Babe Ruthless ouvre les portes de « Dungeon Crawler » à coups de guitare
- Publishedaoût 21, 2026
« “Dungeon Crawler” met Babe Ruthless exactement là où le groupe semble le plus dangereux : entre brouillard psychédélique, énergie punk et guitares capables de salir juste assez le décor pour que l’indie rock perde toute politesse. »
Babe Ruthless vient de Los Angeles, mais son rock n’a rien de particulièrement solaire.
Le groupe préfère les pièces mal éclairées, les amplis poussés trop loin et cette sensation qu’un morceau peut se dérégler à tout moment sans réellement perdre son cap. « Dungeon Crawler » tient dans cet équilibre. L’alternative rock lui donne son ossature, le psychédélisme épaissit les contours et l’énergie punk évite à l’ensemble de s’abandonner trop longtemps à la contemplation.
L’intérêt vient surtout de cette friction.
Beaucoup de groupes psych-rock utilisent l’atmosphère comme excuse pour ralentir le geste, étirer les textures et fabriquer une sorte de vertige décoratif. Babe Ruthless garde au contraire une vraie nervosité. Même lorsque les guitares prennent davantage de place, le morceau conserve quelque chose de frontal, presque impatient.
Ça change tout.
« Dungeon Crawler » ne ressemble pas à une rêverie psychédélique qu’on observerait de loin. Il possède un caractère plus physique, plus immédiat. L’effet de profondeur existe, mais il est constamment bousculé par une rythmique qui refuse de rester sage et par des guitares qui semblent davantage chercher l’impact que la perfection.
Le groupe revendique d’ailleurs ce mélange entre « atmospheric psych » et « punk energy ». L’expression pourrait facilement rester un slogan de bio ; ici, elle devient assez lisible dans la manière dont le morceau organise ses contrastes. La partie psychédélique crée le décor, le punk vient régulièrement y mettre les pieds sur la table.
Cette dualité donne aussi à Babe Ruthless une identité plus intéressante qu’un simple revival rock. Le groupe ne paraît pas particulièrement préoccupé par la fidélité à une époque précise. Le psyché, le punk et l’indie rock sont utilisés comme des matières disponibles, pas comme des costumes à reproduire.
« Dungeon Crawler » gagne ainsi en caractère par sa légère indiscipline.
Le son n’a pas besoin d’être monumental. Il lui suffit de rester suffisamment rugueux pour conserver une forme de danger, suffisamment mélodique pour ne pas devenir opaque, et suffisamment instable pour qu’on sente que Babe Ruthless pourrait très bien décider de tout accélérer ou tout faire dérailler à la mesure suivante.
C’est probablement sur scène que cette combinaison doit prendre toute sa dimension. Sur disque, elle suffit déjà à comprendre l’essentiel : Babe Ruthless ne cherche pas à rendre le psychédélisme plus joli.
Il préfère lui remettre du cambouis sous les ongles.
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