x
Electro Music Now Rap

DeadJxhn et Yavomag invoquent le « Mystic Mane »

DeadJxhn et Yavomag invoquent le « Mystic Mane »
  • Publishedaoût 17, 2026

« DeadJxhn et Yavomag donnent à “Mystic Mane” des allures de rituel mécanique : hard techno, phonk et imaginaire occulte s’y frottent jusqu’à former une matière brutale, sombre et presque hallucinatoire. »

Une cloche, une cave, un moteur lancé trop fort : « Mystic Mane » pourrait tenir quelque part entre ces trois images.

DeadJxhn et Yavomag ne viennent pas de la techno par la porte la plus académique. Leur histoire est liée au phonk, à ses basses écrasées, ses atmosphères nocturnes, ses détournements de rap et cette esthétique où la production peut avoir autant d’importance que le morceau lui-même. Passer ensuite vers la hard techno n’a donc rien d’un changement de personnalité. C’est presque une conséquence logique : garder l’ombre, accélérer la pulsation, retirer encore quelques éléments mélodiques et voir jusqu’où la répétition peut devenir hypnotique.

« Mystic Mane » se situe exactement à cet endroit.

DeadJxhn, producteur russe désormais installé à Chypre, avait commencé son parcours house phonk aux côtés de son frère Yavomag sur « Graveyard Phonk ». Le lien familial donne à leurs collaborations une dynamique particulière : pas celle de deux producteurs réunis artificiellement autour d’un brief, mais celle de musiciens qui connaissent déjà leurs instincts respectifs. Yavomag possède d’ailleurs un vocabulaire beaucoup plus large qu’un seul courant. Producteur et rappeur, il développe son projet phonk depuis 2020, nourri par $uicideboy$ et Pharmacist, tout en passant aussi par la witch house et des collaborations avec Sinizter ou Luga.

Cette culture du sombre se retrouve naturellement dans « Mystic Mane », mais sous une forme plus frontale. Ici, l’objectif n’est pas de fabriquer une ambiance brumeuse qu’on laisserait flotter en arrière-plan. La techno impose une discipline bien plus physique. Le kick revient comme une injonction, la répétition resserre progressivement l’écoute et les éléments vocaux en anglais deviennent davantage des signes, presque des fragments de cérémonie, que de véritables narrateurs.

Le titre aide beaucoup à installer ce climat. Mystic annonce l’ésotérisme ; Mane renvoie immédiatement à cette imagerie phonk nourrie de surnoms, de codes et de figures fantomatiques. L’ensemble pourrait virer au folklore gothique un peu facile. DeadJxhn et Yavomag l’empêchent de devenir décoratif en donnant d’abord la priorité à la percussion et à la densité.

Ce qui est intéressant dans leur évolution, c’est justement cette continuité entre plusieurs cultures électroniques souvent présentées comme séparées. Le phonk, la witch house, la techno dure : trois scènes avec leurs propres codes, mais aussi un goût commun pour les basses massives, les voix déformées, l’obscurité et une certaine violence du son.

« Mystic Mane » ne cherche pas à choisir son camp. Il fait plutôt circuler le même spectre d’un genre à l’autre, jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien si l’on écoute une track de hard techno contaminée par le phonk ou l’inverse.

Au bout du compte, la distinction importe assez peu. Le rituel a déjà commencé.

Pour découvrir plus de nouveautés CLUB et ÉLECTRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVACLUB ci-dessous :

Pour découvrir plus de nouveautés CLUB et ÉLECTRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVACLUB ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture