclean ne se contente pas d’interpréter : elle chorégraphie le chaos amoureux avec la précision d’une grande. Une entrée en scène pleine d’assurance pour une artiste qui, clairement, ne vient pas faire de la figuration.
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mai 8, 2025Dans l’obscurité moite de la nuit new-yorkaise, là où les néons rouges se reflètent dans les flaques d’asphalte et que les cœurs battent plus fort que les basses, R0yalè Dèm0n livre Can’t Get Enough, une déclaration d’amour en clair-obscur. Une ballade R&B qui a le goût d’un slow torride, mais aussi la texture d’un rêve dont on ne voudrait plus se réveiller.
Sous ses airs de séduction soyeuse, Can’t Get Enough est en fait un cri muet. Celui de l’obsession douce, du manque, du vertige que provoque une connexion si forte qu’elle en devient presque trop grande pour le corps. R0yalè Dèm0n y pose une voix sensuelle, frôlant parfois la cassure, comme s’il chantait au bord d’un précipice émotionnel. Les arrangements, eux, flirtent avec une modernité minimaliste : nappes vaporeuses, beats moelleux, et une production feutrée qui sait quand se faire oublier pour mieux souligner la performance vocale.
Ce qui frappe chez l’artiste de La Nouvelle-Orléans, c’est cette capacité à faire cohabiter le feu et la glace, à injecter dans un format R&B classique une tension dramatique presque cinématographique. R0yalè Dèm0n ne joue pas à être un crooner — il en est un, mais version 2025 : tatoué d’émotions, fêlé juste ce qu’il faut, et toujours en équilibre entre vulnérabilité brute et assurance fatale.
Can’t Get Enough, ce n’est pas juste une chanson de plus sur l’amour. C’est un morceau qui refuse de choisir entre passé et futur, entre frisson de l’instant et douleur du souvenir. À écouter casque vissé sur les oreilles, les yeux fermés, quand il est déjà trop tard pour faire demi-tour.
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mai 8, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écrivent pas. Ils s’exhalent, comme une pensée nocturne qui s’échappe avant de se figer. “IT’S FINE / SOJU ON THE MOON”, double face hypnotique et terminale de l’EP SUNDER de JVLY, n’a pas été composé — il a été soufflé, freestylé, livré tel quel, brut et imparfait. Et c’est précisément ce qui le rend si magnétique.
Dans It’s Fine, la voix de JVLY est presque absente d’elle-même. Elle flotte, s’accroche au bord d’un souffle, comme un mensonge qu’on se murmure pour tenir debout. “It’s fine” : ces deux mots n’ont jamais autant signifié l’inverse. Porté par une instrumentation minimale, presque fantomatique, ce premier mouvement est un exercice de retenue émotionnelle. L’écho d’un esprit qui s’auto-sabote avec grâce.
Puis vient Soju on the Moon, et tout bascule. La frontière entre rêve et désillusion se dissout. Les nappes se font moites, les textures s’effilochent. Le spoken word, enregistré sur le vif, n’a rien d’un artifice. C’est une pensée nue, balancée comme une bouteille à la mer sur un fond de beats brumeux. Le titre se dilate dans une mélancolie liquide, cosmique, presque ivre.
À l’image du Soju qu’il évoque, ce morceau en deux temps agit comme un alcool lent : d’abord doux, ensuite ravageur. On titube, on s’abandonne. Mais dans cette dérive, JVLY ne cherche pas à nous perdre. Il propose un miroir. “IT’S FINE / SOJU ON THE MOON” est une faille ouverte dans la routine mentale, un espace-temps parallèle où l’on peut enfin dire que non, ce n’est pas “fine”, et que c’est OK.
Un morceau qui touche sans appuyer, qui hante sans s’imposer. À écouter seul, dans le noir, casque vissé, avec ou sans soju.
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mai 8, 2025Il y a des morceaux qui sonnent comme des pardons que l’on s’adresse à soi-même. “Truth Hurts” de Swanny Ivy ne cherche pas à enjoliver la douleur : il l’étale comme une nappe froissée sur l’autel de ses contradictions. Premier extrait d’un album à venir au nom aussi biblique que brutal – VAINGLORY – ce titre est une traversée à nu, une épiphanie lucide sur fond de funk spectral et de R&B introspectif.
Tout commence dans une sorte de torpeur rythmique. Une ligne de basse serpente comme une intuition qu’on n’a pas encore osé formuler. Les percussions, minimalistes mais pleines, évoquent les battements d’un cœur qui hésite entre l’amour et la fuite. La voix de Swanny, douce et rugueuse à la fois, flotte comme une prière païenne, caresse les silences et tranche les illusions : “The mirror don’t lie, but I’ve been duckin’ it.”
San Antonio n’avait peut-être pas vu naître un tel mélange de soul et de révélation personnelle depuis… jamais ? Swanny Ivy réussit ici le pari de faire danser l’introspection, de mettre un groove sur l’éveil spirituel. On pense à D’Angelo pour la texture, à Kendrick Lamar pour les confessions existentielles, à Frank Ocean pour la tension non résolue.
“Truth Hurts” n’est pas une chanson. C’est un seuil. Un moment où l’on comprend que l’eau était trop tiède, que la foi n’est pas une zone de confort, mais un champ de bataille. Et Swanny Ivy ne se bat pas pour plaire, il se bat pour dire vrai — avec style.
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mai 8, 2025Il y a chez Alvin Amaïzo ce quelque chose d’insaisissable, ce fil tendu entre douceur et douleur, comme un sourire qui ne parvient pas tout à fait à cacher ce qui l’habite. Son nouveau titre, “autre gars”, incarne parfaitement cette tension : une balade R&B en clair-obscur, où la lumière chaude du groove vient lécher les ombres longues d’un texte au goût de manque.
Sur une production aux allures de jam estivale — percussions légères, nappes souples, basse qui chaloupe — le morceau avance, comme en roue libre. Mais derrière cette nonchalance apparente, se cache un refrain à double fond : “tu veux un autre gars / quelqu’un de moins bancal.” C’est toute la tragédie du titre : sous le groove fluide, l’évidence d’un amour qui glisse, et l’impossible compétition avec ce quelqu’un d’autre qu’on invente pour fuir.
La voix d’Amaïzo, travaillée en transparence, glisse sur l’instru avec un contrôle impressionnant. Pas de démonstration vocale inutile ici — tout est au service de l’émotion. Il y a du Frank Ocean dans cette pudeur, du Tayc dans le phrasé, du D’Angelo dans les silences. Ce “autre gars” pourrait n’être qu’un tube chill, mais il devient un miroir : celui de notre inévitable besoin d’être choisi pour ce qu’on est, pas pour ce qu’on pourrait devenir.
Alvin Amaïzo continue de creuser son sillon, quelque part entre la soul moderne, le R&B francophone et la pop de chambre. Et il le fait avec ce mélange rare de sincérité et d’élégance. “autre gars” n’est pas un hit tapageur. C’est un petit poison doux, à diffusion lente. Et il risque de rester longtemps en vous.
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mai 7, 2025Quand Tamera King chante, elle ne crie jamais. Elle murmure des certitudes trop lourdes, elle effleure les vérités qu’on tait trop longtemps. “Second Chances”, son dernier titre, est une ballade R&B à fleur de peau, une prière étouffée dans l’oreiller tiède de la nostalgie. C’est le genre de morceau qu’on écoute la tête contre la vitre, les lumières de la ville floues comme des souvenirs trop regardés.
Ici, pas de fausse promesse ni de grand final. Juste une réalité familière : celle d’un amour déjà parti, mais dont le fantôme traîne encore dans les draps. Tamera tisse sa mélodie comme une confidence retenue, sur une prod minimaliste, délicatement satinée, qui laisse toute la place aux silences — ces respirations où l’émotion surgit sans prévenir.
La voix de Tamera ne cherche pas à éblouir, elle vise juste. Elle vibre avec une sincérité désarmante, à la croisée d’une SZA plus terre à terre et d’une H.E.R. plus vulnérable. Chaque mot pèse, chaque note tremble d’un équilibre fragile entre résignation et espoir. “Second Chances” parle d’un lien qui ne tient plus qu’à un fil… et de la lucidité cruelle qu’il est temps de lâcher prise.
Originaire de Boston, Tamera King incarne cette nouvelle génération de chanteuses R&B qui refusent les artifices pour mieux mettre à nu l’intime. Elle ne prétend pas guérir, elle raconte. Avec élégance, avec retenue, et une précision émotionnelle qui fend l’âme.
“Second Chances”, c’est une slow jam du réel, une ballade de rupture pour celles et ceux qui n’ont plus besoin de hurler pour exister. Une preuve que le R&B contemporain peut encore être à la fois doux, tranchant, et infiniment humain.
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mai 7, 2025Certaines chansons sont comme des cocktails parfaitement dosés : un peu de soleil, un soupçon d’ironie, beaucoup de charme. Avec “Good Conversation”, la Zambienne de naissance et Chicagoane de cœur THISISSHEBA nous glisse dans un monde où le flirt est une danse légère, la sensualité un sourire, et la profondeur un clin d’œil complice. Pas besoin de grand discours, ici, une bonne conversation suffit — et si elle est mise en musique comme ça, autant ne plus rien dire.
