Briser pour mieux briller avec Thio sur « KINTSUGI »
Il y a des artistes qui ne se contentent pas de chanter, mais qui transforment leur musique en manifeste. Thio en fait partie. Son dernier morceau, « KINTSUGI », emprunte son nom à l’art japonais ancestral qui consiste à réparer des objets brisés avec de l’or, transformant leurs fissures en beauté pure. Une métaphore parfaite pour une artiste qui a fait de la métamorphose son terrain de jeu.
« KINTSUGI » n’est pas juste une chanson, c’est une renaissance. Un éclat hyperpop qui joue avec les textures sonores comme on assemble des fragments de porcelaine fendue. Entre nappes électroniques atmosphériques, glitchs effervescents et une voix qui oscille entre la fragilité et l’assurance, Thio reconstruit une identité en perpétuel mouvement. On pense à Caroline Polachek pour cette façon de modeler l’émotion avec des envolées cristallines, à Rina Sawayama pour la capacité à fusionner pop et expérimentation sans jamais perdre l’instantanéité d’un bon refrain.
Ce n’est pas un morceau que l’on écoute passivement. « KINTSUGI » nous englobe. Il épouse les aspérités de l’âme, les insécurités que l’on a appris à aimer, les doutes qui deviennent une force. On sent l’influence de ses précédentes collaborations avec Heneru et Andrea Marzilli (RIVE), ce goût pour l’électro organique, le chill-pop qui caresse et l’alternative rock qui griffe.
Thio refuse les étiquettes et embrasse la liberté comme un mantra. Elle l’assume, elle l’exhibe, elle le chante avec une intensité qui ne laisse pas indemne. « On m’a dit que j’étais incohérente parce que je changeais. Moi je dis que c’est ça, ma cohérence. »
Si « KINTSUGI » est un miroir, c’est celui qui ne reflète pas un visage figé, mais une âme en perpétuelle réinvention. Et c’est exactement là que la magie opère.
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