Quand les revenants du punk arty ressuscitent avec HLLLYH sur Dead Clade
Il y a des groupes qu’on pensait à jamais engloutis dans le vortex de la scène DIY des années 2000, vestiges d’un chaos créatif aussi bruyant qu’éphémère. The Mae Shi, figures totémiques de The Smell à Los Angeles et des tournées qui frôlaient le vertige (300 dates en 2008-09, excusez du peu), en faisaient partie. Mais les morts ne dorment jamais vraiment, et aujourd’hui, re-nés sous le nom de HLLLYH, ils nous balancent “Dead Clade”, premier cri d’alerte d’un nouvel album qui promet de réveiller les punks endormis dans leurs jeans slims usés.
“Dead Clade”, c’est plus qu’un single, c’est un come-back au forceps, les crocs pleins de souvenirs mal rangés et de riffs crasseux, dégoulinant d’énergie brute comme à la grande époque où l’on enregistrait dans les garages, avec les voisins qui tapaient aux murs. Construit sur un chaos structuré — batterie dégingandée, guitare qui explose sans prévenir, claps maladroits mais jouissifs, et ce chant qui semble sortir d’un mégaphone crado — le morceau ressemble à un pogo dans une cave humide, mais un pogo littéraire, érudit et poppy jusqu’au bout de la syncope.
À travers ce titre vieux de 15 ans, exhumé et ravaudé pour mieux coller à 2025, le groupe réinvente la nostalgie en arme de reconstruction massive. Les membres fondateurs Tim et Jeff Byron, Ezra Buchla, Brad Breeck et Corey Fogel se retrouvent comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Sauf que cette fois, il n’est plus question d’un ultime baroud d’honneur. URUBURU, l’album prévu pour le 27 juin sur Team Shi, s’annonce comme l’anti-épitaphe, un manifeste post-mortem écrit au feutre fluo sur les murs d’un squat à Silver Lake.
Et s’il fallait un mantra à cette résurrection, ce serait peut-être celui-ci : la fin n’est jamais la fin, surtout quand le chaos a encore des choses à dire. En bonus, leur reprise de “This Is The Day” de The The, dévoilée sur YouTube, prolonge cette collision temporelle entre souvenirs eighties et fureur contemporaine.
“Dead Clade” est tout sauf fossile : c’est une tempête qui pue la bière tiède, la sueur et le génie lo-fi, portée par ceux qui n’ont jamais vraiment appris à se taire.
À écouter fort, trop fort.
Et si possible, avec les meubles qu’on n’aime pas trop.
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