x
Afro Music Now

Lekkybanky choisit la lumière sur « Hosipitu »

Lekkybanky choisit la lumière sur « Hosipitu »
  • Publishedaoût 21, 2026

« “Hosipitu” avance comme une réponse élégante aux jours où tout vacille : Lekkybanky y préfère le mouvement, l’instinct et la paix intérieure aux petites défaites qu’on laisse trop facilement décider de notre humeur. »

Le plus séduisant chez « Hosipitu », c’est peut-être qu’il refuse de ressembler au sujet qu’il porte. Lekkybanky parle de déceptions, du poids du regard extérieur, de ces moments où la vie grignote doucement la confiance — mais il ne leur offre jamais une musique grise en guise de décor. À la place : du rebond, de l’air, une chaleur mélodique presque insolente.

Né à Ile-Ife, au Nigeria, l’artiste puise dans un vocabulaire où afrobeat, highlife et sensibilités plus contemporaines peuvent circuler sans demander la permission. Sur « Hosipitu », cette filiation ne prend pas la forme d’une démonstration patrimoniale. Elle se ressent davantage dans le rapport au rythme : la pulsation n’est pas simplement un accompagnement, elle devient une façon de répondre au propos.

C’est là que le titre trouve son intelligence. Plutôt que de mettre en musique l’abattement, Lekkybanky imagine ce qui vient après. Le moment où l’on choisit de ne plus abandonner son énergie à ce qui nous déçoit. L’espoir, ici, ne ressemble donc pas à une grande déclaration héroïque ; il tient davantage d’un réflexe de survie joyeux.

Le mélange de l’anglais et du yoruba participe à cette personnalité. La voix épouse le mouvement avec naturel, privilégie la fluidité à la démonstration et laisse aux mélodies le temps de s’installer. Le groove garde une certaine douceur, presque une nonchalance, alors que le morceau conserve suffisamment d’élan pour ne jamais devenir contemplatif.

J’aime particulièrement cette contradiction : « Hosipitu » peut sembler léger à la première écoute, alors que son moteur est beaucoup plus sérieux. Protéger sa paix, refuser d’être défini par un revers, conserver une forme de confiance lorsque l’extérieur essaie de l’éroder — derrière l’énergie solaire, le morceau parle en réalité de frontières intimes.

Tout n’est pas inédit dans sa palette. L’afropop positive et les mélodies fédératrices constituent aujourd’hui un territoire très fréquenté, et Lekkybanky gagnera encore en singularité s’il pousse davantage certains détails de production ou les particularités de son héritage musical. Mais « Hosipitu » possède déjà une qualité qui ne se fabrique pas facilement : il semble croire à ce qu’il raconte.

Pas de positivité sous plastique, donc.

Lekkybanky ne promet pas que les mauvaises nouvelles vont disparaître. Il propose quelque chose de plus utile : ne pas leur confier les clés de la maison.

Et pendant un peu plus de deux minutes, « Hosipitu » fait de cette décision intérieure quelque chose sur lequel on peut aussi danser.

Pour découvrir plus de nouveautés Afro, Dancehall & Shatta, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRO ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture