Ben L’Oncle Soul nous dévoile “HARD TO DØ” & “DØN’T WANNA FALL”
Il y a des albums qu’on attend, et d’autres qui nous attendent. SAD GENERATION, le nouvel opus de Ben L’Oncle Soul, fait partie de ceux qui savent qu’on va avoir besoin d’eux. Que le cœur est trop plein, que le monde tourne trop vite, et qu’il faut bien une voix comme la sienne pour ralentir le rythme et recoller les morceaux. En guise d’ouverture, les deux titres “HARD TO DØ” (featuring Kaylan Arnold) et “DØN’T WANNA FALL” donnent le ton : une soul à fleur de peau, douce comme une gifle bienveillante.
“HARD TO DØ” est une élégie moderne pour les amours qu’on retient plus longtemps qu’il ne faudrait. La production, subtilement texturée, flotte quelque part entre la moiteur d’un vieux disque de D’Angelo et la tension feutrée d’un James Blake en clair-obscur. Kaylan Arnold y apporte un contrepoint vocal soyeux, presque céleste, qui répond à la voix de Ben comme une pensée qui n’a jamais quitté la pièce. Le refrain accroche au ventre : cette hésitation à partir, ce déchirement lucide, cette inertie affective qu’on appelle l’attachement. Et pourtant, c’est lumineux. Parce que même dans la confusion, Ben L’Oncle Soul sait qu’il faut chercher la clarté.
“DØN’T WANNA FALL”, quant à lui, pourrait passer pour un slow-jam classique, s’il n’était pas si fragile. C’est une chanson d’équilibriste, où l’amour vacille entre espoir et désenchantement. Les accords glissent doucement, comme une caresse sur une blessure encore ouverte. La voix de Ben est plus nue que jamais, presque chuchotée, comme s’il chantait à lui-même. Il y a dans ce morceau un aveu désarmant : celui de ne pas vouloir retomber, ni dans l’amour, ni dans le schéma. Ce n’est pas du cynisme, c’est de la survie.
Avec ces deux extraits, SAD GENERATION s’annonce comme un album générationnel — pas parce qu’il parle fort, mais parce qu’il parle juste. Ben L’Oncle Soul y montre une maîtrise émotionnelle rare : celle de ceux qui ont souffert sans se refermer, qui ont aimé sans s’oublier. Il chante les doutes de notre époque avec une élégance presque militante, et fait de chaque faille une fenêtre ouverte.
Et s’il fallait une bande-son pour apprendre à se sentir encore vivant·e dans un monde qui engourdit, SAD GENERATION serait sans doute notre meilleure chance. Ces deux titres le prouvent déjà : la tristesse, chez Ben, n’est pas une fin. C’est le début de quelque chose.
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