« Chicago » surprend A Project Called Love en plein coup de foudre
- Publishedaoût 30, 2026
« Ska, grunge, punk et pop alternative se télescopent dans “Chicago”, troisième sortie d’A Project Called Love, écrite après quelques jours passés dans la ville et une rencontre suffisamment forte pour faire oublier, au moins un instant, toute idée de frontières musicales. »
Jay Hope n’a pas besoin d’un concept compliqué pour déclencher une chanson.
Quelques jours à Chicago, une rencontre inattendue, puis cette sensation très particulière de tomber vite — trop vite peut-être — sans avoir le temps d’intellectualiser ce qui se passe. « Chicago » vient de là : d’une histoire courte dans sa durée, mais assez intense pour produire immédiatement de la matière musicale.
A Project Called Love est le projet solo de Hope, aujourd’hui basé à Venice, en Californie, après avoir grandi à Cologne. Cette double géographie n’est pas anodine. Son écriture transporte avec elle une sensibilité européenne, mais son goût pour l’alternative américaine et la culture rock des années 90 reste très présent.
Sur « Chicago », les références sont assumées : Nirvana d’un côté, The Mighty Mighty Bosstones de l’autre.
Sur le papier, l’association pourrait sembler bancale. Dans le morceau, elle devient au contraire le moteur de son identité. L’énergie grunge apporte le mordant, tandis que les rythmiques ska injectent quelque chose de plus nerveux et plus solaire. Le titre ne choisit jamais vraiment entre excitation romantique et poussée rock, ce qui correspond assez bien à son sujet.
La chanson possède aussi ce caractère immédiatement accrocheur que Jay Hope rapproche lui-même de « Breakfast At Tiffany’s ». Pas tant pour reproduire une esthétique précise que pour retrouver cette capacité typiquement 90s à transformer une histoire sentimentale très simple en refrain que l’on retient presque trop vite.
La fabrication du morceau renforce encore son caractère personnel.
Enregistré à Cologne, « Chicago » voit Hope assurer le chant, la guitare et la basse lui-même. Seuls la batterie et la section de cuivres lui échappent, ce qui n’est pas un détail dans un morceau où l’ADN ska compte autant. Ces cuivres ne servent pas uniquement à décorer l’arrangement : ils participent à cette sensation d’élan qui empêche la chanson de s’enfoncer dans la nostalgie.
C’est peut-être là que le titre trouve son meilleur équilibre.
L’histoire pourrait facilement donner lieu à une ballade mélancolique sur une personne laissée derrière soi. Hope fait l’inverse. Il conserve surtout l’excitation du moment, l’impression d’être emporté par quelque chose que l’on n’avait pas prévu.
Ce choix correspond à sa devise : « No boundaries. No genres. Just music straight from the heart. »
Dans beaucoup de biographies d’artistes, ce type de phrase ressemble à une déclaration d’intention assez vague. Ici, « Chicago » lui donne une traduction concrète. Ska, punk, indie pop, alt-rock et grunge sont utilisés sans demander la permission à une catégorie précise.
La chanson garde ainsi quelque chose du voyage qui l’a inspirée : on arrive quelque part pour quelques jours, on rencontre quelqu’un, puis le plan initial cesse soudain d’avoir beaucoup d’importance.
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