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Glass Rabbit fait craquer le vernis sur « Damn Shame »

Glass Rabbit fait craquer le vernis sur « Damn Shame »
  • Publishedseptembre 28, 2026

« “Damn Shame” commence presque sur la pointe des pieds, puis finit par éventrer la pièce. Glass Rabbit y transforme la honte en phénomène acoustique : d’abord murmurée, contenue, presque soluble dans la brume, elle finit par saturer tout l’espace. »

Le morceau tient sur une bascule.

Pas une bascule décorative, mais une vraie rupture de comportement. Dans sa première moitié, Becky Phillips chante comme si elle voulait éviter de réveiller quelque chose. Sa voix reste proche, fragile, légèrement fantomatique. Puis la pression s’accumule, les guitares épaississent, la batterie prend davantage de poids, et « Damn Shame » finit par ouvrir les vannes dans un final beaucoup plus rugueux.

Glass Rabbit a construit tout le morceau autour de cette poussée.

Le groupe de Portland — Becky Phillips au chant et à la basse, Scott Crawford aux guitares et claviers, Johnny Pils à la guitare, Eric Rubalcava à la batterie — travaille depuis longtemps dans une zone floue entre shoegaze, dream pop, psych rock et post-punk. Ici, le rapport entre douceur et abrasion devient presque narratif.

Le texte parle de quelqu’un qui éprouve de la honte face à ses propres actes tout en répétant les mêmes comportements.

Cette boucle psychologique donne au morceau sa logique interne. L’inconfort vient du fait de savoir, de comprendre, d’identifier le problème… puis de recommencer quand même. Glass Rabbit traduit cette dissonance sans la surligner : la première partie contient, la seconde explose.

Le travail de guitares est particulièrement important.

Scott Crawford et Johnny Pils utilisent des arsenaux très différents, mélangeant matériel haut de gamme et techniques plus lo-fi. Le but semble moins de produire un mur uniforme que de faire se frotter plusieurs matières. Les couches se complètent, se parasitent parfois, et construisent ces textures rêveuses qui peuvent basculer d’un coup vers quelque chose de beaucoup plus abrasif.

Les références avancées — Mazzy Star, My Bloody Valentine, Sonic Youth — aident à situer le terrain, mais « Damn Shame » fonctionne surtout par contraste. La mélancolie vaporeuse du début ne prépare qu’imparfaitement à la poussée noise-rock qui arrive ensuite, et c’est précisément ce décalage qui donne au morceau sa personnalité.

L’arrivée d’Eric Rubalcava marque aussi un tournant.

Le batteur, également membre de Sun Atoms, apporte une nouvelle énergie qui accompagne l’évolution du groupe vers un son plus aérien et dream-pop que sur ses premières démos de 2024. Sa présence ne gomme pourtant pas la lourdeur ; elle la redistribue.

Enregistré au Singing Sands Studio de Portland avec Tobias Berlinger puis mixé par David Gross, « Damn Shame » ouvre une nouvelle série de sorties qui mènera jusqu’à l’album « Water Sleep Machines », attendu pour 2027.

Ce premier jalon est bien choisi.

Glass Rabbit ne cherche pas à résoudre la honte.

Le groupe préfère montrer ce qu’elle fait quand on la garde trop longtemps sous le tapis.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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