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Ben Righter n’a pas écrit « IM So Black » pour demander la permission d’être magnifique

Ben Righter n’a pas écrit « IM So Black » pour demander la permission d’être magnifique
  • Publishedmai 28, 2026

« « IM So Black » fait de Ben Righter le narrateur d’une fierté retrouvée : un hymne rap/R&B où chaque nuance de peau devient mémoire, beauté, puissance et revanche intime. »

Il y a des chansons qui ne cherchent pas l’approbation. Elles arrivent comme on redresse les épaules devant un miroir après avoir trop longtemps laissé le monde dicter ce qu’il fallait aimer en soi. « IM So Black » de Ben Righter appartient à cette famille-là : un morceau de célébration, mais pas seulement. Sous son évidence d’hymne, il y a quelque chose de plus profond, presque réparateur : le passage de l’insécurité à la fierté, de la blessure silencieuse à l’affirmation pleine voix.

Le titre frappe d’abord par sa simplicité frontale. « IM So Black » ne contourne pas son sujet, ne l’adoucit pas pour le rendre plus confortable. Ben Righter chante et rappe la beauté des carnations noires, leur diversité, leur éclat, leur histoire, avec une intention qui dépasse le simple ego-trip. Le morceau se présente comme une lettre d’amour à l’acceptation de soi, mais aussi comme une réponse à toutes les normes qui ont trop souvent appris aux corps noirs à se regarder à travers le regard des autres.

Musicalement, le titre se situe à la croisée du rap, de la trap et du contemporary R&B. Cette hybridation lui donne une souplesse intéressante : assez de groove pour porter l’assurance, assez de mélodie pour laisser passer l’émotion, assez de tension urbaine pour rappeler que la fierté n’est jamais née dans le vide. Elle se conquiert. Elle s’apprend. Elle se répète jusqu’à devenir naturelle.

Ben Righter n’arrive pas ici comme un artiste qui découvre la scène par hasard. Son histoire musicale commence très tôt, presque comme une évidence familiale : enfant, il chante, danse, transforme déjà sa chambre en scène alors qu’on le croyait endormi. Cette anecdote dit quelque chose de son rapport à la musique : une pulsion avant d’être une stratégie. Plus tard, il nourrit ce don à travers les chorales scolaires, les concours locaux, l’écriture, les collaborations indépendantes, jusqu’à ouvrir pour des artistes comme Trey Songz, Ne-Yo, Brandy, Keyshia Cole, The-Dream, Robin Thicke, Pharrell Williams ou Usher.

Cette trajectoire donne du poids à « IM So Black ». Le morceau ne sonne pas comme une simple tentative de capturer un thème fort. Il s’inscrit dans une vie d’artiste qui a toujours utilisé la voix comme un lieu de joie, de présence et d’identité. Ben Righter semble revenir à cette idée première : chanter parce que cela rend vivant.

Ce qui touche, surtout, c’est que « IM So Black » ne réduit jamais la fierté à une posture dure. Il y a de la force, bien sûr, mais aussi de la tendresse. Une tendresse envers soi-même, envers les peaux qu’on a parfois appris à comparer, à hiérarchiser, à cacher, alors qu’elles portent chacune une beauté singulière. Ben Righter transforme cette reconnaissance en refrain intérieur : être soi n’est pas un compromis. C’est une célébration.

« IM So Black » est un morceau qui avance avec assurance, mais son cœur bat dans un endroit plus vulnérable : celui où l’on comprend que l’estime de soi n’est pas un luxe, mais une forme de survie. Ben Righter signe ici un hymne accessible, fier, généreux, qui rappelle que la pop urbaine peut encore faire ce qu’elle a de plus puissant : donner à quelqu’un l’envie de se regarder autrement.

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Written By
Extravafrench

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