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Kareen Lomax nous fait craquer pour “Somewhere In The World”

Kareen Lomax nous fait craquer pour “Somewhere In The World”
  • Publishedfévrier 20, 2026

“Somewhere In The World” de Kareen Lomax transforme la vulnérabilité en déclaration universelle, portée par une production de Daoud qui respire la grande soul contemporaine.

Je l’ai lancée un soir où tout semblait un peu trop bruyant. Trop d’écrans, trop d’avis, trop de musique qui cherche à impressionner. Puis la voix de Kareen Lomax s’est posée. Pas pour dominer. Pour envelopper. Et soudain, le tumulte s’est mis à reculer.

La production signée Daoud est d’une élégance presque insolente. On y reconnaît cette science du détail qu’il a déjà déployée auprès de SZA : des accords qui semblent flotter, une basse ronde qui ne presse jamais, des percussions qui respirent au lieu de cogner. Rien n’est démonstratif. Tout est intention.

Mais ce qui me happe surtout, c’est la manière dont Kareen occupe l’espace. Elle ne force pas l’émotion ; elle la laisse infuser. Sa voix navigue entre assurance et fragilité, comme si chaque phrase était un pas mesuré sur un fil invisible. On sent l’école de la neo-soul, bien sûr – ce goût pour les silences, pour les micro-inflections – mais il y a aussi quelque chose de très actuel dans cette retenue. Une conscience aiguë de ce que signifie aimer à distance, croire encore à une connexion dans un monde saturé.

“Somewhere In The World” donne l’impression d’élargir la pièce. Le refrain ouvre une fenêtre imaginaire : quelque part, quelqu’un pense à toi. L’idée pourrait paraître naïve. Ici, elle devient presque politique. Croire qu’un lien existe malgré les kilomètres, malgré les pertes, malgré les erreurs. Dans un paysage R&B parfois obsédé par la désillusion ou la performance, Kareen Lomax choisit la foi douce.

Personnellement, j’y entends une maturité rare. Celle d’une artiste qui a connu les détours de l’industrie, les feux inattendus des charts, et qui revient à l’essentiel : écrire depuis sa vérité. La texture rétro-soul affleure, mais elle n’est jamais pastiche. Elle sert une intention contemporaine, presque thérapeutique.

“Somewhere In The World” ne cherche pas à exploser. Il s’installe. Il persiste. Et quand le morceau s’achève, il laisse derrière lui une sensation discrète mais tenace : celle d’avoir été compris, même brièvement, même à des milliers de kilomètres.

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Written By
Extravafrench

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