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Jon Gold fait voyager « ASHIA » sur trois continents

Jon Gold fait voyager « ASHIA » sur trois continents
  • Publishedaoût 13, 2026

« Avec “ASHIA”, Jon Gold ne signe pas seulement un morceau solaire : il prend un mot camerounais chargé de gratitude, de compassion et de présence à l’autre, puis lui construit un écrin où jazz, samba, calypso et musiciens de trois continents respirent ensemble. »

Tout part d’un mot.

Pas d’un concept marketing, pas d’une volonté de fusionner arbitrairement plusieurs musiques du monde, mais d’une rencontre humaine. Installé à Delaware Water Gap, aux États-Unis, Jon Gold découvre « Ashia » au contact d’un ami camerounais et de sa famille. Le terme le fascine par sa souplesse : il peut signifier merci, exprimer la compassion, reconnaître la douleur de quelqu’un, parfois simplement marquer une forme de présence. Gold y entend surtout une idée qui lui semble essentielle : la gratitude.

À partir de là, il change de cap.

Alors qu’il travaillait récemment davantage autour du jazz et des musiques brésiliennes, « ASHIA » ouvre un territoire plus large. Mauricio Zottarelli, batteur brésilien nommé deux fois aux Grammy Awards, apporte sa précision et son énergie, accompagné du bassiste Jackson Lourenço. Depuis Buenos Aires, Juan Lucangioli pose une voix choisie pour sa douceur et sa capacité à porter cette notion de bienveillance. Will Allen ajoute des cuivres nets côté américain, tandis que le Nigérian Ofat referme le morceau avec un solo de ténor.

Sur le papier, tout cela pourrait vite ressembler à une carte du monde épinglée sur un mur de studio. À l’écoute, l’intention annoncée est justement l’inverse : faire disparaître les frontières.

Gold évoque des traces de la musique de Richard Bona, des couleurs de calypso capverdien, une pointe de samba brésilienne et son propre bagage jazz. Ce qui m’intéresse ici, c’est moins le nombre de références que la manière dont elles sont pensées comme des accents plutôt que comme des trophées culturels. « ASHIA » ne cherche pas à prouver qu’il connaît le monde. Il essaie de lui parler.

Le processus d’enregistrement accentue encore cette idée. Les sessions ont été réalisées entre l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Afrique, sans recours à l’intelligence artificielle, puis réunies en une seule pièce. Un vrai travail de correspondance musicale, presque à l’ancienne dans son principe : chacun envoie une partie de lui-même et le morceau se charge de rendre l’ensemble crédible.

Cette chaleur n’empêche pas le projet d’avoir un sous-texte beaucoup plus grave. Gold présente « ASHIA » comme un hommage au peuple camerounais et à sa recherche de paix. Le morceau refuse pourtant le ton funèbre. Il choisit la joie, comme si la gratitude devenait ici une forme de résistance douce, un moyen de reconnaître ce qui reste vivant malgré le contexte.

« ASHIA » annonce aussi un album plus vaste, pensé autour de compositions originales et de collaborations internationales.

Pour l’instant, Jon Gold pose simplement une idée très belle : parfois, le mot le plus riche n’est pas celui qui dit le plus de choses.

C’est celui qui sait accueillir toutes les nuances sans en perdre aucune.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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