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French Music

Benjamin Quartz sur « Frénésie » ou comment faire danser un chaos intime en robe de chambre

Benjamin Quartz sur « Frénésie » ou comment faire danser un chaos intime en robe de chambre
  • Publishedaoût 8, 2025

Une guitare. Un souffle. Trois battements dans le ventre avant que ça commence. Frénésie ne se lance pas, il glisse. Comme une sueur froide le long de la colonne, ou une pensée obsédante qui revient toujours te visiter à l’aube, quand tout dort sauf toi.

Benjamin Quartz, c’est un peu comme si Leonard Cohen avait fait un détour par l’Atlantique, bu un café au comptoir d’un PMU désert et décidé, dans un dernier élan de lucidité, de tout chanter avec les moyens du bord : une voix comme une caresse sur du verre pilé, un jeu de guitare qui te regarde dans les yeux, et ce groove discret, faufilé, presque timide, mais qui fait tout tanguer. Pas besoin d’en faire trop. Ici, le drame se joue à l’intérieur.

La production est nue, sans artifice, sans triche. Bois, cordes, souffle. On entend presque le silence entre les notes, les regards entre les musiciens, la pièce où ça a été enregistré. Ce n’est pas un titre, c’est un fragment de vie suspendu. Un moment de vertige, offert comme on tend la main en pleine nuit. On n’est pas dans l’émotion spectaculaire, on est dans le frisson discret, celui qui te prend quand tu repenses à quelque chose de trop fort, trop ancien, trop vivant.

Et puis il y a cette manière unique de faire groover l’immobilité, comme si la lenteur devenait un mode de résistance. Frénésie ne crie jamais, mais il serre. Comme une étreinte qu’on n’ose pas lâcher.

Il y a des chansons qui accompagnent. Celle-ci te précède.

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Written By
Extravafrench

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