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Music Rock

Kylan Daffy se sent seul au milieu de « Paris »

Kylan Daffy se sent seul au milieu de « Paris »
  • Publishedaoût 9, 2026

« “Paris” regarde une ville supposée magnifique depuis le mauvais côté de la carte postale : Kylan Daffy y découvre que l’émerveillement ne protège pas forcément de la solitude. »

Paris n’est pas toujours romantique. Parfois, c’est juste l’endroit où l’on réalise qu’on voudrait être ailleurs.

Kylan Daffy écrit « Paris » après son retour en Australie, à la suite d’une longue période passée à l’étranger. Au cœur de cette expérience, une semaine difficile vécue seul en Europe, avec la capitale française comme point de rupture. Le contraste est presque cruel : être entouré de beauté, de monuments, de mouvement, et pourtant ne ressentir qu’un manque.

Le morceau naît de cette contradiction.

Les guitares largement ouvertes et les textures shoegaze donnent beaucoup d’air à l’ensemble, mais cet espace ne procure jamais vraiment de confort. Au contraire, il accentue la sensation d’éloignement. La musique semble s’étendre alors que le récit, lui, reste très intime. Ce décalage donne à « Paris » sa mélancolie particulière : celle d’un paysage immense regardé depuis une chambre intérieure beaucoup plus petite.

Le morceau occupe aussi une place importante dans l’écriture de Daffy. Coécrit à l’origine avec l’Américain Jack Joiner, il marque sa première utilisation des open tunings, une technique qui influencera ensuite durablement sa manière de composer. Ce détail s’entend surtout dans la liberté donnée aux guitares, dans leur façon d’ouvrir les accords plutôt que de simplement accompagner la voix.

Autour de lui, plusieurs collaborateurs enrichissent cette profondeur sonore : Blake Bashfield à la production et à la guitare, James Jenkins également aux guitares, Heather Duncan aux harmonies, puis Ionei Heckenberg au mastering. Mais malgré cette construction collective, « Paris » conserve quelque chose de très solitaire.

C’est cohérent avec le parcours de Kylan Daffy. Né à San Francisco, élevé dans l’Australie rurale puis installé à Wollongong, il porte déjà dans sa trajectoire cette coexistence entre plusieurs géographies. Son alt-rock, nourri de shoegaze, d’emo et d’une énergie plus proche du midwest punk, semble naturellement attiré par les histoires de distance, d’attachement et de retour.

« Paris » ne célèbre donc pas vraiment Paris.

La ville devient plutôt le lieu où l’absence de chez-soi devient impossible à ignorer.

Et parfois, il faut partir très loin pour comprendre précisément ce qu’on avait laissé derrière.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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