Produit par Cam Be, le morceau s’appuie sur un riddim reggae tout en souplesse, qui laisse l’espace nécessaire à la voix chaude et nuancée de SHEBA pour se déployer avec une élégance désarmante. On y retrouve l’ADN des grandes — Lauryn Hill, évidemment, pour la sagesse tranquille et l’humour à peine masqué, mais aussi un soupçon de TLC dans le groove, et même une douceur à la Corinne Bailey Rae dans la façon de ne jamais forcer l’émotion.
“Good Conversation” n’essaie pas d’impressionner. Il séduit sans stratégie, avec cette nonchalance assumée qui rend ses refrains aussi addictifs qu’un après-midi sans obligation. C’est une chanson de fin de journée d’été, quand la chaleur retombe et que le monde semble soudain respirer au même rythme que nous. C’est aussi un rappel, subtil mais puissant, que le plaisir peut être simple, tant qu’il est vrai.
THISISSHEBA signe ici une ode à l’intimité sans enjeux, aux petits riens qui comptent, à cette lumière intérieure qui apparaît quand quelqu’un vous écoute vraiment. Et si ça, ce n’est pas la définition même du cool… alors on ne sait plus.
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mai 7, 2025Certains morceaux ne naissent pas dans un studio mais dans une pièce obscure où quelqu’un, quelque part, apprend à se taire. SPIN AROUND de Yaëll Campbell, c’est exactement ça. Une chanson qui a la texture d’un aveu — pas hurlé, pas mis en scène — simplement murmuré à soi-même, entre deux battements de cœur. R&B au souffle chaud, flirtant avec le spoken word et les ombres du rap, ce titre n’est pas là pour faire danser. Il est là pour qu’on s’y blottisse.
La voix de Yaëll, élastique et retenue, se promène comme si elle cherchait quelque chose qu’elle ne veut surtout pas trouver. Et ce qu’elle ne dit pas est aussi important que ce qu’elle chante. Tout est feutré, dosé, jamais démonstratif — une élégance rare dans un monde où tout crie pour exister. Le beat est sobre, les accords s’étirent, comme une nappe de brouillard qu’on n’a pas envie de dissiper. C’est un titre qui refuse l’effet facile, qui préfère hanter plutôt que briller.
Ce qu’on entend ici, c’est un corps en transition, une âme qui tangue doucement, un garçon qui n’a pas peur de ralentir quand tout le monde accélère. Et si on pense à James Blake ou à Arlo Parks, ce n’est pas pour les comparer — mais parce qu’on sent chez Yaëll Campbell cette même capacité à creuser dans le silence.
SPIN AROUND, c’est le genre de morceau qui s’écoute seul, de préférence quand on n’a plus de réponses à donner à personne. Et peut-être que c’est là, justement, qu’il commence à parler pour nous.
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mai 7, 2025Pas besoin de turbulences pour prendre de l’altitude : avec Runway, Caleb Cruise trace sa propre piste, bien au-delà des frontières formatées du R&B et de l’afrobeats. Porté par un groove soyeux et une production aérienne, ce nouveau morceau sonne comme une montée en puissance tranquille mais assurée — une séduction en douceur, sans forcer le trait, avec une élégance rare dans le paysage contemporain.
Caleb Cruise n’est pas un nom de plus dans la nouvelle vague R&B afropop. Il est de ceux qui préfèrent murmurer plutôt que crier, planter des refrains dans l’oreille sans jamais avoir besoin de les répéter à outrance. Dans Runway, sa voix caresse plutôt qu’elle ne frappe, entre confidence nocturne et désir solaire. L’instru, elle, balance entre minimalisme rythmique façon Lagos au crépuscule et touches de synthé moelleuses dignes d’un coucher de soleil à Accra.
Mais sous son apparente douceur, Runway cache une ambition claire : celle d’un artiste qui veut voler de ses propres ailes. Le titre, tout en subtilité, évoque une libération, un moment charnière où l’on décide enfin de prendre son envol — que ce soit dans l’amour, dans la vie ou dans sa carrière. On ne sait pas encore jusqu’où Caleb Cruise compte aller, mais ce morceau donne l’impression qu’il a trouvé le bon vent pour s’élever.
En moins de trois minutes, Runway agit comme une promesse murmurée : celle d’un son hybride, mondialisé, intime et irrésistiblement fluide. À suivre de très près.
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mai 7, 2025On dit souvent que les chansons les plus légères cachent les vérités les plus lourdes. Avec Sweet Treat, Mickey Jas enfile le tablier du funambule et réussit l’exercice périlleux de faire rimer introspection avec auto-dérision, le tout nappé d’un glaçage pop-rap délicieusement addictif. Le morceau, à la croisée des mondes entre alternative hip-hop et bedroom pop, s’ouvre comme une confession à cœur ouvert dans l’allée des sucreries : oui, parfois, on panse ses bleus avec des bonbons, et parfois, ça fait plus mal qu’avant.
Mais ici, pas de pathos étouffant. Mickey Jas détourne la crise en comédie douce-amère. Avec des punchlines aussi croustillantes que les céréales qu’il évoque et un flow qui glisse comme un milkshake sur carrelage, il décrit le besoin viscéral d’un « dopamine hit », cette envie irrépressible de remplir un vide émotionnel avec des douceurs, quitte à se noyer dans le sirop de ses propres excès. Derrière l’humour, pourtant, il y a cette lucidité lucide et tendre, presque naïve, qui transforme Sweet Treat en hymne générationnel pour tous ceux qui mangent leurs angoisses devant Netflix à minuit passé.
La prod, à la fois bouncy et brumeuse, épouse parfaitement cette tension entre euphorie instantanée et arrière-goût amer. On pense à un croisement improbable entre Mac Miller période Faces et Still Woozy sur une journée sans soleil : ça groove, ça touche, et ça reste longtemps dans un coin du cerveau, comme un bon refrain… ou une fringale mal digérée.
Avec ce titre, Mickey Jas ne cherche pas à jouer les gourous du bien-être : il tend un miroir sucré à une époque qui craque sous la pression. Et dans ce miroir, on se reconnaît, sourire en coin et miettes sur le t-shirt.
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mai 7, 2025Il n’a pas besoin d’élever la voix pour capter l’attention. Jay Alexzander, crooner discret de la scène R&B britannique, revient avec Fly Away, un titre aussi smooth que magnétique, fruit d’une collaboration inspirée avec le producteur edbl. Cette ballade vaporeuse et lumineuse ouvre le bal de son prochain EP Mitcham To Brockwell, un projet à la croisée de ses racines soul et de ses aspirations contemporaines.
Sur une prod fine et organique — signée edbl, maître du groove feutré made in UK — Jay mêle chant et rap avec une aisance naturelle. Il ne surjoue jamais. Il confesse, il observe, il raconte. Son flow, posé, presque parlé par moments, nous plonge dans une rêverie urbaine où l’envie d’évasion n’est jamais loin. Fly Away, c’est le morceau d’un dimanche après-midi, celui qui flotte dans l’air quand les fenêtres sont ouvertes et que l’on rêve d’ailleurs, entre les bruits de la ville et les battements du cœur.
On retrouve dans ce titre la richesse de son parcours : les scènes jazz de Soho, les premières parties pour Snarky Puppy ou Ady Suleiman, ses passages remarqués aux MOBO Unsung. Cette maturité scénique se ressent ici dans le dosage : rien n’est forcé, tout est à sa place. Le morceau s’inscrit aussi dans une vibe plus large, celle d’une génération d’artistes britanniques mêlant R&B, afrobeat et néo-soul avec une sensibilité intacte — une famille musicale qui va de Tiana Major9 à Jvck James, et dans laquelle Jay trace sa route avec sincérité.
Avec Fly Away, il signe un single généreux, au charme immédiat, qui annonce un EP à surveiller de très près. Jay Alexzander ne fait pas de bruit — il crée des atmosphères.
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mai 7, 2025On ne tombe pas amoureux dans Galaxy — on y flotte. Entre deux battements de cœur et une nappe de synthé moelleuse, Naomi August et Kon Boogie embarquent l’auditeur pour une odyssée sensuelle et feutrée, quelque part entre Saturne et une ruelle éclairée au néon. Le morceau, suave et suspendu, explore cette sensation rare où l’autre devient tout à coup l’univers entier — ou du moins, son point le plus lumineux.
Naomi August y déploie une voix à la fois claire et brumeuse, douce mais chargée de tension, qui rappelle les recoins les plus tendres d’un EP de Snoh Aalegra ou la vibe flottante d’une Jhené Aiko en apesanteur. Elle chante comme on confie un secret à minuit : doucement, mais en espérant qu’il résonne longtemps. Kon Boogie, en contrepoint parfait, amène son flow poétique et précis comme une comète bien alignée — sa voix grave, posée, apporte l’ancrage nécessaire à cette envolée cosmique.
La prod, elle, avance sur la pointe des pieds : percussions feutrées, textures atmosphériques, basse chaude. Rien ne déborde, tout est savamment dosé pour créer un cocon, une sorte de bulle où les sensations s’étirent. “Galaxy” n’est pas une simple chanson d’amour : c’est une exploration du vertige qu’on ressent quand l’autre devient une évidence, une présence magnétique qui abolit le temps, les doutes, le sol sous nos pieds.
Entre R&B alternatif, touches de dream pop et spoken word intime, Galaxy est de ces titres qu’on écoute casque vissé, les yeux fermés, avec l’envie qu’il ne s’arrête jamais. Une traversée douce-amère de l’infini à deux, dans un univers parallèle où l’émotion guide la trajectoire.
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mai 7, 2025À mi-chemin entre une larme qui sourit et une vanne qui saigne, TR LE TODORAINTE dégaine avec C U B A un tube de l’âme déguisé en chanson d’été. Car derrière l’insolence solaire d’une prod bossa nova minimaliste — guitare brésilienne, nappes légères, claps doux comme une tape dans le dos — se cache une confession à ciel ouvert : celle d’un môme moche qui voulait plaire, un loser en CM2 qui rêvait de queens latinas et de love inter-ethnique dans la cour de récré. Spoiler : il a pris des vents. Et il les a transformés en feu.
La force du morceau réside dans ce décalage magnifique entre la légèreté du son — qui rappelle les grooves oniriques d’Aupinard ou les plages tristes de November Ultra si elle avait grandi avec Nekfeu — et la brutalité des souvenirs qu’il charrie. Car TR LE TODORAINTE ne fait pas que rapper ses insécurités d’enfance, il les rejoue littéralement dans une stratégie promo aussi risquée que brillante : des vidéos « réalistes » de harcèlement scolaire avec un enfant de 11 ans dans son propre rôle, mis en scène comme des vraies, qui exploseront sur les réseaux avant qu’on révèle la supercherie. But ? Délivrer un message essentiel : apprendre à s’aimer, peu importe qui on est et d’où on vient. Et surtout peu importe ce qu’on nous a dit de nous.
Ligne après ligne, il pose un regard tendre et amer sur les échos de l’enfance qu’on porte encore dans nos désirs d’adultes. « En CM2 j’étais trop tuba (moche) » balance-t-il, mi-ironique mi-brisé, avant d’enchaîner sur ce fantasme quasi cinématographique des “meufs de Cuba”. Mais derrière le swag assumé et l’écriture crue, c’est toujours le môme en survêt trop grand qui parle. Celui qui dansait seul chez lui en mimant les clips de Sean Paul et qui croyait qu’un jour, les belles filles aimeraient les moches sensibles.
C U B A c’est donc un tour de passe-passe : faire danser les gens sur un texte qui parle de honte, faire sourire en parlant de rejet, et transformer la moquerie en mélodie. Une sorte de revanche sentimentale emballée dans une prod de plage — comme si Booba avait écrit Je danse le mia après une séance chez son psy.
Un ovni ? Oui. Une bouffée d’air nécessaire ? Aussi. TR LE TODORAINTE offre ici une vraie masterclass de storytelling générationnelle, avec cette lucidité tragico-comique qui fait le charme de la Gen Z quand elle décide de parler vrai. Un futur classique de cœur pour tous les enfants moches devenus beaux, ou juste devenus eux-mêmes.
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mai 7, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas l’effet, mais qui s’infiltrent. Des chansons qui s’écoutent comme on regarde un regard prolongé — en silence, sans urgence, les pupilles dilatées par l’envie. Fast or Slow, la dernière offrande du crooner R&B Josh Wood, appartient à cette catégorie rare : celle des titres qui glissent doucement sur la peau et s’installent, comme une caresse à retardement.
Dans ce morceau vaporeux, l’artiste londonien compose une ode au lâcher-prise affectif et corporel, au tempo de la rencontre. Pas besoin d’aller vite, pas besoin de ralentir. Juste besoin d’être au bon endroit, avec la bonne personne, au bon moment. Une vision du désir qui prend son temps tout en sachant que parfois, tout se joue en une nuit — et qu’il n’y a rien de moins noble à cela.
Sur une production R&B minimaliste et brumeuse — entre une nappe de pads moelleux et quelques kicks timides qui font palpiter l’air comme une veine au creux du poignet — la voix de Josh Wood se faufile, en clair-obscur. Il jongle avec ses registres comme on alterne caresses et morsures, passant d’un phrasé franc à des envolées en falsetto qui rappellent les heures bleues de Brent Faiyaz ou Giveon. Le texte, lui, dit tout en peu de mots : on peut se chercher à tâtons, se croiser pour une nuit ou pour plus, mais ce sera sincère si le tempo est juste.
La force de Fast or Slow, c’est sa discrétion. Il ne force rien. Il n’impose ni scénario, ni morale. Il propose un décor — celui d’une nuit qui pourrait durer ou s’effacer à l’aube — et laisse la place à la tension, à la douceur, à l’ambiguïté. Ce n’est pas un slow. Ce n’est pas un banger. C’est un murmure au creux de l’oreille, avec juste ce qu’il faut de chaleur et de mélancolie.
Une nouvelle preuve que Josh Wood ne veut pas être le prochain. Il veut être le sien. Celui qui accompagne ces moments suspendus où l’on ne sait pas encore s’il faut s’attacher ou s’éclipser. Mais où, l’espace d’un instant, tout est possible.
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mai 7, 2025Certains morceaux ne cherchent pas à impressionner — ils prennent leur temps, s’installent, posent une main tranquille sur votre épaule et vous racontent une histoire. C’est exactement ce que fait First Time de Bobo Dos Blotos, ce slow jam soyeux venu tout droit de Los Angeles, où la nostalgie du R&B des 90s fond comme du caramel sur une basse chaude.
Derrière ce nom d’artiste qui sonne comme une anecdote de studio oubliée ou un personnage de dessin animé jazzy, se cache un artisan du sentiment doux-amer. Sur First Time, Bobo Dos Blotos réinvente la ballade amoureuse à l’ancienne, sans jouer la carte de l’imitation : il en retient le groove, la sensualité feutrée, et cette manière bien particulière de faire parler les silences entre les notes. Le beat hip-hop, minimal mais texturé, vient s’appuyer sur des nappes de synthés éthérées, presque flottantes. Et puis il y a cette basse, omniprésente, presque vivante, qui respire à la place du cœur.
Mais c’est surtout la voix — ou plutôt les voix, car le morceau est traversé d’harmonies superposées, d’échos, de soupirs — qui donnent à First Time cette chaleur désarmante. Pas de grand cri, pas de démonstration vocale superflue : juste la sincérité nue, l’émotion bien timbrée, et cette façon de parler de l’amour comme d’une maison que l’on construit à deux, brique après brique, souvenir après souvenir.
Ici, le mot first n’est pas synonyme de feu de paille. Il désigne plutôt les débuts que l’on chérit, que l’on garde précieusement dans un tiroir mental, et que l’on convoque quand le monde extérieur s’effondre un peu trop vite. Il y a du D’Angelo dans cette élégance sans ostentation, du Raphael Saadiq dans la précision du détail, et une touche West Coast dans cette lumière filtrée, presque cinématographique.
First Time, c’est une déclaration d’amour qui ne dit jamais « regarde comme je t’aime », mais « écoute comme je te ressens ». Et ça, c’est encore plus fort.
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mai 7, 2025Il y a des morceaux qui dansent sans jamais courir, qui sourient sans forcer, et qui font pousser des fleurs dans le ventre. « Winner », nouveau single lumineux de la chanteuse australienne Nuraini, est de ceux-là. Entre soul caressante, néo-funk pastel et R&B alternatif à la Steve Lacy ou Cleo Sol, la musicienne de la Sunshine Coast signe ici un petit miracle de légèreté profonde : une chanson sur l’attente de l’amour, sans impatience ni désespoir — une attente fertile, ancrée dans la confiance que les choses justes arrivent au bon moment.
Derrière une ligne de basse qui serpente comme un rayon de soleil sur la peau et des chœurs en cascade, Nuraini tisse un groove fluide, presque liquide. On pourrait croire à une balade sur les routes côtières d’Australie à la fin de l’été, vitres baissées, monde ralenti. Mais cette chanson n’est pas qu’un décor. C’est une déclaration d’intention : aimer, oui — mais sans se perdre en chemin.
Il y a dans la voix de Nuraini une retenue qui vaut mille cris. Chaque syllabe semble posée comme une pierre dans un jardin zen, chaque respiration résonne d’une joie tranquille. Le morceau ne cherche pas à plaire — il se contente d’être vrai, et c’est précisément ce qui le rend irrésistible. Pas de gimmick, pas de climax artificiel : juste la foi simple dans le groove et la conviction douce que l’attente aussi peut être une victoire.
« Winner » n’est pas seulement une chanson. C’est une philosophie. Une manière de dire au monde : je ne suis pas pressée, mais je sais où je vais. Et quand la soul retrouve cette sagesse-là, elle ne se contente plus d’envoûter — elle soigne.
