x
Electro French Music Now Pop

Chloé French transforme « The NY Tapes » en scandale chic

Chloé French transforme « The NY Tapes » en scandale chic
  • Publishedmai 19, 2026

« Chloé French fait de « The NY Tapes » un carnet de nuit électrique, où la Nouvelle Vague française se réveille en mini-jupe dans un club de downtown New York. »

Minuit n’est pas une heure dans « The NY Tapes ». C’est une méthode. Chloé French n’écrit pas vraiment des chansons : elle découpe des scènes, vole des regards, garde les mégots, les taxis, les bouches trop proches, puis recolle tout ça dans une pop qui a le goût du désordre bien habillé. L’EP avance comme une fille qui connaît le chemin mais préfère se perdre, parce que se perdre reste encore la meilleure façon de vérifier qu’on est vivante.

À 24 ans, Chloé French semble déjà refuser la pop sans mémoire. Chez elle, les fantômes de la chanson française croisent la sueur des clubs berlinois, tandis que New York sert de chambre d’écho à tous les désirs trop grands pour rester sages. Écrit et produit aux Kensaltown Studios avec Alex Poeppel, « The NY Tapes » joue avec une élégance dangereuse : celle des œuvres qui paraissent spontanées alors qu’elles sont précisément stylisées, comme un plan de Godard tourné après trois verres et une nuit blanche.

« Angels » ouvre l’EP comme une apparition sous néon : quelque chose de céleste, oui, mais avec les talons encore collés au dancefloor. Le morceau installe cette ambiguïté qui fera tout le charme du projet : la grâce n’est jamais loin du chaos. « Paris, je t’aime » déplace ensuite le centre de gravité. Ce n’est pas la carte postale d’une ville idéalisée, plutôt une déclaration fiévreuse à une capitale qui embrasse mal, ment bien, et laisse pourtant des traces impossibles à laver.

« L’inconscience » devient le vrai cœur battant du disque. Plus long, plus trouble, il porte en lui cette idée magnifique que la jeunesse n’est pas seulement une période, mais une vitesse excessive. Chloé French y transforme l’abandon en esthétique, la fuite en langage, l’instinct en manifeste. Puis « Comme ça » claque comme une réponse qu’on ne justifie pas : léger en surface, plus insolent qu’il n’y paraît, presque chorégraphique dans sa manière de faire du détachement une arme.

La reprise « Messy (but French) » prolonge cette mythologie du désastre sublime. Être messy, ici, ce n’est pas perdre le contrôle : c’est refuser le contrôle comme norme de désirabilité. Chloé French en fait une posture, une allure, une façon de rester impeccable dans l’accident. « Chocolat », enfin, ferme la marche avec une sensualité plus brillante, presque sucrée, mais traversée par le même sous-texte : derrière le glamour, ça brûle toujours un peu.

« The NY Tapes » réussit parce qu’il comprend une chose essentielle : la pop n’a pas besoin d’être sage pour être sophistiquée. Chloé French y signe un EP magnétique, indiscipliné, terriblement visuel, qui donne envie de danser dans un film dont personne n’aurait écrit la fin.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture