Tandis que le bitume fond et que les esprits surchauffent, un nouveau nom s’inscrit au fer rouge sur la scène rock britannique : Hot Work Permit. Leur premier single “Go Sign”, sorti le 24 juillet dernier sur Black Mark Recordings, claque comme un avertissement et une promesse – celle d’un rock qui groove, qui ose, et qui ne s’excuse de rien.
Dès les premières secondes, c’est un piège. Un riff de basse hypnotique, coulé comme de la lave lente, s’enroule autour de toi. Le tempo est lascif, presque insolent, porté par une batterie qui ne presse jamais, mais qui impose. Puis vient la voix de Mark Blackmore, entre fêlure soul et flamboyance glam, qui glisse vers un falsetto libérateur, presque extatique. On pense à Neil Young période Zuma, à Dinosaur Jr sous acide, et à ce vieux démon qu’était Paul Rodgers, quelque part entre le rugissement et la confession.
Mais “Go Sign” n’est pas qu’un exercice de style rétro-futuriste. C’est une chanson qui parle de jalousie, de cette obsession qui dégénère, de ces moments troubles où l’on confond passion et possession. Le tout dans une production signée Phill Brown — légende de l’ingé son passé par les studios de Talk Talk, Zeppelin ou Marley — qui donne à l’ensemble un grain à la fois vintage et férocement direct.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise instinctive du morceau : tout est en tension. Chaque note semble contenir un combat intérieur, un refus de choisir entre violence et sensualité. Le groupe, formé en 2025, joue déjà comme un gang soudé par le feu. Leur identité est claire : un rock hybride, bardé de références mais fondamentalement libre. Aucun genre ne les contient ; ils les traversent avec panache.
Dans une époque où le rock peine parfois à se réinventer sans se parodier, “Go Sign” est un signal fort : Hot Work Permit est là pour remettre de l’âme dans la sueur, et du style dans la colère.
Un premier pas brûlant, et déjà, l’envie furieuse d’entendre la suite.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
