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Music Rock

Luigi Neighbours ouvre son « Right Person, Wrong Lifetime »

Luigi Neighbours ouvre son « Right Person, Wrong Lifetime »
  • Publishedoctobre 7, 2026

« Un deuil, un départ pour Londres, des chansons écrites en mouvement et six titres pour arrêter d’attendre que la vie soit parfaitement alignée : Luigi Neighbours transforme une période de rupture en premier chapitre de son Heartgrunge. »

En 2024, la mort soudaine de son père bouleverse beaucoup plus que la vie personnelle de Luigi Neighbours. Elle change aussi son rapport au temps. Son père soutenait profondément sa musique, et sa disparition fait tomber une certitude confortable : celle qu’il y aura toujours plus tard.

Alors Luigi bouge.

Il voyage seul, écrit en Norvège, quitte progressivement les Pays-Bas et finit par prendre un nouveau départ à Londres. En parallèle, il revient vers les groupes qui lui avaient donné envie de faire de la musique : Nickelback, Daughtry, Lifehouse, The Goo Goo Dolls. Des guitares franches, de gros refrains, des émotions qui ne s’excusent pas d’être trop grandes.

Il appelle ce mélange Heartgrunge.

Le terme rassemble rock Y2K, post-grunge, inflexions emo, accroches pop et romantisme très cinématographique. Il y a dans cet univers des forêts, de la nuit, du surnaturel, du désir, de la mélancolie et surtout une sincérité assez rare dans une époque qui préfère souvent cacher ses sentiments derrière l’ironie.

L’EP suit un ordre qui compte.

1. « Right Person, Wrong Lifetime »

Luigi ouvre directement avec le titre qui donne sa colonne vertébrale au projet.

La formule dépasse le classique « right person, wrong time ». Ici, il ne s’agit plus seulement d’un rendez-vous raté de quelques mois. « Wrong lifetime » ajoute quelque chose de beaucoup plus vaste, presque fataliste : la possibilité que deux personnes puissent être parfaitement faites pour se rencontrer, tout en appartenant à des moments incompatibles.

C’est une entrée forte parce qu’elle pose immédiatement le thème du timing, qui hante tout le disque.

Et dans un EP né après un deuil, cette idée ne concerne évidemment pas seulement l’amour romantique. Elle touche aussi aux choses qui arrivent trop tôt, trop tard, ou simplement sans prévenir.

2. « Surrogate You »

Deuxième morceau, et probablement l’un des titres les plus troublants de l’ensemble.

« Surrogate You » évoque un « toi de remplacement », une présence substitutive, quelqu’un ou quelque chose censé combler une absence sans jamais vraiment y parvenir.

Le morceau prend ainsi une place très logique après le titre d’ouverture. Une fois qu’on a admis qu’une relation ou un moment était impossible, que fait-on du vide qui reste derrière ?

Luigi Neighbours ne fournit pas une réponse propre.

Et c’est précisément ce qui rend le titre intéressant.

3. « Supernatural »

Le troisième morceau ouvre un décor beaucoup plus romantique et presque irréel.

« Supernatural » correspond parfaitement à l’imagerie de Luigi’s Neighbourhood : clair de lune, forêts, magnétisme, amour qui semble dépasser le rationnel. Le Heartgrunge trouve ici son versant le plus cinématographique.

La chanson fonctionne comme une remontée d’air après les deux premiers titres plus lourds dans leur idée.

Mais chez Luigi, même l’espoir reste chargé d’étrangeté.

L’amour n’est jamais complètement simple ; il possède toujours quelque chose d’impossible, d’exagéré, presque mythique.

4. « Thank You »

Au quatrième titre, le disque change de posture.

« Thank You » introduit le geste de gratitude au milieu d’un projet traversé par la perte. Le communiqué ne précise pas exactement à qui le morceau s’adresse, donc inutile d’inventer une destination qui n’est pas donnée.

Mais son emplacement compte.

Après le manque, la substitution, l’idéalisation et le surnaturel, arrive le remerciement.

Et dans un EP indissociable de la disparition du père de Luigi, ce simple titre prend forcément une profondeur supplémentaire.

Il rappelle qu’un deuil ne se construit pas seulement autour de ce qui a été perdu.

Il se construit aussi autour de ce qui a été reçu.

5. « Romance Isn’t Dead »

Cinquième morceau, et probablement la déclaration la plus limpide du projet.

Luigi Neighbours ne croit pas que la romance soit morte.

Il le dit littéralement.

Pas de second degré, pas de posture cynique, pas de distance protectrice. La chanson défend l’idée qu’il est encore possible de croire à la connexion, à l’attachement, à la sincérité et à une certaine forme d’amour assumé.

C’est presque une profession de foi artistique.

Dans un paysage rock souvent dominé par l’ironie, la désillusion ou la posture détachée, Luigi choisit de rester un romantique.

Et il le revendique.

6. « Out Of Tune »

L’EP se termine sur un titre qui résume parfaitement son état émotionnel général.

« Out Of Tune » : désaccordé.

Le mot fonctionne à plusieurs niveaux.

Désaccordé par rapport aux autres. Par rapport à soi. Par rapport au monde. Par rapport au moment.

C’est une fin particulièrement cohérente pour un disque entièrement construit autour du mauvais timing, des pertes, des nouveaux départs et de cette impression de ne jamais être complètement au bon endroit au bon moment.

Là où « Right Person, Wrong Lifetime » ouvrait sur une incompatibilité presque cosmique, « Out Of Tune » termine sur quelque chose de plus intime : la sensation d’être soi-même légèrement décalé.

Ce qui donne à l’EP une boucle assez élégante.

Luigi Neighbours ne cherche pas à résoudre complètement ce décalage.

Il apprend à vivre avec.

Right Person, Wrong Lifetime devient ainsi moins un disque sur la guérison qu’un disque sur le mouvement. Le père disparu, les voyages, la Norvège, Londres, le retour au rock des années 2000, la création d’un univers visuel, l’apparition d’un groupe live : tout indique qu’il ne s’agit pas d’une fin.

C’est un commencement.

Pas au bon moment.

Au seul moment possible.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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