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Cosmic Gloss libère ses « Unicorn Stallions » dans un futur qui pousse encore sous nos pieds

Cosmic Gloss libère ses « Unicorn Stallions » dans un futur qui pousse encore sous nos pieds
  • Publishedaoût 13, 2026

« “Unicorn Stallions” ressemble à une créature aperçue entre deux états : quelque chose de végétal, cosmique, un peu mutant, qui refuse de choisir entre l’ancien monde et celui qui pourrait encore advenir. »

Quitter les formes trop étroites

Il faut parfois un titre volontairement impossible pour dire quelque chose de très simple : le besoin de respirer autrement.

Chez Cosmic Gloss, artiste basé à Leeds, « Unicorn Stallions » ne fonctionne pas comme une fantaisie décorative. Le morceau part d’un sentiment d’émancipation face à des visions du monde devenues trop rigides, trop étroites, trop occupées à discipliner le vivant. L’idée est moins de fuir la réalité que de déplacer notre manière d’y appartenir.

Cosmic Gloss parle de « versions miroirs » de lui-même et des autres, de transformations, de formes anciennes et futures qui cohabiteraient déjà en nous. Dit comme ça, le propos pourrait sembler ésotérique ou volontairement opaque. Mais la musique évite justement la posture mystique trop appuyée. Elle avance plutôt comme une matière fluide, où les textures apparaissent, disparaissent, puis reviennent autrement.

C’est probablement le détail de production le plus intéressant du morceau.

Chaque couplet accueille de nouvelles couches, pendant que d’autres éléments s’effacent momentanément. Rien ne paraît totalement fixe. Les sons se retirent, laissent un vide, puis réapparaissent légèrement déplacés, comme si l’arrangement refusait lui aussi de rester enfermé dans une identité stable.

Cette logique colle parfaitement à la notion de métamorphose qui traverse le titre.

Cosmic Gloss cite parmi ses influences Toro y Moi et Def Sound, mais également la lune, les arbres, les fleurs, le système solaire ou encore des formes de vie passant symboliquement de la mer à la terre. Ce mélange de références artistiques et naturelles révèle assez bien son approche : la musique n’est pas pensée comme un assemblage de genres, mais comme un écosystème.

On entend cette volonté dans « Unicorn Stallions ». Le morceau ne cherche pas le hook frontal ni la montée attendue. Il préfère travailler par circulation, par petites poussées, par fragments qui créent un espace presque tactile. L’auditeur n’est pas vraiment conduit quelque part ; il est plongé dans une matière mouvante.

Cette liberté a toutefois son revers. À certains moments, l’abondance d’idées peut rendre la structure plus difficile à saisir. La recherche de fluidité finit parfois par diluer la tension, et certains éléments auraient gagné à rester plus longtemps installés avant d’être remplacés. L’expérimentation fonctionne mieux lorsqu’elle produit une nécessité émotionnelle que lorsqu’elle devient simplement un principe de mouvement.

Mais Cosmic Gloss assume clairement cette instabilité.

Le morceau semble conçu moins comme une chanson classique que comme une projection mentale. Une sorte de torrent où les formes se succèdent, se superposent, se contredisent parfois, sans chercher à être parfaitement domestiquées.

L’autre force du titre vient de son imaginaire. « Unicorn Stallions » parle de retour à quelque chose de plus instinctif, de plus ancien, mais jamais dans une logique passéiste. Au contraire, l’artiste imagine des « selves » à la fois ancestraux et futuristes, capables de circuler librement entre plusieurs états.

Cette manière de penser le temps est probablement ce qui donne au morceau sa personnalité.

Il ne s’agit pas de retrouver un paradis perdu. Il s’agit d’imaginer un futur moins coupé du vivant, moins obsédé par les catégories, où l’individu pourrait redevenir poreux au monde qui l’entoure.

Le processus de création renforce cette idée. Cosmic Gloss explique avoir travaillé aussi bien dans sa chambre que dans des espaces rêvés, près des côtes ou lors de marches en forêt. Cela s’entend dans la façon dont la production mélange intériorité et sensation d’espace. On passe d’un environnement presque clos à quelque chose de plus ouvert, plus aérien, sans rupture nette.

« Unicorn Stallions » reste donc un morceau difficile à enfermer dans une formule simple.

Il parle d’amour, de transformation, de nature, d’identité et de résistance aux visions trop figées. Il n’a pas toujours la netteté d’un titre pop immédiatement lisible, mais il possède quelque chose de plus rare : une vraie cohérence entre son idée et sa forme.

Lorsque Cosmic Gloss écrit que nous sommes, au bout du compte, la preuve lumineuse de ce que l’amour peut produire, la phrase pourrait sembler trop grande pour le morceau.

Pourtant, elle lui va plutôt bien.

Parce que « Unicorn Stallions » n’essaie pas de prouver quoi que ce soit.

Il essaie surtout d’ouvrir une porte.

Et de laisser quelque chose de vivant passer à travers.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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