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Music Rock

Le spleen bruitiste d’une ville qui n’écoute plus par CARNE sur J.U.M

Le spleen bruitiste d’une ville qui n’écoute plus par CARNE sur J.U.M
  • Publishedmai 5, 2025

C’est un cri étouffé dans le béton. Une plainte noyée dans l’écho métallique d’un quotidien trop vaste pour nos cœurs trop tendres. Avec J.U.M, CARNE balance une claque grunge taillée dans l’obsession et la perte de repères. Un morceau comme une errance. Brighton de nuit. Trop de néons. Trop peu de visages qui restent.

Enregistré dans l’antre sacrée de Brighton Electric Studios, J.U.M a la rugosité de l’incommunicable. Carmen Mellino y chante comme on se parle à soi-même dans une rame vide, entre fatigue existentielle et besoin d’être enfin vu·e. Sa voix gratte, susurre, implose. Elle ne cherche pas à séduire, elle exhume. Le mixage signé Jag Jago (Jamie T, The Maccabees) ajoute cette dimension urgente, borderline. Et dans le silence post-chute, le master de Kurt Martinez (Soft Play, Pixies) vient tout sceller sous une pellicule crade et belle.

Musicalement, c’est du 90’s dans sa forme la plus crue, mais pas rétro pour un sou. On pense à Hole, à Garbage, à Elastica sous kétamine. Les guitares de Milo Hill glissent, griffent, se désaccordent presque, pendant qu’Emia Demir et Joe McTaggart créent une tension rythmique en forme de fuite. Rien ne tient en place, tout est au bord du trop-plein. Et c’est précisément là que la beauté surgit.

J.U.M parle d’absence de réciprocité. D’offrir son feu à des gens qui n’ont pas froid. De courir à perdre haleine dans une ville qui ne ralentit jamais. On est dans Lost in Translation, mais sans le Japon, sans la romance, juste avec ce foutu sentiment d’être invisible dans une foule hyperconnectée.

Le clip (sortie le 30 avril) s’annonce tout aussi viscéral, hommage évident au Good Fortune de PJ Harvey, avec cette même frénésie lucide qui file entre les mains, cette urgence à ressentir quelque chose, n’importe quoi.

CARNE ne cherche pas à plaire. CARNE gratte là où ça démange. Et dans cette démangeaison urbaine, J.U.M devient un hymne pour les âmes à la dérive, les doux marginaux et les trop-sensibles. À écouter très fort, casque vissé sur les tempes, en marchant trop vite, trop seul·e, sous une pluie qui ne s’excuse pas.

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Written By
Extravafrench

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