« « Stone Cold Sober » remet The Hypnotiks en plein centre du dancefloor soul parisien, avec Wolfgang Valbrun en éclaireur brûlant d’un groove qui ne demande jamais la permission. »
On ne devrait pas écouter « Stone Cold Sober » assis. Ce serait presque une faute de goût. Le morceau appartient à cette famille de titres qui connaissent les genoux avant le cerveau, la nuque avant l’analyse, le sourire avant la critique. The Hypnotiks ne font pas dans la soul décorative, ni dans le funk de musée qu’on cire au chiffon doux pour rappeler “le bon vieux temps”. Ici, le vintage a les épaules larges, le cuivre levé, la basse bien plantée, et cette insolence magnifique des groupes qui jouent comme si la scène était un ring.
Basé à Paris, le collectif s’est imposé comme l’une des formations soul/funk les plus solides de la capitale, avec cette identité très physique : un mélange de downtown soul et d’uptown funk, musclé, festif, taillé pour les salles où la sueur compte autant que la justesse. Autour de James Startt à la guitare, Anthony Honnet aux claviers, Gérard Berruet à la basse, Valentin Couineau au trombone, Paul de Rémusat au sax, Noé Benita à la batterie et Xavier Desjours aux percussions, The Hypnotiks fonctionne comme une machine humaine, précise mais jamais froide.
L’invité Wolfgang Valbrun apporte à « Stone Cold Sober » ce supplément de nerf vocal qui change tout. Sa présence ne surplombe pas le morceau : elle le soulève. On y retrouve l’esprit des grandes nuits soul où le chanteur n’est pas seulement un interprète, mais un conducteur de tension, quelqu’un qui sait quand retenir, quand pousser, quand laisser le groove parler à sa place.
Ce qui frappe, c’est l’absence de complexe. The Hypnotiks assument l’héritage old-school sans s’y enfermer. Ils célèbrent les rare gems, les classiques oubliés, les formats qui sentent le live et la communion, mais « Stone Cold Sober » ne sonne pas comme un exercice de style. C’est un morceau vivant, nerveux, presque arrogant dans sa manière de rappeler qu’un bon groove n’a pas besoin d’explication longue : il suffit qu’il démarre, et la pièce change de température.
The Hypnotiks signent ici une soul de club, de corps, de cuivre et d’instinct. Un titre qui ne cherche pas à réinventer la roue, mais à la faire tourner plus fort, plus vite, plus chaud.
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