Vertige et hallucination dans un rêve éveillé, voici Baby Ali sur « C’est La Vie (Higher than Me) »
Il y a des morceaux qui se vivent plus qu’ils ne s’écoutent, des morceaux qui ne cherchent pas à séduire mais à envelopper, à aspirer l’auditeur dans un monde où le sol se dérobe et où l’air devient liquide. C’est La Vie (Higher than Me) est de ceux-là. Baby Ali y distille un état second, une dérive narcotique où la trap se fait spectrale, où la voix flotte comme un spectre au-dessus d’une production brumeuse et abyssale.
Loin des gimmicks tapageurs, le titre avance en apesanteur, suspendu entre les échos d’un New York nocturne et l’introspection d’une âme en errance. Les basses grondent doucement, les synthés s’étirent comme des halos de lumière au-dessus d’un asphalte détrempé, et la voix d’Ali, à la fois désincarnée et terriblement présente, navigue entre murmure et incantation. Il y a cette impression étrange d’être à la frontière du sommeil et du réveil, à cet instant précis où tout vacille, où l’esprit s’abandonne et dérive sans résistance.
C’est La Vie (Higher than Me) est une hallucination sonore, un trip intérieur où le temps se plie et se déplie, où l’on se perd volontairement dans un labyrinthe de sensations. Il y a du spleen et du vertige, de l’euphorie et du doute, une forme d’hypnose qui attrape l’auditeur pour ne plus le lâcher. Et une fois dedans, il est déjà trop tard pour faire demi-tour.
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