« Tonic » est la potion afro-futuriste de Denali Nova
- Publishedaoût 20, 2026
« Une kickback tranquille, une mystérieuse boisson et soudain la pièce bascule : “Tonic” présente Denali Nova comme un artiste pour qui Afrobeats, amapiano, R&B et danse doivent se vivre dans un même mouvement. »
Au début du clip, personne ne semble attendre de miracle. Quelques amis, une soirée à Queens, une atmosphère détendue. Puis Denali Nova boit une potion et le réel change de régime : les corps s’activent, la chorégraphie envahit l’image et la réunion entre proches prend les allures d’une fête hypnotique.
Pour un premier vrai pas au premier plan, difficile d’imaginer symbole plus clair.
Originaire de Brooklyn, Denali Nova connaît déjà l’industrie musicale, mais principalement depuis les coulisses. Il a travaillé auprès d’artistes comme Brandy, Avery Wilson, Chrystian Lehr ou Siaira Shawn. « Tonic » renverse cette position. Cette fois, il ne contribue plus à l’univers de quelqu’un d’autre : le cadre entier est construit autour du sien.
Et la musique donne immédiatement quelques indications sur ce que pourrait devenir cet univers.
Produit par le Sud-Africain Dave Audinary, le morceau refuse la séparation confortable entre Afro-pop, house et R&B soul. La pulsation possède une vraie vocation dansante, l’écriture reste mélodique, tandis que la présence de l’amapiano et d’une esthétique plus afro-futuriste déplace le morceau vers quelque chose de plus hybride qu’un simple single estival. La voix de Nova garde suffisamment de douceur pour naviguer au-dessus de cette énergie sans entrer en compétition avec elle.
Le corps devient alors presque un instrument supplémentaire.
Matthew Pasterisa, chorégraphe et réalisateur récompensé aux VMA et passé notamment par les univers de Teyana Taylor, Tiana Major9 et Kelela, organise le clip autour de séquences de danse qui prolongent directement le rythme. Stas Kovalevsky apporte à l’image un traitement plus éditorial et poli, mais le dispositif conserve quelque chose de spontané : la fête semble contaminée progressivement plutôt que programmée dès le départ.
Cette idée de contamination positive correspond parfaitement au morceau. « Tonic » fonctionne comme un déclencheur. Le mystérieux breuvage du clip n’est finalement qu’une représentation très littérale de ce que cherche la production : provoquer un changement d’état.
C’est également une introduction pertinente pour « ON A TRANCE », futur EP dont le titre suggère déjà que Denali Nova compte explorer davantage cette relation entre répétition, danse et abandon. Le terme d’Afro-futurisme, souvent utilisé beaucoup trop vaguement, trouve ici au moins un début de traduction concrète : croiser différentes lignées musicales noires contemporaines, penser le son avec l’image et placer le mouvement au centre du récit.
« Tonic » possède ainsi deux fonctions simultanées. C’est un morceau immédiatement accessible, construit autour d’un hook qui peut vivre indépendamment de tout concept ; mais c’est aussi une scène d’ouverture, celle d’un artiste qui décide enfin de sortir des crédits pour entrer dans le cadre.
À Queens, il aura suffi d’une gorgée.
Pour Denali Nova, la transformation avait probablement commencé bien avant.
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