Lyndo Jaco condense son rock artisanal en trois récits sur « 3 »
- Publishedseptembre 21, 2026
« Sur “3”, Lyndo Jaco travaille comme un artisan du morceau : trois titres, douze minutes quarante-neuf, un home studio à Happy Valley et cette manière très directe de faire passer le récit avant tout le reste. »
Il y a quelque chose de presque obstiné dans la façon dont Lyndo Jaco fabrique sa musique.
Pas de grande machinerie, pas de dispositif spectaculaire. Le musicien australien, installé à Happy Valley en Australie-Méridionale, construit ses morceaux seul, chez lui, en passant d’un instrument à l’autre : un peu de guitare, de basse, de batterie, puis la voix. Cette méthode donne à « 3 » un charme très concret, presque manuel.
Le titre de l’EP annonce lui-même le programme.
Trois morceaux. Rien de plus. Et surtout aucune volonté apparente de gonfler artificiellement le projet. À une époque où beaucoup d’EP cherchent à ressembler à de petits albums, Lyndo Jaco choisit le format court et l’assume complètement.
« Feeling » ouvre le disque sur 4:36.
Le morceau installe immédiatement cette veine rock mélodique, adulte, où le songwriting garde la priorité. Chez Jaco, la musique sert surtout à porter une histoire, avec une construction qui préfère l’efficacité du récit à la démonstration. Le titre reste volontairement large, presque élémentaire, mais ce dépouillement lui va bien : il pose l’émotion comme matière première.
« It was for » dure exactement le même temps, 4:36, et cette symétrie intrigue.
Le morceau semble prolonger la même manière d’écrire, mais avec une formulation plus suspendue. Le titre laisse quelque chose en suspens, comme une phrase qui attend son complément. Cette incomplétude crée une petite tension narrative assez intéressante : on a envie de savoir à qui, à quoi, ou pourquoi.
Puis arrive « Whats happening », plus court, à 3:36.
Là, le disque change légèrement de rythme. Le titre est plus immédiat, plus frontal, presque conversationnel. Et placé en dernière position, il donne à l’EP une sortie moins contemplative, plus directe, comme si Lyndo Jaco ramenait soudain la narration au présent.
Ce qui fonctionne bien ici, c’est justement cette modestie de moyens.
Le son s’inscrit dans un rock AOR, pop-rock et singer-songwriter assez classique dans ses fondations, mais l’approche artisanale lui évite de devenir totalement générique. On sent derrière les morceaux un musicien qui aime manipuler la matière lui-même, tester, déplacer, reprendre, jusqu’à trouver la version qui tient debout.
Le home studio devient donc une vraie partie de l’identité du projet.
Lyndo Jaco joue sur cette proximité. Son rock ne cherche pas à impressionner par la taille du dispositif ; il préfère donner l’impression d’entrer dans l’atelier pendant que les morceaux prennent forme.
Et « 3 » tient finalement très bien son nom.
Trois chansons, trois angles, trois petites histoires qui avancent sans gras, avec ce mélange de simplicité et de minutie qu’on retrouve souvent chez les musiciens qui font tout eux-mêmes.
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