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mai 7, 2025Sous les nappes soyeuses d’un R&B contemporain façonné au scalpel, Echezona et JPRiZM livrent avec Truthfully un morceau à la fois confessional, sensuel et transculturel. Un titre qui glisse comme une confidence à minuit, quelque part entre Boston et Lagos, entre l’Afrobeat discret et l’émotivité digitale d’un R&B post-Drake. Mais ici, pas de pose. Pas de filtre. Juste une parole nue, vibrante, aussi tranchante que caressante.
Porté par une production hybride aux reflets kaléidoscopiques — la patte de JPRiZM est reconnaissable entre mille — Truthfully avance avec la légèreté d’un souffle mais le poids d’un vécu. Les textures sont profondes, les synthés respirent, et chaque silence compte. C’est une science de l’équilibre : la voix d’Echezona, douce mais ferme, raconte sans pathos une vérité sentimentale, une incertitude qui parle à tous. Et l’on sent tout du parcours de l’artiste, fils d’immigrés nigérians devenu pont sonore entre deux mondes : l’Amérique urbaine et l’Afrique vibrante.
Ce qui frappe dans Truthfully, c’est sa justesse émotionnelle. La chanson refuse les éclats, mais brille quand même. Elle ne crie pas, mais on l’entend. Comme une confidence qu’on n’aurait jamais osé dire tout haut. Echezona, plus que jamais, incarne cet artiste nomade émotionnel, capable de traverser les genres comme les continents, sans jamais perdre son axe : l’humain. L’intime. La nuance.
Avec Truthfully, il ne s’agit pas simplement de groove ou de mélodie : il s’agit de reconnaissance. Se reconnaître. Dans une voix, dans un mot retenu, dans une vibration. Ce n’est pas un banger, c’est une brèche. Une douce faille. Et parfois, c’est exactement ce qu’on attend d’une chanson : qu’elle dise tout, sans jamais hurler.
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mai 5, 2025Ce n’est pas un cri. Ce n’est même pas un soupir. Overgrown, le nouveau single de Natalie, est une absence qui résonne. Une chambre vide encore tiède de la présence de l’autre. Une boucle de guitare électrique qui tourne sur elle-même comme un souvenir dont on ne sait plus s’il nous réconforte ou nous ronge.
Dans ce morceau à l’épure chirurgicale, l’artiste alt-R&B brouille une fois encore les lignes entre minimalisme et intensité émotionnelle. La production, signée dans l’ombre mais visiblement très maîtrisée, se contente de quelques éléments essentiels : une ligne de guitare réverbérée, un 808 discret qui pulse en sourdine, des hi-hats découpés au scalpel. Tout ici est intention, rien n’est en trop. Natalie n’a pas besoin d’en faire plus, parce qu’elle sait dire l’indicible — et surtout, le faire ressentir.
Sa voix ? Un fil tendu entre fragilité et lucidité. Pas de virtuosité démonstrative, mais une manière unique de chanter “à côté”, dans une sorte de souffle suspendu, qui évoque tour à tour Billie Eilish, Jorja Smith ou même SZA dans ses moments les plus bruts. Mais Natalie n’imite personne. Elle parle depuis un lieu qu’elle seule semble connaître — celui d’un chagrin conscient, presque dépassionné, comme lorsqu’on aime encore mais qu’on sait que l’histoire est déjà terminée.
“Overgrown parle de cette parcelle de relation qu’on continue d’arroser, même quand l’autre a déserté le jardin.” Ce qu’elle dit en interview, on le sent dans chaque mesure. La distance, la lente érosion, la tendresse qui se meurt sans faire de bruit.
Ce n’est pas un single pour les playlists de fête. C’est une chanson pour ceux qui restent debout à regarder le plafond après qu’on ait éteint la lumière.
Avec Overgrown, Natalie ne signe pas seulement son titre le plus intime : elle impose une signature artistique. Loin du formatage commercial R&B, elle explore l’espace entre les mots, entre les lignes, entre les battements du cœur. Et dans ce silence-là, tout le monde entend quelque chose.
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mai 5, 2025Il y a des chansons qui s’écoutent avec les oreilles, et d’autres qui s’écoutent avec le cœur en apnée. In Too Deep, la dernière offrande de Chrissy Spratt, fait partie de la seconde catégorie : une ballade R&B infusée d’afrofusion, douce comme une confidence nocturne, brutale comme un réveil sans tendresse.
La voix de Chrissy, d’une clarté presque surnaturelle, glisse sur des nappes instrumentales à la croisée de Lagos et Toronto, entre chaleur percussive et mélancolie en suspension. Ce n’est pas un slow de chambre, c’est un aveu chanté, une sorte de prière à soi-même pour recoller les morceaux d’un choix trop vite fait, d’une tentation trop facilement suivie.
Elle parle à ceux qui ont franchi la ligne floue entre l’ennui et l’erreur. À ceux qui, happés par l’idée que « plus loin » est synonyme de « mieux », se retrouvent finalement à creuser leur propre absence. Il ne s’agit pas ici de blâmer ou de juger, mais de comprendre — comment on en est arrivé là, et pourquoi il est parfois si difficile de revenir à soi.
In Too Deep est l’anti-post Instagram. Le revers lumineux de nos envies d’évasion. Le morceau rappelle avec tact que le vert d’ailleurs n’est souvent qu’un filtre, et que l’eau dans laquelle on plonge peut cacher bien des remous.
Chrissy Spratt ne chante pas pour briller, elle chante pour sonder — et le fait avec cette grâce rare des artistes qui préfèrent le vrai au spectacle. Une chanson comme une caresse lucide. Une leçon chantée sans maître.
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mai 5, 2025Quelque part entre Battersea et les avenues de L.A., entre une tournée de courrier et un micro de studio, Kadeem Tyrell vient d’accoucher d’un disque qui murmure, danse, soupire, séduit. KT.FM, c’est huit pistes comme autant de stations radio, chacune captant une nuance d’amour, de doute ou de désir. Une bande-son intime, à mi-chemin entre le R&B des années 90 et une modernité digitale, moelleuse et affûtée.
Il y a dans ce disque une façon unique de naviguer les émotions, à la manière d’un Lucky Daye ou d’un Daniel Caesar, mais avec ce supplément d’âme tout droit venu du sud de Londres, où l’on grandit en apprenant à chanter ses blessures avec élégance. Sur Handle That, l’intro, Kadeem prend de la hauteur, affirmant avec douceur sa maturité nouvelle, son écriture affinée, son groove assumé.
Mais le vrai tournant de l’EP, c’est Where U R, un moment suspendu avec Mack Keane et ESTA, fruit d’un rêve californien devenu réalité. On y sent l’énergie d’une collaboration rêvée, une alchimie rare entre sensualité et maîtrise, comme si la soul anglaise se réinventait sous le soleil américain sans perdre son spleen originel.
Tout au long de KT.FM, Kadeem varie les tons comme on zappe des ondes : Garden of Eden suinte la tentation, One Time flirte avec l’obsession douce, et Lover and Friend explore les confins du lien amoureux. Toujours avec cette voix satinée, ce groove feutré qui ne cherche pas à impressionner, mais à envelopper.
Ce qui touche, chez Kadeem, c’est la sincérité nue. Il ne joue pas à l’étoile R&B, il est la constance, l’obsession du détail, la finesse du quotidien. Il écrit comme il livre ses lettres : avec soin, chaque mot à sa place. Et quand il chante, c’est une invitation à ralentir, à ressentir, à se reconnecter.
Avec KT.FM, Kadeem Tyrell ne signe pas juste un EP réussi — il confirme qu’il est l’un des conteurs les plus subtils de la scène soul britannique. Une voix qui apaise sans endormir, qui réchauffe sans brûler. Une voix qu’on garde près du cœur.
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mai 5, 2025Il y a des artistes qui frappent fort dès l’entrée, sans passer par la case échauffement. Kané, elle, débarque comme une évidence. Avec “Rules”, la Londonienne transforme son troisième tir en coup franc en lucarne, un morceau Pop R&B au groove contagieux, qui suinte l’assurance et le style à chaque mesure. C’est smooth, c’est sûr de soi, et ça transpire une maîtrise totale du genre — comme si elle avait toujours été là, dans ce club fermé des voix qui comptent.
La production signée Stevie Williams (à qui l’on doit déjà les douces merveilles de Mnelia ou Kadeem Tyrell) donne à “Rules” un écrin parfaitement calibré : une ligne de basse qui serpente comme un regard appuyé, des nappes aériennes qui flirtent avec la soul électronique, et surtout, ce sens du détail qui fait mouche sans jamais en faire trop. Le genre de track qu’on pourrait imaginer dans une playlist “R&B UK” aussi bien que dans une virée nocturne à travers Peckham.
Mais c’est la voix de Kané qui fait toute la différence : précise sans être lisse, chaude sans être sucrée, elle impose ses codes avec une insolence douce. “Rules” n’est pas un slow langoureux, c’est un pas de côté, une prise de pouvoir sensuelle, une manière de dire je trace ma route, mais tu peux venir si tu sais comment marcher. Ce n’est pas un appel, c’est une loi.
