« Avec “High”, Donskii ne choisit pas entre ses deux héritages : il laisse le Ghana et la Jamaïque se répondre dans un dancehall souple, solaire et instinctif. »
Donskii a dix-huit ans, mais son identité musicale paraît déjà construite autour d’un aller-retour très net. Né d’un père jamaïcain et d’une mère ghanéenne, installé au Ghana, il porte naturellement deux traditions qui ont appris depuis longtemps à faire du rythme un langage à part entière.
« High » s’inscrit précisément là.
Le morceau avance sur une base dancehall-reggae avec une légèreté presque immédiate. Rien n’est surchargé. Donskii privilégie le flow, la souplesse et cette façon de faire glisser la voix dans le beat sans jamais casser son élan. Son statut de singjay prend ici tout son sens : il se tient dans cet entre-deux où chant et rap cessent d’être vraiment séparés.
Ce mélange n’a rien d’artificiel. Côté jamaïcain, on retrouve cette manière de laisser la voix se fondre dans le riddim, de jouer avec le placement et la répétition. Côté ghanéen, le morceau gagne une chaleur différente, plus proche de l’afro-dancehall contemporain et de cette scène ouest-africaine qui a très vite absorbé puis réinterprété les codes caribéens à sa manière.
« High » ne cherche pas à intellectualiser cette rencontre. Il la vit.
C’est probablement ce qui rend Donskii intéressant à ce stade. Il ne donne pas l’impression de fabriquer un positionnement hybride parce que cela fonctionne aujourd’hui. Son histoire familiale le place déjà au milieu de ces circulations musicales, et son style semble en découler avec assez de naturel pour éviter l’effet collage.
Son parcours reste encore jeune. Il a été repéré après sa participation au « Come Home to Africa Riddim », qui lui a permis d’attirer l’attention de Wonder 4 Music. Depuis, le label accompagne cette construction d’une identité qui tient autant dans le grain de voix que dans le choix des rythmes.
Le titre « High » renvoie évidemment à cet état de flottement, de relâchement, presque de légère ivresse sensorielle que le reggae et le dancehall savent très bien installer sans avoir besoin de forcer l’effet. Chez Donskii, cette sensation passe moins par la lourdeur que par le balancement.
Le morceau ne s’impose pas.
Il s’installe.
Et en quelques minutes, il suffit déjà à comprendre pourquoi Donskii pourrait devenir l’un de ces artistes capables de faire circuler naturellement les sons entre Accra et Kingston sans jamais donner l’impression de franchir une frontière.
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