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Lewca fanfaronne avec « Like Liam Gallagher »

Lewca fanfaronne avec « Like Liam Gallagher »
  • Publishedjuillet 13, 2026

« Like Liam Gallagher » marche de travers, lève le menton trop haut et sent la pinte renversée sur un ampli : Lewca y signe un retour aussi insolent que cabossé, entre hymne fuzzy, humour noir et survie mal peignée.

Lewca ne revient pas sur la pointe des pieds. Ce serait mal le connaître, et probablement contraire à toute son hygiène artistique. Après trois ans d’absence forcée, une infection pulmonaire qui l’a mené dangereusement près du silence définitif, le Franco-britannique choisit pour premier signal de vie un titre qui ressemble moins à une confession qu’à une entrée bruyante dans un pub déjà trop plein : « Like Liam Gallagher ».

Le nom claque comme une provocation volontairement pas subtile. Liam Gallagher, ce n’est pas seulement une voix, une coupe, une parka, une fratrie mythologique et un micro placé trop haut. C’est une attitude. Une science du menton. L’art d’avoir l’air persuadé d’être le dernier rockstar vivant même quand le monde s’est déjà mis à autre chose. Lewca ne reprend pas ce mythe pour le vénérer sagement ; il le tord, le saoule un peu, le fait passer dans son propre filtre de loser magnifique, de survivant qui a trop de second degré pour croire pleinement à la pose, mais trop d’amour pour le rock’n’roll pour s’en débarrasser.

« Like Liam Gallagher » fonctionne justement dans cette contradiction. Le morceau se présente comme une fuzzy pop anthem de débauche, mais sous le bazar volontaire, on devine une émotion plus tenace : celle d’un type qui a failli ne plus pouvoir chanter et qui revient en choisissant l’arrogance comme masque de respiration. Le titre n’est pas seulement une blague de fan d’Oasis parti en vrille. C’est une manière de dire : je suis encore là, je peux encore gueuler, encore lever les bras, encore faire le malin devant la nuit.

La production de S.O.A.P., partenaire de longue route et maître d’œuvre des beats cabossés de Lewca, donne à cette fanfaronnade son ossature. On y imagine cette patte hybride, quelque part entre rock anglais mal réveillé, pop alternative poisseuse, basse qui traîne dans les coins et rythmique assez souple pour laisser Lewca bavarder, ricaner, boxer dans le vide. Chez eux, la chanson n’a jamais besoin d’être propre pour être précise. Elle doit surtout garder cette sensation de vie prise sur le vif, comme si chaque élément avait accepté de ne pas être totalement domestiqué.

Le plus savoureux, dans « Like Liam Gallagher », tient à la façon dont Lewca détourne le fantasme de rockstar. Il sait très bien que l’époque n’a plus beaucoup de place pour les grands singes sacrés du Britpop swagger. Il sait aussi que l’imaginaire reste irrésistible : les refrains trop hauts, les lunettes, les embrouilles, la voix qui attaque le monde avant même d’avoir bu son café. Alors il s’en empare comme d’un costume trop grand, avec la lucidité de celui qui connaît le ridicule mais choisit de le porter quand même, parce qu’il tient chaud.

Cette autodérision empêche le morceau de devenir un simple hommage. Lewca ne cherche pas à “sonner comme” Liam Gallagher. Il chante plutôt l’idée d’être “comme” lui : marcher dans la vie avec une confiance absurde, même quand le corps a trahi, quand les années ont mis du poids dans les poches, quand les rêves sentent un peu le tabac froid. La référence devient un outil de théâtre personnel. Derrière le clin d’œil, il y a une stratégie de survie.

Le single annonce « Innit? », quatrième album de Lewca, présenté comme un mélange impossible de reggae, punk alternatif, rap, pop et autres combustibles instables. Mais « Like Liam Gallagher » se suffit déjà comme déclaration de retour. Pas un retour purifié par l’épreuve, pas la sagesse d’un homme qui aurait vu la mort et décidé de méditer en silence. Plutôt l’inverse : un retour avec les chaussures sales, la vanne prête, le refrain en bandoulière et cette vieille insolence britannique qui consiste à répondre au désastre par une chanson trop bruyante.

Lewca ne romantise pas sa propre résurrection. Il la rend bancale, drôle, un peu ivre, donc beaucoup plus humaine.

Avec « Like Liam Gallagher », il ne demande pas qu’on admire sa survie. Il préfère débarquer dans la pièce, faire semblant d’être invincible, et laisser le morceau avouer à sa place que cette arrogance-là cache peut-être le plus beau des soulagements : être encore en vie pour faire du bruit.

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Written By
Extravafrench

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