À mi-chemin entre Mahalia et Tinashe, Kané s’impose déjà comme l’un des nouveaux visages d’un R&B britannique en pleine renaissance. Et si “Rules” sonne comme un manifeste, c’est parce qu’il en est un. Ne soyez pas surpris si vous l’entendez partout cet été — elle ne suit pas les règles, elle les pose.
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mai 5, 2025Il est des morceaux qui claquent comme une porte qu’on referme sur un amour propre cabossé. “Ego” d’Aaria Tae est de ceux-là. Entre ironie piquante et groove suranné, la chanteuse londonienne d’origine égypto-irlandaise signe un brûlot R&B néo-soul aussi classy que mordant, un doigt levé dans le rétro d’un ex resté bloqué sur son propre reflet.
Dès les premières secondes, le décor est planté : “Sit back and listen to yourself for a minute.” Pas besoin d’en dire plus, Aaria Tae prend les commandes avec la nonchalance des grandes, balançant ses reproches comme des uppercuts feutrés sur une prod en clair-obscur signée Little Island (déjà derrière le génial “Stressed” de Doechii sur Colors). Ici, le groove a le cuir des années 70 mais les crocs bien d’aujourd’hui.
Le timbre d’Aaria serpente entre confidence et moquerie, toujours à la frontière entre le spoken word et le chant, entre Amy Winehouse, Cleo Sol et une Mariah Carey de la nouvelle école qui aurait troqué les ballades pour une verve affûtée. Ce qui fascine dans “Ego”, c’est cette manière de faire danser les auditeurs tout en les éveillant : une leçon de dignité, déguisée en hymne de rupture sucrée-salée.
Parce que oui, sous l’humour de surface, il y a un propos sérieux : parfois, être quitté n’a rien à voir avec sa propre valeur — c’est juste que l’autre est resté prisonnier de son miroir. Alors on s’habille d’assurance, on hausse les sourcils, et on danse dessus. “Ego” n’est pas un règlement de compte. C’est une revanche stylée, soulignée au khôl.
Et Aaria Tae ? Elle ne demande pas qu’on la regarde. Elle exige qu’on l’écoute.
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mai 5, 2025Il y a dans la voix de Fawaz Finesse un truc qui ne cherche pas à séduire. C’est plus sournois que ça. Ça chuchote à l’oreille des souvenirs qu’on croyait digérés. Mad Over You, son dernier single, n’est pas seulement une chanson sur l’amour non réciproque, c’est une régression maîtrisée dans cet état flou qu’on appelle le manque. Ce moment gênant où la lucidité hurle « oublie-la », pendant que le cœur se demande encore « qu’est-ce que j’ai foiré ? ».
Sur une prod AfroR&B soyeuse mais nerveuse, avec des drums légèrement reggaetonisants et une ligne mélodique à fleur de peau, Fawaz étale sa vulnérabilité sans jamais verser dans la plainte. Il y a du chic dans sa peine, de l’élégance dans son chaos. C’est une chanson de rupture sans rage, mais avec ce spleen chaleureux propre aux prémices de l’été, quand les corps se cherchent et que les cœurs, eux, n’ont pas tout à fait fini de saigner.
Originaire du Sud-Est de Londres, d’ascendance nigériane, Fawaz Finesse injecte dans chaque note son héritage double : les textures moites de l’Afrobeats, les fantasmes nocturnes du R&B, et un storytelling qui évoque autant la tension lascive de PARTYNEXTDOOR que la pop mélancolique de Rema ou Gabzy. On pense aussi à un The Weeknd version Lagos, qui aurait troqué les néons toxiques pour les reflets ambrés d’une lumière de 17h.
Mais Fawaz ne copie pas. Il adapte, il module, il digère et réinvente. Mad Over You est un single-passerelle : entre mélancolie et groove, entre une histoire finie et une qui reste à écrire. Il ne cherche pas à choquer, juste à toucher — et il le fait avec une précision désarmante. Le genre de morceau qui finira en fond sonore d’un été qu’on n’oubliera pas.
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mai 5, 2025Il y a des voix qu’on entend, et des voix qu’on écoute. Celle de Tanya George, c’est l’une de celles qui vous attrapent au col, vous regardent dans les yeux et vous chantent une vérité qu’on n’a pas toujours le courage de se dire soi-même. “Serious”, son nouveau single, marque le point de bascule. Exit la technicienne de la loop station, voici la frontwoman, l’autrice, la productrice. Une musicienne qui ne demande plus la permission.
Tout dans ce morceau est pensé comme un manifeste. La basse glisse comme un doigt accusateur sous une voix à quatre octaves — chaude, brillante, implacable. Le groove est funk, jazzy, mais toujours pop dans son accessibilité. Tanya ne cherche pas à complexifier : elle veut qu’on comprenne. Qu’on comprenne qu’être une femme dans l’industrie, c’est souvent devoir convaincre deux fois plus, pour moitié moins d’écoute. Et qu’aimer quelqu’un qui vous prend pour acquis, c’est être témoin de sa propre disparition.
“Serious” claque comme une réplique dans un film de Gina Prince-Bythewood. C’est sensuel sans plaire, brillant sans se justifier. Il y a quelque chose du funk introspectif d’Anderson .Paak, la précision vocale d’une Emily King et l’aplomb d’une Janelle Monáe qui aurait grandi dans les ruelles de Melbourne.
Et si on l’a découverte en train de transformer Bourke Street en club à ciel ouvert, “Serious” est la preuve que Tanya George est prête à enfoncer toutes les portes vitrées. C’est le prélude à un album qu’on imagine déjà comme un grand huit d’émotions lucides et de refrains qui font danser avec les larmes aux yeux. Une étoile filante devient supernova. Ce n’est pas une promesse. C’est déjà là.
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mai 5, 2025C’est une chanson qui semble écrite à l’arrière d’un Uber, le visage collé à la vitre, regardant New York se consumer dans les néons. Pinkmann, ce nom qui claque comme un personnage de série qu’on aurait trop aimé, signe avec “SUPERSTAR” un morceau à la fois désabusé et incandescent, une déclaration d’amour toxique à la réussite, aux sacrifices qui n’ont jamais le goût qu’on croyait.
Tout y est : les promesses trahies du succès, la solitude qui s’invite dans les loges dorées, les silences entre deux likes. “SUPERSTAR” n’est pas une chanson, c’est une carte postale jamais envoyée, griffonnée dans la fièvre d’un studio trop froid. La production, soyeuse comme un rêve sous tranquillisants, enveloppe la voix de Pinkmann dans un voile de brume digitale, entre R&B spectral et pop-rap défaitiste. Ça tangue quelque part entre les derniers soupirs d’un The Weeknd sous codéine et les envolées brisées d’un Joji au bout du rouleau.
Mais ce qui sidère, c’est ce sentiment d’intimité crue, cette manière de livrer son doute comme on tend la main. On ne sait pas si Pinkmann veut qu’on l’aime ou juste qu’on le voie tomber. Le clip, annoncé comme ambitieux, promet d’arpenter Manhattan comme un théâtre de la vanité moderne. Pourtant, sous la surface, c’est une tendresse nue qui affleure. Une lucidité sans parade.
Avec “SUPERSTAR”, Pinkmann ne cherche pas la lumière. Il raconte ce qu’il reste quand elle s’éteint.
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mai 2, 2025Dans le clair-obscur d’un studio londonien, lights off s’éclaire comme une confession tardive, celle qu’on s’autorise une fois les autres partis. Sur une production feutrée de Prod.Guus — minimaliste, moelleuse, presque éthérée — mase J ne parle pas de vengeance, mais de ce qui vient après : le lâcher-prise, le pardon, cette maturité qui coûte cher mais libère.
lights off n’est pas un cri, c’est un soupir. Une basse qui glisse sans insister, un beat sans effets de manche, et une voix qui ne cherche pas la démonstration mais l’aveu : « I didn’t even deep what I was writing until after me & rawda were finished. » Comme si le morceau s’était écrit tout seul, en douce, pendant que la rancune s’endormait.
Si l’ombre de Mac Miller plane sur la sensibilité lo-fi du titre, c’est surtout la quête intérieure de Kendrick ou l’inconfort créatif de JPEGMAFIA qu’on sent dans les replis de la narration. mase J ne cherche pas à être cool — il l’est justement parce qu’il ne le prétend jamais. Son rap chuchote plus qu’il ne déclame. Il s’adresse à l’oreille, pas au monde.
Formé entre Croydon et Derby, élevé au contact du chaos intérieur, il appelle son esthétique indie trip-hop, mais c’est surtout une sorte de soul mentale, intime, où la masculinité vacille, vacante, vulnérable. lights off est un titre discret, mais pas mineur. Il fonctionne comme une chambre d’écho : plus tu l’écoutes, plus il parle de toi.
