« Take me as i am » avance comme une question impossible à esquiver : Mary Middlefield y déploie une tension intime, entre désir d’être aimée et peur viscérale de ne pas l’être vraiment.
Il y a des morceaux qui exposent. Et puis il y a ceux qui s’exposent eux-mêmes, sans filtre, sans filet. « Take me as i am » appartient à cette seconde catégorie. Pas une confession posée. Une mise à nu qui tremble encore pendant qu’elle se dit.
Mary Middlefield ne cherche pas à séduire ici. Elle met quelque chose sur la table — et attend. Pas une validation immédiate. Plutôt une réaction. Une présence. Une acceptation peut-être.
Musicalement, le morceau joue sur une tension permanente entre contrôle et abandon. Les premières mesures installent une forme de retenue presque trompeuse : une instrumentation claire, précise, portée par une ligne de basse qui donne au morceau sa colonne vertébrale. Puis, très vite, quelque chose se fissure.
Les guitares prennent de l’ampleur, sans jamais devenir écrasantes. Elles restent nerveuses, contenues, comme si elles refusaient de céder à la facilité d’un climax trop évident. On sent une énergie live, presque organique, qui traverse le morceau sans le déséquilibrer.
Et au centre, il y a cette voix.
Mary Middlefield chante comme si chaque mot avait un poids réel. Pas dans la performance, mais dans la manière de le tenir. Il y a des micro-variations, des inflexions presque imperceptibles qui changent tout. Une fragilité maîtrisée, jamais décorative.
Ce qui rend « Take me as i am » aussi saisissant, c’est cette manière de travailler l’ambivalence. Le morceau ne cherche pas à résoudre le besoin d’être aimé. Il le laisse exister dans toute sa complexité. Entre assurance et doute, entre affirmation et retrait.
On sent l’influence de son écriture plus large — ce mélange entre indie rock, pop alternative et cette sensibilité presque classique dans la construction des émotions. Chaque élément est à sa place, mais rien n’est figé. Tout semble prêt à bouger, à basculer.
Et pourtant, le morceau ne tombe jamais dans l’excès.
Il reste sur cette ligne fine où l’intensité ne vient pas du volume, mais de la précision.
« Take me as i am » agit comme un miroir légèrement déformant. On y voit quelque chose de soi, mais pas complètement. Juste assez pour reconnaître ce besoin universel : être accepté sans condition, sans ajustement, sans masque.
Mary Middlefield ne propose pas une réponse.
Elle pose la question.
Et elle la laisse résonner, longtemps après la fin.
Comme une phrase qu’on n’arrive pas à oublier, même quand on fait semblant de passer à autre chose.
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