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Music Pop

ERICKOSCAR relie Panamá et l’Arkansas sur « Two Flags, One Heart »

ERICKOSCAR relie Panamá et l’Arkansas sur « Two Flags, One Heart »
  • Publishedseptembre 28, 2026

« Parti de Panamá à 21 ans avec une bourse universitaire et installé depuis plus de trois décennies aux États-Unis, ERICKOSCAR transforme “Two Flags, One Heart” en autobiographie country : dix chansons pour parler d’appartenance, de mémoire, d’amour, de deuil et de tout ce qu’une vie finit par transporter avec elle. »

Une guitare acoustique peut devenir une carte.

Chez ERICKOSCAR, elle relie d’abord deux endroits que tout semblait devoir tenir à distance : Panamá, où il est né et a grandi, et l’Arkansas, où il arrive à 21 ans pour étudier dans une petite université chrétienne de Siloam Springs. Trente-quatre années de vie américaine plus tard, le songwriter de Cave Springs regarde ces deux appartenances sans chercher à les départager.

« Two Flags, One Heart » donne immédiatement son principe au disque.

Ce morceau d’ouverture raconte son propre déplacement, le pays quitté et celui qui est devenu son foyer. La country et l’Americana lui offrent un cadre particulièrement pertinent : des musiques historiquement attachées aux récits personnels, aux routes, à la famille et à l’idée de territoire. ERICKOSCAR les utilise pour parler d’identité à hauteur d’homme, loin du grand discours. Deux drapeaux peuvent tenir dans la même histoire.

« I Choose to Go On Remembering You » déplace ensuite le regard vers l’absence.

Le choix des mots importe : continuer à se souvenir devient presque une décision active. Le morceau s’inscrit dans cette écriture très directe qui traverse tout l’album, sans chercher à dissimuler l’émotion derrière des abstractions. Chez Rivera, la mémoire n’est pas un musée ; elle accompagne la suite.

« Because I Said So » tranche avec cette gravité par une formule beaucoup plus familière.

Quatre mots qui semblent sortis d’une conversation quotidienne, d’un rapport familial ou d’un échange où la discussion vient de s’arrêter net. Les éléments disponibles ne permettent pas d’en enfermer le récit dans une interprétation unique, et c’est justement ce flou qui lui donne sa place dans l’album. Après deux morceaux fortement chargés d’identité et de souvenir, cette expression presque banale ramène la narration au langage de tous les jours.

« Borrowed Peace » ralentit nettement la marche.

Ses 4 min 53 en font l’une des pièces les plus développées de l’ensemble. L’idée d’une paix « empruntée » possède quelque chose de fragile : un apaisement que l’on accepte tout en sachant qu’il pourrait ne pas durer. ERICKOSCAR laisse ici davantage de place à la ballade country, à cette manière de faire tenir une émotion dans une progression mesurée plutôt que dans un grand effet spectaculaire.

« Show Me The Way » poursuit cette recherche de direction.

Difficile de ne pas entendre dans ce titre l’écho d’une vie nourrie depuis plus de trente-cinq ans par la pratique de la guitare au sein d’un groupe de worship. Cela ne suffit pas à en faire automatiquement une chanson religieuse, mais la demande d’orientation, de repère et de chemin appartient clairement au vocabulaire intime de son auteur.

« My Heartbeat » replace alors l’amour au centre.

ERICKOSCAR a grandi avec les ballades et les chansons sentimentales que lui faisait découvrir son père, chanteur. Cette filiation musicale traverse encore son écriture : les sentiments sont formulés simplement, avec cette volonté de toucher avant de compliquer. « My Heartbeat » s’inscrit naturellement dans cette tradition du morceau affectif frontal.

Le disque prend ensuite la route avec « One More Mile ».

Le titre pourrait presque résumer une partie du parcours de Rivera, dont la vie professionnelle l’a conduit à travers une grande partie de l’Amérique latine. Sur « Two Flags, One Heart », la distance revient régulièrement comme une donnée existentielle : traverser un pays, changer de foyer, continuer malgré les pertes, ajouter encore un kilomètre.

Puis « It Sucks Getting Old » introduit une autre forme de voyage : celui que personne n’arrête.

La chanson est née d’une phrase répétée par son beau-père Joe, aujourd’hui âgé de 77 ans. Derrière son humour désabusé se trouve une période beaucoup plus douloureuse : la mort de son épouse des suites d’un cancer et la disparition de plusieurs amis proches. ERICKOSCAR en tire une réflexion sur le vieillissement, le deuil et cette accumulation particulière de souvenirs qui arrive lorsque les absents deviennent de plus en plus nombreux.

La chanson évite pourtant de terminer sur l’amertume.

Ce qui reste, pour Rivera, ce sont précisément les moments vécus. Vieillir signifie perdre, certes, mais également avoir suffisamment traversé le temps pour posséder une réserve de visages, de lieux et d’histoires dont personne ne peut complètement nous priver.

« On Hold » arrive juste après, court et suspendu.

Sa place dans la séquence lui donne une saveur particulière. Après un morceau consacré à l’âge et au passage du temps, voilà une expression qui suggère l’attente, la mise en pause, quelque chose temporairement retenu. L’album connaît alors l’une de ses respirations les plus nettes.

« Let Me Tell You Now » ferme enfin la conversation.

Le titre ressemble presque à une déclaration de méthode. Après plus de 1 200 chansons écrites au fil des décennies, ERICKOSCAR semble aujourd’hui animé par une urgence assez simple : partager ce qu’il a composé pendant qu’il peut encore le faire. Pas pour construire une mythologie autour de lui-même, mais pour éviter que toutes ces chansons restent enfermées dans une vie privée.

Sa manière de produire prolonge cette logique.

Il écrit lui-même ses textes, pose sa guitare acoustique, puis utilise des logiciels comportant des fonctions d’intelligence artificielle pour ajouter les autres instruments, choisir les voix et développer les arrangements. Il se décrit volontiers comme un producteur amateur : la technologie lui sert surtout à donner une forme complète à des chansons qu’il n’aurait pas les moyens d’orchestrer seul.

Et c’est probablement là que « Two Flags, One Heart » trouve sa cohérence.

Country, folk et Americana fournissent le cadre, mais le vrai fil conducteur reste biographique : un enfant de Panamá, un étudiant arrivé en Arkansas, un homme devenu citoyen américain, un père, un mari, un musicien d’église, un auteur compulsif qui continue de prendre sa guitare quand il lui faut comprendre ce qu’une journée a laissé derrière elle.

Deux drapeaux sur la couverture, peut-être.

Une seule vie à l’intérieur.

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Written By
Extravafrench

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