Si le pardon est une victoire sur soi, alors mase J vient d’en écrire la bande-son. Une prière la lumière éteinte, un toast à ceux qui ne s’excuseront jamais. Et un pas de plus vers une vision musicale toujours plus personnelle, toujours plus floue, donc terriblement humaine.
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avril 26, 2025Imagine un rayon de soleil qui a décidé de se faire une fête clandestine dans ton hémisphère droit. C’est exactement ce que déclenche I Got You d’Omar : une décharge pop urbaine taillée pour les nuits chaudes, les corps qui hésitent et les cœurs qui dansent sans permission.
Pas besoin de mode d’emploi : dès les premières secondes, ce morceau s’insinue sous ta peau comme un secret qu’on chuchote à l’oreille. Il y a ce groove, léger mais insistant, qui tire autant du sucre que du vice. Un beat né à Atlanta, poli sous les palmiers de Miami, et qui a gardé la moiteur des deux villes sur sa peau.
À l’origine de cette alchimie solaire, une collaboration en or : Felly the Voice, qui pose des mélodies aussi évidentes que des souvenirs d’été, Jesse Jazz aux manettes pour capturer la lumière au millimètre près, et Omar, chef d’orchestre sensible qui, pour une fois, a laissé la perfection sur le bord de la route pour embrasser l’instinct.
Inspiré par le côté sucré-salé du Yummy de Justin Bieber, I Got You ne tombe pourtant jamais dans l’imitation. Ici, le désir n’est pas une parodie d’Instagram. C’est une vibration qui s’infiltre dans les gestes, dans les regards, dans le simple fait de se sentir enfin, pleinement, désiré.
Et si I Got You est un manifeste, c’est celui de l’abandon joyeux : celui qui ne calcule pas, qui ne vérifie pas son reflet dans la vitrine, qui choisit l’instant brut au lieu du souvenir photoshopé. Omar chante pour celles et ceux qui veulent encore croire qu’un « je t’ai » suffit à tout changer.
Un morceau à écouter fenêtres ouvertes, âme déverrouillée.
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avril 26, 2025Il y a des chansons qui ne cherchent pas à séduire, ni à briller. Des chansons qui surgissent parce qu’il n’existe plus d’autre manière d’avancer. Gone Too Soon, la nouvelle ballade de Cris Cap, est de celles-là : une main tendue dans l’obscurité, un murmure de douleur retenue, une déclaration d’amour adressée à ceux qu’on n’a pas eu le temps de garder.
Écrit sur son Fender Rhodes — instrument au grain si tendre qu’il semble lui-même prêt à se briser —, Gone Too Soon porte l’empreinte d’un moment suspendu. Un jeune ami de sa fille, à peine dix-sept ans, vivant encore quelques heures plus tôt, riant, chantant, jouant sur son piano… puis l’absence brutale, brutale comme seuls savent l’être les départs impossibles à expliquer.
Plutôt que de chercher des réponses, Cris Cap a choisi d’écrire une prière. Sur un lent 6/8 bercé par les battements doux d’une guitare, des nappes de cordes discrètes et le velours des Rhodes, il déroule un fil fragile, presque irréel. Une ballade R&B qui épouse l’émotion pure, sans jamais sombrer dans l’emphase.
Le cœur du morceau pulse dans la voix de Tyla Raé, traversée par une gravité instinctive, presque sacrée. Lors de l’enregistrement, personne dans le studio n’a retenu ses larmes, même ceux qui n’avaient jamais rencontré le garçon disparu. Parce que Gone Too Soon ne parle pas seulement de lui. Il parle de nous tous. De cette incapacité à comprendre, de cette tentative absurde mais nécessaire de faire survivre les absents en leur construisant des sanctuaires de notes et de souvenirs.
Au milieu d’un paysage musical souvent saturé de détours inutiles, Gone Too Soon frappe par son dépouillement et sa sincérité. C’est un disque qui ne triche pas. Un fragment de deuil posé avec pudeur sur le piano. Un espace de recueillement où l’on est invité à écouter — vraiment écouter — ce que les silences, aussi, savent raconter.
Avec ce premier extrait bouleversant, Cris Cap annonce un premier album studio pour 2026 qui s’annonce comme une traversée intime, faite de lumière tamisée et de cicatrices ouvertes, où chaque note semble tendre la main à ceux que la vie a laissés un peu trop seuls.
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avril 22, 2025Quelques notes suspendues dans une lumière laiteuse, une voix qui effleure sans jamais s’imposer, et ce sentiment étrange que tout ce qu’on aurait pu vivre ne s’est pas aligné. Not Our Time est une ballade en apesanteur, un éclat de mélancolie tout en douceur signé Ananto.
Mêlant dream pop, néo-soul et alt-pop avec une finesse presque tactile, le morceau dessine les contours d’un amour avorté par le destin, d’une relation restée dans l’entre-deux. Les synthés flottent comme un souvenir trop doux pour être oublié, et les silences entre les mots pèsent autant que les paroles elles-mêmes. C’est une chanson qu’on écoute les yeux mi-clos, quand l’absence devient presque belle à force de résonner.
Ananto ne cherche ni l’éclat ni le drame. Iel distille l’émotion dans ses détails, dans cette façon de faire vibrer l’intime sans jamais le surjouer. Not Our Time est un morceau pour celles et ceux qui ont aimé sans tomber au bon moment, une ode aux connexions passées sous silence, aux histoires qui ne commenceront jamais mais qu’on n’oubliera pas.
On n’attend plus rien, et pourtant on reste. Juste pour réécouter encore une fois.
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avril 22, 2025Il suffit parfois d’un souffle, d’un beat étouffé, et d’un “what if” glissé à 3h07 du matin pour déclencher un raz-de-marée émotionnel. Avec PLASTIC CUP, N3WYRKLA ne se contente pas d’évoquer les failles du cœur : elle les fait vibrer dans un R&B aussi suave qu’imbibé de doutes. Ce n’est pas une ballade. C’est un vertige.
Teasé sur le plateau de Club Shay Shay avec Shannon Sharpe, le morceau s’annonce comme le point d’entrée dans un univers où sensualité, culpabilité et solitude dansent en slow mo. La production joue la carte du minimalisme nocturne : percussions discrètes, nappes synthétiques voilées comme une vitre embuée, et surtout cette voix — la sienne — qui semble sortir d’un rêve où l’on s’est couché trop tard, seul, mais pas tout à fait.
PLASTIC CUP, c’est ce moment précis où la lucidité et le désir s’embrassent avec maladresse. Ce message qu’on s’est promis de ne jamais envoyer, mais qu’on tape quand même d’un pouce hésitant. Et N3WYRKLA en fait une œuvre d’art. Le titre avance avec l’élégance d’un morceau de FKA twigs, la tension d’un SZA, mais avec une identité propre : brûlante, urbaine, sans jamais chercher à séduire autrement que par la justesse.
Premier single de son album à venir, PLASTIC CUP installe N3WYRKLA parmi les voix à surveiller de très près sur la scène alternative R&B. Une artiste qui fait de ses dérapages des rituels et de ses silences des chansons. Une nuit de plus où l’on boit seul, mais en stéréo.
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avril 22, 2025Pas besoin de crier quand on sait chuchoter juste là où ça fait mal. Avec “Honest”, STRNDED déploie un morceau qui prend son temps, comme une cigarette qui se consume dans le noir d’une chambre où les vérités tombent plus lourdement que les silences. Un beat r&b à la fois soyeux et crasseux, des nappes presque liquides, et cette voix – ou plutôt ces voix, avec Rosado en renfort – qui glissent sans effort entre le spleen et le désir.
On est dans l’intime, dans ce moment un peu trouble où les masques tombent. STRNDED, enfant de la côte Est, injecte dans sa soul ralentie des codes trap sourds, presque anxieux, comme si chaque 808 résonnait d’une tension intérieure qu’on n’arrive pas à formuler autrement. Rosado, en contrepoint, éclaire le morceau de son propre vécu – tout en écho, en relance, jamais dans la surenchère. C’est une conversation à deux, mais dont chaque auditeur devient le troisième protagoniste silencieux.
L’ambiance est moite, nocturne, et volontairement minimaliste : pas de démonstration, juste ce qu’il faut de vibrations pour que le morceau te colle à la peau. Le refrain ne cherche pas le hit radiophonique, il cherche à créer un climat, une bulle où l’on affronte ce qu’on tait d’habitude.
“Honest” n’est pas une déclaration d’amour. C’est une confession murmurée entre deux battements de cœur – entre deux mensonges, peut-être. Une invitation à se perdre un peu, mais en pleine conscience. Et si c’est ça, le futur du r&b alternatif, on est prêt à y plonger sans gilet de sauvetage.
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avril 22, 2025Quand deux artistes partagent un terrain de jeu sonore avec autant de justesse et de complémentarité, le mot “collaboration” devient presque trop faible. « Clocked », nouveau morceau de SV et Alyssa Jane, n’est pas une simple suite à leur premier album commun Neo Phily, mais plutôt une sorte d’épiphanie en marge, un prolongement spontané qui se révèle avec la douceur d’une confidence à demi-chuchotée et la tension maîtrisée d’un regard qu’on soutient trop longtemps.
Pas besoin de gros refrains ni de gimmicks clinquants pour installer une ambiance. SV, producteur au long souffle, artisan de la finesse texturée, sculpte ici un beat souple et enveloppant, entre les codes du boom-bap alternatif et des envolées néo-soul aux reflets laiteux. Le morceau respire. Il s’ouvre comme un carnet intime, feuilleté lentement, au rythme d’un sample discret, d’une batterie organique et d’un groove qui refuse l’excès.
Face à cette matière sonore, Alyssa Jane incarne parfaitement cette frontière trouble entre spoken word et rap chanté. Sa voix se pose sans chercher à convaincre, mais avec une précision rare. Elle raconte, elle évacue, elle observe — et chaque ligne semble écrite pour ne pas tomber dans le vide.
« Clocked » n’essaie pas de refaire le coup du « single fort ». Il construit autre chose : un espace flottant où la musique et le texte avancent ensemble, au pas lent d’une balade nocturne dans un quartier qu’on connaît trop bien. Et c’est peut-être pour ça que ça touche autant.
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avril 22, 2025Il y a des chansons qui ne cherchent pas à impressionner, juste à réchauffer. winter sun de mrstepsss est de celles-là. Pas besoin d’en faire des tonnes quand on sait comment poser une voix avec la justesse d’un souffle chaud sur la nuque un matin d’hiver. Ici, pas de superflu : un groove feutré, une basse qui caresse plutôt qu’elle ne claque, et cette voix, douce, presque timide, mais qui vient frapper droit au ventre.
Avec winter sun, mrstepsss signe un hommage discret mais bouleversant à la vie elle-même. Pas à un amour de passage, pas à une romance idéalisée, mais à cette lumière intérieure qu’on découvre parfois dans le chaos : la sienne. Et dans ce monde de froids numériques, de sentiments comprimés en stories de quinze secondes, une déclaration d’amour à soi, à sa route, à ses combats, c’est peut-être l’acte le plus radical qui soit.
Musicalement, le morceau est un cocon de néo-soul aux allures de journal intime. Les arrangements sont d’une élégance désarmante, mêlant R&B lo-fi, touches cinématiques à la Rhye, et cette écriture minimaliste qui dit beaucoup en peu de mots. La force de mrstepsss réside justement là : dans cette économie de moyens qui laisse la place à l’émotion de s’installer, doucement, comme le soleil d’hiver qui n’aveugle pas mais apaise.
winter sun n’est pas une chanson pour danser. C’est une chanson pour rester là, dans le silence, et laisser la chaleur faire son travail. Une chanson qui ne parle pas d’évasion mais d’acceptation. Qui ne promet rien, mais offre tout : un moment de sincérité pure dans un monde qui court trop vite.
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avril 22, 2025Ce n’est pas un morceau qui entre. C’est un morceau qui glisse. Pas besoin de frapper à la porte : Reach for the Moon s’infiltre, comme une lumière pâle qui traverse les stores, ou comme ce genre de pensées douces qui surgissent entre deux insomnies.
Aux manettes, Henry Aberson — batteur discret mais fin architecte de sensations — invite la magnétique Nariah Taylor à poser sa voix sur une trame presque suspendue dans l’air. Le résultat n’a rien d’un duo imposé : c’est une fusion de textures, de respirations, de présences. Aberson ne cherche pas la démonstration ; il laisse son groove s’installer comme un souffle régulier, qui pulse sans forcer.
Nariah Taylor, elle, plane. Sa voix ne cherche pas à dominer le morceau, elle l’habite. Elle glisse sur la production comme on marcherait au ralenti dans un rêve. Chaque mot semble sur le fil, dans un équilibre parfait entre retenue et intensité émotionnelle. Il y a du Sade dans cette façon de ne rien surjouer, du Jill Scott dans la manière d’embrasser l’espace sonore sans jamais l’étouffer.
Musicalement, c’est une écriture du détail. Un morceau qui fait confiance au silence. Qui ne cherche pas à capturer l’auditeur, mais à l’attirer doucement, presque par télépathie. Dans cette ère saturée de stimuli, Reach for the Moon fait figure de contre-pied élégant — un hymne à l’écoute lente, au groove intime, au minimalisme habité.
Pas un tube d’été. Une chanson de fin de nuit. De celles qu’on garde précieusement dans une playlist secrète, juste pour soi.
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avril 22, 2025Il y a des morceaux qui brillent comme des diamants polis. Et puis il y a ceux qui réchauffent comme une bougie allumée dans une chambre froide. still fed, la dernière offrande de Mati, appartient clairement à cette deuxième catégorie. Pas besoin de strass, ni d’une avalanche de prod tapageuse. Ici, c’est la sincérité brute qui fait le poids. Et elle pèse lourd.
Sur une instrumentale minimaliste, quelque part entre le souffle discret du R&B alternatif et les textures néo-soul qui évoquent Frank Ocean ou Saba, Mati rappe, chante, confesse. Sa voix vacille entre l’éraflure et la tendresse, comme s’il chuchotait à l’oreille d’un ami, ou d’un frère. Ce n’est pas un récit de victoire tapageuse, mais une ode intime à la survie. À la dignité de ceux qui font avec peu. À la noblesse silencieuse du quotidien, même quand il se résume à du riz froid et de la lumière néon.
“Even if it’s ramen and OJ, I’m still fed”, murmure-t-il, comme un mantra doux-amer, comme une épiphanie de fin de mois. Ce n’est pas juste une punchline, c’est un miroir tendu vers chacun de nous, dans ces moments où tout semble bancal, mais où il reste quelque chose à aimer — ou à manger.
Né en Éthiopie, élevé dans le Sud de Minneapolis, Mati s’inscrit dans cette tradition rare des conteurs qui n’ont pas besoin de crier pour marquer. Son parcours s’entend dans chaque syllabe : les évangiles de sa mère, la rage tranquille de son père, la sagesse transmise entre les lignes par ses aînés. Dans still fed, il ne rappe pas seulement sa vie. Il rappe celle de beaucoup trop d’autres, avec pudeur, avec style, avec foi.
En attendant Berhane’s Son, son prochain EP prévu pour août, ce morceau agit comme un baume. Une main sur l’épaule. Une preuve que même dans les galères, il y a de quoi écrire des chansons belles comme des prières. Mati ne cherche pas à briller plus que les autres. Il cherche à dire vrai. Et il le fait avec une grâce rare.
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avril 22, 2025Il y a des morceaux qui ne claquent pas la porte, mais qui s’immiscent lentement, comme une odeur familière ou une pensée que l’on croyait enfouie. Around, le nouveau single de Quay, appartient à cette catégorie rare de titres qui murmurent plus qu’ils ne crient, qui obsèdent plus qu’ils n’annoncent. Un R&B contemporain à la texture brumeuse, presque aquatique, où chaque note semble flotter dans un espace suspendu entre désir et confusion.
La production, tout en subtilité, repose sur une ligne de basse caressante, des accords discrets mais élégants, et surtout cette voix — celle de Quay — au timbre à la fois doux et blessé, posé comme une confidence à l’oreille. Il chante l’errance amoureuse, la répétition des schémas, ce retour éternel vers une personne qu’on tente d’oublier mais dont le souvenir revient toujours… Around, encore et encore. Il y a dans la manière dont Quay décline les motifs une forme de vertige affectif, une boucle émotionnelle dont on ne peut s’extraire.
Mais Around n’est pas un simple morceau sur le manque ou la dépendance. C’est aussi une exploration du magnétisme entre deux êtres, du pouvoir des silences et de ce qu’il reste quand les mots sont partis. À la manière de Brent Faiyaz ou de Giveon, Quay explore la faille avec élégance, refusant le spectaculaire au profit de l’intime, préférant les ambiances feutrées aux démonstrations vocales.
Ce morceau s’écoute comme une nuit qui s’éternise, une insomnie douce, un souvenir qu’on caresse. Quay ne cherche pas la lumière frontale, il préfère l’ombre portée, celle qui intrigue, qui enveloppe. Et dans Around, il réussit à condenser toute la beauté trouble de ces relations qui tournent en rond mais qu’on ne peut s’empêcher de suivre du regard. Une boucle infinie, oui. Mais une boucle dans laquelle on veut rester enfermé un peu plus longtemps.
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avril 22, 2025C’est une chanson qui s’écoute dans le flou d’un métro trop tardif, ou le silence après une dispute, là où le cœur bat encore, mais un peu de travers. One More Time, nouveau morceau de The AYAMI, s’infiltre comme un souvenir qu’on croyait avoir oublié, une réminiscence charnelle qui revient cogner doucement à la porte. Et quand on ouvre, ce n’est pas la tempête qui entre, mais une brume tiède, un souffle — celui du manque.
The AYAMI ne cherche pas à impressionner, elle cherche à toucher, à effleurer même. Elle ne chante pas l’amour triomphant, mais l’amour qui s’effondre dans les draps encore froissés, celui qui fait mal mais qu’on supplie quand même de revenir. La production est d’une pudeur chirurgicale : quelques nappes synthétiques, des claps étouffés, un beat ralenti comme un cœur au ralenti. La voix, elle, vacille. Elle ne veut pas convaincre, elle veut juste qu’on l’écoute.
