« Quelques accords de guitare, un battement de dembow, une déclaration à sa femme et tout un pays qui revient par fragments : sur “Dime Que Sí”, ERICKOSCAR fait circuler l’amour, la mémoire et ses racines panaméennes dans un album latin pensé comme un carnet de vie en mouvement. »
ERICKOSCAR connaît bien le pouvoir d’une phrase simple.
Chez lui, les chansons commencent souvent ainsi : une idée intime, quelques accords de guitare acoustique, puis le besoin d’aller jusqu’au bout du sentiment. « Dime Que Sí » pousse cette méthode vers le reggaeton et la pop latine, tout en gardant la même ossature autobiographique qui traverse son catalogue.
L’album porte la trace d’un homme né et élevé au Panamá, installé depuis des décennies aux États-Unis, habitué à écrire en anglais comme en espagnol et à naviguer entre plusieurs cultures musicales. Ici, pourtant, l’espagnol prend nettement le dessus. Le disque retrouve une autre température : plus dansante, plus directe, parfois plus sentimentale aussi.
« Dime Que Sí » ouvre l’ensemble sur une demande presque désarmante.
La chanson est construite autour d’une seconde chance, avec ce mélange de guitare acoustique, de piano et de rythme dembow qui donne au morceau une pulsation souple plutôt qu’une agressivité club. ERICKOSCAR aime les déclarations franches, et ce titre assume complètement cette façon de parler à quelqu’un sans multiplier les détours. Le « oui » attendu devient autant amoureux que musical : le refrain doit tomber vite, rester en tête et donner immédiatement envie d’avancer avec lui.
« Mi Gente y Mi Tierra Panamá » change de focale.
En 2 min 29, le morceau remet le pays natal au premier plan. Pas comme une simple référence décorative, mais comme une partie toujours active de son identité. Après plus de trente ans passés aux États-Unis, Rivera continue de faire cohabiter les deux territoires dans son écriture. Ce titre agit presque comme une photographie courte : pas besoin d’un long développement pour faire comprendre que Panamá reste une matrice affective.
« Regalo del Cielo » revient vers l’intime.
Le vocabulaire est plus tendre, presque traditionnel dans son romantisme. On retrouve ici l’influence de ces chansons d’amour et ballades entendues dans son enfance grâce à son père. ERICKOSCAR conserve cette manière très frontale d’écrire le sentiment, sans ironie ni distance. L’amour est un cadeau, point. Toute la chanson semble reposer sur cette certitude.
« Dame un Instante » resserre encore l’espace.
Trois minutes et quelques secondes pour demander un moment, une parenthèse, un temps suspendu. C’est l’un des titres où l’album semble le plus conscient de sa propre respiration. Après les élans amoureux et identitaires du début, le disque s’autorise ici quelque chose de plus contenu, comme si la chanson voulait retenir une scène avant qu’elle ne disparaisse.
« Elijo Seguir Recordándote » fait revenir un motif déjà important chez ERICKOSCAR : la mémoire comme acte volontaire.
Le choix de continuer à se souvenir donne au morceau une teinte plus grave. Le souvenir n’est pas passif, il est entretenu. Cette idée fait le lien avec plusieurs autres chansons de son catalogue, où l’absence et la fidélité à ce qui a été vécu comptent autant que le présent immédiat.
« Vivir, Aprender y Amar Sin Arrepentimiento » déroule alors tout un programme de vie.
Le titre est long, presque manifeste, mais l’écriture de Rivera reste concrète. Vivre, apprendre, aimer sans regret : trois verbes qui résument assez bien sa manière de composer depuis des années. Cette plage de 4 min 01 agit comme le centre philosophique du disque, avec quelque chose de très assumé dans son optimisme.
« Congela el Tiempo (Freeze this Moment) » revient à une image plus visuelle.
Le geste est simple : figer un instant avant qu’il ne file. ERICKOSCAR aime ce type de formulation immédiatement lisible, et le bilinguisme du titre rappelle aussi la double vie linguistique de son catalogue. La chanson semble flotter entre deux langues comme l’artiste lui-même entre plusieurs traditions musicales.
« Compás de tu Querer » apporte davantage de mouvement.
Son intitulé suggère déjà la mesure, le battement, le rythme appliqué au sentiment amoureux. À 2 min 37, la chanson ne s’attarde pas inutilement. Elle agit presque comme une petite charnière dans l’album, avec une énergie plus ramassée qui prépare très bien les deux derniers morceaux.
Et puis arrive « Pal’ Carajo ».
D’abord en version reggaeton.
2 min 21 seulement, une durée qui correspond parfaitement au caractère plus vif du morceau. Après plusieurs chansons tournées vers l’amour, la mémoire ou la contemplation, cette expression beaucoup plus sèche introduit une autre attitude : plus de nerf, plus d’ironie, plus de relâchement. Le reggaeton lui donne une immédiateté presque insolente.
La version « Pal’ Carajo (Merengue) » change ensuite complètement l’élan sans changer l’idée.
C’est précisément là que l’album devient le plus joueur. En reprenant le même matériau sous une autre forme rythmique, ERICKOSCAR montre à quel point son écriture peut être déplacée d’un langage latin à l’autre. Le merengue accélère naturellement la sensation, donne plus de légèreté et permet de terminer le disque sur une énergie différente de celle de son ouverture.
Ce choix résume bien son rapport à la production.
ERICKOSCAR écrit lui-même ses paroles, pose sa guitare acoustique, puis utilise des outils intégrant de l’intelligence artificielle pour construire les autres instruments, les voix et les arrangements. La technologie devient donc une extension de ses idées plutôt qu’un substitut à l’écriture.
« Dime Que Sí » reste surtout un album très personnel.
Il parle à une épouse, à un pays quitté, à des souvenirs que l’on décide de garder, à des instants que l’on voudrait ralentir. Entre reggaeton, pop latine, ballades et merengue, ERICKOSCAR suit moins un genre qu’une série d’émotions.
Et cette fois, elles parlent principalement espagnol.
Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :
