Un disque qui ne cherche pas à ressusciter le passé, mais à prouver qu’il respire encore.
À Los Angeles, ville où l’industrie broie vite et oublie plus vite encore, Dave Lebental avance avec une élégance presque anachronique. Stylus, son nouvel album enregistré avec son groupe Karma Train, ne s’excuse ni d’aimer les mélodies franches ni de croire à la puissance d’un vrai couplet, d’un vrai pont, d’un vrai refrain. Ici, le piano est colonne vertébrale, pas simple ornement.
« Addition By Subtraction » ouvre le bal avec un titre-programme. Rythme sec, piano martelé, guitares nerveuses en arrière-plan. Lebental pose d’emblée une idée claire : enlever le superflu pour retrouver l’essentiel. La chanson avance comme une équation émotionnelle où chaque accord clarifie le propos.
« Mulberry Drive » ralentit légèrement le tempo et installe une atmosphère plus narrative. On y sent le goût de la chronique urbaine, presque cinématographique. Le piano s’étire, la section rythmique respire davantage, et la voix de Lebental se fait plus intime.
« Changing The Way I Feel », plus ample, déploie une architecture à tiroirs. Les harmonies s’épaississent, les chœurs s’élèvent. Le morceau joue sur les contrastes dynamiques, avec un refrain qui s’ouvre comme une fenêtre après une longue nuit.
« Hopium », titre à la fois ironique et contemporain, injecte une tension plus électrique. Le piano dialogue avec une guitare plus mordante. L’énergie rappelle que Lebental vient aussi d’une tradition rock plus brute.
« Race To The Bottom » adopte un groove plus direct, presque urgent. La batterie imprime un mouvement constant, tandis que la ligne de basse ancre le morceau dans une gravité assumée.
« I Can Always Count On You » offre une respiration. Ballade piano-centrée, portée par une mélodie limpide, elle rappelle que la simplicité peut être une forme de courage.
« Mindy Please » renoue avec une légèreté mélodique plus pop, presque espiègle dans ses inflexions. « True Understanding », au contraire, approfondit le propos avec une écriture plus introspective et un arrangement plus dense.
« Not Exactly As You Planned » joue sur l’ironie du titre : structure fluide mais ponctuée de changements subtils, comme pour souligner l’imprévisibilité des trajectoires.
« You Figure It Out » clôt l’album avec une assurance tranquille. Pas d’explosion finale. Juste une chanson qui s’installe, solide, laissant l’auditeur face à lui-même.
Stylus n’est pas un exercice de nostalgie. Depuis Los Angeles, Dave Lebental prouve que le rock piano-mélodique peut encore sonner actuel, organique, incarné. Avec Karma Train, il livre un disque qui préfère la profondeur au bruit, la construction à l’effet.
Et dans un monde saturé de vitesse, cette fidélité à la chanson devient presque un acte radical.
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