Il y a dans ce morceau une sorte d’élégance désespérée. Quelque chose qui évoque le dernier verre d’un couple à la dérive, un regard échangé dans le rétro avant de disparaître dans la nuit. Pas de punchlines ni de refrains hurlés : seulement cette phrase comme une incantation à peine murmurée — One more time —, répétée comme on s’accroche à une épave, même quand on sait qu’elle coule.
Dans un paysage saturé de morceaux qui veulent tout dire tout de suite, The AYAMI prend le contre-pied et choisit la nuance. Elle écrit une chanson comme on envoie une lettre sans destinataire, comme on garde un t-shirt qui sent encore quelqu’un. C’est personnel, impudique, presque trop sincère pour ce monde qui scroll sans écouter.
Avec One More Time, The AYAMI ne signe pas juste un nouveau single. Elle crée un refuge pour les âmes bancales, un slow pour les solitudes partagées. Et dans cette tristesse lascive, elle touche quelque chose d’universel. On ne sait pas si c’est de l’amour ou du regret. Mais on sait que ça fait du bien d’avoir mal avec elle.
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avril 16, 2025Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de s’expliquer trop longtemps. « BTR (Big Time Rush) » de Maric, lui, préfère t’attraper par les hanches et t’entraîner dans un tourbillon de sueur, de sous-entendus et de basses bien grasses. Le titre, qui détourne avec humour le nom du célèbre boys band adolescent, devient ici le terrain de jeu d’un flirt assumé, suave, et diablement efficace. Une invitation à ne pas se précipiter… tout en ne perdant pas de temps.
Originaire de Grand Cayman, Maric insuffle dans cette production une saveur unique : un carrefour entre le drill britannique et les rythmes chaloupés des Caraïbes. Le résultat ? Un groove hybride, hybride comme lui, insulaire et connecté au monde, où la lourdeur du kick drill s’allège dans des toplines sensuelles. C’est à la fois une promesse de danse collée-serrée et un clin d’œil à la génération Z, celle qui ne prend plus l’amour (ni les références pop) au pied de la lettre.
Les paroles, volontairement légères mais pleines de sous-texte, jouent le rôle de catalyseur : ça parle de tempo, de tempo du cœur, de tempo du corps. Et Maric, en bon insulaire, sait que le rythme, c’est tout.
« BTR » n’est peut-être pas encore un tube mondial, mais c’est déjà un tube local avec de l’ambition, du style, et cette petite insolence caribéenne qui fait toute la différence. Maric ne court pas. Il avance. Et il le fait avec classe.
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avril 16, 2025Funsho ne triche jamais. Et dans Only You, il ne chante pas l’amour, il le vit, à voix nue, comme si chaque note contenait un secret qu’il n’a jamais osé dire à haute voix. La chanson — sortie le 21 mars 2025 — explore la vulnérabilité avec une tendresse désarmante, en s’inscrivant dans une tradition soul assumée mais parfaitement réactualisée. C’est un slow sans sucre, un groove qui bat à l’intérieur du cœur, là où les choses comptent vraiment.
On pense parfois à D’Angelo ou à Leon Bridges dans cette manière d’être lascif sans jamais être lourd, sensuel sans jamais forcer. Funsho navigue entre des textures rétro et une modernité minimaliste : une rythmique R&B soyeuse, des synthés en nappes légères, et cette voix — la sienne — qui ne cherche pas à épater mais à toucher. Et elle y parvient. « Only you, no one else understands like you » : cette phrase, il la murmure comme une évidence, et soudain, c’est tout un passé amoureux qui remonte à la surface.
Né au Nigeria, élevé entre deux mondes, Funsho a l’art de faire dialoguer ses racines afro et son amour pour le R&B alternatif américain. Dans Only You, on perçoit cette hybridité comme une force tranquille. Rien n’est trop. Tout est juste. C’est la chanson qu’on écoute un soir de doute, le regard perdu dans le vide, et qui, l’air de rien, nous ramène vers nous-mêmes.
Ce n’est pas une déclaration. C’est un aveu. Et ça fait du bien d’entendre un homme, en 2025, poser ses failles sur la table comme un poème.
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avril 16, 2025Il y a dans « Your loss » cette fierté douce-amère, ce moment précis où le cœur se referme mais que la tête, elle, relève fièrement le menton. bethebestmg, nouvelle voix à suivre de la scène R&B/rap alternative, transforme le chagrin en affirmation, le regret en flow incisif, et signe un morceau à la fois vulnérable et ultra assuré, taillé pour celles et ceux qui ont décidé de ne plus pleurer – ou du moins, plus devant l’autre.
Sur une prod moelleuse mais tranchante, à mi-chemin entre un R&B contemporain soyeux façon SZA et une trap-pop qui n’a pas peur de groover, bethebestmg pose une voix claire, magnétique, qui peut susurrer comme elle peut piquer. Il y a quelque chose d’organique dans son interprétation : pas d’esbroufe, pas d’effet de manche. Juste une voix qui connaît la peine, mais qui a aussi compris sa valeur. “Your loss” devient alors moins une chanson de rupture qu’un mantra d’auto-réalisation.
Et ce titre, justement, ne cherche pas à se cacher derrière des métaphores alambiquées. Il parle de ghosting, de promesses en l’air, de cette sensation tenace d’avoir été sous-estimée. Et il en fait une force. Comme si Summer Walker s’asseyait à la même table que Tierra Whack et Doechii, pour composer une ode à l’indépendance sentimentale, entre groove lascif et punchlines bien placées.
« Your loss » n’est pas là pour supplier, mais pour constater : celui ou celle qui est parti·e a simplement mal calculé. Parce qu’il ne suffit pas de dire “je t’aime” — encore faut-il être à la hauteur de ce qu’on a perdu.
bethebestmg livre ici un morceau court mais redoutablement efficace, calibré pour les playlists “late night”, les stories vengeresses, et surtout pour toutes celles qui se rappellent, entre deux refrains : je suis la meilleure chose qui te soit jamais arrivée… et tu ne l’as même pas remarqué.
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avril 16, 2025Et si l’indécision était un lieu de beauté ? Une chambre d’échos où l’on murmure ses peurs sans honte, un cocon suspendu entre hier et demain. C’est là, dans ce fragile entre-deux, que se déploie HESITATI∞NS, le nouvel EP d’Osmojam. Une œuvre feutrée et organique, où le groove chaloupé du zouk se mêle aux bruissements du néo-soul le plus céleste.
https://osmojam.bandcamp.com/album/hesitati-ns
Composé en collaboration avec les beatmakers Akuji et Aayhasis, le projet s’écoute comme une confidence intime offerte au monde. À travers cinq titres qui suintent la moiteur caribéenne et les doutes universels, Osmojam tend la main aux âmes qui vacillent. Elle chante pour celles et ceux qui, dans un monde qui exige des certitudes, choisissent de s’attarder dans l’ombre mouvante du peut-être.
Chaque morceau agit comme une variation sensible autour de ce même cœur battant. CAFÉINE, avec sa pulsation moelleuse et son groove discret, évoque les réveils flous, les matins qui tâtonnent. C’est une chanson qui infuse lentement, comme son nom l’indique, un shot de lucidité pour âmes embrumées. DÉCALAGE explore quant à lui le vertige d’être en déphasage avec soi-même, ou avec les autres — rythmiques déboîtées et harmonies flottantes s’y entremêlent pour dessiner ce trouble doux.
Puis vient LUNDI, ballade néo-soul au spleen presque cotonneux, où la voix d’Osmojam se fait caresse introspective. Ce jour de la semaine, si souvent honni, devient ici un théâtre intime, une métaphore du recommencement perpétuel. PULSATION, court mais essentiel, résonne comme une transe douce : un morceau habité, instinctif, presque viscéral, où la production sature d’un battement intérieur. Enfin, SCRIPT ferme le bal, convoquant les mots comme autant de tentatives pour écrire une histoire à soi, malgré les bégaiements de l’âme.
Sur des instrumentations inspirées de la biguine, du belè et des textures néo-soul à la D’Angelo ou Brandy, la voix d’Osmojam s’élève douce, presque bruissante, toujours juste. Elle ne cherche pas à imposer, elle apaise. Ce n’est pas de l’ego, c’est du baume. Chaque morceau est une respiration, un espace laissé aux émotions qui ne savent pas encore dire leur nom.
Et dans cette élégante hésitation, Osmojam réaffirme une vérité simple mais essentielle : il n’est pas nécessaire d’aller vite ou loin pour exister pleinement. Il suffit d’être là, de vibrer au rythme de ses propres incertitudes, et de les chanter avec sincérité.
En somme, HESITATI∞NS est une caresse posée sur nos vertiges, une ode à la lenteur, à la nuance, à la tendresse comme forme de résistance. Un EP comme un refuge.
https://linktr.ee/osmojam
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