Je l’ai écouté la première fois dans la pénombre d’un studio, une lampe tamisée, le casque trop fort — et So In Love m’a happé comme une lumière de boule à facettes qui se serait allumée au fond du crâne. Ce morceau n’est pas un simple retour à la disco, c’est une renaissance. Phunque n’imite pas le passé : il le ressuscite, avec l’ironie d’un producteur berlinois qui a compris que le groove, pour être éternel, doit d’abord se réinventer.
Le titre s’ouvre sur un clin d’œil sensuel aux années 80 : une basse caoutchouteuse qui rebondit comme un cœur amoureux, des accords de synthé qui s’étirent avec élégance, et ce kick souple, presque moelleux, qui appelle le corps à s’incliner sans effort. Puis, sans prévenir, la production s’embrase. L’arrangement s’épanouit dans une luxuriance sonore qu’on croirait sortie d’un club new-yorkais des années Studio 54, mais nettoyée à la perfection d’un mastering contemporain.
Phunque ne se contente pas d’évoquer le funk et la disco : il les tord, les tresse, les électrise. Derrière cette chaleur, on sent l’exactitude allemande, cette précision du son où chaque hi-hat trouve sa place dans un équilibre quasi mathématique. Et pourtant, malgré cette rigueur, So In Love respire le lâcher-prise. On y danse sans honte, sans cynisme, comme dans une scène de film où tout devient flou et doré.
C’est un morceau qui transpire la sincérité — ce qui est rare dans une époque où la nostalgie est souvent un costume trop propre. Ici, Phunque ne joue pas au collectionneur. Il célèbre le corps. L’amour. Le vertige. Ce sentiment un peu idiot mais vital qu’on éprouve quand la nuit devient promesse, et qu’on se sent vivant pour de vrai.
L’amour du titre n’est pas un sujet : c’est un état. “So in love”, c’est être perdu dans le groove comme dans une étreinte. Et quand le morceau s’achève — après plus de six minutes d’hypnose rythmique, de montées feutrées, de délires de synthés galactiques — on reste suspendu, le souffle court. Phunque réussit ici une prouesse : rendre le disco à nouveau dangereux, charnel, exalté.
Ce n’est pas un simple track de club, c’est un sortilège de vinyle qui pulse au tempo du désir. Un morceau qui pourrait tourner en boucle toute la nuit sans jamais épuiser sa fièvre. Parce qu’au fond, So In Love n’est pas qu’un hymne à l’amour : c’est un hymne à la transe amoureuse qu’est la musique elle-même.
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