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Un cri brut entre le blues et l’indignation par Mike Borgia sur Perfume & Plastic

Un cri brut entre le blues et l’indignation par Mike Borgia sur Perfume & Plastic
  • Publishedmars 2, 2025

Il y a des artistes qui enchaînent les albums comme on change de saison, et puis il y a Mike Borgia. Vingt et un albums au compteur, et pourtant, Perfume & Plastic n’a rien du disque de routine. Ce n’est pas une simple collection de chansons, c’est un coup de poing dans le vide, un blues acéré qui fait écho à une société où le plastique et le superficiel ont remplacé la sincérité et le tangible.

https://mikeborgia.bandcamp.com/album/perfume-plastic

Dès les premières notes de I Need You Now, la voix de Borgia est un appel urgent, viscéral, entre le désespoir et la nécessité de connexion. La guitare n’est pas là pour flatter, elle tranche, elle gratte, elle expose les nerfs à vif. On sent l’influence de Chris Whitley, ce bluesman trop méconnu qui préférait la vérité aux compromis.

Dans World Ain’t Right, le constat est implacable. Pas de larmes, pas de complainte, juste une observation crue de ce monde qui dérive, un groove pesant qui avance comme un train sur des rails rouillés. C’est du rock sans fioritures, où chaque note semble peser son poids de réalité.

Puis vient Get Down on All of Us, un morceau qui oscille entre colère et résilience. Ici, Borgia ne se contente pas d’un regard cynique, il veut qu’on sente la lutte, qu’on entende l’écho des voix oubliées sous le poids de l’industrie, de la politique, de tout ce qui ronge l’âme.

Et Memories, fragile, presque brisée, où la nostalgie se glisse dans les interstices du morceau comme un fantôme. Parce qu’au fond, Perfume & Plastic n’est pas qu’un album sur la rage et le rejet d’un monde en déclin. C’est aussi un disque sur la perte, sur ces souvenirs qu’on tente de préserver dans un environnement qui semble vouloir les effacer.

L’album, enregistré dans le cocon d’un cottage studio en pleine campagne new-yorkaise, capture un paradoxe fascinant : un son à la fois intime et immensément vaste. Chaque morceau résonne comme une confession murmurée dans le vent, mais qui pourrait aussi bien s’élever et remplir un stade.

Mike Borgia ne fait pas de la musique pour plaire. Il ne cherche pas à suivre une tendance, ni à séduire une industrie déjà noyée sous les productions aseptisées. Il fait de la musique parce qu’il n’a pas d’autre choix. Perfume & Plastic, c’est un cri. Celui d’un homme qui refuse de se laisser engloutir par un monde où tout est jetable. Un disque qui gronde, qui bouscule, qui existe. Un disque qu’on n’oublie pas.

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Written By
Extravafrench

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