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Music Rock

Cello sort les griffes sur « Like A Tiger »

Cello sort les griffes sur « Like A Tiger »
  • Publishedjuin 25, 2026

« Like A Tiger » propulse Cello dans une indie-pop disco nerveuse, où guitares funk, énergie post-punk et flamboyance art-pop célèbrent celles et ceux qui ont longtemps eu l’impression de venir d’une autre planète.

Le problème n’est peut-être pas de se sentir étranger au monde. Le problème commence lorsque le monde exige que cette étrangeté soit corrigée.

Cello renverse cette logique sur « Like A Tiger ». Son troisième single ne promet aucune intégration tranquille, aucun effort pour rentrer dans une forme déjà dessinée. Il préfère le mouvement, la morsure et la liberté presque animale de celui qui cesse enfin de considérer sa différence comme une anomalie.

La chanson avance sur un beat disco lourd, porté par des guitares funk qui ne cherchent jamais la souplesse décorative. Elles attaquent, rebondissent et maintiennent le morceau dans une tension délicieusement physique. Le groove invite immédiatement le corps à répondre, mais quelque chose de plus abrasif travaille sous sa surface. La fête ressemble aussi à une fuite réussie.

Cello évoque Robyn, Marc Bolan et Madonna sans se contenter d’additionner leurs silhouettes. Elle retient de la première cette capacité à cacher une émotion complexe dans une mécanique dansante, du second une flamboyance rock affranchie du réalisme, et de la troisième l’art de faire de l’identité un spectacle contrôlé par celle qui l’expose.

À ces références s’ajoute une nervosité héritée du post-punk et de l’art-rock. Wire, Blondie, David Bowie ou Eurythmics semblent moins constituer un tableau d’influences qu’une permission générale : celle de traiter la pop comme un laboratoire où l’élégance, l’ironie et l’étrangeté peuvent cohabiter sans s’excuser.

« Like A Tiger » raconte le sentiment de ne pas appartenir à l’endroit où l’on se trouve, jusqu’à imaginer que l’on ne vient peut-être même pas d’ici. Cette impression d’exil intérieur pourrait nourrir une chanson sombre. Cello choisit au contraire d’en faire un moteur d’émancipation.

L’étrangeté devient une preuve de singularité. Être l’alien de la pièce signifie aussi voir ce que les autres ne remarquent plus, résister aux automatismes et conserver une part d’indiscipline. La chanson ne nie pas la solitude associée à cette position ; elle décide simplement qu’elle ne constituera plus une honte.

Le tigre intervient alors comme une image moins subtile, mais volontairement irrésistible. Il incarne l’assurance, l’instinct et une puissance qui n’a pas besoin de justifier son existence. Cello ne demande pas à devenir docilement plus forte. Elle veut occuper l’espace avec une évidence presque sauvage.

Sa formation classique ajoute une tension intéressante à cet appel au lâcher-prise. Surnommée Cello après ses études de violoncelle au Junior Royal College of Music, l’artiste connaît la discipline, la répétition et la précision instrumentale. « Like A Tiger » utilise ces fondations pour fabriquer une musique qui semble vouloir rompre ses propres barrières.

Ce contraste explique une partie de la personnalité du titre. La production reste maîtrisée, mais son énergie donne l’impression de pouvoir déborder à tout moment. Le rythme est cadré ; l’interprétation, elle, conserve une insolence qui refuse de devenir trop propre.

La collaboration avec JB participe à cette alchimie. Rencontré fortuitement dans le dernier train quittant Londres, le producteur et coauteur apporte une expérience traversant hip-hop, rock alternatif et studio britannique. Leur travail commun permet à Cello de relier ses références classiques, son goût du rock et une ambition pop immédiatement lisible.

Enregistré à The Metway, « Like A Tiger » annonce l’album « Kung Fu Disco ». Ce titre de projet résume déjà une esthétique fondée sur le choc : discipline et exubérance, précision du geste et abandon à la piste de danse. Le nouveau single en constitue une première démonstration particulièrement convaincante.

Cello ne réduit jamais son propos à un slogan sur l’acceptation de soi. Elle sait que se libérer n’est pas uniquement une décision intérieure. Il faut parfois faire du bruit, déranger l’image attendue et accepter que certains ne comprennent jamais complètement ce que l’on devient.

La dimension cosmique du texte élargit encore cette idée. Nous ne sommes que des poussières au milieu d’un univers infini, mais cette insignifiance apparente ne supprime pas les connexions. Elle les rend presque miraculeuses. Se sentir venu d’ailleurs n’empêche pas d’appartenir à quelque chose de plus vaste.

« Like A Tiger » trouve ainsi son équilibre entre défi et émerveillement. Le morceau rugit, danse et rappelle que la différence ne constitue pas forcément une distance à combler. Elle peut devenir un langage, un instinct et une manière plus libre de créer du lien.

Cello ne cherche plus la bonne planète. Elle monte le volume, montre les griffes et décide que celle-ci devra désormais lui faire une place.

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Written By
Extravafrench

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