x
Music Rock

Ridiculous Bitch appuie sur « Engage » : New York veut des comptes

Ridiculous Bitch appuie sur « Engage » : New York veut des comptes
  • Publishedmai 6, 2026

« « Engage » de Ridiculous Bitch crache un post-punk garage au sourire carnassier : une charge sociale électrique, portée par une voix féminine qui transforme la colère en spectacle, et le spectacle en menace. »

Ridiculous Bitch n’a pas l’air de croire aux chansons sages. Tant mieux. « Engage » débarque comme une convocation dans un sous-sol new-yorkais : murs qui transpirent, amplis trop près du visage, regards qui savent déjà que la soirée va finir en règlement de comptes. Après le Japon, après les scènes partagées avec Foxy Shazam, après cette montée en réputation qui ressemble moins à une campagne qu’à une contamination, le groupe balance un titre qui ne cherche pas le consensus. Il veut la friction. Le contact. L’étincelle.

« Engage » porte bien son nom. S’engager, ici, ce n’est pas publier une phrase tiède sur fond pastel pour prouver qu’on pense correctement. C’est entrer dans l’arène, accepter le choc, mettre les mains dans l’époque au lieu de la commenter depuis un canapé. Ridiculous Bitch transforme la critique sociale en matière rock : pas un tract, pas une conférence, mais une poussée de guitares, de nerfs, de sueur et d’ironie noire. Le morceau mord parce qu’il comprend que le monde contemporain n’a pas seulement besoin d’être analysé ; il mérite parfois d’être secoué par le col.

La voix féminine de Karen Xerri est le centre incendiaire du titre. Elle ne survole pas le chaos, elle le mène. Il y a dans son attaque quelque chose de théâtral, oui, mais jamais décoratif : une manière de cracher les lignes avec élégance et poison, comme si chaque phrase avait été écrite sur un miroir de loge avant d’être lancée dans la foule. Autour d’elle, Jimmie Marlowe, Don Berger, Dominick Martes et Lach Driver construisent une mécanique garage rock/post-punk sèche, urgente, hérissée de riffs qui avancent moins comme des ornements que comme des preuves.

Ce qui fait la force de « Engage », c’est son refus de choisir entre catchy et sale. Le titre accroche vite, presque trop vite, puis laisse voir ses angles. Les guitares ont ce grain NYC grunge rock, abrasif, nocturne, pas vraiment repassé pour les playlists. La rythmique pousse avec une nervosité de rue, le genre de tension qui donne envie de marcher plus vite sans savoir exactement qui nous suit. Ridiculous Bitch sait que la meilleure pop du chaos, c’est celle qu’on peut retenir en criant, mais qu’on n’arrive jamais totalement à domestiquer.

On retrouve ici tout ce qui rend le groupe attachant et dangereux : émotion brute, humour carnassier, sens du spectacle, refus de l’aseptisé. « Engage » n’est pas une chanson qui cherche à expliquer le malaise ambiant avec des gants blancs. Elle le maquille, lui colle une guitare dans les mains, le balance sur scène et regarde s’il sait encore hurler juste.

Ridiculous Bitch signe un single frontal, nerveux, terriblement vivant, qui rappelle que le rock peut encore servir à autre chose qu’à célébrer sa propre nostalgie. « Engage » ne demande pas au public d’être d’accord. Il exige qu’il soit réveillé.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture