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Music Pop

Adriana Spuria empoisonne la romance avec « Fiore al veleno »

Adriana Spuria empoisonne la romance avec « Fiore al veleno »
  • Publishedseptembre 22, 2026

« Un whisky, des lumières basses, une reine des abeilles et un amour qui finit par ressembler à une cellule : Adriana Spuria transforme “Fiore al veleno” en petit théâtre sentimental où le drame avance avec un sourire de travers. »

Le morceau sent la nuit avant même qu’on en saisisse vraiment l’histoire.

Des étoiles, un comptoir, une route, un verre de whisky. Adriana Spuria plante un décor presque trop séduisant pour être honnête. Et c’est justement là que « Fiore al veleno » commence à devenir intéressant : derrière cette sensualité de surface, la relation se referme peu à peu jusqu’à prendre la forme d’une prison. Le « fiore » attire, puis révèle le poison.

La chanteuse italienne ne joue pourtant pas la tragédienne jusqu’au bout.

Elle préfère tordre la douleur avec de l’ironie.

C’est le vrai nerf du morceau. Le texte parle de désillusion, de séduction trompeuse et de relation abîmée, mais l’interprétation refuse le pathos massif. Spuria garde une distance, presque un sourire oblique, qui donne à l’ensemble une couleur tragicomique assez rare. Le communiqué insiste justement sur cette manière de regarder la souffrance en face tout en en soulignant parfois l’absurdité.

Et « Fiore al veleno » possède en réalité deux vies musicales.

La première prend la forme d’un pop-reggae coloré, sensuel, volontairement plus léger que son sujet. La seconde, « Fiore al veleno groove remix », déplace la même histoire dans une ambiance swing-jazz lounge plus nocturne, sophistiquée et théâtrale. Deux arrangements, donc, mais une même dramaturgie : la romance tourne mal, et la musique refuse de s’habiller en noir pour autant.

Le contraste est encore plus marqué dans la version reggae.

Spuria évoque un imaginaire presque fellinien, nourri d’échos balkaniques, de couleurs circassiennes et d’accents mexicains. Une palette volontairement étrange pour une chanson sentimentale, qui donne au morceau un côté cabaret halluciné plutôt qu’une simple esthétique pop italienne.

Cette théâtralité déborde jusque dans les clips.

La vidéo principale déroule un univers nocturne fait de danse, de rencontres, de baisers, de lieux sombres et de silhouettes qui apparaissent comme des fragments de mémoire. Le montage privilégie l’évocation plutôt qu’un récit linéaire. Le remix, lui, passe au noir et blanc et plonge dans une imagerie rétro, entre jazz, variété, nightclub et cinéma des années 30 à 50.

Même histoire, deux éclairages.

Et c’est probablement ce qui définit le mieux Adriana Spuria.

Chanteuse, autrice, compositrice, guitariste, arrangeuse et productrice du titre, elle porte ici pratiquement toute la matière créative du morceau. Giovanni Maucieri signe le mix, Claudio Giussani le mastering.

Son parcours aide aussi à comprendre ce goût pour les mélanges.

Spuria écrit et chante depuis l’adolescence, a navigué entre jazz, folk, blues, rock, funk, pop, house et dance, tout en développant très tôt ses propres chansons en italien et en anglais. Après plusieurs décennies de scène et d’autoproduction, elle prépare désormais un nouvel album annoncé pour le printemps 2027.

« Fiore al veleno » ressemble presque à une synthèse de ce parcours.

Une chanson d’amour, certes, mais passée dans un miroir déformant.

Le poison pique.

La musique, elle, continue de sourire.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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