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« Bummer » des the dt’s mérite mieux qu’un message à ton ex

« Bummer » des the dt’s mérite mieux qu’un message à ton ex
  • Publishednovembre 3, 2026

Sur « Bummer », the dt’s font d’une erreur de casting amoureuse une chanson qu’on a envie de reprendre en chœur, puis lui offrent un final à la hauteur du temps perdu.

Le pire choix de votre vie avait peut-être beaucoup de charme au début. Voilà qui complique le récit de rupture et améliore considérablement la chanson. « Bummer » part du moment où l’on repense à quelqu’un et où, pour la première fois, le souvenir fait presque rire. Le groupe américain the dt’s, issu de la scène du Jersey Shore, laisse à ce constat toute sa mauvaise humeur, mais lui donne une allure autrement plus réjouissante. Le couplet a du groove, le refrain s’amuse, et le règlement de comptes prend son temps avant de réclamer toute la place.

Je trouve le morceau particulièrement malin à 2 min 48. C’est là que commence le grand final, après un refrain qui avait déjà de quoi servir de point culminant. Ce choix de construction change la façon dont on relit le début. Le couplet installe un balancement qui permet au récit de garder sa désinvolture. Le refrain fixe le verdict dans une forme qu’on peut retenir. La fin, elle, lui rend ses proportions. On s’était habitué à traiter l’affaire avec un haussement d’épaules et voilà qu’elle exige encore une bonne partie du morceau. Pour une chanson sur les erreurs qu’on mesure après coup, j’aime cette manière de faire arriver la pleine décharge en retard.

Les the dt’s ont commencé à écrire et à enregistrer dans leurs studios maison. Leur goût des harmonies vocales et des mélodies franches traverse un répertoire qui circule entre power pop, rock alternatif et blues. Sur « Bummer », c’est surtout le sens power pop de l’accroche qui fait la différence. Le mot lui-même a la modestie d’un commentaire lâché en passant, quelque chose comme « dommage ». Il paraît presque dérisoire face à l’ampleur que prend le final. On dirait la réponse qu’on donne à un ami avant de lui raconter, pendant quarante minutes, à quel point on s’en fiche.

Ce décalage évite au morceau de faire de la rupture une simple affaire de revanche. Le plaisir est dans le temps retrouvé, celui qu’on peut désormais consacrer à grossir un détail pour faire rire la tablée ou à reprendre un refrain sans se demander qui risque de se reconnaître. Le message à l’ex restera peut-être dans les brouillons. À 2 min 48, on avait de toute façon autre chose à faire.

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Written By
Extravafrench

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