« “Footprints” n’avance pas, il déboule. Safety Blanket y transforme l’empreinte laissée par ce qui nous suit encore en carburant pour un indie rock pressé, nerveux, presque euphorique dans sa manière de refuser de ralentir. »
Le meilleur moment de « Footprints » arrive peut-être avant même qu’on ait eu le temps de décider ce qu’on en pense. C’est ce que j’aime dans le morceau : il ne laisse pas énormément de place à la contemplation initiale. Il démarre avec cette urgence très particulière du rock alternatif quand il se souvient qu’avant d’être un genre, c’était aussi une manière de déplacer de l’air.
Safety Blanket joue là-dessus avec une efficacité presque physique.
Le morceau tient sur une ossature alternative rock solide, mais sa nervosité vient clairement du punk. Pas besoin de durcir artificiellement le son : la vitesse, la poussée rythmique et la manière dont les guitares maintiennent la pression suffisent à donner cette impression de mouvement continu. On sent que le groupe cherche moins la masse que l’élan.
Et puis il y a ce titre : « Footprints ».
Des traces. Quelque chose qui reste après le passage. Le mot apporte une lecture intéressante à une chanson aussi rapide, parce qu’il introduit presque l’inverse de ce que la musique fait. Là où le son file vers l’avant, le titre regarde ce qui a été laissé derrière. Cette tension entre passé et propulsion donne au morceau un relief qui dépasse la simple efficacité rock.
Les accents emo apparaissent justement dans cet espace-là. Pas forcément dans une esthétique démonstrative ou dans un excès mélodramatique, mais dans cette manière de faire cohabiter l’énergie et une forme de charge émotionnelle sous-jacente. « Footprints » peut parfaitement fonctionner sur une route, en salle de sport ou dans une playlist pensée pour maintenir l’adrénaline, mais ce serait réduire le morceau que de n’y entendre qu’un booster.
Les hooks, notamment ceux qui surgissent autour des passages mis en avant par le groupe, jouent un rôle central. Ils ne servent pas seulement à rendre le morceau mémorisable : ils font office de relances, comme des points où la tension accumulée trouve enfin une issue avant de repartir de plus belle. C’est là que le titre gagne en efficacité sans tomber dans le mécanisme trop prévisible.
Je trouve aussi que Safety Blanket a raison de ne pas chercher la sophistication pour elle-même. « Footprints » n’a pas besoin de détour complexe, ni d’une construction labyrinthique. Sa force est précisément de comprendre ce qu’il veut provoquer et d’aller droit vers cette sensation.
L’indie rock est parfois devenu trop soucieux d’être élégant, trop conscient de son image. Ici, le groupe réintroduit quelque chose de plus brut : le plaisir de la poussée, du refrain qui arrive comme une décharge, de la guitare qui refuse de se tenir sage.
Le morceau porte bien son nom, finalement, mais pas de la manière la plus évidente. Les « footprints » ne sont pas seulement ce qu’on regarde derrière soi.
Ce sont aussi les marques qu’on laisse lorsqu’on passe suffisamment vite pour que personne n’ait le temps de nous arrêter.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
